Bélisaire demandant l'aumône

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Bélisaire demandant l'aumône
Image illustrative de l'article Bélisaire demandant l'aumône
Bélisaire demandant l'aumône
Artiste Jacques-Louis David
Date 1780
Type Peinture d'histoire
Technique peinture à l'huile
Dimensions (H × L) 288 × 312 cm
Localisation Palais des Beaux-Arts de Lille, Lille (France)

Bélisaire demandant l'aumône est un tableau de grande dimension (288 x 312 cm) peint par Jacques-Louis David en 1780 représentant Bélisaire, général victorieux sous Justinien, empereur byzantin de 525 à 565. Ce dernier lui a fait crever les yeux par jalousie, le général destitué est alors poussé à la mendicité à l'écart de la ville. Le tableau est conservé au Palais des Beaux-Arts de Lille.

Contexte[modifier | modifier le code]

C'est à son retour d'Italie que le peintre Jacques-Louis David expose au salon de 1781 son Bélisaire demandant l'aumône. Une huile sur toile qui s'inscrit dans la peinture d'histoire.

Description[modifier | modifier le code]

L'œuvre fait surgir un héros de l'empire byzantin, le commandant en chef Bélisaire qui sous les ordres de Justinien Ier, battit les Vandales en Afrique du Nord et c'est par jalousie que Justinien lui creva les yeux. Il s'agit d'une simple légende puisque si Bélisaire a été réellement accusé, sans doute à tort, de corruption et emprisonné, Justinien l'a fait libérer peu de temps après. Il ne retrouvera cependant jamais un commandement important.

Le Bélisaire de David nous montre un héros déchu, vieux et aveugle, qui mendie dans la rue (comme le montre l'inscription Date Obulum Belisario, donnez l'obole à Bélisaire présente sur la pierre en bas à droite de Bélisaire). Ce dernier est en compagnie d'un jeune enfant alors qu'un de ses anciens soldats, dans son grand étonnement, reconnaît le vieillard. Ce sujet a déjà été utilisé, par Peyron : quelques personnages seulement sont présents; la scène reste peu soumise à l'effet dramaturgique de son histoire. L'œuvre aura un grand succès.

Analyse[modifier | modifier le code]

Le thème de la pitié est omniprésent dans l'œuvre, elle touche les trois personnages jugés les plus « faibles » : la femme, l'enfant et le vieillard qui incarne l'image de la Pietà. Les mains tendues horizontalement des trois personnages véhiculent cette idée de faiblesse nécessitant le besoin et la charité. Tandis que le soldat, au second plan, les mains levées à la verticale, signale son étonnement, le buste en avant. Les trois âges représentés diffusent une idée de la gloire humaine et du naufrage de la vieillesse.

Le décor très « antiquisant », par l'architecture sobre, austère et écrasante qui dresse derrière le bélisaire la dureté de la condition de ce dernier, montre une volonté de la part de l'artiste d'associer au style antique ses thèmes héroïques pour le transférer à l'époque de l'artiste. Le tableau fait allusion à une affaire qui a eu lieu quelques années auparavant, celle du général Lally-Tollendal décapité en 1766. C'est sur des thèmes de vertus emprunté à l'antiquité que le « vrai style », plus tard appelé « néo-classique », répand son art, rejetant ainsi les frivolités de la cour royale de Louis XVI, qui ne citait guère des réalités de l'Antiquité que la clémence d'Auguste.