Auguste Toubeau

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Auguste Toubeau (21 août 1855 - 26 juin 1912) était un syndicaliste professionnel et socialiste belge. Il commença par travailler dans des mines de charbon, puis, après un sérieux accident de travail, il devint une importante personnalité du mouvement coopératif.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Auguste Toubeau est né dans une famille modeste de Frameries le 21 août 1855, Auguste Toubeau était le fils de Jean-François Joseph Toubeau et Désirée Docquier. Comme beaucoup d'enfants pauvres de cette époque, il commença à travailler très tôt dans les mines (en 1865) mais fut contraint d'arrêter ce travail en 1886 suite à un éboulement au Crachet Piquery qui le blessa très grièvement. Il put être sauvé grâce à des soins constants et coûteux mais il dut être amputé d'une partie de la jambe gauche.

Combat politique[modifier | modifier le code]

Auguste Toubeau devint socialiste par la lecture des premiers journaux édités par Louis Bertrand. Il avait conservé des foules d'articles, tracts et brochures de la première heure qui furent le fond de sa bibliothèque et de ses connaissances socialistes. Il s'engagea dans le Parti ouvrier dès le début et faisait déjà partie des "Compagnons" (organisation syndicale) en 1879. En 1891, il devint contrôleur général de la Coopérative de Frameries (fondée le 22 septembre 1885, elle était la première de la région Mons-Borinage), où, assis derrière un vieux bureau rempli de registres, il aidait et conseillait les ouvriers (à rédiger une lettre, à demander une pension à la Caisse de Prévoyance, etc.) grâce à son instruction.

Il fut élu conseiller communal le 17 novembre 1895, et fut réélu le 18 octobre 1903 et le 20 octobre 1907. Il obtint lors de ces dernières élections 1 847 voix de préférence (le bourgmestre Maroille en ayant 1861). Il fut élu échevin de l'instruction publique (en remplacement de Vinchent) lors de l'installation du nouveau conseil communal le 13 janvier 1908 et occupait également le poste d'Officier de l'État Civil de Frameries. Outre ses fonctions à la coopérative et à la commune, il occupa également les places de secrétaire-trésorier, puis président, de la chorale "L'Avenir", administrateur de l'école moyenne de Pâturages (depuis 1896), président du Syndicat des mineurs de Frameries et président de la Caisse des secours "La Fraternité", et il tint également le café "À la Belle vue des Monuments", l'actuel "Café du Peuple" de la place Defuisseaux.

Auguste Toubeau mourut le mercredi 26 juin 1912 et fut enterré dans l'allée centrale du cimetière de Frameries le 30 juin 1912.

Enterrement[modifier | modifier le code]

Les funérailles d'Auguste Toubeau se déroulèrent le dimanche 30 juin 1912 et rassemblèrent une foule immense estimée à plus de 5 000 personnes. Le cortège quitta la maison mortuaire (le café de la place Defuisseaux) à 11h30 et descendit la rue Defuisseaux jusqu'au cimetière. À la tête de celui-ci se trouvait la bannière de la Libre Pensée, suivie du conseil d'administration de la société coopérative de Frameries, de la fanfare ouvrière "L'Avenir" au grand complet avec tambours et clairons, du cercle choral "La Fraternité", de "L'Harmonie", des six couronnes (offertes par le conseil communal, la société coopérative, la chorale "La Fraternité", le syndicat des mineurs, la Caisse des secours et la famille), du conseil communal, des fonctionnaires et employés communaux, des écoles avec drapeaux, des draps mortuaires, de la famille, du syndicat des mineurs, de la Caisse des secours, de nombreuses délégations de communes étrangères avec drapeaux (la coopérative, le syndicat et la fanfare de Pâturages, la Libre Pensée d'Hornu, la Libre Pensée et la coopérative d'Eugies, la Libre Pensée et le syndicat des mineurs de Jemappes, la Libre Pensée et le syndicat des mineurs de Cuesmes, le syndicat de Ciply…), et du corbillard (porté par deux membres du conseil communal, deux membres du syndicat des mineurs et deux membres de la chorale), précédé et suivi par une foule de citoyens.

Tout au long du parcours, les réverbères étaient allumés et voilés, les familles étaient devant leur portes. Les drapeaux étaient en bernes à l'hôtel communal, à la Maison du Peuple, à la pharmacie et à la coopérative. Arrivés au cimetière, le bourgmestre Maroille prononça un discours an nom du conseil communal, Andry un au nom des sociétés ouvrières (et aussi au nom de la chorale "La Fraternité") et Armand Jeanne un au nom de la Libre Pensée. Auguste Toubeau fut ensuite enterré dans un caveau de l'allée centrale du cimetière.

Famille[modifier | modifier le code]

Auguste Toubeau épousa Euphémie Maroquin le 11 mars 1880 à Frameries. Euphémie était également née (en 1854) dans les milieux modestes de Frameries. Elle mourut des suites d'une longue maladie en 1913, soit quelques mois après son mari.

Auguste et Euphémie Toubeau-Maroquin eurent neuf enfants (dont cinq survécurent) et ont jusqu’à ce jour une petite trentaine de descendants.

  • Toubeau Armille (1881-1953)
  • Toubeau Auguste (1883-1883)
  • Toubeau Emile (1884-1885)
  • Toubeau Augusta (1888-1951)
  • Toubeau Arthur (1890-1890)
  • Toubeau Roger (1891-1891)
  • Toubeau Valère (1892-1959) : Directeur de l'imprimerie de la coopérative Mons-Borinage (Impricoop) en remplacement de Roger Toubeau (futur bourgmestre socialiste de Frameries, n'ayant qu'un lien éloigné avec la famille d'Auguste Toubeau)
  • Toubeau Adrienne (1895-1964) : Cofondatrice avec Denise Durand (épouse du gouverneur de la province du Hainaut Cornet) de la fédération boraine des femmes prévoyantes, secrétaire de la section de Frameries ainsi que fondatrice de la section de La Bouverie.
  • Toubeau Angelina (1901-1946)