Lugné-Poe

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
(Redirigé depuis Aurélien Lugné-Poë)
Aller à : navigation, rechercher
Aurélien Lugné dit Lugné-Poe.

Aurélien-Marie Lugné[1],[2] dit Lugné-Poe[1],[3] (également appelé Aurélien Lugné-Poe, Lugné-Poë ou Lugné-Poé[2]) est un acteur, metteur en scène et directeur de théâtre français, né à Paris le 27 décembre 1869 et mort à Villeneuve-lès-Avignon le 19 juin 1940.

Fondateur du théâtre de l'Œuvre, il est, avec André Antoine, l'artisan d'un renouveau du théâtre parisien à la fin du XIXe siècle.

Biographie[modifier | modifier le code]

Aurélien-Marie Lugné naît le 27 décembre 1869 dans le 9e arrondissement de Paris[2]. Il fait ses études au lycée Condorcet où il décroche un second prix d'histoire en 1886[4] et où il fonde un groupe de comédiens amateurs, Le Cercle des Escholiers[1] avec Georges Bourdon, journaliste au Figaro, qui ambitionnait de jouer des auteurs contemporains.

Il intègre l'année suivante le Conservatoire de Paris et rejoint la troupe du Théâtre-Libre d'Antoine puis en 1890 le Théâtre d'art fondé par Paul Fort en 1887.

Lorsqu'il commence sa carrière d'acteur, il choisit de se faire appeler Lugné-Poe. Selon son biographie Jacques Robichez, ce nom d'emprunt, inspiré par le patronyme Lugné-Poë qui existe réellement dans le centre de la France et particulièrement le Forez, lui permettait de laisser accroire une prétendue parenté avec l'écrivain américain Edgar Poe[2],[5].

En 1893 (au mois de mars), il crée avec Camille Mauclair et Édouard Vuillard la Maison de l'Œuvre et le théâtre de l'Œuvre[5], un collectif de spectateurs et d'artistes qui prône le symbolisme[1] au théâtre en opposition au naturalisme d'Antoine.

La création du drame de Maurice Maeterlinck, Pelléas et Mélisande, en décembre 1893 au théâtre des Bouffes-Parisiens, inaugure les représentations du théâtre de l'Œuvre qui se produit aussi bien dans la salle Berlioz, rue de Clichy, que dans d'autres théâtres parisiens : Bouffes-Parisiens, théâtre des Menus-Plaisirs, Comédie-Parisienne, Nouveau-Théâtre, etc.

À la fin de l'année 1894, il demande à Louis Valtat de réaliser les décors de Le Chariot de terre cuite de Shûdraka, ce qu'il fera en collaboration avec Henri de Toulouse-Lautrec et Albert André la pièce jouée en 1895 au théâtre de l'Œuvre remportera un triomphe.

Il le dirige jusqu'en 1899, mettant en scène Gerhart Hauptmann, August Strindberg et Henrik Ibsen[3]. Son Ubu roi d'Alfred Jarry, présenté le 10 décembre 1896 avec Firmin Gémier dans le rôle-titre, fait référence. Après la fermeture de l'Œuvre, il monte, avec sa compagne la comédienne Suzanne Desprès, des pièces de Shakespeare, Maurice Maeterlinck, André Gide, Maxime Gorki, Oscar Wilde et Émile Verhaeren, à Paris et à l'étranger.

En 1909, il fonde la Revue de l'Œuvre et collabore au journal L'Éclair. Le théâtre de l'Œuvre rouvre 22 décembre 1912 avec une création qui fait date, celle de L'Annonce faite à Marie de Paul Claudel[1]. Lugné-Poe assure la direction jusqu'au déclenchement de la Première Guerre mondiale puis reprend son activité en 1919, grâce au soutien financier de la comédienne Marcelle Frappa. Lucien Beer et Paulette Pax lui succèdent en 1929.

Sa tombe se trouve au cimetière ancien de Saint-Germain-en-Laye.

Carrière[modifier | modifier le code]

Théâtre[modifier | modifier le code]

Élève d'André Antoine, Lugné-Poe cherche sa propre définition du théâtre. Il explore alors les différents styles théâtraux tels que le récitatif ou même le narratif. Ce style est composé d'un message qui est transmis au spectateur dans un ton monotone, avec un travail du rythme ainsi qu'une diction impersonnelle. Vient ensuite le drame symbolique, drame statique : Lugné-Poe va animer des entités pour interpréter ses personnages tels que la mort, la destinée ou la fatalité. Il devient un grand maître du symbolisme et conservera longtemps son titre. [réf. nécessaire]

Cinéma[modifier | modifier le code]

Écrits[modifier | modifier le code]

Lugné-Poe a écrit dans la presse de nombreuses critiques théâtrales (en particulier dans l'Éclair), et publié un certain nombre de livres essentiellement consacrés au théâtre. Il a signé tous ces écrits de son nom d'artiste Lugné-Poe. Parmi les ouvrages qui ont été publiés, on peut citer :

  • Le Sot du tremplin, NRF-Gallimard, Paris, 1930
  • Acrobaties, NRF-Gallimard, Paris, 1930
  • Sous les étoiles : Souvenirs de théâtre (1902-1912), NRF-Gallimard, Paris, 1933[note 1]
  • Ibsen, Rieder, Paris, 1937
  • Dernière Pirouette, éditions du Sagittaire, Paris, 1946
  • Correspondance (1894-1901) avec Romain Rolland, L'Arche, Paris, 1957
  • Claudel, homme de théâtre : Correspondance avec Lugné-Poe (1910-1928), Gallimard, Paris, 1964

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jacques Robichez, Lugné-Poe, L’Arche, Paris, 1955
  • Jacques Robichez, Le Symbolisme au théâtre : Lugné-Poe et les Débuts de l’Œuvre, L’Arche, Paris, 1957.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Ces trois premiers livres ont également constitué les trois volumes de La Parade.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e « Lugné-Poe », sur Encyclopædia Universalis en ligne (consulté en 31 août 2013)
  2. a, b, c et d Jacques Robichez, Lugné-Poe, Paris, L'Arche,‎ 1955, p. 88
  3. a et b « Lugné-Poe », sur Dictionnaire Larousse en ligne (consulté en 31 août 2013)
  4. Romain Rolland et Lugné-Poe, Correspondance (1894-1901), Paris, L'Arche,‎ 1957, p. 20
  5. a et b « Le Théâtre de l'Œuvre (1893-1900) : Naissance du théâtre moderne », sur Musée d'Orsay (consulté le 2 septembre 2013)

Lien externe[modifier | modifier le code]