Avermectine

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Structure des avermectines B1a et B1b.
Structure de la doramectine.

Une avermectine est un composé organique macrocyclique doté de puissantes propriétés anthelmintiques et insecticides[1],[2]. Il s'agit d'un groupe de molécules produites naturellement par des bactéries de l'ordre des Actinomycetales vivant dans le sol, Streptomyces avermitilis. Quatre paires de composés homologues, soit huit avermectines différentes, ont été isolées, avec un composant a majeur et un composant b mineur généralement dans les proportions 80:20 à 90:10[2]. L'ivermectine, la sélamectine (en), la doramectine et l'abamectine sont d'autres anthelmintiques dérivés des avermectines.

Avermectine Liaison
C-22, C-23
Substituant
en C-5
Substituant
en C-23
Substituant
en C-25
A1a C=C –OCH3 –H sec-butyle
A1b C=C –OCH3 –H iso-propyle
A2a C–C –OCH3 –OH sec-butyle
A2b C–C –OCH3 –OH iso-propyle
B1a C=C –OH –H sec-butyle
B1b C=C –OH –H iso-propyle
B2a C–C –OH –OH sec-butyle
B2b C–C –OH –OH iso-propyle

Elles agissent en bloquant la transmission de l'influx nerveux et de la contraction musculaire en stimulant la libération et la fixation de l'acide γ-aminobutyrique (GABA) au niveau des terminaisons nerveuses[3],[4], d'où un afflux d'ions chlorure Cl à l'intérieur des cellules et hyperpolarisation des membranes plasmiques conduisant à la paralysie des systèmes neuromusculaires[5].

Chez les nématodes, les récepteurs GABA-ergiques se trouvent au niveau des jonctions neuromusculaires et les cordons nerveux centraux et ventraux, alors que, chez les mammifères, ces récepteurs se trouvent principalement dans le cerveau : l'ivermectine ne traverse pas facilement la barrière hémato-encéphalique chez ces derniers aux doses thérapeutiques, ce qui explique qu'elle affecte les nématodes et pas les mammifères.

L'utilisation des avermectines n'est pas sans inconvénients. Elles doivent être utilisées avec modération afin notamment d'éviter le développement de résistances[6]. Les études sur l'ivermectine, la pipérazine et le dichlorvos ont également montré un potentiel de toxicité[7]. Les avermectines auraient également pour effet de bloquer la production du facteur de nécrose tumorale, du monoxyde d'azote et de la prostaglandine E2, et d'augmenter la concentration intracellulaire en ions calcium Ca2+[8].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Satoshi Ōmura et Kazuro Shiomi, « Discovery, chemistry, and chemical biology of microbial products », Pure and Applied Chemistry, vol. 79, no 4,‎ 2007, p. 581-591 (lire en ligne) DOI:10.1351/pac200779040581
  2. a et b (en) Thomas Pitterna, Jérôme Cassayre, Ottmar Franz Hüter, Pierre M.J. Jung, Peter Maienfisch, Fiona Murphy Kessabi, Laura Quaranta et Hans Tobler, « New ventures in the chemistry of avermectins », Bioorganic & Medicinal Chemistry, vol. 17, no 12,‎ 15 jiin 2009, p. 4085-4095 (lire en ligne) DOI:10.1016/j.bmc.2008.12.069
  3. (en) J. R. Bloomquist, « Ion Channels as Targets for Insecticides », Annual Review of Entomology, vol. 41,‎ janvier 1996, p. 163-190 (lire en ligne) DOI:10.1146/annurev.en.41.010196.001115
  4. (en) Jeffrey R. Bloomquist, « Chloride channels as tools for developing selective insecticides », Archives of Insect Biochemistry and Physiology, vol. 54, no 4,‎ décembre 2003, p. 145-156 (lire en ligne) DOI:10.1002/arch.10112
  5. (en) Jeffrey R. Bloomquist, « Toxicology, mode of action and target site-mediated resistance to insecticides acting on chloride channels », Comparative Biochemistry and Physiology Part C: Pharmacology, Toxicology and Endocrinology, vol. 106, no 2,‎ octobre 1993, p. 301-314 (lire en ligne) DOI:10.1016/0742-8413(93)90138-B
  6. (en) J. K. Clark, J. G. Scott, F. Campos et J. R. Bloomquist, « Resistance to Avermectins: Extent, Mechanisms, and Management Implications », Annual Review of Entomology, vol. 40,‎ janvier 1995, p. 1-30 (lire en ligne) DOI:10.1146/annurev.en.40.010195.000245
  7. (en) Linda A. Toth, Cindy Oberbeck, C. Michael Straign, Sherry Frazier et Jerold E. Rehg,, « Toxicity Evaluation of Prophylactic Treatments for Mites and Pinworms in Mice », Journal of the American Association for Laboratory Animal Science, vol. 39, no 2,‎ mars 2000, p. 18-21 (lire en ligne)
  8. (en) A. V. Viktorov et V. A. Yurkiv, « Effect of Ivermectin on Function of Liver Macrophages », Bulletin of Experimental Biology and Medicine, vol. 136, no 6,‎ décembre 2003, p. 569-571 (lire en ligne) DOI:10.1023/B:BEBM.0000020206.23474.e9