Aymar Ier de Valence

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Aymar Ier de Valence, dit Pembroke (vers 1270 – 1324, enterré dans l'abbaye de Westminster), comte de Pembroke et de Wexford, seigneur de Valence, Rançon et Saint-Gemme. Il n'est officiellement reconnu comte de Pembroke et de Wexford qu'à la mort de sa mère en 1307.

Il est le fils de Guillaume de Valence, comte de Pembroke et de Wexford, et de Jeanne de Montchensy (ou Joan de Munchensy).

Armoiries[modifier | modifier le code]

Blasonnement : burelé d'argent et d'azur de dix pièces, à dix merlettes de gueules posées en orle
Ces armes subsistent dans celles du Pembroke College de l'Université de Cambridge, à dextre.

Biographie[modifier | modifier le code]

Un comte riche et influent[modifier | modifier le code]

Sceaux de Aymer de Valence

A son époque, Aymar de Valence fut l'un des hommes les plus riches et puissants de Grande-Bretagne. Outre le Pembrokeshire au Pays de Galles, ses possessions s'étendaient en Angleterre du Gloucestershire à l'est du pays (Norfolk, Suffolk), en Irlande (Wexford), et en France avec des possessions dans le Poitou et vers Calais. Il accompagna Édouard Ier d'Angleterre dans la guerre en Flandre en 1297, il fut chef militaire en Écosse et affronta à ce titre Robert Bruce (contre qui il connut une importante victoire en 1306, mais fut défait l'année suivante).

En 1307, à la mort de Guy de Lusignan, comte de la Marche et d'Angoulême, il essaya de s'attribuer ces fiefs, en tant que plus proche héritier mâle, mais Yolande de Lusignan, sœur de Guy, les vend au roi de France Philippe le Bel.

L'assassinat de Pierre Gaveston[modifier | modifier le code]

En 1307, le roi Édouard II d'Angleterre succède à son père. L'arrogance de son favori Pierre Gaveston et son influence sur le roi font qu'en 1311, les pouvoirs du roi sont limités, et Pierre Gaveston exilé (les « Ordonnances »). Mais celui-ci revient en Angleterre l'année suivante. Aymar de Valence, modéré parmi les rebelles, est chargé de le garder prisonnier, avec le comte de Surrey. Cependant, Thomas de Lancastre aidé des comtes de Warwick, Hereford et d'Arundel s'emparent de Pierre Gaveston et le tuent. C'est un déshonneur pour Aymar de Valence, qui avait donné sa parole de le conserver vivant.

Suite à cet épisode, Aymar Ier de Valence se rapproche d'Édouard II. Il est nommé lieutenant en Écosse en 1314. À la bataille de Bannockburn, il aide le roi à sortir sain et sauf des combats.

Le déclin[modifier | modifier le code]

En 1317, revenant d'une ambassade à Rome, il est fait prisonnier en Allemagne par Jean de Lamouilly. Les dix mille livres qu'il doit donner donner en rançon rendront la fin de sa vie difficile.

D'autant que dans les mêmes années, Thomas de Lancastre est devenu de plus en plus influent, et s'oppose au roi, bien qu'il soit aussi impopulaire que lui. Aymar de Valence empêche une guerre entre eux en faisant signer le traité de Leake en 1318.
Mais le nouveau favori d'Édouard II, Hugues le Despenser provoque les mêmes tensions que Pierre Gaveston. Malgré les efforts du comte de Pembroke, la guerre civile éclate en 1321, qui se conclura l'année suivante par la défaite de Thomas de Lancastre à la bataille de Boroughbridge, et son exécution.

Aymar de Valence finit sa vie avec des difficultés financières, et écarté de la cour par le désormais tout-puissant Hugues le Despenser. Il meurt en Picardie, le 24 juin 1324.

Descendance[modifier | modifier le code]

Aymar de Valence se maria une première fois à Béatrice, dite Jeanne de Clermont-Nesle (†1320), fille de Raoul Ier comte de Clermont-Nesle et connétable de France.
Il se remaria en 1321 à Marie de Saint-Pol, fille de Guy de Châtillon, comte de Saint-Pol. Elle est connue pour avoir fondé le Pembroke College de l'Université de Cambridge.

Il meurt sans postérité (hormis un bâtard, Henri). Sa tombe dans l'Abbaye de Westminster est un très bel exemple de l'art du XIVe siècle.

Le comté de Pembroke se transmet, par les femmes, à Laurent (Lawrence), descendant d'Isabelle de Valence (fille ou petite-fille de Guillaume de Valence)[1]. Le comté est à nouveau créé, c'est-à-dire que Laurent est considéré premier comte de Pembroke.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Cependant, certaines sources (Histoire des Lusignan, par J.-M. Ouvrard, Généalogie des Lusignan sur « Racines et histoire ») considèrent l'existence d'un Aymar II, fils de Guillaume II de Valence le jeune, qui aurait été comte de Pembroke à la suite de son oncle Aymar Ier. Ces sources donnant comme épouse d'Aymar II Marie de Saint-Pol en 1241, il semble qu'il y ait confusion entre les deux Aymar. Le choix adopté ici (considérer l'existence d'un unique Aymar) est fondé sur les articles du Wikipédia anglophone, dont les sources sont citées et semblent estimables.

Sources[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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