Ayman al-Zaouahiri

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Ayman al-Zaouahiri
(ar) أيمن محمد ربيع الظواهري
Image illustrative de l'article Ayman al-Zaouahiri

Surnom Abou Mohammed, Abou Fatima, Mohammed Ibrahim, Abou Abdallah, Abou al-Mu'iz, le Docteur, le Professeur, Nour, Abou Mohammed Nour ad-Dîn, Abdel Mouaz (Abdel Moez, Abdel Mouez)
Naissance 19 juin 1951 (63 ans)
Le Caire, Flag of Egypt (1922–1958).svg Égypte
Origine Drapeau de l'Égypte Égypte
Allégeance Jihad islamique égyptien, puis Al-Qaida
Grade no 1
Commandement Chef d'Al-Qaïda
Autres fonctions ex-médecin personnel d'Oussama Ben Laden († 2011)
Famille 6 enfants, dont 5 en vie

Ayman al-Zaouahiri (en arabe : أيمن الظواهري, ʾAyman Muḥammad Rabīʿ aẓ-Ẓawāhirī), né le 19 juin 1951 en banlieue du Caire en Égypte, est le chef du réseau terroriste Al-Qaida[1]. Fils d'un pharmacien, médecin de formation, il fut anciennement à la tête de l'organisation paramilitaire du Jihad islamique égyptien, avant que celui-ci ne fusionne avec al-Qaida en 1998. Il deviendra alors le principal idéologue, considéré souvent comme étant son no 2, de ce réseau terroriste dirigé par Oussama ben Laden, dont il aurait été le médecin personnel (Ben Laden aurait souffert de complications rénales, nécessitant probablement des dialyses). D'après les témoignages d'un ancien membre d'al-Qaida, il a travaillé pour le réseau depuis le début de sa formation en 1988 et était un cadre de la choura. Depuis la mort d'Oussama ben Laden le 2 mai 2011, il est désormais le nouveau chef d'al-Qaida et l'homme le plus recherché au monde[2].

Il est connu sous les noms : Abou Mohammed, Abou Fatima, Mohammed Ibrahim, Abou Abdallah, Abou al-Mu'iz, le Docteur, le Professeur, Nour, Abou Mohammed Nour ad-Dîn, Abdel Mouaz (Abdel Moez, Abdel Mouez) et d'autres pseudonymes.

Sur sa fiche de recherche du FBI, il est dit qu'il parle arabe et français[3].

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Ayman Al-Zaouahiri est né dans une famille aisée à Maadi en Égypte, en banlieue du Caire, et est un élève studieux. À 14 ans, il rejoint les Frères musulmans (al-Ikhwan al-Muslimin), le groupe islamiste arabe le plus ancien, ce qui lui vaut une arrestation un an plus tard. Entré à l'école de médecine de l'Université du Caire, il sort diplômé en médecine en 1974 et obtient sa spécialisation en chirurgie en 1978. Son père, le Dr Muhammad Rabi Al-Zawahiri, pharmacien renommé, était lui-même professeur de pharmacologie au sein de l'école de pharmacie de l'Université du Caire.

Jihad islamique égyptien[modifier | modifier le code]

En 1979, il intègre le groupe radical, le Jihad islamique, et y prend des responsabilités d'organisateur et de recruteur. Il figure parmi la centaine de personnes arrêtées à la suite de l'assassinat du président égyptien Anouar el-Sadate mais est innocenté par la justice égyptienne. Il est alors relâché après avoir purgé une peine de prison de trois ans pour trafic d'armes.

Dans les années 1980, il voyage en Afghanistan pour combattre avec les moudjahidins contre l'armée rouge. Sur place, il rencontre Oussama Ben Laden, qui gère un camp de moudjahidins appelé Maktab al-Khadamāt (MAK). Les deux hommes travaillent sous la direction du palestinien Abdullah Azzam. Après la séparation du MAK, Ayman Al-Zaouahiri s'associe à Oussama Ben Laden pour organiser le groupe al-Qaida.

En 1990, Ayman Al-Zaouahiri revient en Égypte, où il continue à orienter le Jihad islamique dans une direction plus radicale, employant les connaissances et tactiques enseignées en Afghanistan.

Selon l'imam Sayed, — l'ancien guide spirituel du Jihad islamique égyptien auquel a appartenu Ayman Al-Zaouahiri, dans un essai intitulé « La Honte de l'exonération », publié en novembre 2008, dans le quotidien indépendant égyptien Al-Masri Al-Youm — Zawahiri travaillait alors pour les services secrets soudanais et était rétribué par eux pour monter secrètement des opérations de terrorisme en Égypte. Une de ces opérations fut la tentative d'assassinat du Premier ministre égyptien Atef Sedki en 1993, qui a entraîné l'arrestation de membres du Jihad islamique en Égypte et l'exécution de six d'entre eux.

En 1997, Ayman Al-Zaouahiri est tenu pour responsable du massacre de Louxor, où sont tuées 62 personnes, dont 58 touristes étrangers. Il est condamné à mort par contumace en 1999 par un tribunal militaire égyptien.

Il passe en Russie avec deux lieutenants le 1er décembre 1996 et tente de gagner la Tchétchénie pour y établir une base d'opérations. Il est arrêté le jour même au Daguestan avec de faux passeports. Se faisant passer pour de simples hommes d'affaires et bénéficiant d'un lobbying demandant la libération de ces simples marchands, ils sont relâchés au bout de six mois de prison[4].

Al-Qaida[modifier | modifier le code]

Entre 1998 et 2006[modifier | modifier le code]

Le 23 février 1998, il développe ses vues dans un texte écrit avec Oussama Ben Laden sous le titre « Le Front islamique mondial contre les juifs et les croisés ». Ce texte constitue un pas important permettant d'élargir ses combats à l'échelle planétaire. Ainsi le Jihad islamique rejoint la nébuleuse d'al-Qaida (le Jihad islamique sera reconstitué en partie sous le nom de Talaëh al-Fatah).

Après la deuxième Guerre d'Afghanistan, on perd la trace de Ayman Al-Zaouahiri. Certaines sources, en 2002, relatent son assassinat par des forces inconnues mais, début septembre 2003, une vidéo montrant Ayman Al-Zaouahiri et Ben Laden ainsi qu'un enregistrement audio, relayé par la chaîne qatariote Al Jazeera, laissent supposer qu'ils sont tous deux en vie. Le département d'État des États-Unis offre une récompense de 25 millions de dollars pour des informations pouvant mener à l'arrestation d'Ayman al-Zaouahiri, considéré comme impliqué, notamment, dans les attentats à la bombe du 7 août 1998 à Dar es Salaam en Tanzanie et à Nairobi au Kenya. Ce même département l'a officiellement placé en deuxième position, sur une liste de 22, des terroristes les plus recherchés.

Il désigne Sayyid Qutb comme son mentor.

En 2007[modifier | modifier le code]

Le 13 janvier 2007, suite à une attaque américaine dans un village à la frontière pakistanaise qui fait 17 morts, les médias relayent une information sur la mort de Ayman Al-Zaouahiri mais celle-ci est démentie le lendemain.

Le 23 janvier 2007, dans le prolongement de son démenti, Ayman Al-Zaouahiri apparaît dans une vidéo[5] critiquant les décisions de George W. Bush au sujet de l'Irak et de la Somalie. Ce message intervient alors que Bush vient d'annoncer, le 11 janvier 2007, l'envoi de « plus de vingt mille soldats américains » afin de renforcer l'effectif déjà sur place.

En 2008[modifier | modifier le code]

Le 4 mars 2008, il publie sur Internet un livre intitulé al-tabri'a (en français L'Absolution) dans lequel il réfute les critiques formulées en 2007 par son ancien compagnon de route, le jihadiste repenti Imam al-Sharif, aujourd'hui emprisonné au Caire[6].

Le 24 mars 2008, dans un message radiophonique — le troisième en une semaine — diffusé par le réseau as-Sahab, il appelle les musulmans à de nouvelles attaques contre les intérêts juifs et américains dans le monde et à « surveiller les cibles, collecter de l'argent, apporter l'équipement, effectuer les préparatifs, et ensuite — en invoquant Allah — rechercher le martyre et le paradis ».

En avril 2008, dans un message audio, il accuse l'Iran et le Hezbollah de vouloir discréditer Al-Qaida en soutenant qu'Israël serait impliqué dans les attentats du 11 septembre 2001[7].

En 2009[modifier | modifier le code]

Le 3 août 2009, il menace la France de représailles en raison de la position de cette dernière sur les questions du voile islamique[8] et d'Israël notamment.

En 2011[modifier | modifier le code]

Il devient l'homme le plus recherché du monde, après la mort du chef d'Al-Qaida, Oussama Ben Laden, le 2 mai 2011. Le 16 juin 2011, il est intronisé chef d'Al-Qaïda, remplaçant Saïf al-Adel qui assurait l'interim[1]. Il intervient deux fois en vidéo pour exprimer son soutien aux révolutions arabes[9].

En 2013[modifier | modifier le code]

Le 7 avril 2013, il menace la France suite à l'Intervention militaire au Mali[10].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2011/06/16/ayman-al-zawahiri-prend-la-succession-de-ben-laden-a-la-tete-d-al-qaida_1536720_3216.html
  2. « Ayman Al-Zawahiri, cerveau d'Al-Qaida et nouvel ennemi public numéro 1 des Américains », 20 Minutes, 3 mai 2011.
  3. FBI:Most Wanted Terrorists
  4. (en) Andrews Higgins, Alan Cullison, « Saga of Dr. Zawahri Sheds Light On the Roots of al Qaeda Terror », Wall Street Journal,‎ 2 juillet 2002 (lire en ligne)
  5. Le Figaro.fr (23 janvier 2007) : Le n°2 d'al-Qaida provoque George Bush
  6. blog de Gilles Kepel (5 mars 2008) : Zawahiri met en ligne sa "Disculpation" : la crise s'aggrave entre les jihadistes
  7. (en) BBC (22 avril 2008) : Al-Qaeda accuses Iran of 9/11 lie
  8. http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2009/08/04/01016-20090804ARTFIG00255-le-numero-deux-d-al-qaida-menace-la-france-.php Le Figaro 04/08/2009
  9. « Al Zawahiri le discret », sur François-Bernard Huyghe,‎ 3 août 2011.
  10. Le Monde.fr avec AFP 08/04/2013

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Écrits de Zaouahiri[modifier | modifier le code]

  • La cure pour les cœurs des croyants (Shifâ' Sudûr al-Mu'minîn), 1996
  • Le Front islamique mondial contre les juifs et les croisés, 1998
  • L'Absolution, Milelli, 2008 (ISBN 978-2-916590-05-9)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Gilles Kepel et Jean-Pierre Milelli (dir.), Al-Qaida dans le texte, PUF, Paris, 2005
  • Jean-Pierre Milelli, « La lettre d'al-Zaouahiri », revue Maghreb-Machrek no 186, Choiseul, Paris, 2006

Liens externes[modifier | modifier le code]