Auguste Ravez

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Auguste Ravez
François Kinson, Portrait du comte Ravez.
François Kinson, Portrait du comte Ravez.
Fonctions
Député de la Gironde
Pair de France
4e président de la Chambre des députés des départements
Prédécesseur Hercule de Serre
Successeur Pierre-Paul Royer-Collard
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Lyon
Date de décès (à 78 ans)
Lieu de décès Bordeaux
Nationalité Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Conjoint Marie Anne "Alexandrine" Deleyre
Profession Avocat

Auguste Simon Hubert Marie comte Ravez, né à Lyon le , mort à Bordeaux le , homme politique français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse à Lyon[modifier | modifier le code]

Fils d'un marchand lyonnais, il fit ses études au collège des Oratoriens et étudia le Droit. Au terme d'une de ses premières plaidoiries, il est accusé de conspiration puis libéré fin juillet 1792 par décret de l' Assemblée Législative[1]. Toutefois, il ne peut rester dans une ville où le régime de la Terreur le considère comme hostile. Il quitte Lyon et décide de s'installer à Bordeaux en décembre 1792, où il poursuivra sa carrière de magistrat.

Vie parlementaire[modifier | modifier le code]

Auguste Ravez en 1820.

Nommé président du collège électoral de Bordeaux par l'archichancelier Cambacérès en 1807, il est élu député de la Gironde sous la Restauration en 1816. Apprécié et estimé de Louis XVIII[2] ce dernier le désigne comme sous-secrétaire d'État au département de la Justice du au dans le Gouvernement Armand du Plessis de Richelieu (1). Il aura également la permission du Roi d'apposer sa signature sur l'acte de naissance du Comte de Chambord, le 29 septembre 1820[3].

Il siège en tant que Président de l'Assemblée nationale du 11 décembre 1818 au 24 décembre 1823 et du 31 mars 1824 au 5 novembre 1827[4] et occupe le fauteuil de Premier Président de la Cour Royale (c'est-à-dire d'Appel) de Bordeaux de 1824 à 1830. À la suite du basculement de majorité à la Chambre fin 1827, il perd son fauteuil de Président et Charles X le choisit comme Conseiller d'État en service extraordinaire en 1828. Il sera fait Pair de France avec titre et rang de baron-pair par ordonnance du 10 août 1829[5]. Il figure toutefois sous le titre de comte dans l'Almanach Royal de 1830 ainsi qu'à la Pairie.

Après la Restauration[modifier | modifier le code]

Retourné à la vie privée pendant la monarchie de Juillet, il demande néanmoins sa réintégration dans le barreau bordelais en tant que jurisconsulte et poursuit ses œuvres de charité à travers la présidence du conseil de la paroisse Saint Paul à Bordeaux, dans la rue qui, plus tard, portera son nom.

Il continuera d'entretenir des relations avec les Bourbons en exil, notamment la duchesse de Berry[6] ou encore Charles X, qui sollicitera de lui qu'il instruise son petit-fils, le comte de Chambord, dans la science du droit.

Passée la Révolution de 1848, il reviendra à la politique et sera élu conseiller général de la Gironde en juin 1848 puis, aux élections législatives de 1849, député de la Gironde lors de la Deuxième République. Désigné président de la commission de la Législation et membre de la Haute-Cour de Justice, il décède quelques mois plus tard d'une congestion pulmonaire en pleine séance du conseil général. Il est inhumé au cimetière de la Chartreuse à Bordeaux dans le caveau qui fut la première concession accordée par la ville à un particulier, en hommage à sa fille décédée en bas âge[7].

Carrière et orientations politiques[modifier | modifier le code]

Tout au long de sa vie, Auguste Ravez est considéré comme un magistrat éloquent et talentueux, ainsi qu'en témoignent ses amis comme ses adversaires à la barre : « Les séductions de l'Art oratoire ont pu faire oublier les résultats qui se montreront lorsque le prestige répandu dans l'audience sera dissipé »[8], Martignac père.

Comme homme politique, il est un des partisans du centre-droit à la Charte de 1814, modéré, il soutiendra avec prudence la loi de la Liberté de la presse lors des débats de juin 1819 : « Il sera le président modèle et, pendant neuf ans, sera continué dans cette fonction. »[9], dira Pierre de La Gorce.

Ne souhaitant pas participer au dernier gouvernement du Prince de Polignac malgré la sollicitation de ce dernier, il demeurera cependant fidèle aux Bourbons et démissionnera de ses fonctions de Pair de France et de 1er Président de la Cour d'Appel de Bordeaux à la chute de Charles X.

Citations[modifier | modifier le code]

« Il en est des libertés comme du pouvoir, elles tendent à s'agrandir et, si elles n'étaient pas contenues, elles périraient comme lui par leurs propres excès. »[9]

« Ne mesurons pas nos devoirs par notre puissance, mais notre puissance par nos devoirs »[10]

« Dieu le fit et brisa le moule. »[10], Louis XVIII

Généalogie[modifier | modifier le code]

Marie Anne Deleyre, Portrait de la Comtesse Ravez, par François Kinson.

La famille Ravez est une famille noble française originaire du Lyonnais et de la Guyenne.

Famille de marchands originaires du Jura, leur descendant Claude Joseph Ravez s'installe à Lyon vers 1760. Il épouse en 1765 Antoinette Aroud, originaire de St-Génis-Terrenoire, qui lui donne Auguste Simon Ravez en 1770.

Ce dernier s'allie en 1796 avec la nièce d'Alexandre Deleyre, Marie-Anne "Alexandrine", dont la famille, l'avait accueilli à son arrivée à Bordeaux. De cette union, plusieurs enfants :

  1. Antoine Arnaud Sophie Auguste (1797-1857), avocat général près la Cour d'Appel de Bordeaux, chevalier de la Légion d'honneur.
  2. Pierre Joseph Marie-Thérèse Paul Emile (1801-1855), Lieutenant de vaisseau.
  3. Auguste Reine Marie Adrien (1808-1881), avocat.
  4. Marguerite Sophie Charlotte (1799-1806).

La famille Ravez s'allie avec la famille Ducru-Duluc, propriétaire des châteaux Ducru-Beaucaillou et Branaire-Ducru, par le mariage d'Auguste fils, en 1830, avec Marie Louise Amélie Zéloé Ducru, fille du négociant Bertrand Ducru. Il est dit qu'en l'honneur de sa belle-fille, Auguste père remplaça le traditionnel verre d'eau des orateurs à l'Assemblée Nationale par un verre de Ducru-Beaucaillou[11]. De cette union, naissent trois enfants : Marie-Thérèse Joséphine Caroline, Jean-Baptiste Marie Joseph Alfred, qui fera reconstruire à la fin du XIXe siècle le Château Millet à Portets (33)[12], et Marie Joséphine Antoinette Ernestine, dont la dot apportée au mariage de sa fille, Marie de Pichard de Latour avec Marc Paul Louis Marquis de Carbonnier de Marzac, permettra la restauration du Chateau de Puymartin à Marquay (24). Au décès de son père, en 1849, il tentera, sans succès, de succéder à son mandat de conseiller général de la Gironde. Le Comte de Chambord lui adressera une lettre datée du 10 janvier 1857[13] suite au décès de sa fille, Ernestine, survenu en décembre 1856.

Liste chronologique des comtes Ravez[modifier | modifier le code]

  1. 1826 - 1849 : Auguste Simon Marie Hubert Ravez, 1er comte Ravez, homme politique français
  2. 1849 - 1857 : Antoine Arnaud Sophie Auguste Ravez, 2e comte Ravez, magistrat, fils du précédent
  3. 1857 - 1914 : Jean-Baptiste Marie Joseph Alfred Ravez, 3e comte Ravez, fils du précédent
  4. 1914 - 1952 : Jean Amédée Ravez, 4e comte Ravez, fils du précédent

Noblesse subsistante[14],[15]

Armoiries[modifier | modifier le code]

Armes d'Auguste Ravez en 1829.

Armes du comte Ravez[16] par Ordonnance du  : « D'azur à la bande d'or chargée d'une étoile à six raiz du champ. »

Devise[modifier | modifier le code]

Fais ce que dois

Distinctions[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Eloge de Ravez », gallica.bnf.fr
  2. « Le Correspondant, p. 948 », books.google.fr
  3. « Le Comte de Chambord, p. 22 »
  4. « Auguste Ravez (1770-1849) », assemblee-nationale.fr (consulté le 9 septembre 2010)
  5. « Collection complète des lois, décrets, ordonnances, réglements, et avis du Conseil d'Etat. 1829, p. 589 », gallica.bnf.fr
  6. Docteur Ménière, La captivité de Madame La Duchesse de Berry à Blaye - 1833, Calmann Levy, 1882
  7. « Mémoires d'outre-tombe », lepoint.fr,‎ 6 décembre 2007
  8. Robert Dufourg, Ravez, un grand parlementaire de la Restauration, Raymond Picquot, 1952, page 12
  9. a et b Robert Dufourg, Ravez, un grand parlementaire de la Restauration, Raymond Picquot, 1952, page 25
  10. a et b Paul Sauzet, « Eloge de Ravez »
  11. « Chateau Ducru-Beaucaillou », chateau-ducru-beaucaillou.com
  12. « Chateau Millet », panoramio.com,‎ 3 février 2010
  13. Cte de Chambord, Correspondances, p.167
  14. Grand Armorial de France, Tome V, Raoul De Warren
  15. Dictionnaire de la Noblesse Française, t.1, p.844 | Auteur : E. De Sereville et F. De Saint Simon
  16. Pierre MELLER, « Armorial du Bordelais, p.159 , T. III »
  17. Etat de l'Ordre du Saint-Esprit en 1830 et la survivance des Ordres du Roi, p.69, 70 | Auteur : Hervé Pinoteau | Nouvelles Editions Latines

Sources[modifier | modifier le code]

  • Cet article est partiellement ou en totalité issu de l'article intitulé « Famille Ravez » (voir la liste des auteurs).
  • Robert Dufourg, Ravez, un grand parlementaire de la Restauration, Raymond Picquot, 1952
  • Raoul De Warren, Grand Armorial de France - t. 5
  • Archives Nationales