Bāb (prophète)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
(Redirigé depuis Báb (prophète))
Aller à : navigation, rechercher
Crystal Clear app fonts.svg Cette page contient des caractères spéciaux ou non latins. Si certains caractères de cet article s’affichent mal (carrés vides, points d’interrogation…), consultez la page d’aide Unicode.
Article connexe : Translittération baha'ie.
Page d'aide sur l'homonymie Pour l’article homonyme, voir Báb (district Nitra)
Le sanctuaire du Báb au sommet du mont Carmel à Haifa

Sayyid ʿAlī Muḥammad Šīrāzī (سيد علی ‌محمد شیرازی en persan) (20 octobre 1819 - 9 juillet 1850), était un marchand de Shiraz, en Iran, qui en 1844 déclara être une manifestation nouvelle de Dieu et le mahdi (ou qāʾim) attendu par les musulmans. Il prit dès lors le titre de Bāb (باب), qui signifie "porte" en arabe, et fonda une nouvelle religion indépendante de l’Islam appelée babisme, ce qui lui valut d'être fusillé en 1850 à Tabriz.

Les baha'is le revendiquent comme prédécesseur de leur propre religion. Bahāʾ-Allāh, le prophète fondateur de la religion baha’ie, était un de ses disciples et annonça être la réalisation de sa prophétie concernant "Celui que Dieu rendra manifeste" (Man yuẓhiru Allāh, en arabe : من یظهر الله et en persan : مظهر کلّیه الهی ).

Biographie[modifier | modifier le code]

Premières années[modifier | modifier le code]

Né en 1819 d'un riche marchand de Shiraz, son père mourut assez tôt après sa naissance et l'enfant fut élevé par son oncle Hájí Mirzá Siyyid 'Ali, également marchand.

Il apprit à lire et écrire et fut envoyé dans une école religieuse avec d'autres enfants de son âge : il y montra des capacités exceptionnelles pour son âge et attira rapidement l'attention par ses questions particulièrement pointues qu'il arrivait à résoudre de lui-même.

À l'âge adulte, il rejoint son oncle pour gérer l'affaire familiale et devint marchand. En 1842 il épousa Khadíjih-Bagum et le couple eut un enfant, Ahmad, qui mourut assez rapidement.

Proclamation[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Babisme.

Le 23 mai 1844, Mullá Husayn, un mystique en quête du mahdi, fut accueilli par un habitant (le Báb), qui l'invita chez lui. Après avoir demandé à son invité la raison de son voyage, le Báb lui annonça être celui qu'il cherchait.

Mullá Husayn était censé obtenir de l'Élu qu'il écrive un commentaire sur la sourate de Joseph sans qu'on le lui demande ; ce que fit le Báb juste après sa déclaration.

Mullá Husayn fut le premier disciple du Báb. En peu de temps, dix-sept autres disciples (dont une femme, Fatemeh) le rejoignirent. Ces dix-huit disciples seront dès lors connus dans le babisme comme les « Lettres du Vivant ».

Voyages et emprisonnement[modifier | modifier le code]

Après avoir été reconnu par ses 18 disciples, le Báb et son 18e disciple (Quddús) partirent pour un pèlerinage à La Mecque et Médine, lieux saints de l'islam. Arrivé à la Mecque, le Báb écrivit au Chérif de la Mecque, lui expliquant sa "mission". À la fin du pèlerinage, les deux compagnons retournèrent à Bushehr, en Perse.

Après quelque temps, et sous la pression du clergé islamique, le gouverneur de Chiraz ordonna l'arrestation du Báb. Celui-ci décida alors de quitter Bushehr pour Chiraz afin de se rendre aux autorités. Placé en résidence surveillée chez son oncle, le Báb fut relâché lorsqu'une épidémie de peste se déclara dans la ville en 1846.

À sa libération, le Báb parti pour Ispahan, où il attira les foules. De nouveau sous la pression du clergé chiite, le shah Mohammad Shah Qajar lui ordonna de se présenter à Téhéran. Mais avant que la rencontre ait pu avoir lieu, le Báb fut envoyé sur ordre du premier ministre à Tabriz, au nord du pays, où il fut confiné et empêché de recevoir toute visite.

Transféré à la forteresse de Maku dans la province d'Azerbaidjan, il y commença la rédaction du Bayan. Sa popularité grandissante força les autorités à le transférer à Čahrīq, puis finalement de retour à Tabriz, pour être jugé. Lors de l'audience, lorsqu'on lui demanda qui il prétendait être, le Báb annonça être l'Élu attendu par les musulmans : il fut alors renvoyé à Chihriq.

Exécution[modifier | modifier le code]

Peloton d'exécution[modifier | modifier le code]

En 1850, un nouveau premier ministre ordonna l'exécution du Báb : il fut amené à Tabriz, où il était censé être fusillé. La nuit précédant l'exécution, alors qu'on l'amenait à sa cellule, un jeune homme prénommé Anis se jeta à ses pieds et demanda à mourir avec lui. L'homme fut immédiatement arrêté et emprisonné avec le Báb.

Le matin du 9 juillet 1850, le Báb et Anis furent suspendus aux murs de la forteresse, devant une foule de curieux et le peloton d'exécution fit feu : les deux hommes s'en sortirent indemnes, les balles ayant apparemment sectionné la corde qui les tenait. Criant au miracle, le régiment composé de chrétiens arméniens se débanda. Peu après, le Báb, retrouvé dans sa cellule en train de dicter une lettre à son secrétaire, fut suspendu à nouveau avec Anis et déchiqueté par la seconde salve tirée par un autre régiment composé de musulmans azéris. Le Báb avait 30 ans.

Les évènements qui entourent l'exécution du Báb font l'objet de nombreuses interprétations : pour les Bahá'is, le fait que la première volée de balles l'aient manqué pour aller couper la corde qui le suspendait est clairement un signe divin. D'autres sources, perses et européennes, font parfois état de la version miraculeuse bahá'ie, ou confirment qu'il a bien été tué dès les premiers tirs. Tous s'accordent cependant pour dire que le Báb finit par mourir.

Enterrement[modifier | modifier le code]

Les dépouilles des deux suppliciés furent jetées dans un fossé à l'extérieur de la ville pour être livrées aux chiens, mais des babis réussirent à les subtiliser de nuit malgré les gardes.

Les restes du Báb furent secrètement transférés de cache en cache pendant plusieurs années, jusqu'à leur inhumation le 21 mars 1909 dans un mausolée situé dans les jardins bahá'is sur les pentes du Mont Carmel, à Haïfa, où est aussi enterré 'Abdu'l-Baha.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Sources officielles bahá'íes[modifier | modifier le code]

  • (en) Effendi, Shoghi, 1974, God Passes By, Bahá'í Publishing Trust, Wilmette, Illinois 60091, (ISBN 0-87743-020-9);
  • (en) Ferraby, John, 1975, All Things Made New: A Comprehensive Outline of the Bahá'í Faith, Bahá'í Distribution Service, (ISBN 81-86953-01-9);
  • (en) Taherzadeh, Adib, 1987, The Revelation of Bahá'u'lláh, G. Ronald éd., (ISBN 0-85398-052-7);
  • (en) Effendi, Shoghi, 1932, Dawn Breakers - Nabil's Narrative, Bahá'í Publishing Trust, (ISBN 0-900125-22-5) [1].

Autres[modifier | modifier le code]

  • (en) Abbas Amanat, Resurrection and Renewal : The Making of the Babi Movement in Iran, 1844-1850, Ithaca, Cornell University Press,‎ 1989 (ISBN 0801420989);
  • (en) Denis MacEoin, « Bāb (1) », Encyclopædia Iranica, Costa Mesa, Mazda, vol. 3,‎ 1988 (lire en ligne)
  • (en) Denis MacEoin, « Bāb, ʿAli Moḥammad Širāzi », Encyclopædia Iranica, Costa Mesa, Mazda, vol. 3,‎ 1988 (lire en ligne)
  • (en) Denis MacEoin, « Bayān (2) », Encyclopædia Iranica, Costa Mesa, Mazda, vol. 3,‎ 1988 (lire en ligne)