Autolib' (Paris)
| Autolib' (Paris) | |
|
|
|
Station sur le boulevard Diderot à Paris. |
|
|
|
|
| Situation | Agglomération parisienne |
|---|---|
| Type | Voitures électriques en libre service |
| Entrée en service | 5 décembre 2011 |
| Stations | 4 000 places |
| Rames | 1 750 voitures[1] (au 7 décembre 2012) |
| Fréquentation | 65 000 abonnés[2] |
| Propriétaire | Syndicat mixte Autolib' (municipalités) |
| Exploitant | Bolloré |
| Réseaux connexes | TC en Île-de-France : Cristolib • Velcom • Vélib' |
| modifier |
|
Autolib’ (mot-valise, contraction de automobile et liberté) est le service de voitures électriques en libre-service (autopartage)[3] de l'agglomération parisienne mis en service le 5 décembre 2011. Autolib’ est géré par le groupe industriel Bolloré.
Dès le lancement du service, 250 voitures réparties dans 250 stations, dont 180 dans Paris intramuros, sont disponibles. Chaque mois, de nouvelles voitures seront mises en service pour atteindre le chiffre de 1 750 voitures en juin 2012 puis 3 000 voitures l'année suivante (réparties sur 1 100 stations dans Paris et 46 autres communes d'Île-de-France)[4].
Sommaire |
Pilotage du projet [modifier]
Dès l'origine, le service Autolib’ n'a pas été pensé uniquement à l'échelle de Paris intra-muros, mais bien à une échelle intercommunale plus large. Ainsi, le maire de Paris Bertrand Delanoë - qui avait promis aux citoyens ce nouveau service lors des élections de mars 2008 - a proposé à 81 communes représentant le cœur dense de l'agglomération parisienne de participer au dispositif. Afin de piloter le projet sur l'ensemble des communes intéressées, une structure intercommunale dédiée a été créée : le syndicat mixte Autolib’.
À sa création le 9 juillet 2009, le syndicat mixte était composé de 19 communes dont Paris.
Procédure d'appel d'offres [modifier]
En décembre 2009, après la rédaction du cahier des charges, un appel d'offres global a été lancé par le syndicat mixte afin de déterminer l'exploitant du service.
En février 2010, six candidatures ont été déposées : VTLIB' (Veolia Transport urbain), le groupement Avis-SNCF-RATP-Vinci Park, Bolloré, Interparking (société belge) et Extelia (Groupe La Poste) ; la candidature de la société ADA, société de location de véhicules, d'abord écartée, a finalement été retenue.
En mars 2010, le syndicat mixte a sélectionné quatre candidats en les invitant à déposer une offre complète, celle-ci devant être remise en juin 2010. Il s'agit de VTLIB' (Veolia Transport urbain), du groupement Avis-SNCF-RATP-Vinci Park, de Bolloré et d'ADA.
En juin 2010, il a été décidé après analyse des offres de retenir trois candidats pour entamer la phase de négociations. Il s'agit de VTLIB' (Veolia Transport urbain), du groupement Avis-SNCF-RATP-Vinci Park et de Bolloré[5].
Fin octobre 2010, le syndicat mixte a confirmé que des négociations exclusives pourraient être engagées avec Bolloré dont l'offre est considérée comme « la plus intéressante »[6].
En décembre 2010, le choix du syndicat mixte se porte sur l'offre du groupe Bolloré[7]. Une mise en service partielle est annoncée pour octobre 2011 ; le système sera déployé progressivement jusqu'en mars 2012[8]. Bolloré s'attend à avoir 200 000 abonnés au bout de trois à quatre ans environ, qui lui permettront d'équilibrer le contrat courant sur 12 ans ; 800 emplois seront créés en mars 2012 pour gérer 1 000 voitures dans 600 stations[8].
En juin 2012, une équipe de 1 200 personnes gérera 1 740 voitures et 1 100 stations. Et la montée en charge continuera ainsi de suite jusqu’à 3 000 véhicules[9].
Chiffres [modifier]
Selon le groupe Bolloré, en 2013, le service coûte 50 millions d'euros par an[10]. Le groupe estime à 60 000 le nombre d'abonnements Premium nécessaires pour que le service soit rentable[10]. Fin avril 2013, il revendique environ 30 000 abonnés Premium, soit la moitié du nombre nécessaire à la rentabilité du service, et espère atteindre les 60 000 abonnés en 2015[10] ; selon Autolib', au 15 avril 2013, le service compte 1 800 véhicules en circulation, 800 stations en Île-de-France, dont près de 300 en dehors de Paris, 4 800 bornes de charge en Île-de-France, 75 800 abonnements réalisés depuis le 5 décembre 2011, dont 30 100 abonnés Premium (engagement d'un an), 700 emplois d'« ambassadeurs » Autolib' chargés de l'assistance en station ou depuis le centre opérationnel de Vaucresson (Hauts-de-Seine)[10].
Bataille judiciaire sur le nom [modifier]
En décembre 2009, Europcar attaque la ville de Paris en justice en lui reprochant un "plagiat" et une "concurrence déloyale" vis-à-vis de son abonnement "Autoliberté", un abonnement qui permet de disposer d'une voiture à la carte en France depuis 2001[11]. En 2011, le Tribunal de grande instance déboute de sa demande Europcar[12]. En juin 2012, la Cour d'appel de Paris rend un arrêt annulant le jugement du TGI[13].
Description du service [modifier]
Véhicules [modifier]
Le véhicule choisi pour Autolib’ est la Bluecar, une voiture électrique produite par la société Batscap, filiale du groupe Bolloré. Il est équipé de batteries Lithium Métal Polymère fabriquées à Ergué-Gabéric (Bretagne) et de moteurs synchrones à aimants fabriqués à Angoulême par l’entreprise Leroy-Somer. L'autonomie annoncée est de 250 km en parcours urbain, pour une recharge moyenne effectuée en 4 heures[14]. Le designer est l'italien Pininfarina, mais l'essentiel de la production est fait par la société "Cecomp".
La Bluecar est un véhicule à trois portes et quatre places qui nécessite la possession d'un permis de conduire. La planche de bord est équipée d'un écran tactile spécifique, qui offre notamment à l'utilisateur le guidage GPS avec la possibilité de visualiser le nombre de places disponibles dans les stations Autolib’, et de créer un itinéraire vers sa station d'arrivée.
Il est prévu de déployer environ 3 000 véhicules. Ce nombre augmentera si de nouvelles communes adhèrent au dispositif Autolib’.
Les deux autres candidats qui restaient en lice dans la phase finale de l'appel d'offres proposaient les véhicules suivants : VTLIB' (Veolia Transport urbain) la Peugeot iOn, et le groupement Avis-SNCF-RATP-Vinci Park la Smart Fortwo de Daimler[5].
Stations [modifier]
Les stations Autolib’ disposent de quatre à six places de stationnement. Chacune est équipée d'une borne de recharge pour véhicule électrique et chaque station est dotée d'une borne interactive à écran tactile permettant notamment à l'usager de choisir et de réserver sa station d'arrivée[14]. Certaine stations possèdent une borne de charge permettant de recharger son deux-roues électrique, à condition de souscrire un abonnement recharge spécifique.
Certaines stations sont équipées d'un kiosque situé sur le trottoir et sont alors appelées « Espaces Autolib’ ». Un agent du service y est présent tous les jours de 8 h à 20 h, notamment pour accueillir le public, procéder à l'inscription au service et délivrer les badges d'abonnement. Au moins un « Espace Autolib’ » est installé par commune adhérente et par arrondissement parisien[14].
L'arrivée d'Autolib’ s'accompagne de la mise en place d'un réseau dense de points de recharge pour véhicules électriques sur voirie. Ainsi, il est prévu d'équiper 250 stations Autolib’ à Paris d'une borne supplémentaire permettant la recharge simultanée d'un véhicule particulier et d'un deux-roues électriques[14].
Environ 1 100 stations sont prévues, réparties sur l'ensemble du périmètre du syndicat mixte (dont 700 stations à Paris). Ce nombre augmentera si de nouvelles communes adhèrent au dispositif Autolib’.
Tarifs [modifier]
Pour utiliser Autolib’, l'inscription est obligatoire. Elle s'effectue dans les « Espaces Autolib’ », après une éventuelle préinscription par Internet.
| Formule | Abonnement | Coût variable (demi-heure) |
|---|---|---|
| 1 an | 12 €/mois | 5 € |
| 1 mois | 30 € | 6 € |
| 7 jours | 15 € pour 7 jours | 7 € |
| 1 jour | 10 € pour 24 h | 7 € |
| Forfait partagé 16h/mois pour 4 utilisateurs | 165 €/mois | 7,5 € (au delà du forfait de 16h) |
Deux semaines après son lancement, Vincent Bolloré déclare qu'il y a plus de 6 000 abonnés à Autolib’[15],[16].
Le 5 octobre 2012, le groupe Bolloré lance « Bluecar », une offre de location longue durée en Île-de-France. Elle est destinée aux particuliers et entreprises, et disponible pour 500 euros par mois[17], service et assurance compris. La version pour les particuliers est un peu plus haut de gamme que la version Autolib’ en libre service. Elle est facilement reconnaissable car la carrosserie est de couleur bleue foncée. Elle est équipée d'un bouton sport, qui permet une meilleure accélération.
Syndicat mixte Autolib’ [modifier]
Composition [modifier]
L'adhésion des communes au syndicat mixte s'effectue sur la base du volontariat. Au 15 mai 2013, 53 communes participent au projet.
La région Île-de-France a adhéré au syndicat mixte en 2010, apportant une subvention de quatre millions d'euros.
| Paris (75) | Essonne (91) | Hauts-de-Seine (92) | Seine-Saint-Denis (93) | Val-de-Marne (94) | Val-d'Oise (95) |
|---|---|---|---|---|---|
|
Gouvernance [modifier]
- Président : Julien Bargeton, adjoint au maire de Paris en charge des déplacements, des transports et de l'espace public.
- Premier vice-président : René Rouquet, député du Val-de-Marne, maire d'Alfortville (Val-de-Marne).
- Deuxième vice-président : Pierre Avril, conseiller délégué au maire de Malakoff (Hauts-de-Seine).
- Troisième vice-présidente : Geneviève Gaillabaud, conseillère déléguée au maire de La Garenne-Colombes (Hauts-de-Seine).
- Quatrième vice-président : François Kalfon, conseiller régional d'Île-de-France.
- Cinquième vice-présidente : Christine Bruneau, adjointe au maire de Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine).
Bureau syndical [modifier]
- Le président et les vice-présidents.
- Daniel Bernard, adjoint au maire de Bagnolet (Seine-Saint-Denis).
- Samuel Besnard, adjoint au maire de Cachan (Val-de-Marne).
- Jean-Luc Millard, adjoint au maire de Drancy (Seine-Saint-Denis).
- Patrice Pattée, adjoint au maire de Sceaux (Hauts-de-Seine).
Notes et références [modifier]
- 1 An d'Autolib' : top ou flop ?, article du 7 décembre 2012, sur turbo.fr. Consulté le 29 avril 2013.
- L’Autolib’ désormais en vente libre, article du 21 février 2013, sur bfmtv.com. Consulté le 16 avril 2013.
- J'ai testé… les petites voitures électriques en libre-service dans Paris !, Le Point, le 18 avril 2012.
- Avec Autolib', Bolloré fait de Paris sa vitrine de l'autopartage, sur mobilicites.com, 5 décembre 2011. Consulté le 5 décembre 2011.
- « Autolib' se dévoile ce samedi à Paris », dans Le Parisien, 17 septembre 2010.
- « Autolib: Bolloré gagnant de l'appel d'offre? », dans grandparis.blogs.liberation.fr, un blog de Libération, 29 octobre 2010.
- « Le contrat de voitures en libre-service Autolib' attribué au groupe Bolloré », Les Échos, 16 décembre 2010.
- « Bolloré gagne Autolib' à Paris », sur ville-transports.com, 16 décembre 2010.
- Plaquette bluecar éditée par Havas city, Zéro bruit zéro odeur, 2011, page 15.
- Benoît Georges, « Décryptage : comment Bolloré a pris de vitesse l'industrie automobile », lesechos.fr, publié le 25 avril 2013, consulté le 1er mai 2013.
- Autolib' : Europcar attaque la Ville de Paris, Le Figaro, 9 décembre 2009.
- Autolib' : Europcar fait appel, Le Figaro, 13 avril 2011.
- Autolib' a un mois pour changer de nom, Le Figaro, 29 juin 2012.
- « Autolib' : Une réalité ! », dossier de presse du syndicat mixte Autolib', 16 décembre 2010.
- Autolib' a plus de 6.000 abonnés, sur lefigaro.fr du 17 décembre 2011, consulté le 18 décembre 2001.
- Autolib compte plus de 6 000 abonnés, sur lepoint.fr du 17 décembre 2011, consulté le 18 décembre 2011.
- Autolib : location longue durée lancée, Le Figaro, 5 octobre 2012.
Voir aussi [modifier]
Articles connexes [modifier]
- Autopartage en France
- Transports à Paris
- Vélib' (système de vélos en libre-service de Paris)