Auguste de Keralio

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Auguste Guy Guinement de Keralio est né à Rennes (paroisse de Saint-Germain) le 23 avril 1715 d'écuyer François Fiacre Guinement, seigneur de Keralio et Marguerite Rose Bodin et mort à Paris, rue de Condé, en 1805.

Biographie[modifier | modifier le code]

La carrière militaire[modifier | modifier le code]

Le 15 juin 1732, à 17 ans, le jeune Auguste entre à l'école des cadets gentilshommes de la citadelle de Metz. Il est nommé lieutenant au bataillon de Carhaix de la milice de Bretagne le 1er août 1733 et sert avec celui-ci dans les Flandres. Le second lieutenant du bataillon est Louis Adrien Desnaux de Surret qui en deviendra le capitaine.

Augsute y reste jusqu'au 8 février 1734, date à laquelle il intègre le régiment d'infanterie d'Anjou dans lequel son frère aîné, le lieutenant Felix François Guinement, perd la vie au siège de Philippsbourg le 18 juillet 1734. Il participe à la guerre de Succession de Pologne et à la guerre de Succession d'Autriche.

En 1734, il est présent au combat de Colorno en mai et à la bataille de San Pietro. Son régiment est envoyé au secours du bataillon du Dauphin cerné par les Impériaux dans ses postes de la Secchia (18 septembre 1734); il combat à Guastalla où son camarade de la compagnie des cadets gentilhommes de Metz, le lieutenant Charles de Pagès est gravement blessé, le 21 septembre, et après la prise de la Mirandole, il est mis en quartier d’hiver à San Secondo, dans le Parmesan. Il concourt en 1735 à la conquête du château de Gonzague, de Reggiolo et de Revere. Auguste est alors nommé aide-major le 29 août 1735 et rentre en France au mois de septembre 1736.

Le 13 janvier 1741, il est nommé capitaine et commande une compagnie du 2e bataillon du régiment d'Anjou et participe à la guerre de succession d'Autriche en Bohême. En tant que capitaine aide-major, il seconde le marquis d'Armentières, colonel du régiment d'Anjou, à Egra en juin 1742, pendant le Siège de Prague (1742).

En 1747, le maréchal de Belle-Ile nomme Auguste de Kéralio, responsable du dépôt de Fourrages de l'armée à Marseille.

Il quitte l'armée en 1749 mais obtient le grade de colonel réformé en 1757 à la demande de Louise-Élisabeth.

Sous-gouverneur de l'Infant de Parme[modifier | modifier le code]

En 1754, il est précepteur du jeune comte de Gisors, fils de Charles-Louis-Auguste Fouquet de Belle-Isle dit le maréchal de Belle-Île, dans son tour de l'Europe. Il fait alors la connaissance du Roi de Prusse, de l'impératrice d'Autriche, du Roi d'Angleterre et d'autres souverains.

En 1756, il est secrétaire du Duc de Nivernais lors de son ambassade auprès du roi de Prusse.

Il est nommé membre honoraire de l'académie de Parme à sa création en 1757 en tant qu'écrivain demeurant à Paris.

En 1757, le Duc de Nivernais le recommande auprès de Louis XV pour devenir l'un des trois sous-gouverneurs du Louis de France ou sous-gouverneur de l'infant Ferdinand de Parme. Il a en charge l'éducation de ce dernier avec l'abbé Condillac du 8 mars 1757 jusqu'en 1769. Pour s'acquitter de cette tâche, il lui inculque les idées des philosophes en mettant l'intelligence et la compréhension au centre de son éducation et il tente d'en faire un roi-philosophe. Entouré par le clergé parmesan et les autrichiens, Ferdinand de Parme ne peut pas appliquer et mettre en valeur son savoir et son éducation.

À son retour en France, il obtient une pension de 10 000 livres accordée par Louis XVI, une pension de 10 000 réaux billon accordée par Charles III d'Espagne sur la commanderie d'Onda appartenant à l'ordre de Montesa et un appartement en viager au palais du Luxembourg et devient ainsi le voisin du futur Louis XVIII.

De 1769 à son décès, il partage sa vie entre le palais du Luxembourg et l'hôtel de Tournon, domicile du Duc de Nivernais dont il est le proche ami. Régulièrement il aide Condorcet pour des traductions en mathématique et devient son secrétaire entre 1770 et 1780. Auguste connait pendant de nombreux mois la prison pendant la Terreur et ne doit la vie sauve qu'à l'intervention de sa nièce Louise-Félicité de Kéralio.

Auguste décède à Paris en 1805 à 90 ans.

Titres honorifiques[modifier | modifier le code]

Il fut chevalier de l'Ordre royal et militaire de Saint-Louis et gentilhomme de la chambre du Prince de Parme (2 octobre 1760). Il est titré également marquis de Keralio.

Blason : de sable à trois rencontres de cerfs d'argent surmonté d'une couronne de marquis.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Camille Rousset, « Le Comte de Gisors, 1732-1758, étude historique », Paris, Perrin et Cie, libraires-éditeurs, 1868.
  • Lucien Perey, « Le duc de Nivernais », Paris, Calmann Levy éditeur, 1891.
  • Élisabeth Badinter, « Les passions intellectuels, volonté de pouvoir (1762-1778) », Paris, Fayard, avril 2007.
  • Élisabeth Badinter, « L'infant de Parme », Paris, Fayard, mai 2008.
  • François Moal, « La Tour d'Auvergne, un homme de la Bretagne Centrale mort au champ d'honneur », Nature et Bretagne, Carhaix, 1995.
  • Correspondance de Auguste de Keralio et de Paola Frisi.

Liens[modifier | modifier le code]