Bus à impériale

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AEC Routemaster à Londres

Un bus à impériale est un type d'autobus à deux niveaux. Ces bus sont très répandus dans le monde entier, à vocation soit touristique souvent en version décapoté, soit de transport en commun avec un toit carrossé, mais cette dernière utilisation est moins courante. Ce type de bus est très populaire dans certaines villes européennes et de certaines parties de l'Asie (généralement d'anciennes colonies britanniques). Parmi les plus célèbres on peut noter ceux de Londres apparus en 1910, Berlin en 1906 et ceux de Hong Kong en 1949.

Europe[modifier | modifier le code]

Londres[modifier | modifier le code]

Routemaster RML sur Piccadilly Circus à Londres

Les bus à impériale londoniens de couleur rouge vif sont, avec les cabines téléphoniques et les boîtes aux lettres rouge parmi les symboles les plus emblématiques de Londres et de l'Angleterre.

AEC Routemaster[modifier | modifier le code]

Un Alexander ALX400 sur châssis Volvo B7TL à gauche et un Routemaster RM54 à droite

Les plus connus, conçus par le designer industriel Douglas Scott, étaient du type Routemaster. Ces bus ont la particularité de nécessiter deux employés, un conducteur et un contrôleur en uniforme, chargé de délivrer et poinçonner les billets. Un périscope à miroirs permet au conducteur d'avoir l'œil sur les voyageurs de l'impériale. Ils sont également équipés d'un cordon permettant de sonner le conducteur pour s'arrêter, ainsi que d'une plate-forme arrière qui permet aux passagers pressés de sauter sur le trottoir à leurs risques et périls.

En circulation depuis 1956, ils ont cessé leur service le 9 décembre 2005, mais continuent de rouler sur certains services des lignes 9 et 15.

Autres modèles[modifier | modifier le code]

Les Routemaster furent progressivement remplacés à partir des années 1970 par des modèles de plus en plus modernes de bus à impériale n'ayant rien à voir avec le Routemaster. Ces nouveaux bus ne possèdent plus la plate-forme arrière ouverte pour des raisons de sécurité. Parmi ces différents modèles, on peut citer le Alexander ALX400 ou le Scania Omnidekka.

Toutefois, les bus à impériale ont été remplacés sur de nombreuses lignes par des autobus articulés de type Mercedes Citaro.

Le « nouveau Routemaster »[modifier | modifier le code]

Un nouveau modèle de bus à impériale au style néo-rétro évoquant le «Routemaster» verra le jour en 2012 juste avant les Jeux olympiques de Londres pour remplacer les bus actuels, en particulier les bus articulés. Le maire de Londres, Boris Johnson, qui s'est fait élire, entre autres, sur ce point, veut redonner son cachet à Londres. Ils seront entièrement accessibles, seront hybrides et la plateforme arrière fera son retour.

Paris[modifier | modifier le code]

Les omnibus à impériale[modifier | modifier le code]

À gauche, un autobus à impériale Brillié-Schneider P2, et au centre, un omnibus à impériale type 1889

C'est à Paris, en 1853, que fut inventé le premier bus à deux étages, l'omnibus à impériale.

La compagnie générale des omnibus (CGO), ancêtre de la régie autonome des transports parisiens (RATP), met en service ces véhicules sur son réseau en 1855 dont l'accès à l'impériale, particulièrement malaisé, se fait par des échelons. En 1878, de lourdes voitures de 40 places à plate-forme arrière et dotées d'un escalier hélicoïdal pour accéder à l'impériale, sont mis en circulation mais leur poids nécessitait la présence de trois chevaux. En 1889, la CGO met en service un type de voiture moins lourd, offrant 30 places, également à impériale et tiré par deux chevaux. Les derniers omnibus à chevaux de la CGO circulèrent en janvier 1913.

Les autobus à impériale de 1906[modifier | modifier le code]

Au tournant du XXe siècle, les omnibus étaient de plus en plus démodés et le coût de la cavalerie nécessaire pour les tracter firent étudier à la CGO des solutions de remplacement moins onéreuses que la création de lignes de tramways avec leurs coûteuses voies ferrées. L'autobus utilisé, sans impériale, dès 1895 à Berlin et 1900 à Londres, apparaissait donc comme une solution prometteuse.

La CGO définit donc un cahier des charges et lança un appel d'offre aux constructeurs automobiles pour la réalisation de prototypes de châssis-moteur de ce qu'on appelait alors les omnibus automobiles, afin que la CGO y installe une caisse d'omnibus à chevaux à impériale de type 1889[1].

Neuf véhicules sont expérimentés sur une ligne spéciale de desserte du salon de l'automobile de 1905[2],[1]:

  • un véhicule à vapeur, de Serpollet
  • deux véhicules pétroléo-électriques (moteur à essence alimentant une génératrice électrique) fournis par Krieger et De Dion-Bouton
  • six véhicules à essence et transmission mécanique construits notamment par Latil, Brillé-Schneider, Panhard

La CGO retient le modèle P2 de Brillié-Schneider, et en commande 150 châssis. En effet, ce sont les ateliers de la CGO qui montèrent les caisses provenant d'anciens d'omnibus à impériales. Le P2 mesure 5,20 m de long, avec un empattement de 3,65 m, une garde au sol de 73 cm, une hauteur de 4,20 m, et est équipé d'un moteur 4 cylindres de 35 chevaux accouplé à une boîte de vitesse à trois rapports avant et une marche arrière[2] .

La première ligne régulière équipée en autobus fut la ligne AM, qui allait de Montmartre à Saint-Germain-des-Prés, le 11 juin 1906.

Bientôt, six lignes sont exploitées et 151 Brillié-Schneider P2 sillonnent Paris, sur les lignes :

  • C, qui allait de Porte de Neuilly à Palais-Royal, le 20 juin 1906
  • J, qui allait de Montmartre à Place Saint-Michel, le 1er novembre 1906
  • I, qui allait de Place Pigalle à Halle-au-vin, le 20 janvier 1907
  • AL, qui allait de Porte d'Asnières à Gare Montparnasse, le 24 mars 1907
  • H, qui allait de Avenue de Clichy à Odéon, et A qui allait de Gobelins à Notre-Dame de Lorette, le 30 juin 1907

Comme sur les tramways et les omnibus de l'époque, les autobus à impériale comportaient plusieurs classes: la première classe, à l’intérieur de la voiture et la deuxième classe sur l’impériale à l'air libre en 1906 puis fermée dès 1907.

En 1910, un de ces véhicules se renversa sur la place de l'Étoile ce qui amena la Compagnie générale des omnibus à remettre en cause l'exploitation d'autobus à impériale, les jugeant dangereux pour des questions d'équilibre et inconfortables, la CGO décide alors de supprimer les impériales en 1911, et installe de nouvelles caisses à plate-forme arrière et entrée axiale sur une centaine de châssis Schneider PB2 (dotés de la même motorisation que le P2, mais avec une longueur portée à 7,53 m), ces autobus prenant l'appellation Brillé-Schneider P3.

Les autobus à impériale de 1968[modifier | modifier le code]

Il fallut attendre 1966 pour que la RATP retente l'expérience du bus à impériale à Paris, deux lignes sont choisies:

Un prototype construit par Berliet en 1966, modèle PCM-RE de 9,83 m de long, 2,50 m de large et 4,35 m de haut, est testé puis est suivi d'une commande de 25 autres véhicules. La mise en service du premier de ces autobus de série est effective le 19 juin 1968 sur la ligne 94. Le 17 février 1969, la ligne 53 est à son tour équipée de ce modèle. Mais diverses raisons font abandonner définitivement cette formule à la RATP en 1977, ce type d'autobus est peu adapté aux rues parisiennes bordées d'arbres, de plus la présence de deux escaliers limitait l'espace gagné sur le modèle sans étage, le PCM-R, et enfin les stations trop proches les unes des autres incitaient peu les gens à monter à l'étage.

Plus tard, plusieurs exemplaires de ce modèle sont revendus et aménagés pour servir à la collecte du sang, avec en bas un espace pour effectuer les prélèvements, et à l'étage, un coin restauration.

Les bus à impériale aujourd'hui[modifier | modifier le code]

Il n'y a, depuis 1977, plus aucune ligne parisienne utilisant des autobus à impériale en tant que transport en commun.

Cependant, depuis 2001, quatre lignes spéciales, composées d'une flotte d'autobus à impériale exclusivement, et exploitées seulement à des fins touristiques par la RATP et Cityrama, ont été mises en service, les lignes Paris L'OpenTour.

Berlin[modifier | modifier le code]

Les Man Lion's City DD à Berlin

Les bus à deux niveaux sont très répandus sur les lignes régulières des transports en commun berlinois (en allemand BVG), principalement sur les lignes à haut niveau de service (celles commençant par un M) mais pas uniquement. Ces véhicules sont tous de la marque MAN, plus précisément les modèles SD 202 (construction 1987–1992), DN 202 (construction 1995) et Man Lion's City DD (type A39) (construction 2005–2009)[3].

Bruxelles[modifier | modifier le code]

À Bruxelles, depuis les années 1990, trois compagnies exploitent des bus à impériale à des fins touristiques.

Skopje[modifier | modifier le code]

Bus de Skopje

À Skopje, en Macédoine, JSP Skopje, la compagnie de transports en commun de la ville, possède 202 bus à deux niveaux, mis en circulation à partir de 2011. Ils sont de la marque chinoise Yutong. Ces bus rappellent les bus à impériales rouges qui circulaient déjà sur les lignes urbaines de Skopje dans les années 1950 et 60.

Amériques[modifier | modifier le code]

Asie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Les Transports Urbains à travers le temps  : Les autobus », sur le site de transurb,‎ 2000 (consulté le 6 août 2008)
  2. a et b Rémi Désormière, « Histoire de l'autobus », sur le site de Navily - La mobilité, c'est l'essentiel (consulté le 4 août 2008)
  3. http://www.bvg.de/index.php/de/3928/name/Fahrzeuge/article/87783.html

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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