Avatar (film, 2009)

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Avatar

Description de l'image  Avatar-Logo-avatar.svg.
Titre original Avatar
Réalisation James Cameron
Scénario James Cameron
Acteurs principaux
Sociétés de production 20th Century Fox
Dune Entertainment
Giant Studios
Lightstorm Entertainment
Ingenious Film Partners
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre Science-fiction
Sortie 2009
Durée Version :
162 min (Cinéma)
171 min (Special Edition)
178 min (Longue)

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Avatar est un film américain de science-fiction appartenant au genre planet opera, écrit, réalisé et tourné par le Canadien James Cameron pouvant être regardé en relief 3D, sorti en Europe le et en Amérique du Nord le .

L’action se déroule en 2154[1] sur Pandora, une des lunes de Polyphème, une planète géante gazeuse en orbite autour d'Alpha Centauri A. L’exolune, recouverte d’une jungle luxuriante, est le théâtre du choc entre des humains, venus exploiter un minerai rare susceptible de résoudre la crise énergétique sur Terre, et la population autochtone, les Na’vis, qui vivent en parfaite osmose avec leur environnement et tentent de se défendre face à l’invasion militarisée. Un programme est créé par les terriens, le programme Avatar, qui va leur permettre de contrôler des corps Na’vi clonés associés à des gènes humains, afin de s’insérer dans la population et de tenter de négocier avec elle, dans la mesure où le clan Omaticaya est installé dans un gigantesque arbre maison situé sur un des principaux gisements de ce minerai dénommé Unobtainium. Le personnage central de l’histoire est Jake Sully, un marine paraplégique qui, via son avatar, va devoir choisir son camp avec pour enjeu, le destin de la planète.

La conception d’Avatar débute en 1994 lorsque Cameron écrit un script de 80 pages pour le film[2]. Le début de la réalisation devait commencer en 1997, après la sortie de Titanic[3] mais, d’après Cameron, la technologie nécessaire pour réaliser son film n’était pas encore disponible[4]. Le travail reprend au cours de l’été 2005 et Cameron recommence à développer le script et son univers de fiction début 2006[5],[6].

Ce film est l’un des plus coûteux de toute l’histoire du cinéma, mais son succès public fulgurant lui a permis de dégager des bénéfices après seulement dix jours d’exploitation, puis de récolter plus de 2,73 milliards de dollars américains de recettes (enregistrées au 13 avril 2010[7]) : le film est ainsi le cinquième film à passer la barre symbolique du milliard de dollars de recettes et le premier film à atteindre les 2 milliards. Il devient, après seulement six semaines d’exploitation, le plus gros succès de l’histoire du cinéma, battant Titanic (1,84 milliard de dollars), également réalisé par James Cameron.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Vue de Polyphème et Pandora.

Dans le futur, en l’an 2154, Jake Sully, ancien marine, paraplégique, accepte de participer au programme Avatar, pour remplacer son défunt frère jumeau, Tom Sully. Il est envoyé sur Pandora, l’une des lunes de Polyphème, une planète géante gazeuse en orbite autour d'Alpha Centauri A, l'étoile principale du système Alpha Centauri, à 4,4 années-lumière du Système solaire. Pandora, recouverte d’une jungle luxuriante, est peuplée d’une faune et d’une flore aussi magnifiques que dangereuses pour les humains par qui la planète a été surexploitée. L’air est irrespirable pour les terriens et la planète est habitée par les Na’vis, une espèce indigène humanoïde, considérée comme primitive et hostile par les Terriens. Ils peuvent atteindre trois mètres de haut, ont une peau bleu-vert et une longue queue ressemblant à celle d’un lion, et vivent en harmonie avec leur environnement. Ils possèdent également de longs filaments clairs, partant du haut de leur nuque et protégée par une natte tressée autour, grâce auxquels ils peuvent se « connecter » et communiquer avec les animaux et les plantes par la pensée et les sensations. Ils appellent cela tsaheylu, ce qui signifie « faire le lien ».

Lorsque les humains arrivent sur la planète, ils découvrent un minerai jusqu’alors inconnu dans le système solaire, l’unobtanium, qui est la clé pour résoudre la crise énergétique sur Terre. Tous les intervenants sont employés par la RDA[8], un consortium militarisé visant à l’exploitation des ressources minières dans l’espace. Comme le plus gros gisement se situe sous les racines d’un arbre gigantesque qui abrite un clan Na’vi, les Omaticayas, les Terriens décident de créer le programme Avatar, un programme diplomatique, pour gagner la confiance des Na’vis et déplacer leur peuple, afin d’extraire le minerai.

Jake Sully est recruté pour faire partie du programme Avatar car il possède le même génome que son frère jumeau, un scientifique participant au programme mais assassiné par un voleur. En effet chaque « avatar » est créé génétiquement à partir d’ADN de Na’vi et de l’ADN de son « pilote ». Cela donne un être possédant un corps Na’vi et un cerveau humain, qui est contrôlable à distance par un humain grâce à des ordinateurs. Un avatar qui n’est pas relié à un pilote est dans le coma et quand un pilote est connecté à un avatar dans un caisson spécial, son corps est comme endormi. Plusieurs humains participent au programme et ont donc un avatar, dont le docteur Grace Augustine qui est responsable scientifique et Norman Spellman spécialiste de la langue Na’vi, débarqué en même temps que Sully. Jake prend donc le contrôle de son avatar et découvre la joie de pouvoir marcher à nouveau. Il part ensuite en mission d’exploration dans la jungle avec les avatars de Grace et Norman. Il découvre les multiples beautés et dangers de Pandora. Poursuivi par un prédateur gigantesque et séparé de ses compagnons, il se retrouve seul à passer la nuit dans la jungle. Il manque de se faire tuer mais une jeune femme Na’vi nommée Neytiri le sauve. Suite à un signe d’Eywa, divinité Na’vi qui personnifie la nature, elle décide de l’emmener avec elle, et il fait la connaissance du peuple Omaticaya. Jake apprend alors que Neytiri est la fille d’Eytukan, le chef du clan Omaticaya, et doit devenir la future Tsahik (chamane) lorsque sa mère quittera ce monde. Le futur chef du clan, qui devra former un couple avec Neytiri, est le chef des guerriers, nommé Tsu’tey.

Portrait représentant un Na'vi

Durant les trois mois de la mission, il s’intègre de plus en plus aux Omaticayas : il apprend les coutumes du peuple, et rapporte tous ses apprentissages au chef de la sécurité militaire de la mission Avatar, le colonel Quaritch. Mais ayant appris à vivre comme un Na’vi en apprenant à chasser, à parler leur langue et surtout en domptant son Ikran (une sorte de dragon volant), il est considéré comme faisant partie des Omaticayas. Et il s’aperçoit vite qu’il est tombé amoureux de Neytiri avec laquelle il s’unit devant Eywa. Mais, le lendemain, Quaritch et Parker, le chef civil du programme, envoient les bulldozers. Jake se battant pour défendre les Omaticayas, est considéré comme un traître par Quaritch. Il est également rejeté par les Omaticayas lorsqu’il leur apprend qu’il leur a menti sur le véritable but de sa mission.

Peu après, Quaritch fait détruire par les forces terriennes l’Arbre Maison, lieu où vivent les Omaticayas, et leur chef meurt lors de son effondrement. Jake revient vers le peuple dont il fait maintenant partie après avoir dompté l’un des monstres mythique de Pandora, appelé Toruk, pour se faire entendre. Convaincus, les Omaticayas le réintègrent à leur peuple. Il rassemble une alliance d’une quinzaine de clans, après avoir pris soin d’emmener son vrai corps le plus loin possible du campement militaire de base. Lors de cette fuite, Grace est mortellement blessée. Jake demande l’aide des Omaticayas pour la soigner, ou passer définitivement son esprit dans le corps de l’avatar, mais il est déjà trop tard et Grace s’éteint sous l’arbre des âmes, son esprit rejoignant Eywa. Mais Quaritch voyant d’importants mouvements de troupe de la part des Na’vis, monte une attaque préventive contre eux avec pour but de détruire l’arbre des âmes, le plus grand lieu de recueillement auprès d’Eywa pour les Na’vis. Ceux-ci, dirigés par Jake Sully, Norman et Tsu’tey, nouveau chef des Omaticayas, vont alors entrer en guerre contre les humains. Gagnant au début grâce à l’effet de surprise, ils sont ensuite écrasés par la puissance des armes terriennes (ce qui a fait disparaître des amis de Jake dont Trudy et Tsu’tey). Ce n’est qu’à la fin que des milliers d’animaux envoyés par Eywa détruisent définitivement les troupes de Quaritch (nantangs, ikrans, titanosaures…), lui-même tué de deux flèches par Neytiri alors qu’il allait tuer l’avatar de Jake. Jake lui-même dans son caisson commence à manquer d’air après qu’une vitre a été cassée par Quaritch, mais est sauvé de justesse par Neytiri.

Lors des dernières scènes, les Terriens quittent la planète. Les Na’vis avec l’aide d’Eywa transfèrent définitivement l’esprit de Jake dans le corps de son Avatar.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Sauf mention contraire, cette fiche technique est établie à partir d’IMDb[9].

Distribution[modifier | modifier le code]

Humains[modifier | modifier le code]

Michelle Rodríguez et Stephen Lang, deux acteurs déjà remarqués par Cameron depuis des années.
  • Sam Worthington (V. F. : Adrien Antoine[15]) dans le rôle du caporal Jake Sully, le héros principal du film, un ancien marine devenu paraplégique, à qui l’on offre une chance de participer au programme Avatar. Cameron voulait de jeunes acteurs plutôt inconnus, pas des stars. Il décrit ainsi Worthington, qui vivait dans une voiture à l’époque : « un dur de la vieille école comme Lee Marvin, entièrement authentique et direct. Et avec une accessibilité émotionnelle qui fait que l’on peut voir tout ce qu’il ressent. Si vous voulez faire une histoire d’amour, vous devez avoir ça. Habituellement vous avez soit l’acteur d’action, soit l’idole des femmes, et Sam est réellement les deux à la fois »[16]. Worthington fut auditionné à deux reprises très tôt dans le casting. Il remporta le rôle après avoir été comparé à de nombreux autres acteurs dont certains vivement recommandés par la Fox[17].
  • Sigourney Weaver (V. F. : Sylvie Genty) dans le rôle du Dr Grace Augustine, une exobiologiste à la tête du programme Avatar, auteur d’un guide complet sur la flore de Pandora. Elle guide et aide Jake Sully tout au long de l’aventure. Elle prône des relations pacifiques avec les Na’vi et a monté une école pour leur apprendre l’anglais. Weaver avait déjà travaillé avec Cameron dans Aliens, le retour sorti en 1986, où elle incarnait Ellen Ripley, le rôle principal de sa carrière cinématographique. Dans les scripts initiaux, le personnage se dénommait d’ailleurs Grace Ripley, mais dans un souci de se démarquer des films Alien, Cameron la renomma Grace Augustine. Dans le même souci, le choix de Weaver fut initialement rejeté, et celle-ci se teignit les cheveux en rouge pour se différencier au maximum de son personnage culte de Ellen Ripley[18].
  • Stephen Lang (V. F. : Jean-Bernard Guillard) dans le rôle du Colonel Miles Quaritch, le responsable de la sécurité sur Pandora. Il a un profond mépris pour les habitants de Pandora et joue le rôle du méchant principal du film. Lang avait déjà rencontré Cameron 20 ans plus tôt pour un rôle dans Aliens qu’il n’avait finalement pas eu, mais Cameron ne l’oublia pas[19].
  • Michelle Rodríguez (V. F. : Géraldine Asselin) dans le rôle de Trudy Chacon, pilote d’hélicoptère. Cameron dit avoir voulu travailler avec Rodríguez depuis qu’il l’a vue dans Girlfight sept ans plus tôt[19].
  • Giovanni Ribisi (V. F. : Damien Witecka) dans le rôle de Parker Selfridge, l’administrateur général des opérations minières, également un des méchants du film[20].
  • Joel Moore (V. F. : Patrick Mancini) : Norman « Norm » Spellman, un scientifique dont le but est d’étudier la flore et la faune de Pandora. Il arrive sur la planète en même temps que Jake Sully et dirige également un avatar. Parlant couramment le Na’vi, il est censé mener les contacts diplomatiques avec la population indigène mais il s’avère rapidement que Jake est mieux placé que lui pour cela.
  • Matt Gerald (V. F. : Boris Rehlinger) : Caporal Lyne Wainfleet.
  • Dileep Rao (V. F. : Luc Boulad) : Dr Max Patel, un scientifique travaillant sur le programme Avatar.

Na'vi[modifier | modifier le code]

Zoe Saldana joue Neytiri, le personnage féminin principal du film.
  • Zoe Saldana (V. F. : Ingrid Donnadieu) dans le rôle de Neytiri, protagoniste féminine du film, princesse des Omaticaya, qui sauve Jake Sully et l’introduit dans le clan. Zoe Saldana n’apparait dans le film que sous l’aspect de son avatar, donnant vie aux images de synthèse grâce au perfectionnement de la technique de performance capture[21]. Saldana est une actrice américaine d’origine caribéenne connue notamment pour ses rôles dans Drumline (2002), puis dans Pirates des Caraïbes : La Malédiction du Black Pearl (2003) et enfin dans Star Trek (2009).
  • Wes Studi (V. F. : Eytukan parle uniquement en Na'vi, sa voix en version française est donc celle de Wes Studi) dans le rôle d’Eytukan, le chef du clan Omaticaya, père de Neytiri et compagnon de Mo’at. Acteur américain d’ascendance amérindienne surtout connu pour ses rôles d’indien, comme le guerrier Pawnee dans Danse avec les loups, le perfide Magua dans Le Dernier des Mohicans (1992) et Geronimo de Walter Hill en 1993.
  • CCH Pounder (V. F. : Michelle Bardollet) dans le rôle de Mo’at, la leader spirituel des Omaticaya, mère de Neytiri. Actrice américaine d’origine guyanienne surtout connue pour ses rôles à la télévision, interprétant le détective Claudette Wyms dans la série The Shield et le Dr Angela Hicks dans la série Urgences. Son rôle le plus célèbre est celui de Brenda, en 1988, dans le Bagdad Café (Out of Rosenheim) de Percy Adlon.
  • Laz Alonso (V. F. : Bruno Choel) dans le rôle de Tsu’tey, le futur chef de la tribu, l’ancien promis de Neytiri, et ancien ennemi de Jake (qu’il considère comme « frère » à la fin du film).

Production[modifier | modifier le code]

Inspirations[modifier | modifier le code]

Les aventures de John Carter d’Edgar Rice Burroughs ont été une des sources d’inspirations reconnues par Cameron. Ici la couverture de la première édition, 1917.

James Cameron a déclaré s’être inspiré de livres d’aventures se déroulant dans la jungle, tels que ceux écrit par Edgar Rice Burroughs (1875-1950) et Henry Rider Haggard (1856-1925)[2],[22]. Edgar Rice Burroughs est le créateur de Tarzan mais aussi de John Carter de la série cycle de Mars. Henry Rider Haggard quant à lui est le créateur d’Allan Quatermain, le héros des Mines du Roi Salomon, identifié comme l’un des modèles au personnage d’Indiana Jones dans Les Aventuriers de l'arche perdue de Steven Spielberg et George Lucas[23],[24],[25].

James Cameron dit lui-même qu’Avatar partage des sujets avec les films En liberté dans les champs du seigneur et La Forêt d’émeraude, qui montrent les heurts entre les cultures et les civilisations, et reconnaît le lien avec Danse avec les loups où un soldat se fond dans la culture qu’il combattait préalablement[26].

Les montagnes flottantes de Pandora « Hallelujah Mountains » furent inspirées des montagnes chinoises Huang[27].

L’apparence des Na’vi, les personnages natifs du monde dépeint dans le film, a été inspirée d’un rêve que la mère de Cameron avait fait longtemps avant qu’il n’écrive Avatar. Elle avait rêvé d’une femme bleue de 12 pieds[N 1] de haut et James Cameron se disait : « C’est une image cool ! »[N 2]. C’est ainsi qu’en 1976 ou 1977, il mit dans son premier scénario une planète avec une population autochtone « sublime » à la peau bleue ayant une taille de 12 pieds, ce qui constituera plus tard la base du peuple Na’vi dans Avatar[28]. Concernant le choix du bleu pour la couleur de peau des Na’vi, Cameron dit : « J’aime simplement le bleu. C’est une bonne couleur… de plus, il y a un rapport avec les dieux hindous[29] ce qui me plait sur le plan conceptuel. »[30]

Pour créer les montagnes flottantes « Hallelujah », les décorateurs se sont inspirés de « nombreux types de montagnes, mais principalement des formations karstiques situées en Chine »[31]. D’après le chef décorateur Dylan Cole, les roches suspendues du film ont été directement inspirées des Huang Shan, également connu sous le nom de Monts Huang, et de montagnes de la province du Hunan, parmi d’autres à travers le monde[31]. Cameron déclara lors d’une conférence de presse à Pékin : « Tout ce que nous avons eu à faire est de simplement recréer la montagne Huangshan dans l’espace »[32].[réf. incomplète] Lorsqu’on lui demande si l’idée des montagnes flottantes ne proviendrait pas de la couverture d’un album du groupe de rock Yes[33], il répond en riant « Cela aurait pu… au temps où je fumais du cannabis. »[30]

Les montagnes flottantes de Pandora « Hallelujah Mountains ».

Afin de créer l’intérieur de la colonie minière humaine sur Pandora, les designers ont visité la plateforme de forage Noble Clyde Boudreaux[34] située dans le Golfe du Mexique durant le mois de juillet 2007. Ils ont photographié, mesuré et filmé chaque détail de la foreuse, qui fut ensuite reproduite en image de synthèse durant la post-production[35].

Bathocyroe fosteri, cténophore commun dans les eaux profondes, capables d’émettre de la lumière par bioluminescence.

De nombreuses créatures imaginaires de Pandora ont été inspirées des créatures sous-marines que Cameron a pu observer lors de ses plongées, notamment lors du tournage de son documentaire Aliens of the Deep en 2005[36],[37]. Ainsi les plantes Helicoradian, qui se rétractent en un clin d’œil au moindre contact, sont inspirées de Spirobranchus giganteus, une espèce de ver tubicole commun dans les mers du monde entier[38]. Et l’idée d’un monde bioluminescent, où les organismes vivants produisent et émettent de la lumière vient également de ce que Cameron a pu observer dans les océans[39]. Un des morceaux de la bande originale est d’ailleurs dénommé The Bioluminescence of the Night[40].

Pour l’histoire d’amour entre les personnages Jake et Neytiri, Cameron a appliqué un thème de l’amour impossible à la manière de Shakespeare[41] et reconnait sa ressemblance avec le couple Jack et Rose de Titanic. Dans les deux couples, on retrouve les origines radicalement différentes des deux personnages qui sont obligés de choisir entre les deux communautés. « Ils tombent amoureux l’un de l’autre, Mais ils doivent combattre côte-à-côte, et il y a ce genre de nécessité à laisser partir l’autre personne afin de pouvoir faire ce que vous devez faire, ce qui est très intéressant[N 3],[42] » Bien que Cameron jugea bon de ne pas faire tomber amoureux Jake et Neytiri immédiatement, Worthington et Saldana, les acteurs, désapprouvèrent. Cameron déclara que Worthington et Saldana « avaient une grande alchimie » pendant le tournage[42].

James Cameron déclare avoir « voulu renvoyer à la situation que vivent actuellement certaines tribus amazoniennes », notamment celles du Chef Raoni, qu'il défend depuis plusieurs années, et dénonce les dégâts causés à la forêt vierge par l'expansion des activités minières, forestières et agricoles. La maison des Na'vis est un arbre gigantesque connecté à l'ensemble des êtres vivants, et qui est déraciné par les hommes. Cette métaphore symbolise pour Cameron la destruction de la nature par les hommes « pour des raisons bassement économiques ». L'autre métaphore forte souhaitée par le réalisateur est l'injection de chlorophylle dans les veines du personnage incarné par Sigourney Weaver pour tenter de le sauver[43].

Références supposées[modifier | modifier le code]

D’après certains professionnels et critiques de cinéma, les références ci dessous sont de plausibles sources d’inspiration, mais elles n’ont pas été reconnues ou confirmées comme telles par Cameron.

La princesse amérindienne Pocahontas sauvant la vie du capitaine anglais John Smith, scène pouvant être comparée à celles où Neytiri sauve la vie de Jake.

Le magazine Première cite, entre autres, les bandes dessinées Aquablue, Sillage et Valérian et Laureline[44]. Aquablue présente un scénario similaire sur le plan de l'anticolonialisme et des idées écologistes, le tout dans un contexte futuriste de colonisation de l’espace : les corps expéditionnaires de la Légion protégeant la Texec d’Aquablue ressemblent au consortium Resources Development Administration (RDA) d’Avatar, l’exosquelette motorisé lourd utilisé par les soldats des deux univers également. Les Na’vis présentent des similitudes morphologiques et anthropomorphiques, dont une peau bleue, avec celle du peuple autochtone d’Aquablue. Sillage a une thématique similaire ainsi que le nom de l’héroïne, Nävis, homophone des indigènes pandoriens. Le premier tome de Sillage met en scène la destruction d’un arbre géant sous lequel vivait Nävis.

L’Express met en avant la ressemblance entre l’histoire d’Avatar et celle de Pocahontas la princesse powhatan tombant amoureuse d’un envahisseur qui après avoir découvert sa culture se range au côté des autochtones contre le despotisme des colons, thème repris dans le film Danse avec les loups[45]. Première cite également les films Danse avec les loups, Star Wars, La Flèche brisée, James Cameron ayant admis être « très influencé par les westerns classiques ». Le magazine cite également comme références plausibles les réalisateurs Terrence Malick (La Ligne Rouge et Le Nouveau Monde) et Hayao Miyazaki (Nausicaä de la vallée du vent, Le Château dans le ciel, Princesse Mononoké et Mon voisin Totoro)[46].

Le concept de la divinité qui protège les autochtones des envahisseurs, avec des animaux qui viennent les défendre, s’apparente à la légende des arabes pré-islamiques, et reprise par le Coran, quand le Roi Abraha a essayé de détruire la Ka’aba, mais s’est fait attaquer par un vol d’oiseaux munis de cailloux… Quant à la destruction de l’arbre géant des Na’vis, elle n’est pas sans rappeler celle d’Irminsul, l’arbre sacré des saxons, par les armées de Charlemagne.

Enfin pour l’anecdote, les membres de la force de sécurité privée utilisée par la Compagnie dans le film portent tous des insignes de grade de l’armée française. Il s’agit peut être d’une référence inversée sur la Guerre d’Irak.

Genèse du film[modifier | modifier le code]

James Cameron a imaginé le monde d’Avatar plus de 15 ans avant de pouvoir réaliser le film.

En 1994, James Cameron écrit un script de 80 pages pour Avatar[2] en seulement deux semaines[47],[48]. En août 1996, il annonce qu’après avoir terminé Titanic il tournera le film Avatar, qui mettra en scène des acteurs en image de synthèse[49]. Il estime alors que le projet coûtera 100 millions de dollars et emploiera au moins 6 acteurs pour les rôles principaux « qui sembleront vrais mais n’existeront pas physiquement dans le monde réel »[50]. Digital Domain, une société spécialisée dans les effets spéciaux numériques avec laquelle Cameron est associé rejoint le projet. La production est supposée démarrer au cours de l’été 1997, pour une sortie en 1999[3]. Cependant, Cameron estime que la technologie existante alors ne lui permettra pas de donner vie de façon satisfaisante à sa vision de l’histoire (décision renforcée par l’échec commercial du film Final Fantasy, film entièrement réalisé en images de synthèse[réf. nécessaire]). Il décide alors de mettre en suspens le projet en attendant que la technique s’améliore[4].

En juin 2005, Cameron annonce être en train de travailler sur un projet nommé temporairement Project 880, parallèlement avec un autre projet, Battle Angel, film tiré du manga Gunnm[51]. Puis, on apprend que la 20th Century Fox a avancé 10 millions de dollars à Cameron afin qu’il tourne un clip montrant le monde d’Avatar. La vidéo est présentée aux dirigeants de la Fox en octobre 2005[52]. En décembre, Cameron déclare qu’il prévoit d’abord de réaliser Battle Angel pour une sortie mi 2007, puis son Project 880 pour une sortie en 2009[53]. En février 2006, Cameron annonce qu’il intervertit les priorités sur ses deux projets - Project 880 devrait sortir en 2007 et Battle Angel en 2009. Il précise que la sortie de Project 880 pourrait être repoussée à 2008[54].

En février 2006, Cameron révèle que le Project 880 est en fait une « version retravaillée d’Avatar », un film qu’il a tenté de faire quelques années plus tôt[55] et qu’il pense pouvoir enfin réaliser, grâce aux avancées technologiques dans le domaine de l’animation des personnages en images de synthèse, citant notamment Gollum dans la trilogie du Seigneur des anneaux de Peter Jackson, King Kong du même réalisateur, et Davy Jones de la série Pirates des Caraïbes[2].

Cameron choisit de réaliser d’abord Avatar plutôt que Battle Angel après avoir effectué l’année précédente un test caméra de cinq jours[56]. Son script initial qu’on pouvait jusqu’alors trouver sur Internet depuis des années semble alors avoir disparu de la circulation[57].

Développement[modifier | modifier le code]

De janvier à avril 2006, Cameron travailla sur le script et créa une culture pour les Na’vis. Leur langage est créée par Paul Frommer, un professeur de la Marshall School of Business (Californie) titulaire d’un doctorat en linguistique, également enseignant à l’Université de Californie du Sud[58],[2]. La langue na’vi possède un vocabulaire d’environ 1 000 mots, dont une trentaine ajoutée par Cameron. Elle utilise des consonnes éjectives [pʼ tʼ kʼ], épelées px, tx, kx que l’on retrouve dans la langue Amharique en Éthiopie, et les initiales « ng » que Cameron a pu emprunter à la langue Māori[6]. Sigourney Weaver et les scénographes ont rencontré Jodie S. Holt, professeur en physiologie des plantes à l’Université de Californie à Riverside, afin d’apprendre les méthodes utilisées par les botanistes pour étudier et collecter les plantes, et pour discuter les façons d’expliquer la communication entre les organismes sur Pandora[59].

En juillet 2006, Cameron annonce qu’Avatar devrait sortir mi-2008 et qu’il commencera la photographie avec le casting définitif en février 2007[60]. En août, le studio d’effets visuels Weta Digital signe avec Cameron[61]. Stan Winston, qui a déjà collaboré avec Cameron par le passé, rejoint l’équipe pour travailler sur les décors du film[62]. La recherche et création des lieux et des décors du film a duré plusieurs années. Deux chefs décorateurs ont travaillé sur le film, ainsi que deux départements artistiques différents, l’un travaillant sur la flore et la faune de Pandora, l’autre sur les humains et leurs machines[63].

En septembre 2006, Cameron annonce qu’il utilise une caméra de son invention, une Fusion Camera System modifiée, afin de filmer les scènes d’Avatar en 3-D. Le système utilise deux caméras haute définition Sony HDC-F950 HD reliées entre elles afin de reproduire la vision stéréoscopique due à la séparation entre les yeux humains[64].

Pendant ce temps, la Fox est en proie au doute à cause de l’expérience douloureuse du tournage du dernier long métrage de Cameron, le Titanic, où celui-ci avait accumulé les dépassements de budgets et les retards. Cameron réécrit le script d’Avatar afin de réduire le nombre de protagonistes, propose de diminuer son cachet en cas d’échec commercial et installe un feu tricolore bloqué sur l’orange à côté du bureau du coproducteur Jon Landau pour faire prendre conscience à tous du futur incertain du projet[52]. Mi-2006, la Fox fait savoir à Cameron « en termes on ne peut plus clairs qu’ils ne financeront pas le film »[N 4]. Il commence alors à faire le tour d’autres studios et montre sa preuve de concept à Dick Cook, alors président de Walt Disney[52]. Toutefois, au moment où Disney tente de s’engager, Fox exerce son droit de préemption, lui permettant d’obtenir un délai[52]. En octobre 2006, la Fox accepte finalement de cofinancer Avatar, après que le studio Ingenious Media s’est aussi engagé, réduisant l’exposition financière de la Fox à moins de la moitié du budget officiel de 237 millions de dollars. À partir de ce moment, Cameron et Landau font passer leur feu au vert[52]. En décembre 2006, Cameron décrit Avatar comme « un conte futuriste prenant place sur une planète d’ici 200 ans… une aventure dans la jungle à l’ancienne avec une conscience environnementale… qui tend vers un degré mythique de narration »[65]. En janvier 2007, la presse décrit le film ainsi : « Avatar est aussi un voyage émotionnel sur la rédemption et la révolution. C’est l’histoire d’un ancien marine blessé, poussé à coloniser et à exploiter une planète exotique riche en biodiversité, qui finalement se retrouve à la tête des indigènes dans une bataille pour leur survie » et « Nous avons créé un monde entier, un écosystème complet de plantes et de créatures fantasmagoriques, et un peuple natif avec une riche culture et un langage. »[66]

Tournage[modifier | modifier le code]

La plupart des scènes ont été tournées dans une salle d’enregistrement semblable à celle-ci, équipée de caméras infrarouge permettant de capturer les mouvements des acteurs.

Le tournage d’Avatar commence en avril 2007 à Los Angeles et à Wellington, capitale de la Nouvelle-Zélande. Cameron décrit le film comme un hybride avec des scènes tournées de façon classique et d’autres avec des personnages et un environnement générés par ordinateur : « Idéalement l’audience n’aura aucune idée de ce qu’elle est en train de regarder. » Il indique qu’il a déjà travaillé quatre mois sur des scènes secondaires du film[67]. Les scènes classiques sont filmées avec une version modifiée de la Fusion Camera System développée par Cameron et Vince Pace[68]. En janvier 2007, la Fox annonce que le tournage en 3-D sera fait à raison de 24 images par seconde, en dépit de l’avis de Cameron qui pense qu’un film en 3-D nécessite une cadence plus importante afin de rendre l’effet stroboscopique moins notable[69]. D’après Cameron, le film est composé à 60 % d’images de synthèse et à 40 % de scènes tournées en direct avec des maquettes miniatures traditionnelles[70].

Le tournage en capture de mouvement, qui permet de capter les mouvements des acteurs afin de les retranscrire en images de synthèse dans un univers virtuel, dura 31 jours et se déroula sur la scène de la Hughes Aircraft Company à Playa Vista, Los Angeles, en Californie[56],[71]. Plus d’un millier de personnes participèrent au tournage[71]. Afin de préparer certaines séquences, tous les acteurs subirent un entraînement spécifique selon les compétences de leurs personnages, telles que le tir à l’arc, l’équitation, le maniement des armes à feu et le combat à main nue. Il reçurent également un apprentissage de la langue Na’vi crée spécialement pour le film[72]. Avant de commencer le tournage, Cameron envoya également tous les acteurs dans la jungle à Hawaï[73] afin qu’ils ressentent par eux-mêmes l’ambiance d’une forêt tropicale humide avant le tournage en studio[72].

Durant le tournage, Cameron utilise une technique permettant une conception novatrice de la mise en scène dans le domaine de la capture de mouvement et du cinéma virtuel. Il demande à Rob Legato de lui concevoir un système de caméra virtuelle, dénommé le « Director Centric System », qui permet au réalisateur de se projeter dans l’univers virtuel et de visualiser en temps réel les personnages en images de synthèses créés à partir des données provenant de ses comédiens lors de la capture de mouvement[74]. Legato avait déjà expérimenté une version basique de ce système sur les scènes du crash d’avion de Aviator de Martin Scorsese. Et Steven Spielberg avait déjà testé le principe de la « simulcam » sur le tournage de A.I. Intelligence artificielle. En pratique, le réalisateur tient une sorte de caméra dénuée d’objectif, marquée pour être repérée dans l’espace par les capteurs employés pour la capture de mouvement, constituée d’un cadre et d’un moniteur sur lequel est diffusé en temps réel une version basique du décor et des personnages en images de synthèses, permettant à Cameron de contrôler que le cadre reste correct[74]. Cameron décrit le système comme une « forme de pure création où si vous voulez déplacer un arbre ou une montagne ou le ciel, ou changer l’heure de la journée, vous avez un contrôle complet sur les éléments. »[75]. Cameron donna l’occasion à Steven Spielberg et à Peter Jackson de tester la nouvelle technologie[65]. Spielberg et George Lucas avaient déjà rendu visite à Cameron sur le plateau lors du tournage[76],[77],[78].

Effets spéciaux[modifier | modifier le code]

Ci-dessus, l’ancienne technique de capture des expressions faciales des acteurs, améliorée par l’équipe des effets spéciaux d’Avatar.

Un certain nombre d’effets spéciaux innovants ont été utilisés sur le tournage d’Avatar. D’après Cameron, le film était reporté depuis les années 1990 dans l’attente que la technologie atteigne un niveau d’avancement suffisant pour dépeindre fidèlement sa vision de Pandora et de ses habitants[49],[3]. Le réalisateur avait prévu d’utiliser des personnages de synthèse photoréalistes, créés avec les nouvelles techniques d’animation de capture de mouvement développées dans les 14 mois précédant décembre 2006[79].

Les innovations incluent un nouveau système pour éclairer de grandes zones telle que la jungle de Pandora[80], « The Volume », une pièce dédiée à la capture de mouvement six fois plus grande que n’importe quelle autre pièce jamais utilisée, et une méthode améliorée pour la capture des expressions faciales des acteurs, permettant non plus une simple capture de mouvement, mais une capture de performance. Pour cela, les acteurs portent une sorte de cagoule sur laquelle est fixée une petite caméra filmant de près et en détail chaque mouvement de leur visage et de leurs yeux[81]. D’après Cameron, cette méthode permet au réalisateur de transférer 100 % des performances physiques des acteurs à leurs équivalents numériques[82]. De plus, durant le mocap, de nombreuses caméras permettent d’enregistrer de multiples angles de vue de chaque performance[83]. Un certain nombre de scènes ont été particulièrement difficiles à réaliser. Richard Baneham, un des superviseurs de l’animation, cite la séquence où Jake sous forme humaine est porté par Neytiri[84].

Le principal studio à avoir travaillé sur les effets spéciaux est Weta Digital, créé par Peter Jackson et installé à Wellington en Nouvelle-Zélande, employant à un moment donné 900 personnes[85]. Pour réaliser Avatar, Weta a utilisé un centre de traitement de données d’environ 1 000 m2, utilisant 4 000 serveurs Hewlett-Packard représentant 35 000 processeurs[86], plaçant le centre de traitement entre la 193e et la 197e place du TOP500, projet de classification des 500 premiers supercalculateurs connus au monde. Créer les personnages Na’vi et le monde virtuel de Pandora a nécessité plus d’un petaoctet d’espace disque[87] et chaque minute du film représente 17,28 gigaoctets[88]. Pour pouvoir respecter les délais, d’autres équipes ont rejoint Weta telles que Industrial Light & Magic, qui travailla notamment sur les scènes de la bataille finale. ILM a pris en charge les effets spéciaux d’un grand nombre des véhicules du film et a conçu une nouvelle façon de réaliser les explosions en images de synthèse[89]. Joe Letteri a été le superviseur général des effets spéciaux sur le film[90].

Thèmes[modifier | modifier le code]

James Cameron a reconnu qu’Avatar critique implicitement la guerre en Irak.

Avatar est pour James Cameron avant tout un voyage d’aventure et d’action et de découverte de soi dans un contexte de biodiversité et d’impérialisme[28]. « Impérialisme dans le sens où l’histoire humaine a toujours fonctionné, c’est-à-dire que le peuple avec le plus de puissance militaire ou technologique a tendance à supplanter ou détruire les peuples qui sont plus faibles, généralement pour leurs ressources. » James Cameron compare même avec l’époque présente où l’augmentation de la population et le manque de ressources dont le pétrole fera « que nous nous battrons de plus en plus pour de moins en moins. »[28]

Avatar possède de vives scènes de combat mais c’est également un film sur la paix, qui pour James Cameron peut être atteinte « grâce à une puissance de feu supérieure mais d’un autre côté je déteste l’abus de pouvoir et l’impérialisme rampant déguisé en patriotisme. Certains sujets que vous ne pouvez pas soulever sans être qualifié d’antipatriotisme mais je pense que c’est très patriotique de remettre en question un système qui a besoin de limite, ou il devient Rome »[91]. Au festival Comic Con de 2009, Cameron explique aux participants son souhait de réaliser un film « qui intègre une dose d'action, une dose d'aventure, etc. »[N 5] et sa volonté de lui donner un sens moral : « qu'on y prenne du plaisir, mais qu'en même temps cela fasse réfléchir le public sur notre manière d'interagir avec la nature et avec nos semblables. »[N 6],[92]. Il ajoute que « les Na’vi représentent en quelque sorte notre « Moi » supérieur, ou nos propres aspirations, ce que nous aimerions penser que nous sommes[N 7]. » et Cameron dit que même s’il y a de bons humains dans le film, les humains « représentent ce que nous pouvons être avec ces parts de nous-mêmes qui détruisent notre monde et peuvent même condamner notre futur[92],[N 8]. »

Pour James Cameron, une des idées principales du film est qu’il « nous interroge sur le fait que tout est lié, les êtres humains les uns aux autres et chacun de nous à la Terre »[93] (Photographie d’un danseur Maori).

Cameron a reconnu que Avatar critique implicitement la Guerre d'Irak par les États-Unis et la nature impersonnelle de la guerre en général[94]. En référence à l’utilisation du terme de « choc et effroi » dans le film, qui est une doctrine militaire américaine, Cameron a déclaré « Nous savons ce que c’est que de lancer des missiles. Nous ne savons pas à quoi cela ressemble d’en recevoir sur notre sol à domicile, pas en Amérique[N 9]. » Dans une interview suivante cependant, Cameron dit que « Le film n’est absolument pas anti-Américain[95]. » et dans une autre que « Cela peut être une histoire de lutte contre un pouvoir cruel aussi classique que Star Wars.(…) Vous pouvez l’interpréter de beaucoup, beaucoup, de manières différentes. Les méchants peuvent être l’Amérique dans ce film, ou les bons. Cela dépend de votre perspective. »[28]

Une scène dans le film dépeint la violente destruction de l’arbre-foyer des Na’vis, qui s’écroule en flammes après une attaque de missiles, recouvrant le paysage de cendres. Quand on lui parle de la ressemblance visuelle de cette scène avec les événements du 11 septembre 2001 sur le World Trade Center, Cameron dit avoir été surpris de cette troublante ressemblance[94].

Dans une interview du Times magazine, Cameron a abordé le sujet de la signification du titre du film en répondant à la question « Qu’est-ce qu’un avatar, au juste ? » Il répondit ainsi : « C’est une incarnation d’un des dieux indiens prenant une forme charnelle. Dans ce film, cela signifie que la technologie de l’homme à l’avenir sera capable d’insuffler l’intelligence d’un humain dans un corps situé à distance, un corps biologique[N 10],[96]. »

Avatar renvoie aussi aux exactions commises actuellement sur les peuples indigènes qui subissent « la discrimination d’un monde qui pense qu’ils sont primitifs et attardés parce qu’ils n’aspirent pas au mode de vie des pays industrialisés et choisissent souvent, comme ils le font depuis des millénaires, de ne dépendre que de leur environnement naturel pour survivre[93]. » L’ONG Survival International a recueilli des témoignages de représentants de ces peuples qui ont visionné le film et le parallélisme dans leur discours est plus que troublant. Ainsi pour les Punans de Bornéo : « Les Na’vis d’Avatar se lamentent parce que leur forêt est détruite. Il en est de même pour nous, les Punans. Les compagnies d’exploitation forestière abattent nos grands arbres, polluent nos rivières et font disparaître notre gibier ». Les réactions sont les mêmes chez les Bushmen d’Afrique australe qui indiquent que « La terre et les Bushmen sont indissociables » et les Yanomamis de la forêt amazonienne. Les Maoris ont inspiré à James Cameron le dialecte des Na’vis[93]. Pour James Cameron, une des idées principale du film est qu’il « nous interroge sur le fait que tout est lié, les êtres humains les uns aux autres et chacun de nous à la Terre »[93].

En février 2010, des militants pro-palestiniens protestent contre la barrière de séparation israélienne dans le village de Bil’in déguisés en Na’vis et sont dispersés par les militaires à l’aide de gaz lacrymogène[97]. Pour Henry Jenkins, professeur de communication, journalisme et art cinématographique à l’Université de Californie du Sud, l’utilisation de cet « activisme Avatar » par les Palestiniens et d’autres groupes dans le monde montre que le film devenu iconique est utilisé pour certaines communautés pour se défendre contre leurs personnification du complexe militaro-industriel maléfique d’Avatar, que ce soit l’armée israélienne, le gouvernement chinois ou les compagnies forestières d’Amazonie. Selon lui, les critiques conservateurs américains qui avaient peur que le film propage de l’antiaméricanisme, étant donné son fort message politique, ou ceux de gauche qui craignaient qu’il soit trop centré sur l’homme blanc se sont trompés : les manifestants se servent de la peau bleue des Na’vis pour lutter contre ce qui leur semble injuste et diffuser leur message[98].

Bande originale[modifier | modifier le code]

La bande originale d’Avatar a été créée par le compositeur américain James Horner, qui avait déjà travaillé avec James Cameron sur les films Aliens, le retour et Titanic[99]. Elle a nécessité 9 mois de travail de mars à novembre 2009[100]. Elle se compose de quatorze titres (vingt en édition deluxe), d’une durée totale de h 18 (h 36 en édition deluxe)[101].

  • 01 - You Don’t Dream in Cryo… - 6′09″
  • 02 - Jake Enters His Avatar World - 5′24″
  • 03 - Pure Spirits of the Forest - 8′49″
  • 04 - The Bioluminescence of the Night - 3′37″
  • 05 - Becoming One of The People, Becoming One With Neytiri - 7′43″
  • 06 - Climbing Up – Iknimaya – The Path to Heaven - 3′18″
  • 07 - Jake’s First Flight - 4′49″
  • 08 - Scorched Earth - 3′32″
  • 09 - Quaritch - 5′01″
  • 10 - The Destruction of Hometree - 6′47″
  • 11 - Shutting Down Grace’s Lab - 2′47″
  • 12 - Gathering All the Na’vi Clans for Battle - 5′14″
  • 13 - War - 11′21″
  • 14 - I See You (Theme from Avatar) - 4′20″
  • 15 - Pandora (édition deluxe) - 3′17″
  • 16 - Viperwolves Attack (édition deluxe) - 3′49″
  • 17 - Great Leonoptryx (édition deluxe) - 1′33″
  • 18 - Escape from Hellgate (édition deluxe) - 3′25″
  • 19 - Healing Ceremony (édition deluxe) - 2′21″
  • 20 - The Death of Quaritch (édition deluxe) - 5′20″

Marketing[modifier | modifier le code]

Promotion[modifier | modifier le code]

Cameron au Comic-Con 2009 en train de promouvoir le film.

Les premières photos officielles du films sont publiées le 14 août 2009[102] et le magazine Empire propose des images exclusives du film dans son édition de novembre[103]. Le 23 juillet, Cameron, le producteur Jon Landau, Zoe Saldana, Stephen Lang et Sigourney Weaver apparaissent ensemble lors d’un débat animé par Tom Rothman lors du Comic-Con 2009. À cette occasion, près de vingt cinq minutes d’images provenant du film sont dévoilées[104] en Dolby 3D[105]. Weaver et Cameron participent à d’autres débats dans le cadre du Comic-Con, dans le but de promouvoir le film, respectivement le 23[106] et le 24 juillet[107].

James Cameron annonce lors du Comic-Con que le 21 août sera l’« Avatar Day ». C’est ce jour précisément que la bande-annonce du film sera diffusée dans tous les formats cinématographiques, ainsi que la bande-annonce du jeu vidéo et la collection de jeu dérivé[108]. La bande-annonce de 129 secondes sort en ligne le 20 août[109] et devient la bande-annonce la plus visionnée sur le site d’Apple avec 4 millions de visionnements en streaming dès le premier jour[110],[111]. Une nouvelle bande-annonce de 210 secondes sort en salle le 23 octobre, réutilisant le titre The Island Awaits You du film The Island composée par Steve Jablonsky[112] puis se retrouve en ligne le 29 octobre sur Yahoo![113],[114]. Une version plus longue en IMAX 3D reçoit des critiques très positives[109].

Néanmoins, quelques jours après la sortie de la première bande-annonce, The Hollywood Reporter rapporte le même scepticisme ambiant que lors de la sortie de Titanic. L’événement suscite de nombreuses réactions sur le Web. Certains comparent Avatar à des films d’animations tels que Delgo ou Les Aventures de Zak et Crysta dans la forêt tropicale de FernGully[111]. Le site SpoutBlog met en ligne le jour même un article intitulé Les 10 films auxquels Avatar ressemble malheureusement[115]. Les Na’vis sont comparés à Jar Jar Binks[111] ou à des Schtroumpfs géants[116].

Le 30 octobre, pour célébrer l’ouverture du premier cinéma 3D au Viêt Nam, la Fox autorise Megastar Cinema à projeter un extrait exclusif de 16 minutes du film à la presse[117]. Le , une bande-annonce de trois minutes et demie est diffusée en direct aux spectateurs d’un match de football américain au Cowboys Stadium à Arlington, Texas, sur le Diamond Vision screen, le plus grand écran géant au monde, ainsi qu’aux téléspectateurs regardant le match retransmis sur la Fox. Il s’agirait de la plus importante diffusion en direct d’une bande-annonce jamais réalisée[118],[119].

The Coca-Cola Company collabora avec la Twentieth Century Fox pour lancer une campagne publicitaire mondiale afin de promouvoir le film. Le point culminant de la campagne fut l’ouverture du site web AVTR.com. Des bouteilles et des canettes de Coca-Cola Zero, lorsqu’elles étaient tenues devant une webcam, permettaient aux utilisateurs d’interagir avec le site en 3D grâce à une technologie de réalité augmentée[120]. Dans l’épisode The Gamer In The Grease (Saison 5, épisode 9) de la série Bones appartenant à Fox Network, on voit Joel Moore, qui tient un rôle récurrent dans la série, attendre impatiemment la sortie d’Avatar[121].

Jeu vidéo[modifier | modifier le code]

Article détaillé : James Cameron's Avatar: The Game.

Le jeu vidéo James Cameron's Avatar: The Game développé par Ubisoft est sorti quelques semaines avant le film, il ne reprend pas la trame du film mais seulement son univers et l’utilisation de la 3D[122]. Le réalisateur et les développeurs du jeu vidéo ont collaboré étroitement, et Cameron décida d’inclure certains des véhicules et des créatures développés par l’équipe d’Ubisoft[123]. James Cameron’s Avatar: The Game est sorti le 1er décembre pour la plupart des consoles de jeu vidéo (PlayStation 3, Xbox 360, Wii, Nintendo DS, PlayStation Portable, iPhone) et pour Microsoft Windows, et le 8 décembre pour la PlayStation Portable[124].

Livres[modifier | modifier le code]

Avatar: A Confidential Report on the Biological and Social History of Pandora, un livre guide de 224 pages sur la planète Pandora, édité par Harper Entertainment et sorti le 24 novembre 2009 soit quelques semaines avant la sortie du film[125]. Il propose une compilation de données faite par les humains sur Pandora et les formes de vie qui s’y trouvent. Il a été écrit par Maria Wilhelm et Dirk Mathison. HarperFestival a également édité James Cameron’s Avatar: The Reusable Scrapbook, un livre pour enfants de 48 pages écrit par Wilhelm[126].

The Art of Avatar: James Cameron’s Epic Adventure est sorti le 30 novembre 2009, édité par Abrams Books[127], il présente certaines créations artistiques du film comme des croquis, des illustrations de Lisa Fitzpatrick et des photographies faites sur le plateau de tournage. Le producteur Jon Landau a écrit les avant-propos, Cameron l’épilogue et le réalisateur Peter Jackson la préface.

Lors d’une interview en 2009 Cameron avait annoncé qu’il comptait écrire un roman sur le monde d’Avatar une fois le film sorti[128]. En février 2010, le producteur Jon Landau annonce que Cameron travaille sur un livre sous forme de préquelle qui permettra de développer certaines informations inexploitées du film, afin d’aller plus en profondeur et de donner une fondation à Pandora[129]. En cas de succès, il n’exclut pas la parution de sagas littéraires reprenant l’univers de Pandora, comme ce que George Lucas avait fait avec Star Wars[130].

Figurine et timbre[modifier | modifier le code]

Mattel Toys annonce en décembre 2009 une collection de figurines Avatar[131],[132]. Chaque figurine sera livrée avec un tag internet 3D, dénommé i-TAG, que l’acheteur pourra scanner en utilisant une webcam, et qui permettra d’accéder à une page en ligne unique, spécifique à chaque figurine[131].

Une série de figurines représentant chacun des six personnages principaux du film est aussi distribuée dans les Happy Meals de McDonald’s en Argentine, Brésil, Canada, Chine, Colombie, États-Unis et Venezuela[133].

En France à l’occasion de la sortie du film, La Poste a édité un timbre collector inédit, à effet métallique brillant, en version limitée à 20 000 exemplaires. La planche de 10 timbres était vendue au prix de 9,90 euros dès le 16 décembre 2009, en exclusivité sur la boutique web du timbre. Elle comprend 10 timbres autocollants à validité permanente représentant les visages de Jake et Neytiri, et une grande vignette reprenant le visuel[134].

Parc à thème[modifier | modifier le code]

Le parc Disney's Animal Kingdom de Walt Disney World a annoncé qu'il va construire une section thématique avec des attractions sur le thème du film. Disney Parks annonce cette information sur son blog officiel[135]

La construction du site a commencé en 2013 et l'ouverture est prévue pour l'année 2016.

Le budget prévisionnel est fixé aux alentours de 500 millions de dollars.

Réception du film[modifier | modifier le code]

Sortie internationale[modifier | modifier le code]

Avatar sort en avant-première à Londres le , puis dans le monde entier entre le 16 et le 18 décembre[136]. Il était initialement prévu une sortie pour le 22 mai 2009[137] mais la date est repoussée pour donner plus de temps pour le traitement post-production (les dernières séquences furent tournées en novembre[138]), et pour que les salles de cinéma puissent s’équiper pour la projection en 3-D[139]. Cameron annonce que le format de projection sera de 1.78:1 pour les écrans 3-D et de 2.39:1 pour les écrans 2-D[140]. Néanmoins il prévoit également un format 2.39:1 pour la 3-D sur les écrans à hauteur d’image constante[141].

Avatar sort dans 3 457 salles aux États-Unis, dont 2 032 sont équipées de la 3-D. Au total 90 % des billets réservés pour la sortie d’Avatar concernent les salles en 3-D[142].

Au niveau international, Avatar sort sur un total de 14 604 écrans répartis dans 106 pays, dont 3 671 projettent le film en 3-D[143],[144]. Le film est présenté de façon simultanée en format IMAX 3-D, dans 178 salles aux États-Unis et dans 58 salles dans le reste du monde, auxquelles s’ajoutent 25 salles de plus les semaines suivantes[145], pour un total record de 261 salles. Le record précédant étant détenu par Harry Potter et le Prince de sang-mêlé, qui fut projeté dans 161 salles IMAX aux États-Unis et dans environ 70 salles IMAX dans le reste du monde[146]. En Corée, la 20th Century Fox Korea sort une version du film en 4-D, avec « des sièges mobiles, des odeurs d’explosifs, des projections de gouttelettes d’eau, des lasers et du vent. »[147]

Box-office[modifier | modifier le code]

Pays Box-office
Drapeau des États-Unis États-Unis 107 390 150 entrées[148],[149],[150]
Drapeau de la République populaire de Chine Chine 27 645 400 entrées[151]
Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni 17 284 124 entrées[152],[148]
Drapeau de la France France 14 775 990 entrées[153]
Drapeau de la Russie Russie 14 040 000 entrées[154]
Drapeau de la Corée du Sud Corée du Sud 13 624 328 entrées[155]
Drapeau du Japon Japon 12 370 000 entrées[156]
Drapeau de l'Allemagne Allemagne 11 299 204 entrées[157]
Drapeau de l'Australie Australie 9 683 756 entrées[151]
Drapeau de l'Espagne Espagne 9 534 745 entrées[152],[148]
Drapeau du Brésil Brésil 9 172 377 entrées[151]
Drapeau de l'Italie Italie 7 493 931 entrées[148]
Drapeau de la Pologne Pologne 3 765 197 entrées[148]
Drapeau de la Colombie Colombie 3 517 843 entrées[158]
Drapeau de l’Argentine Argentine 2 860 000 entrées[151]
Drapeau de la Turquie Turquie 2 482 991 entrées[159],[152],[148]
Drapeau : Québec Québec 1 790 704 entrées[160],[148]
Drapeau des Pays-Bas Pays-Bas 1 729 975 entrées[148]
Drapeau de la Belgique Belgique 1 637 410 entrées[161]
Ukraine Ukraine 1 544 286 entrées[151]
Drapeau de la Suède Suède 1 482 251 entrées[152],[148]
Drapeau de la République tchèque République tchèque 1 342 315 entrées[148]
Drapeau du Portugal Portugal 1 206 162 entrées[148]
Drapeau de la Suisse Suisse 1 176 495 entrées[152],[162],[148]
Drapeau de l'Autriche Autriche 1 174 740 entrées[148]
Drapeau du Danemark Danemark 1 169 000 entrées[152],[163],[148]
Drapeau de la Hongrie Hongrie 1 160 604 entrées[151]
Drapeau de la Grèce Grèce 990 000 entrées[152],[164],[148]
Roumanie Roumanie 881 718 entrées[152],[148]
Drapeau de la Norvège Norvège 788 337 entrées[11],[152],[165],[166],[148]
Drapeau de la Bulgarie Bulgarie 473 790 entrées[148]
Drapeau de la Finlande Finlande 418 683 entrées[167],[148]
Drapeau de la Slovaquie Slovaquie 352 586 entrées[148]
Serbie Serbie 311 622 entrées[168]
Drapeau de la Croatie Croatie 300 712 entrées[169],[148]
Drapeau de la Slovénie Slovénie 253 171 entrées[170],[148]
Lituanie Lituanie 226 091 entrées[148]
Drapeau de la Lettonie Lettonie 201 919 entrées[148]
Drapeau de l'Estonie Estonie 194 327 entrées[148]
Drapeau de l’Union européenne Europe 78 376 003 entrées
Monde Total non exhaustif 284 728 250 entrées
Pays ou région Box-office Classement de tous les temps
Alt=Image de la Terre Mondial[171] 2 782 275 172 $ 1er
Alt=Image de la Terre Mondial ajusté après inflation[172] 2 894 932 984 $ 3e
Box-office Drapeau des États-Unis États-Unis - Drapeau du Canada Canada[171] 760 507 625 $ 1er
Box office International[171] 2 021 767 547 $ 1er
Box-office Drapeau de la France France[173] 158 261 059 $ (14 775 990 entrées) 8e
Box-office Drapeau : Québec Québec[174] 20 073 396 CAD 1er
Box-office Drapeau de la Suisse Suisse[175] 15 743 017 $ (1 175 685 entrées) 2e
Box-office Drapeau de la République populaire de Chine Chine[176] 182 238 768 $ 1er
Box-office Drapeau de l'Allemagne Allemagne[177] 157 564 785 $ (11 251 889 entrées) 10e
  • Avec un des plus gros budgets de l’histoire du cinéma (estimé à 387 millions de dollars américains, marketing compris), Avatar est parmi les films très attendus des cinéphiles du monde entier. Le film est diffusé dans plus de cent pays et le succès est au rendez-vous : après dix jours d’exploitation seulement, le budget est rentabilisé. Le 25 janvier 2010, Avatar a détrôné Titanic comme plus gros succès du box-office mondial (hors inflation). Le 31 janvier, après 6 semaines à la tête du box-office, Avatar devient le premier film à atteindre la barre symbolique des 2 milliards USD de recette. Le 5 septembre 2010, au box office international (hors États-Unis et Canada), Avatar a dépassé la barre des 2 milliards USD de recettes.
  • En France, 320 934 billets sont vendus le jour de la sortie du film. En une semaine, 2,6 millions de français ont vu le film, ce qui constitue le seizième meilleur démarrage français de tous les temps.
  • Ce succès historique en France, estimé à 14,6 millions d’entrées après 19 semaines d’exploitation, offre au film la 7e place dans toute l’histoire du box-office français[180].
  • Au , et avec des recettes arrivant à 20 073 396 CAD après 18 semaines d’exploitation, Avatar occupe la première place de tous les temps au box-office québécois, devant Titanic, également réalisé par James Cameron.
  • Avec ses recettes historiques au Québec, Avatar est le seul long métrage de l’histoire du cinéma à avoir dépassé les 20 millions CAD au box-office québécois.

Le top 5, représente les pays derrière les 760 millions USD des États-Unis.

  • Le top 5 (à l’international)[176] :
    • Japon : 187 millions USD
    • Chine : 182 millions USD
    • France : 158 millions USD
    • Allemagne : 157 millions USD
    • Royaume-Uni : 150 millions USD (Chiffre tenant compte des entrées en Irlande et Malte)

Ces 5 pays représente 834 millions USD, soit environ 40 % des recettes à l’international (hors États-Unis), estimées à 2,018 milliards USD[181]. La France est donc 3e dans le box-office à l’international, c’est-à-dire 4e dans le box-office mondial, avec un poids de 8 % sur la recette mondiale.

Précédé par Avatar Suivi par
Bienvenue chez les Ch’tis
Numéro 1 du box-office annuel en France
2009
Harry Potter et les Reliques de la Mort - 1re partie
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The Dark Knight : Le Chevalier noir
Numéro 1 du box-office annuel au Canada et aux Etats Unis
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Toy Story 3

Réception critique[modifier | modifier le code]

Dans l’ensemble, le film a reçu des critiques largement positives. Le site américain Rotten Tomatoes, qui compile un grand nombre de critiques trouvées sur le Web, rapporte que 82 % des 250 critiques sélectionnées donnaient un avis positif sur le film avec une note moyenne de 7,4 sur 10[182]. Sur le même site, le Cream of the Crop, constitué des avis des professionnels les plus populaires des milieux de la presse écrite, de l’Internet, de la télévision et de la radio[183] notait positivement le film à 94 % sur un échantillon de 35 critiques[184]. Le consensus général du site est que « il pourrait être plus impressionnant sur le plan technique que sur le plan de son scénario, mais Avatar réaffirme le don singulier de James Cameron pour un cinéma imaginatif et prenant[182] ». Sur Metacritic, site pouvant être comparé à Rotten Tomatoes mais au système de notation différent, le film obtient un résultat de 84/100 sur 35 critiques[185]. Les sondages de CinemaScore réalisés lors du week-end de la sortie donnaient un résultat moyen de « A », sur une échelle allant de « A+ » à « F ». Les spectateurs déclarant être allés voir le film pour la raison principale qu’il était en 3-D[186].

Roger Ebert du Chicago Sun-Times décrit le film comme étant « extraordinaire » et lui donne la note maximale de quatre étoiles. Il écrit : « En regardant Avatar, je me suis senti comme lorsque j’ai vu Star Wars en 1977. Comme Star Wars et Le Seigneur des anneaux, le film utilise une nouvelle génération d’effets spéciaux. »[187]. Todd McCarthy de Variety glorifie le film : « Le roi du monde a entièrement créé un autre monde dans Avatar et il vaut la peine d’être visité[188] ». Kirk Honeycutt de The Hollywood Reporter donne une critique positive : « L’écran est vivant avec plus d’action et la bande originale plus robuste que n’importe quelle autre douzaine de films de science fiction que vous pourriez citer[189] ». Peter Travers, du magazine Rolling Stone, célèbre le film, lui attribuant trois étoiles et demies sur un maximum de quatre : « Il élargit les possibilités de ce que peut faire un film. Le talent de Cameron pourrait être aussi grand que ses rêves[190] ». Richard Corliss, du magazine Time, écrit : « Embrasser le film : sûrement la plus frappante et convaincante création d’un monde de fantasy jamais vu dans l’histoire du cinéma[191] ». Kenneth Turan du Los Angeles Times déclare que le film est une réussite visuelle « puissante », mais que les « dialogues sont plats » et les « interprétations des acteurs prévisibles[192] ». James Berardinelli de ReelViews fait l’éloge du film et de son histoire, lui donnant la note maximale de quatre étoiles : « En 3-D, c’est immersif, mais les éléments d’un film traditionnel (scénario, personnage, montage, thème, émotion) sont présents avec suffisamment d’expertise que même la version en 2-D est une expérience de deux heures et demie captivante[193] ».

Les thèmes sociaux et politiques d’Avatar ont également attiré l’attention. Armond White du New York Press écrit que Cameron utilise des personnages américains vicieux pour présenter sous un faux jour les facettes du militarisme, du capitalisme et de l’impérialisme[194],[N 11]. Evo Morales, le premier président d’origine amérindienne de Bolivie, loue le film pour sa « profonde démonstration de résistance au capitalisme et de lutte pour la protection de la nature »[195]. Russell D. Moore du The Christian Post conclut que la propagande est présente dans le film et que « si vous pouvez remplir une salle de cinéma dans le Kentucky et la faire se lever et applaudir la défaite de leur pays en guerre, c’est que vous avez des effets spéciaux extraordinaires. »[196] Adam Cohen du New York Times est plus catégorique, décrivant le message anti-impérialiste du film comme « une version du XXIIe siècle de la lutte des colons américains contre les Britanniques, de l’Inde contre le Raj britannique, ou de l’Amérique latine contre la United Fruit Company. »[197]

Ross Douthat du The New York Times pense que le film de Cameron est une « longue apologie pour le panthéisme… La religion d’Hollywood de choix pour toute une génération maintenant »[198] alors que Saritha Prabhu du The Tennessean pense que le film donne une représentation déformée du panthéisme[199]. Annalee Newitz de io9 conclue que Avatar est un film fantastique de plus sur les races, où « un type blanc » devient le membre « le plus génial » d’une culture non blanche[200]. Michael Phillips du Chicago Tribune appelle Avatar « le test de Rorschach idéologique de la saison. »[201]

Les critiques retrouvent des similitudes avec d’autres films ou livres. Ainsi Ty Burr du Boston Globe écrit que c’est « le même film » que Danse avec les loups[202] Certains font remarquer que le concept de l’avatar est retrouvé dans la nouvelle Call Me Joe écrite par Poul Anderson en 1957, où un homme paralysé utilise sa pensée pour contrôler un corps étranger[203],[204].

Cameron rejette ces accusions de plagiat[205], tout comme celle l’accusant d’avoir plagié Noon Universe, une ancienne série soviétique des années 1960 écrite par Arkady et Boris Strougatski, décrivant un univers futuriste dans lequel une espèce indigène dénommée les Nave vit sur une planète recouverte d’une forêt luxuriante appelée Pandora[206]. Boris Strugatsky a déclaré sur son site web ne pas apporter son soutien aux allégations visant Cameron[207]. Certaines critiques ont comparé Avatar aux films Les Aventures de Zak et Crysta dans la forêt tropicale de FernGully[208], Dune et Pocahontas[209]. La National Public Radio a comparé le film à un assemblage de tropes, et un des commentateurs a déclaré que Avatar avait été fait en mixant un tas de scénarios de film dans un blender[210]. D’autres retrouvent des similarités avec les dessins de fantasy de Roger Dean qui représentent des formations rocheuses flottant dans les airs et des dragons[211],[212].

Le blog /Film propose une liste de citations concernant Avatar, prononcées par quatorze scénaristes et metteurs en scène de Hollywood. Frank Marshall, le producteur de Retour vers le futur et de la série des Indiana Jones : « Avatar est audacieux et formidable. C’est vraiment extraordinaire. » Richard Kelly décrit le film comme « extraordinaire », John August comme appartenant à la « classe des maîtres ». Michael Moore déclare « allez voir Avatar, un film brillant de notre temps. Ne vous inquiétez pas si le cinéma n’est pas en 3D - la 2D est formidable et de toute façon tout est dans l’histoire ! » La seule réaction négative de la liste est de Duncan Jones : « Il n’est pas dans mon top trois des films de Cameron… à quel point du film avez vous un doute sur ce qui va se passer par la suite ? »[213]

Distinctions[modifier | modifier le code]

Récompenses[modifier | modifier le code]

Nominations[modifier | modifier le code]

Autour du film[modifier | modifier le code]

Éditions vidéo[modifier | modifier le code]

Ventes durée DVD Blu-ray Total
Drapeau de la France France[219] 25 sem 1 372 305 426 513 1 798 818
Drapeau des États-Unis États-Unis[220] 5 jours 4 000 000 2 700 000 6 700 000
Monde Monde[221] sem 13 500 000 6 800 000 20 300 000

Les éditions en DVD et Blu-ray d’Avatar sont sorties en France le 21 avril 2010. Le DVD du film Avatar bat tous les records français, il s’est écoulé à 500 000 exemplaires le jour de sa sortie dont 100 000 Blu-ray[réf. souhaitée].

Les DVD et Blu-ray sortant le 21 avril ne proposent pas la version real3D qui sera incorporée dans un autre Blu-ray (et seulement Blu-ray) à sortir en fin d’année. Les éditions DVD et Blu-ray ne comportent aucun bonus, ni de commentaires du réalisateur, ni des producteurs, et pas de bande-annonce. Le producteur Jon Landau a déclaré que la qualité du DVD compte bien plus que tout le reste[222].

Une édition collector est sortie en novembre 2010, avec entre autres la version longue du film (15 minutes supplémentaires) et des scènes coupées comme la scène de l'école. Une version 3D sortira en 2011[222].

Le support Blu-ray 3D sorti en octobre 2012 propose une version cinéma du film. En salle, le film dure h 41, la version longue durerait h 47[223]. Les Blu-ray 3D seront lisibles sur un lecteur Blu-ray traditionnel, sauf que ceux-ci proposeront le film en 2D, ne pouvant pas activer l’autre procédé. James Cameron a annoncé que le DVD comprendra le film rallongé de 15 minutes de scènes coupées, dont la fameuse scène d’amour entre Jake et Neytiri, qui est très courte dans le film pour des raisons de censure[224].

Il est à noter que le Blu-ray ne propose le format DTS HD qu’en version originale, la version française devant se contenter d’un mastering DTS classique.

Suites[modifier | modifier le code]

James Cameron avait prévenu dès le départ qu’il avait assez d’idées pour trois films sur l’univers d’Avatar. Les acteurs ont ainsi signé un contrat pour une trilogie, Avatar n’étant que le premier[225],[226]. La mise en chantier d’une première suite dépendait des résultats au box-office du premier opus, mais ses recettes phénoménales font déjà de Na’vi une évidence (titre provisoire évoqué par Cameron lui-même)[226]. James Cameron lance l’idée d’une aventure prenant place dans les océans de la planète Pandora, pour lesquels il a déjà beaucoup de créatures en réserve. Il pense pouvoir en faire un film meilleur et plus impressionnant que le premier, et est certain de bénéficier des technologies nécessaires pour conter les péripéties de Jake Sully en milieu aquatique (deux-trois séquences du premier volet peuvent, selon lui, donner un aperçu de ce que pourrait être le rendu d’une suite)[227].

Cette suite n'a cependant pas été le premier projet du réalisateur, puisqu'il a filmé en mars 2012 sa plongée au plus profond de l'Océan, dans la Fosse des Mariannes[228] après s'être occupé de la transformation en version 3D de son film de 1997, Titanic[226]. Conséquence, le projet a pris du retard. La première des deux suites était prévue pour Noël 2014, mais il apparait, selon le producteur John Landau, qu'elle ne sera pas sur les écrans avant 2015[226]. Par ailleurs, le réalisateur canadien travaille également sur d'autres projets, comme la mise en scène de The Dive, dont le scénario est basé sur l’histoire d’Audrey Mestre. Il souhaite aussi diriger une adaptation du manga Battle Angel, alias en France Gunnm, et ce avec le même procédé que celui employé pour Avatar. Na’vi verra le jour entre ces deux projets… ou avant eux[229]. Le 19 septembre 2012, Raleigh Studios annonce avoir signé un contrat de 5 ans avec Lightstorm Entertainment, studio de James Cameron pour utiliser 115 000 pieds carré (10 684 m2) des Manhattan Beach Studios et y tourner les deux suites d'Avatar[230].

En août 2013, les studios Fox annoncent la préparation de trois suites à Avatar, qui sortiront respectivement en décembre 2016, 2017 et 2018. Les trois suites seront tournées simultanément à partir d'octobre 2014[231],[232] en Nouvelle-Zélande[233].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. 3,66 mètres.
  2. Citation originale : « That’s kind of a cool image »
  3. Citation originale : « They both fall in love with each other, but they need to fight side-by-side," said Cameron, "and so there’s that kind of requirement to let the other person go in order to do what you need to do, which is kind of interesting. »
  4. Citation originale : « in no uncertain terms that they were passing on this film ».
  5. Citation originale : « something that has this spoonful of sugar of all the action and the adventure and all that ».
  6. Citation originale : « that maybe in the enjoying of it makes you think a little bit about the way you interact with nature and your fellow man. »
  7. Citation originale : « the Na’vi represent something that is our higher selves, or our aspirational selves, what we would like to think we are ».
  8. Citation originale : « represent what we know to be the parts of ourselves that are trashing our world and maybe condemning ourselves to a grim future ».
  9. Citation originale : « We know what it feels like to launch the missiles. We don’t know what it feels like for them to land on our home soil, not in America. »
  10. Citation originale de James Cameron : « It’s an incarnation of one of the Hindu gods taking a flesh form. In this film what that means is that the human technology in the future is capable of injecting a human’s intelligence into a remotely located body, a biological body. »
  11. Voir aussi le paragraphe sur les Thèmes d’Avatar.

Références[modifier | modifier le code]

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