Avenue d'Iéna

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16e arrt
Avenue d'Iéna
La place d'Iéna et l'avenue d'Iéna dans le prolongement
La place d'Iéna et l'avenue d'Iéna dans le prolongement
Situation
Arrondissement 16e arrondissement
Quartier Chaillot
Début 6 avenue Albert-de-Mun
Fin Place Charles-de-Gaulle
Morphologie
Longueur 1 140 m
Largeur 36 m
Géocodification
Ville de Paris 4603
DGI 4693

Géolocalisation sur la carte : Paris

(Voir situation sur carte : Paris)
Avenue d'Iéna
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48° 52′ 06″ N 2° 17′ 44″ E / 48.86833, 2.29569 ()

L’avenue d’Iéna est une voie publique de Paris située dans le 16e arrondissement. Longue de 1 140 mètres et large de 36 mètres, elle part du jardin du Trocadéro au niveau du 6, avenue Albert-de-Mun et rejoint la place Charles-de-Gaulle.

(M) Ce site est desservi par les stations de métro Charles de Gaulle - ÉtoileKléber et Iéna.

Histoire[modifier | modifier le code]

Elle suit approximativement le tracé d’une ancienne rue du village de Chaillot, où se trouvait le pavillon du roi Henri IV et de Gabrielle d'Estrée.

L'avenue a été ouverte, s'agissant de la principale partie (entre le Trocadéro et la rue de Presbourg) par décret du 6 mars 1858, avec une largeur prévue de 40 mètres.

L’avenue d’Iéna a supprimé la rue des Batailles, entre l’avenue Albert-de-Mun et la place d’Iéna. Un arrêté préfectoral du 20 décembre 1961 a attribué le nom de place de l'Uruguay au débouché des rues Galilée et Jean-Giraudoux sur l'avenue d'Iéna, côté pair.

Bâtiments remarquables[modifier | modifier le code]

  • no 1 : palais d’Iéna, siège du Conseil économique et social, édifié par l’architecte Auguste Perret.
  • no 2 (angle de l’avenue d’Iéna et de l’avenue Albert-de-Mun) : emplacement où s’élevait le vaste hôtel construit en 1884 l’architecte Brune pour l’homme politique Daniel Wilson. Devenu ensuite la résidence privée de l’ambassadeur des États-Unis puis celle du vicomte G. de Kergariou (1910). Détruit pour laisser la place à un immeuble moderne, il n’en reste que le mur d’enceinte, sommé de grilles.
  • no 4 : hôtel Sanchez de Larragoiti, construit en 1897-1898 par l’architecte Xavier Schœllkopf (1869-1911), qui signe là sa première œuvre connue, dans un style Art nouveau précoce. Le projet avait été initialement conçu par le prédécesseur de Schœllkopf, l’architecte Édouard Georgé (1856-1897). Vendu sans doute peu après son achèvement, l’hôtel fut transformé par l’architecte Gustave Rives, qui supprima l’ensemble des décorations Art nouveau pour les remplacer par un style néo-Louis XV plus convenu. Aujourd’hui ambassade d’Iran en France.
  • no 6 : Hôtel de Cambacérès : « J’ai gardé un souvenir très exact, écrit André Becq de Fouquières, de la redoute dont cette belle demeure fut le cadre au printemps de 1913 et je revois encore le comte de Jarnac, oncle du maître de maison, recevant les dames masquées et revêtues de dominos pervenche, qui lui remettaient leurs cartes d’invitation nominatives et dissimulaient leur anonymat sous le velours et sous la soie. Sur la terrasse, la comtesse Stanislas de Montebello aidait son frère à faire les honneurs de la soirée. Il y avait là tout l’armorial de France, de nombreux diplomates ; et je me souviens que cette nuit-là je vis pour la dernière fois avant la guerre, dans laquelle ils devaient jouer le rôle que l’on sait, les princes Sixte et Xavier de Bourbon-Parme. » (Mon Paris et ses Parisiens, 1953, p. 144) Actuellement siège de la société EPI[1].
  • no 8 : ancien hôtel particulier de la famille Philippe (N.B. le baron Philippe de Rothschild fut locataire du 1er étage pendant de nombreuses années).
  • no 9 et 9bis : hôtel Singer : Hôtel particulier de la société des ingénieurs Arts et Métiers, les Gadzarts. D’un grand luxe, il renferme un restaurant ouvert au public.
  • no 10 : l’hôtel du prince Roland Bonaparte, édifié entre 1892 et 1899 par l’architecte Ernest Janty, modifié en 1929 par Michel Roux-Spitz, abritait une riche collection de souvenirs napoléoniens, une bibliothèque scientifique de 150 000 volumes abritée dans quatre salles ornées de riches boiseries et le célèbre herbier du maître des lieux.
    La psychanalyste Marie Bonaparte, fille du prince Bonaparte et princesse de Grèce du fait de son mariage avec Georges de Grèce, née en 1882 à Saint Cloud, y séjourna ensuite souvent. Marie Bonaparte y donna naissance à son fils le prince Pierre de Grèce (1908-1980) ainsi qu’à sa fille Eugénie de Grèce (1910-1989) [2].
    Sir Charles Mendl et Lady Mendl y occupèrent un appartement. Le peintre Jean-Gabriel Domergue y eut son atelier. L’hôtel fut acheté en juillet 1925 par la Compagnie universelle du canal maritime de Suez. Après avoir abrité le siège d’Ubifrance, agence française pour le développement international des entreprises, l’hôtel a été vendu en 2005 au groupe hôtelier chinois Shangri-La qui a entrepris de le transformer en un hôtel de luxe de 109 chambres dont 40 suites. La maîtrise d’œuvre des travaux est assurée par l’architecte Richard Martinet et le décorateur Pierre-Yves Rochon. L’hôtel a ouvert le 17 décembre 2010.
Vues de quelques immeubles
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  • no 12[3] : correspond à l’ancienne demeure où Honoré de Balzac s’était réfugié vers 1836 pour fuir ses créanciers et qui était à l’époque le 13 rue des Batailles (ancien nom de cette partie de l’avenue d’Iéna).
  • no 11 : immeuble bâti à l’emplacement de l’hôtel de Charles Ephrussi.
  • no 17 : immeuble moderne bâti à l’emplacement de l’hôtel de M. de Jonge. Abrite le Goethe-Institut de Paris.
  • no 19 : hôtel particulier construit en 1913 par René Sergent pour Alfred Heidelbach, de style néo-classique sur l’emplacement d’un hôtel appartenant au comte d’Anthouard de Vraincourt. Abrite aujourd'hui les galeries du Panthéon bouddhique du musée Guimet.
  • no 23 : ancien hôtel de Mme L. Chiris.
  • no 30 : hôtel privé. C’est de la fenêtre gauche (vu de la rue) du premier étage de cet immeuble, qui abritait son quartier général de campagne, que Jacques Chirac salua ses supporters le soir de son élection à la présidence de la République le 7 mai 1995.
  • no 34 : adresse du Bureau international des expositions.
  • no 37 : grand immeuble d'habitation construit à l’emplacement d’un hôtel qui comportait un « vaste jardin » en 1910[4].
  • no 38 : intéressant hôtel de style Renaissance bâti pour l’homme politique Georges Cochery, surélevé par l’architecte Charles Letrosne et transformé en immeuble d’habitation.
  • no 39 : immeuble de bureaux construit à l’emplacement de l’hôtel de Mme de Polès.
  • no 45 : hôtel de Ségur : Il a appartenu au marquis de Ségur (1853-1916), de l’Académie française.
  • no 49 : hôtel particulier bâti en 1897 par Ernest Sanson pour Maurice Kann sur l’emplacement d’une maison en pierre de taille qui appartenait au Docteur Samuel Pozzi. Subsiste aujourd’hui, quoique dénaturé (siège de diverses sociétés).
  • no 51 : hôtel particulier bâti en 1897 par Ernest Sanson pour Rodolphe Kann, transformé pour l’homme d'affaires Calouste Gulbenkian par l’architecte Emmanuel Pontremoli et l’agence Mewès et Davis. Il abrite aujourd’hui l’antenne parisienne de la Fondation Calouste-Gulbenkian.
  • no 53 : résidence de la comtesse de Loynes entre 1886 et 1896, puis de l’ingénieur Philippe Bunau-Varilla (en 1910).
  • no 56 : hôtel Trumet de Fontarce : En 1877, le percement du boulevard Saint-Germain entraîna la démolition de l’hôtel Trumet de Fontarce, datant de 1671, qui se trouvait no 23 rue Saint-Dominique. La famille qui le possédait fit alors construire par l’architecte Germain Salard l’hôtel particulier de l’avenue d’Iéna, sur la façade duquel a été remonté le corps central à fronton de l’hôtel de la rue Saint-Dominique. L’hôtel a ensuite appartenu en 1914 au comte E. de La Rochefoucauld qui y a fait effectuer des travaux. Aujourd’hui ambassade d’Égypte en France[5].
  • no 96 : immeuble de bureaux construit à l’emplacement de l’hôtel d’Achille Fould.
  • no 94 : immeuble d’habitation construit à l’emplacement de l’hôtel de Galliffet.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.lefigaro.fr/temp/2007/05/05/04010-20070505ARTFIG90818-de_weston_a_bonpoint_christopher_descours_poursuit_la_saga_familiale.php
  2. Jean-Fred Tourtchine (sous la dir. de ?), Le Royaume des Deux-Siciles volume II — Le Royaume de Grèce, 266 pages, 31 cm, illustré, « Les manuscrits du C.E.D.R.E., dictionnaire historique et généalogique », Cercle d’études des dynasties royales européennes Paris, 1998, ISSN 0993-3964, page 145 : « [...] Prince Pierre de Grèce et de Danemark, né 10 avenue d’Iéna, 75016 Paris (France) le 3 décembre 1908 à 12 h 11 , baptisé à Athènes le 20 février 1909 [...]. ».
  3. à moins qu’il ne s’agisse de l'actuel no 9.
  4. Félix de Rochegude, Promenade dans toutes les rues de Paris. 16e arrondissement, Paris, Hachette, 1910, p. 26.
  5. Source : Alexandre Gady, Les hôtels particuliers de Paris, Paris, Parigramme, 2008, p. 249-250.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]