Auscultation pulmonaire

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L'auscultation pulmonaire en médecine fait partie de l'examen clinique pulmonaire.

Faite à l'aide d'un stéthoscope, elle permet de détecter le murmure vésiculaire, bruit normal de la respiration.

Le principales anomalies sont le râles sibilants, des râles crépitants ou des ronchi, ainsi que les silences auscultatoires.

Technique[modifier | modifier le code]

Idéalement, elle est faite le patient torse nu et en position assise. Elle concerne les faces arrières du thorax (dont les bases à la partie basse), les faces latérales et antérieure du thorax.

L'auscultation doit être comparative sur les deux côtés. Elle peut être faite en respiration spontanée ou en respiration forcée (en demandant au patient de respirer amplement)

Bruits normaux[modifier | modifier le code]

Le murmure vésiculaire est audible sur l'ensemble du thorax. Il s'agit d'un bruit bronchovésiculaire

Il peut exister des bruits trachéobronchiques au niveau du sternum et des bruits trachéiques au niveau de la trachée.

Bruits anormaux[modifier | modifier le code]

Laennec, en 1819, utilise le mot râle pour désigner tous les bruits adventices. Ensuite, il classifie ces râles en trois catégories: les râles sonores (ou ronflements), les râles sibilants (ou sifflements) et les râles muqueux (ou gargouillement). Or, à cette époque, dans le langage populaire, le mot râle signifiait le "bruit de la mort". De peur d'effrayer les malades, il décide d'utiliser la traduction latine de râle, c'est-à-dire "rhonchus". En anglais, il fut traduit plus tard par le mot "wheeze". En 1957, A. John Robertson publia un article dans The Lancet où il classait les bruits adventices en continus et discontinus.

Suite à de nombreuses traductions imparfaites, la terminologie proposée par Laënnec est devenue confuse et source de désaccords selon les langues des différents pays. Un consensus francophone sur la nomenclature de l'auscultation pulmonaire est attendu par plusieurs scientifiques.

Les principaux bruits sont :

  • Les ronchi, râles sonores ou ronflements. Ils ont une tonalité basse avec une fréquence inférieure à 200 Hz, prédomine à l'expiration. Ils ressemblent au bruit qu'on entend lorsqu'on souffle dans le goulot d'une bouteille ou à des ronflements. Il peut disparaître si la personne produit une toux efficace, ou si ses sécrétions ont été aspirées. Ils sont témoins d'un encombrement bronchique tel qu'on peut le voir lors d'une pneumopathie infectieuse.
  • Les sibilances ou sibillants, audible au stéthoscope uniquement) ont une tonalité aiguë, autour de 400 Hz, prédomine à l'expiration. Ils sont semblable au bruit que l'on entend lorsque l'on dégonfle un ballon dont on pince l'orifice. Ils sont plutôt expiratoires et correspondent à une gêne à l'expiration telle qu'elle peut être vue lors d'une crise d'asthme ou d'un bronchospasme. Dans la crise d'asthme, l'association de ronchi et de sibillants et couramment appelée « bruit de pigeonnier ».
  • Les crépitants sont doux, de haute tonalité, audibles surtout en fin d'inspiration. Ils ne disparaissent pas si la personne tousse. On peut les comparer au bruit que fait une mèche de cheveux qu'on roule entre ses doigts. Ils sont retrouvés en particulier en cas d'œdème pulmonaire.
  • les sous-crépitants sont forts, de basse tonalité, plus longs, audibles surtout lors de l'inspiration et en début d'expiration. Ils peuvent diminuer si la personne tousse, si elle change de position ou suite à une aspiration bronchique. Ils sont témoins, comme les ronchis d'un certain degré d'encombrement pulmonaire. On peut les comparer à un feu de bois qui pétille ou à du maïs qu'on fait éclater. Ils ressemblent aussi à des gargouillements.
  • Le frottement pleural est un bruit très superficiel, inspiratoire et expiratoire. On peut les comparer au bruit que font deux morceaux de cuir frottés l'un contre l'autre. Il est surtout audible au pourtour des lignes axillaires antérieures gauches ou droites et disparaît en apnée. Il correspond à une atteinte de la plèvre.

L'absence ou la diminution du murmure vésiculaire, unilatérale, peut correspondre à un poumon qui ventile moins bien, comme lors d'un épanchement pleural, ou d'un pneumothorax.