Aviation légère de l'armée de terre

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Aviation légère de l'armée de terre
Insigne de l'aviation légère de l'armée de terre
Insigne de l'aviation légère de l'armée de terre

Période 22 novembre 1954
Pays Drapeau de la France France
Branche Armée de terre française
Effectif 5 400[1] personnes
Garnison Commandement : Villacoublay
Marche Chant de l'ALAT
Inscriptions
sur l’emblème
AFN 1952-1962
Équipement Hélicoptères

En France, l'aviation légère de l'armée de terre (ALAT) est historiquement issue de l'artillerie dont elle était à l'origine l'ALOA (Aviation Légère d'Observation d'Artillerie). L'ALAT n'est devenue une arme distincte de l'artillerie qu'en 2003[2]. Sa principale composante est à base d'hélicoptères, dont les différents rôles sont l'éclairage des forces au sol (chars et infanterie), le repérage de cibles pour l'artillerie, le combat contre les éclaireurs adverses, le combat (par exemple antichar), le ravitaillement, ainsi que la dépose et la récupération de soldats en zone ennemie.

Elle regroupe environ 70 % des hélicoptères de l'armée française. Elle est partie intégrante de l'armée de terre de ce pays, et sert principalement à l'appui des troupes au sol.

Historique[modifier | modifier le code]

Une SA.341F2 Gazelle de l'ALAT durant l'opération Daguet.
Deux SA.330 Puma en Arabie Saoudite durant l'opération Daguet.
Des Gazelles en plein champ.
EC-665 Tigre de l'ALAT durant un exercice de tir franco-américain depuis la base opérationnelle avancée Morales-Frazier le 23 janvier 2011 en Kâpîssâ, Afghanistan.
Un EC-725 Caracal de l'ISAF en Afghanistan

Depuis sa création en tant que telle le 22 novembre 1954, elle a participé à quasiment tous les engagements militaires et humanitaires français dans le monde : guerre d'Indochine, guerre d'Algérie, guerre du Golfe, conflit du Liban, du Tchad, indépendance du Territoire français des Afars et des Issas, guerre en Somalie, guerre de Bosnie-Herzégovine, guerre du Kosovo, occupation indonésienne du Timor oriental, maintien de la paix en République de Côte d'Ivoire, aide humanitaire en Indonésie, guerre d'Afghanistan[3] , intervention militaire de 2011 en Libye.

Cependant, la notion de groupe aérien de reconnaissance puis de soutien d'artillerie est beaucoup plus ancienne : la compagnie d'aérostiers créer en 1794 est la première unité aérienne du monde[4], l'aviation militaire, qui est apparue au tout début de la Première Guerre mondiale, dépendait alors entièrement de l'armée de terre, et son rôle était uniquement l'observation, et ultérieurement le guidage d'artillerie. Le premier haut fait de cette arme nouvelle, dont l'apport a peut-être été décisif, a eu lieu le 3 septembre 1914 : des avions d'observation de l'escadrille REP 15, rattachés à le 6e armée (Maunoury), rendent compte que « les colonnes de von Kluck filent vers le sud-est […]. Il ne peut plus être question d'une attaque sérieuse vers Paris. » L'espoir venait de renaître dans le camp français, renforcé par les rapports concordant des avions du corps expéditionnaire britannique. Dans les heures qui suivent, les aviateurs repèrent minutieusement les différents corps d'armée allemands. Un trou s'est formé entre la Ire armée (von Kluck) et la IIe armée (von Bülow). Les rapports parviennent à Joffre, qui décide de profiter sans plus attendre de cette possibilité. Le 6 septembre 1914, la bataille de la Marne est lancée, et interrompt définitivement l'avancée allemande.

L'utilisation d'hélicoptères armés couplée avec des hélicoptères de transport durant la guerre d'Algérie pouvant déposer des troupes en territoire ennemi donna naissance aux tactiques de guerre aéromobile toujours en vigueur aujourd'hui[5].

Après les expérimentations américaines du couple hélicoptère de combat/missile antichar durant les dernières phases de la guerre du Viet Nam et durant des manœuvres de l'OTAN, L'ALAT s'emploie à créer des unités spécialisées dans ce domaine pour lutter contre la menace blindée du pacte de Varsovie.

Effectifs en 1975[modifier | modifier le code]

En 1975, l'ALAT compte 500 officiers, 2 500 sous-officiers et 3 500 militaires du rang soit 2 % des effectifs de l'armée de terre.

Quantitativement, son parc aérien représente une centaine d'avions, des Cessna L-19 progressivement retirés du service et remplacés par des hélicoptères et 560 hélicoptères (190 Alouette II, 70 Alouette III, 130 SA.330 Puma et 170 SA.341 Gazelle auxquels s'ajoutent 110 SA.341 à livrer).

Qualitativement, après livraison des commandes en cours, on distingue 360 hélicoptères légers dont 170 Gazelle de reconnaissance, 180 hélicoptères anti-char dont 110 Gazelle HOT (ces missiles n'entrant en service qu'à partir de 1978) et 140 hélicoptères de manœuvre Puma. Elle effectue 170 000 heures de vol dont 11 000 de nuit[6].

Unités actives[modifier | modifier le code]

Aéronefs[modifier | modifier le code]

Principaux aéronefs de l'aviation légère de l'armée de terre au 1er février 2013[7]
Aéronefs Type En service (commandés ou prévus)
Drapeau de l’Union européenne NHIndustries TTH90 Caïman Hélicoptère de transport moyen 5 (68)
Drapeau de l’Union européenne Eurocopter EC-725 Caracal Hélicoptère de transport moyen 8 (opérations spéciales)
Drapeau de la France/Drapeau de l'Allemagne Eurocopter EC-665 Tigre Hélicoptère de combat 41 (80)
Drapeau de la France/Drapeau de l'Allemagne Eurocopter EC-120 Colibri Hélicoptère d'entrainement 36[8]
Drapeau de la France Sud-Aviation SA.342 Gazelle Hélicoptère de reconnaissance/hélicoptère de combat 147
Drapeau de la France Eurocopter AS.555 Fennec Hélicoptère léger 14[9]
Drapeau de la France Sud-Aviation SA.330 Puma Hélicoptère de transport moyen 90
Drapeau de la France Eurocopter AS.532 Cougar Hélicoptère de transport moyen 26
Drapeau de la France Socata TBM-700 Avion de transport VIP 8[10]
Drapeau de la Suisse Pilatus PC-6/B2-H4 Turbo Porter ADAC, transport léger et parachutage 5[11]
Un des Pilatus PC-6/B2-H4 Turbo Porter de l’ALAT en 2004.

L'ALAT sous-traite depuis décembre 2008 et pour une durée de 22 ans à la société privée Hélidax la maintenance du parc aéronautique de l’école de l’aviation légère de l’armée de Terre (EALAT) de Dax (de 14 000 à 22 000 heures de vol par an). À terme, Hélidax devrait acquérir 36 EC120 Colibri en remplacement des 55 SA.340 Gazelle en service à Dax jusqu'à la fin de l'année 2010. Ce nouvel hélicoptère est équipé de planche de bord tout écran (glass cockpit), à l'instar des Tigre et NH90[12].

Programmes actuels[modifier | modifier le code]

Un NH90 exposé à l'Eurosatory de 2012 que reçoit l'ALAT au compte-goutte avec son 2e exemplaire accepté en juillet 2012.

L'ALAT souffre actuellement du vieillissement de son matériel et du manque d'entraînement de ses équipages, sources d'incidents divers. Selon un rapport de l'Assemblée nationale de 2007[13], « le potentiel des principaux aéronefs apparaît en effet en nette diminution depuis 2004, la baisse s’accélérant en 2008 ». En 2005, cependant, l'ALAT a reçu après une longue attente ses premiers Tigre, qui sont les premiers hélicoptères spécifiquement conçus pour le combat et développés en France, la commande est alors de 80 exemplaires pour remplacer les Gazelle SA341 Canons et les Gazelle SA342 Mistral ; la livraison de ces 80 engins devait alors être terminée en 2020[14]. Au 15 avril 2011, 30 hélicoptères sont livrés à l'ALAT, dont 16 aptes au combat[15]. Au 21 décembre 2012, le 40e Tigre HAP a été livré[16] tandis que le 1er Tigre HAD est certifié en janvier 2013. Un Tigre HAP a été perdu en Afghanistan. On prévoit la livraison de 4 Tigre en 2013[17]

Les inquiétudes de l'Assemblée nationale concernent surtout le remplacement des hélicoptères de manœuvre  : « Ceux aujourd’hui en service ne répondront plus aux normes européennes de circulation d’ici 2010. Dans la mesure où les premiers NH90 destinés à remplacer les Puma ne pourront pas être livrés avant 2011, il est indispensable de prolonger la durée de vie de certains appareils » (les Puma et Cougar ont 30 ans d'âge moyen). Plus grave, leur remplaçant, le NH90 se fait lui-même attendre[18] :

« Seulement 12 ont été déjà officiellement commandés. C'est-à-dire plus d'un an après la livraison à l'armée allemande de ses trois premiers TTH-90 de série. Et alors même que l'Italie, la Grèce, l'Australie, la Suède, la Finlande et Oman ont déjà pris livraison de leurs premiers exemplaires de série. Une nouvelle commande, portant sur 22 supplémentaires, devrait être notifiée par Paris à l'industrie cette année. Et encore 34 de plus en 2010 ou 2011. Le tout permettant de livrer un tout premier TTH-90 fin 2011, puis 6 ou 7 en 2012. La cadence se stabilisant ensuite à une dizaine par an. D'ores et déjà s'instille le doute quant à la concrétisation du second lot de 35 machines à commander par tranches à partir de 2016 ou 2017. La cible de 133 TTH-90 étant tout sauf assurée. »

Le 30 janvier 2012, "le ministre Gérard Longuet a annoncé que Paris exerçait une option pour 34 NH90 en plus des 34 déjà commandés, en prenant livraison du premier NH90 en configuration opérationnelle finale à Marignane (sud de la France). "Cette livraison du premier NH90 TTH en configuration opérationnelle finale marque l'aboutissement du plus important programme européen d'hélicoptère jamais lancé en Europe", a déclaré Lutz Bertling, président d'Eurocopter, cité dans un communiqué"[19]. En mai 2013, l'option de 34 NH90 se transformait en commande ferme. Cela porte la commande à 68 NH90 au total. La fin des livraisons étant prévus en 2024[20].

Néanmoins, si « les forces armées françaises souffrent, dans ces domaines, d’une faiblesse structurelle : l’aéromobilité tactique, à base d’hélicoptères et d’avions de transport tactique », selon le Livre Blanc sur la Défense et la Sécurité nationale, publié le 17 juin 2008, « l’effort en équipement doit viser à combler cette lacune, qui obère aujourd’hui l’efficacité et l’autonomie des forces françaises ». Le document recommande donc « la résorption du déficit capacitaire en aéromobilité (hélicoptères de manœuvre) » avec une flotte de 130 hélicoptères de manœuvre[21] .

Ainsi, le général d'armée Bertrand Ract-Madoux, Chef d'état-major de l'armée de terre, déclare devant à l'assemblée nationale le 17 octobre 2012 que l'armée de terre sera incapable de projeter plus de quatre hélicoptères Caïman NH90 jusqu'à fin 2016[22].

En 2013, le projet de loi de programmation militaire 2014-2019 prévoit au terme de celle-ci une flotte inférieure de ce qui était annoncé dans le livre blanc de 2008 avec[23].  :

La faiblesse et le retard des livraisons de NH90 fait que les Puma seront en ligne au delà de 2025 alors qu'ils auront alors près de 50 ans et que les Cougar et Cacaral seront en service au delà de 2030.

Organigramme fin 2010[modifier | modifier le code]

Tarmac du 6e RHCM - Compiègne, 1997
Aérocordage de membres de la Légion étrangère

L'ALAT comprend au 1er décembre 2010 :

Traditions[modifier | modifier le code]

Arme très jeune puisque créée en 1954, ayant longtemps puisé ses références dans l'ensemble des armes dont étaient issus ses officiers, l'ALAT constitue aujourd'hui une fonction opérationnelle à part entière : l'aéromobilité de l'armée de Terre.

Totalement intégrée au combat des forces terrestres, tout en possédant la particularité de pouvoir s'affranchir des contraintes du terrain, elle a pour vocation d'être l'arme de l'initiative et de l'urgence dont l'engagement permet d'emporter la décision.

C'est pourquoi elle a choisi en 1995 pour patronne Sainte Clotilde qui permit à Clovis d'être victorieux à Tolbiac en submergeant l'ennemi sous le feu du ciel.

Le béret bleu symbolise la troisième dimension et constitue le principal symbole fédérateur de l'ALAT.

Régiments dissous[modifier | modifier le code]

Étendard de l'arme[modifier | modifier le code]

Il porte, cousues en lettres d'or dans ses plis, l'inscription « AFN 1952-1962 »[26],[27].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Nous sommes 5400, y compris les civils" Entretien avec le général Gourlez de La Motte,commandant de l'Aviation légère de l'armée de terre. Blog Secret Défense[1]"
  2. Arrêté n°726 du 1er juillet 2003, sur le site boc.sga.defense.gouv.fr
  3. « Afghanistan : départ des deux derniers hélicoptères », sur Ministère français de la défense,‎ 12 mars 2013 (consulté le 14 mars 2013)
  4. (en) Jeremy Beadle, First, Lasts & Onlys: Military : Firsts, Lasts & Onlys, Anova Books,‎ 28 mai 2008, 192 p. (ISBN 978-1905798063), p. 42.
  5. Les hélicoptères durant la guerre d'Algérie, Histoire Militaire
  6. Général Andrè Martini, L'histoire de l'aviation légère de l'armée de terre 1794-2004, Paris, Lavauzelle,‎ 2005, 252 p. (ISBN 2-7025-1277-1)
  7. Jean-Dominique Merchet, « entretien avec le général Gourlez de La Motte, commandant de l'Aviation légère de l'armée de terre. », sur blogsecretdefense,‎ 1er février 2013 (consulté le 28 février 2013)
  8. En leasing.
  9. Au 31/12/2009.
  10. au 31/12/2009
  11. l'Aviation Légère de l'Armée de Terre, Pilatus PC 6, aviation-française.com].
  12. Jean-Dominique Merchet, « Dax sera la première école "privée" des armées », sur secretdefense.blogs.liberation.fr, Libération,‎ 3 décembre 2008 (consulté le 3 décembre 2008)
  13. Avis de l'Assemblée nationale no 280, tome IV sur le projet de loi de Finances 2008 du 11 octobre 2007 [lire en ligne]
  14. « Livre Blanc sur la Défense et la Sécurité nationale », Volume 1, Partie 2, p. 224 [lire en ligne]
  15. Jean-Marc Tanguy, « 17 Tigre opexables sur 30 livrés », sur http://lemamouth.blogspot.com/, Le Mamouty,‎ 27 avril 2011 (consulté le 27 avril 2011)
  16. Jean-Marc Tanguy, « Billet d'humeur : Merci les Belges ! », sur Le Mamouth,‎ 21 décembre 2012 (consulté le 21 décembre 2012)
  17. Commission de la défense nationale et des forces armées Mardi 2 octobre 2012 Séance de 16 heures 30 Compte rendu n° 1
  18. Jean-Louis Promé, « TTH-90 : le "chevalier blanc" de l'ALAT se fait attendre », dans Défense & Sécurité Internationale (ISSN 1772-788X), no 38 (juin 2008)
  19. AFP du 30/01/2012 http://www.boursorama.com/actualites/la-france-commande-34-helicopteres-de-transport-militaire-nh90-14dd0609b1bfde41dcffbf1dae7259d6
  20. « Armée de terre: LPM phrases clés du CEMAT », sur Athena-Défense,‎ novembre 2013 (consulté le 7 novembre 2013)
  21. « Livre Blanc sur la Défense et la Sécurité nationale », Volume 1, Partie 2, p. 209, 216, 224 [lire en ligne]
  22. Commission de la défense nationale et des forces armées, « Commission de la défense nationale et des forces armées Mercredi 17 octobre 2012 Séance de 11 heures 15 Compte rendu n° 12 », sur Assemblée nationale,‎ 17 octobre 2012 (consulté le 31 octobre 2012)
  23. Ministère de la Défense, « projet de loi de programmation militaire 2014-2019 - Dossier Thématique »,‎ 2 aout 2013 (consulté le 11 aout 2013)
  24. Dissolution du PC et de sa base de soutien, maintien d'une capacité réduite de CMO au CFT de Lille en 2010
  25. Philippe Chapleau, « Où sont nos avions ? Les TBM de l'armée de terre sont à Rennes », sur Lignes de défense,‎ 26 octobre 2011 (consulté le 27 octobre 2011)
  26. Décision n°12350/SGA/DPMA/SHD/DAT du 14 septembre 2007 relative aux inscriptions de noms de batailles sur les drapeaux et étendards des corps de troupe de l'armée de terre, du service de santé des armées et du service des essences des armées, Bulletin officiel des armées, n°27, 9 novembre 2007
  27. Arrêté relatif à l'attribution de l'inscription AFN 1952-1962 sur les drapeaux et étendards des formations des armées et services, du 19 novembre 2004 (A) NORDEF0452926A Michèle Alliot-Marie

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Christian Malcros, Les insignes de l’ALAT, SHAT,‎ 1991, 263 p. (ISBN 2-8632-3068-9)
  • Gérald Cocault, A l'assaut du désert : Le Clémenceau et l'ALAT dans l'OPEX Salamandre, Books on Demand Editions,‎ 17 janvier 2012, 400 p. (ISBN 9782810623297, lire en ligne)
  • André Martini, L’histoire de l’aviation légère de l’armée de terre 1794 - 2004 : De l’Entreprenant au Tigre, Éditions Lavauzelle,‎ 2005, 432 p. (ISBN 2-7025-1277-1)
  • Yann Pertuisel, De la terre, par le ciel : Récits de combats. Afghanistan, Côte d'Ivoire, Libye, Economica (ISBN 978-2-7178-6658-2)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]