Bâtiment principal (Bouddhisme japonais)

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Le dernier Daibutsuden du Tōdai-ji, reconstruit en 1709, est un kon-dō de 9 × 7 baies (trésor national japonais)

Bâtiment principal est le terme utilisé pour le bâtiment dans lequel est consacré le principal objet de vénération au sein d'un ensemble de temple bouddhiste au Japon (garan) [1]. Parce que les diverses confessions ont délibérément recours à des termes différents, ce terme unique traduit plusieurs mots japonais dont butsuden, butsu-dō, kon-dō, konpon-chūdō et hon-dō. Hon-dō est son exact équivalent japonais, tandis que les autres sont des mots plus spécialisés utilisés par les sectes particulières ou pour des édifices ayant une structure particulière.

Kon-dō (époque Asuka et Nara)[modifier | modifier le code]

Le terme kon-dō (金堂?), littéralement « bâtiment d'or », commence à être employé durant les époques Asuka et de Nara. Un kon-dō est la pièce maîtresse du garan d'un ancien temple bouddhiste au Japon. L'origine du nom est incertaine, mais il peut dériver de la perception du caractère précieux de son contenu, ou du fait que l'intérieur était doublé d'or[2]. Il s'agit du nom utilisé par les plus anciens temples du pays[3].

Un kon-dō, par exemple celui de Hōryū-ji, est un véritable bâtiment à un étages avec un noyau central de 3 × 2 baies (moya) entouré d'un couloir de 1 baie de large appelée hisashi (?), ce qui porte sa taille à 5 × 4 baies, entouré d'un mokoshi extérieur d' 1 ken de large pour un total de 9 × 7 baies[2]. L'étage à les mêmes dimensions que le noyau du temple au rez-de-chaussée, (3 × 2 baies), mais ne possède pas de mokoshi[2].

Certains temples, par exemple Asuka-dera ou Hōryū-ji, ont plus d'un kon-dō, mais normalement, un seul existe qui est le premier bâtiment à être construit[3]. En raison de sa taille limitée, les fidèles n'étaient pas autorisés à pénétrer dans le bâtiment et devaient rester à l'extérieur[2]. Le kon-dō et une pagode sont généralement entourés d'un couloir appelé kairō.

L'usage du kon-dō décline après le Xe siècle quand il est remplacé par un hon-dō divisé en naijin (内陣?, sanctuaire intérieur réservé à la divinité) et gejin (外陣?, espace pour les fidèles, comme la nef d'une église)[3]. Le terme reste encore relativement employé jusqu'à l'époque d'Edo, mais sa fréquence diminue cependant considérablement après l'apparition du terme hon-dō à l'époque de Heian[2].

Hon-dō (époque de Heian)[modifier | modifier le code]

Le nom hon-dō (本堂?), qui signifie littéralement « bâtiment principal »[3],[note 1], désigne l'édifice dédié aux plus importants objets de vénération[2]. Le terme est supposé avoir évolué au cours du IXe siècle pour éviter l'emploi de l'ancien « kon-dō », utilisé à l'époque par les six sectes de Nara appelées Nanto Rokushū (南都六宗?)[2]. Il devient commun après l'introduction des deux sectes Mikkyo, Tendai et Shingon, au Japon[2].

Divers nouveaux types de bâtiments de temple, y compris le hon-dō, sont construits durant l'époque de Heian, en réponse aux exigences des nouvelles doctrines. Des bâtiments différents sont appelés hon-dō en fonction des sectes. par exemple le kondō (Shingon), le chudō (Tendai), le mieidō (Jōdo), le Amida-dō (Shinshu)[4]. Une évolution notable du hon-dō durant cette période consiste en l'inclusion d'un espace appelé gejin (voir ci-dessus) pour les fidèles à l'intérieur même du hon-dō[5],[2].

D'autres noms, comme Konpon-chūdō (根本中堂?), littéralement « bâtiment central cardianl » sont également employés, par exemple le bâtiment principal d'Enryaku-ji au mont Hiei[note 2],[2]. Le funeral temple Tokugawa de Kan'ei-ji, qui a été construit expressément pour imiter Enryaku-ji, en possède également, mais qui ne nous est pas parvenu[6]. Yama-dera à Yamagata est un autre exemple de temple utilisant ce terme.

Butsuden (époque de Kamakura)[modifier | modifier le code]

Ce butsuden à niveau unique de Myōshin-ji paraît posséder un étage à cause de son mokoshi.

Le butsuden (仏殿?) ou butsu-dō (仏堂?), littéralement « bâtiment de Bouddha », est le principal bâtiment des temples Zen des écoles Sōtō (曹洞?) et Rinzai (臨済?) entre autres[2]. Ce style architectural est arrivé avec le Zen au cours de l'époque de Kamakura. Il existe par ailleurs différents types de butsuden ou de butsu-dō:

  • Le plus simple est un édifice carré de 3 × 3 baies (où « baie » est l'espace entre deux piliers, une unité de mesure de l'architecture japonaise appelée ken (?) en japonais, d'une valeur située entre 181 cm et 197 cm), sans mokoshi (裳階?), un mokoshi étant une enceinte entourant le cœur du temple et couverte par un toit recourbé, généralement d'une baie de largeur[2].
  • Le deuxième type est aussi un carré de 3 × 3 baies, mais avec un mokoshi d'une baie de large tout autour du noyau du bâtiment, le faisant ressembler à un édifice à un étage de 5 × 5 baies comme dans le cas du butsuden, visible sur la photo à droite[2].
  • On sait également qu'aux XIIIe et XIVe siècles, de très grand butsuden carrés de 5 × 5 baies avec mokoshi ont été construits, mais aucun ne subsiste[2]. De grands butsuden de 3 × 3 baies avec mokoshi existent cependant encore, à Myōshin-ji par exemple (voir les photos de la galerie ci-dessous)[2].

Époque d'Edo[modifier | modifier le code]

Dans le cas de l'école Zen Ōbaku (黄檗?) arrivée tardivement au Japon, l'architecture a conservé le style de la Chine des Ming[7]. Le hon-dō des temples de l'école zen Obaku Zen est habituellement appelé daiyu-hōden (大雄宝殿?)[6]. Des exemples s'en trouvent au Mampuku-ji.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Le terme hon-dō est traduit « main hall » dans les dictionnaires japonais-anglais. (« Yahoo!辞書 - ほんどう(本堂 »)
  2. Le bâtiment fait 11 × 6 baies, dont 11 × 4 sont accessibles au public

Références[modifier | modifier le code]

  1. Kōjien dictionnaire japonais
  2. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n et o JAANUS
  3. a, b, c et d Iwanami Nihonshi Jiten
  4. « Yahoo! Encyclopedia (Japanese: 本堂 - Yahoo!百科事典) »
  5. Oota (太田 博太郎), Nihon Kenchiku Yoshikishi (日本建築様式史), 美術出版社,‎ 1999 (ISBN 978-4-568-40050-2)
  6. a et b Watanabe (2005:30)
  7. Baroni, Helen Josephine, Obaku Zen: the emergence of the third sect of Zen in Tokugawa Japan, Honolulu, University of Hawai's Press,‎ 2000 (ISBN 0-8248-2243-9), p. 98

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

  • Shichidō garan pour plus de détails au sujet de la position du bâtiment principal à l'intérieur de l'enceinte d'un temple

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Iwanami Kōjien (広辞苑?) dictionnaire japonais, 6e édition (2008), DVD version
  • Iwanami Nihonshi Jiten (岩波日本史辞典), CD-Rom Version. Iwanami Shoten, 1999-2001.
  • Japanese Art Net User System Dictionary of Japanese Architectural and Art Historical Terminology, Butsuden, Kondou, Hondou entries. consulté le 6 mai 2009
  • Hiroshi Watanabe, The architecture of Tokyo, Edition Axel Menges,‎ 26 avril 2001 (ISBN 978-3-930698-93-6)
  • Robert E. Fisher: Buddhist Art and Architecture. Thames and Hudson, 1993, ISBN 0-500-20265-6
  • Kazuo Nishi, Kazuo Hozumi: What is Japanese Architecture. Kodansha International 1985, ISBN 0-87011-711-4
  • Alexander Soper and Alexander Coburn, The Evolution of Buddhist Architecture in Japan. Hacker 1979, ISBN 0878171967