Bâton sauteur

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Adolescent utilisant un bâton sauteur à ressorts.
Une acrobatie avec un bâton sauteur.

Le bâton sauteur (ou pogo stick) est une perche sur laquelle une personne peut se tenir debout (comme avec une échasse), comprenant à son extrémité supérieure des poignées et à son extrémité inférieure un dispositif à ressort ou à air comprimé permettant des rebonds sur le sol.

Le bâton sauteur peut être un moyen de déplacement, mais il est généralement considéré soit comme un jeu pour enfants, soit comme un sport à part entière, notamment pour les acrobaties qu'il permet.

Origines[modifier | modifier le code]

Il existe une légende relatant les origines de cet étrange engin. Pendant la Première Guerre mondiale, George Hansburg, un inventeur allemand établi en Illinois, fabricant de mobilier pour enfants et créateur de jouets, rencontra un fermier pauvre lors d'un voyage en Birmanie. La fille de ce fermier, subissant la pauvreté de son milieu social, allait et venait nu-pieds. Très croyante, la jeune Pogo souhaitait se rendre chaque jour au temple pour prier, mais le long chemin escarpé et boueux s'avérait être un obstacle assez insurmontable sans chausses convenables. Le fermier expliqua alors à Hansburg qu'il avait confectionné un moyen de locomotion permettant à la jeune Pogo d'aller et venir du Temple à la ferme sans craindre de s'écorcher les pieds. L'instrument en question ressemblait à une échasse unique, fabriquée en bois souple, et pouvant supporter le poids de sa fille pendant qu'elle se déplaçait par petit sauts.

À son retour dans l'Illinois, Hanburg se mit en tête de fabriquer son propre modèle de bâton sauteur, grandement inspiré de la version grossière observée auprès de ses hôtes birmans.

Cette légende a pu être inventée par Hanburg lui-même pour donner au bâton sauteur une image exotique.

Que l'histoire du fermier birman et de sa fille soit réelle ou non, George Hanburg créa son premier modèle en 1919, et le breveta sous le nom de Pogo stick. Le succès fut au rendez-vous, et les commandes se multiplièrent. Seulement, la fabrication en bois entraînait une dégradation due à l'humidité. C'est ainsi que fut manufacturé le Master Pogo, qui revêtait l'aspect que l'on lui connaît aujourd'hui : une pièce tout en métal teinté.

Popularité[modifier | modifier le code]

Dans les années 1920, la popularité des Pogo sticks grandit exponentiellement. La troupe des Ziegfeld Follies, équivalent à Broadway des Folies Bergères parisiennes, fut équipée de ces drôles d'engins, ainsi que d'autres célébrités de l'époque, invitées pour l'occasion par Hanburg afin d'offrir une popularité indiscutable à « son jouet ». Les danseuses de revue du New York Hippodrome (en) se sont à cette époque produites lors de show entiers sur des Pogo sticks.

La publicité figura des vœux de mariage échangés en équilibre, des records du nombre de sauts successifs furent enregistrés, puis battus...

Au début des années 1970, Hanburg céda son entreprise à un homme d'affaires new-yorkais, Irvin Arginisky. La fabrication des bâtons sauteurs n'a jamais été stoppée. Leurs ventes, comme c'est le cas pour de nombreux jeux anciens, connaissent une sorte de renaissance aujourd'hui, et ces produits sont exportés à travers le monde. Internet à permis ce regain de popularité, notamment par le biais des vidéos d'utilisateurs, postés sur les sites de partage de vidéos. L'usage du bâton sauteur est devenu à cette occasion beaucoup plus proche de la pratique d'un sport extrême, où le but est de combiner des techniques de saut originales et périlleuses.

Records[modifier | modifier le code]

Le Livre Guinness des records s'intéresse aux records de distance parcourues ou encore au nombres de sauts consécutifs :

  • Record mondial de la plus grande distance parcourue : en 1997, à New-York, Ashrita Furman a sauté pendant 12 h 21, sur 37,18 km.
  • Record du monde du nombre de sauts : en 1980, Gary Stewart, sur un double bâton sauteur, a rebondi 177 737 fois en 20 h 20 (soit environ 2,4 rebonds par seconde), sur le parking d'un Burger King.
  • Record du monde du nombre de backflips consécutifs : en enchaînant 15 « saltos arrière », Dmitry Arsenyev a réalisé le nouveau record du monde de backflips sur la place de l'Europe à Montpellier lors du FISE en mai 2013[1]. Le précédent record était de 12, détenu par Fred Grzybowski, un Américain.

De nombreux records ont été reconnus par le Livre Guinness des records ; l'équipe Xpogo détient notamment 13 records[2] en bâton sauteur.

Popularité[modifier | modifier le code]

Pour 20 ou 30 dollars, il est possible de s'offrir l'un des nombreux modèles manufacturés aujourd'hui. La firme fondée par Hanburg n'a jamais vendu plus de quantité d'un autre produit, et s'il y a un regain d'intérêt pour le Pogo stick aujourd'hui, il a toujours eu une place de choix dans le coffre à jouets américain.

Selon les dires d'un ouvrier de la plus grosse fabrique de ces jouets, SBI, ce n'est pas un phénomène de mode, de ceux qui vont et viennent avec le temps ; c'est un objet que les parents identifient immédiatement, quel que soit leur âge. Ils le connaissent, et lui font confiance. Durant les 5 mois précédant Noël, 1 800 unités sont fabriquées chaque jour. De multiples modèles sont fabriqués, plus ou moins complexes et performants, dont les prix vont de 60 à plus de 300 dollars : Flybar, Jumparoo, Super Pogo Stick, Vurtuego, etc. Mais les modèles de base, qui sont réputés pour faire travailler l'équilibre et l'agilité, n'excèdent que rarement les 40 euros en Europe.

Aujourd'hui, en Europe aussi, de nouvelles gammes de bâtons sauteurs sont disponibles comme la marque TK8. L'utilisation plus variée dépasse celle connue en tant que jouet pour aller clairement vers le sport et même le fitness.

Le bâton sauteur connaît donc une nouvelle jeunesse.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Références et notes[modifier | modifier le code]