Bélinographe

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Bélinographe BEP-2V (1953).

Le bélinographe, du nom de son inventeur Édouard Belin, est un appareil de phototélégraphie pouvant transmettre des photographies par liaisons téléphoniques ou radioélectriques. Le bélinographe est considéré comme l'un des ancêtres du télécopieur.

Histoire[modifier | modifier le code]

Édouard Belin dans son laboratoire en 1920.

Cette invention, présentée en 1908 par Édouard Belin dans la salle du théâtre Fémina, permet la transmission à distance de photographies. En 1920, Belin perfectionne son procédé pour permettre la transmission des photographies via une liaison radio.

Le bélinographe d'origine se base sur une propriété mécanique de la gélatine bichromatée utilisée en photographie, déjà exploitée pour le même usage par l'américain Amstutz à partir de 1895. Celle-ci devient dure et insoluble quand elle a été exposée à la lumière et développée. La photographie peut donc être transformée en reproduction en relief. On la fixe sur un cylindre tournant, et un palpeur explore ce relief ligne par ligne, convertit cette épaisseur en signal électrique grâce à un rhéostat, et transmet ce signal. À la réception, le bélinographe utilise le signal pour moduler, grâce à un jeu de filtres, la lumière qui expose, sur un cylindre qui doit tourner exactement à la même vitesse que celui de l'appareil d'émission, un film ou un papier photographique[1].

Le 12 mai 1914, Le Journal publie la première photographie de reportage transmise par bélinographe. Un service de bélinographie relie Paris, Lyon, Strasbourg et Bordeaux en 1924[2].

A un certain moment[Lequel ?], le bélinographe adopte l'analyse optique par une cellule photoélectrique déjà utilisé par son concurrent développé par l'allemand Arthur Korn[3].

En 1933, Belin parvient à produire un engin transportable dans une valise de 17 kg, capable de transmettre sur une ligne téléphonique ordinaire[2].

Cet appareil est couramment utilisé par les reporters de presse de 1930[4] jusque dans les années 1960-1970. Dans ce milieu, cette machine est communément appelée « la Bélino ». Lors de la parution, les photographies reçues par la rédaction par ce procédé, étaient souvent accompagnées de la mention « Transmis par Bélino » ou « Bélino transmis ».

Fonctionnement[modifier | modifier le code]

La photo ou le document est placé sur un cylindre mobile. Il est analysé ligne par ligne, par une cellule photoélectrique qui se déplace sur la génératrice du tambour en rotation. Les niveaux de gris sont transformés en fréquences (aiguë pour le blanc, grave pour le noir) et transmis en ligne.

À l'autre extrémité un système de tambour synchronisé, avec un cylindre identique dans une chambre noire, porte un papier photographique. Le système de réception convertit les fréquences reçues en intensité lumineuse grâce à une petite ampoule. Il suffit de développer le papier photographique à la fin de la réception pour obtenir une copie de l'image originelle.

L'envoi d'une photographie noir et blanc de 13 × 18 cm dure environ douze minutes.

Évolutions[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

  • Télécopieur contient une section sur l'histoire de la transmission des images sur papier.

Liens externes[modifier | modifier le code]

  • H. Armagnat, « La phototélégraphie  », La Revue Scientifique,‎ 18 avril 1908 (lire en ligne) Gallica.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Armagnat 1908.
  2. a et b Isabelle Leenaerts, Petite histoire du magazine Vu (1928-1940) : entre photographie d'information et photographie d'art, P.I.E.-Peter Lang,‎ 2010 (lire en ligne), p. 72-73.
  3. de Maneuvrier, Traité élémentaire de physique, 26,‎ 1918 (lire en ligne), p. 1045-1046 décrit l'appareil Korn et d'autres dispositifs capable de transmettre des dessins faits spécialement sur feuille métallique.
  4. « En France, Le Matin et L'Ouest-Éclair sont les deux seuls journaux dotés de bélinographes », écrit L'Ouest-Éclair le 25 octobre 1931 (en ligne sur Gallica.