Auguste Ravez
| Auguste Ravez | |
François Kinson, Portrait du comte Ravez. |
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| Fonctions | |
|---|---|
| Pair de France | |
| 10 aout 1829 – 31 juillet 1830 | |
| 4e président de la Chambre des députés des départements | |
| 11 décembre 1818 – 5 novembre 1827 | |
| Prédécesseur | Hercule de Serre |
| Successeur | Pierre-Paul Royer-Collard |
| Biographie | |
| Date de naissance | 21 octobre 1770 |
| Lieu de naissance | Lyon |
| Date de décès | 3 septembre 1849 (à 78 ans) |
| Lieu de décès | Bordeaux |
| Nationalité | |
| Conjoint | Marie Anne "Alexandrine" Deleyre |
| Profession | Avocat |
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Auguste Simon Hubert Marie comte Ravez, né à Lyon le 21 octobre 1770, mort à Bordeaux le 3 septembre 1849, homme politique français.
Sommaire |
Biographie [modifier]
Jeunesse à Lyon [modifier]
Fils d'un marchand lyonnais, il fit ses études au collège des Oratoriens et étudia le Droit. Au terme d'une de ses premières plaidoiries, il est accusé de conspiration puis libéré fin juillet 1792 par décret de l' Assemblée Législative[1]. Toutefois, il ne peut rester dans une ville où le régime de la Terreur le considère comme hostile. Il quitte Lyon et décide de s'installer à Bordeaux en décembre 1792, où il poursuivra sa carrière de magistrat.
Vie parlementaire [modifier]
Nommé président du collège électoral de Bordeaux par l'archichancelier Cambacérès en 1807, il est élu député de la Gironde sous la Restauration en 1816. Apprécié et estimé de Louis XVIII[2] ce dernier le désigne comme sous-secrétaire d'État au département de la Justice du 16 avril 1817 au 29 décembre 1818 dans le Gouvernement Armand du Plessis de Richelieu (1). Il aura également la permission du Roi d'apposer sa signature sur l'acte de naissance du Comte de Chambord, le 29 Septembre 1820[3].
Il siège en tant que Président de l'Assemblée nationale du 11 décembre 1818 au 24 décembre 1823 et du 31 mars 1824 au 5 novembre 1827[4] et occupe le fauteuil de Premier Président de la Cour Royale (c'est-à-dire d'Appel) de Bordeaux de 1824 à 1830. À la suite du basculement de majorité à la Chambre fin 1827, il perd son fauteuil de Président et Charles X le choisit comme Conseiller d'État en service extraordinaire en 1828. Il sera fait Pair de France avec titre et rang de Comte-Pair par ordonnance du 10 août 1829[5].
Après la Restauration [modifier]
Retourné à la vie privée pendant la monarchie de Juillet, il demande néanmoins sa réintégration dans le barreau bordelais en tant que jurisconsulte et poursuit ses œuvres de charité à travers la présidence du conseil de la paroisse Saint Paul à Bordeaux, dans la rue qui, plus tard, portera son nom.
Il continuera d'entretenir des relations avec les bourbons en exil, notamment la duchesse de Berry[6] ou encore Charles X, qui sollicitera de lui qu'il instruise son petit-fils, le comte de chambord, dans la science du droit.
Passée la Révolution de 1848, il reviendra à la politique et sera élu conseiller général de la Gironde en juin 1848 puis, aux élections législatives de 1849, député de la Gironde lors de la Deuxième République. Désigné président de la commission de la Législation et membre de la Haute-Cour de Justice, il décède quelques mois plus tard d'une congestion pulmonaire en pleine séance du conseil général. Il est inhumé au cimetière de la Chartreuse à Bordeaux dans le caveau qui fut la première concession accordée par la ville à un particulier, en hommage à sa fille décédée en bas âge[7].
Carrière et orientations politiques [modifier]
Tout au long de sa vie, Auguste Ravez est considéré comme un magistrat éloquent et talentueux, ainsi qu'en témoignent ses amis comme ses adversaires à la barre : « Les séductions de l'Art oratoire ont pu faire oublier les résultats qui se montreront lorsque le prestige répandu dans l'audience sera dissipé »[8], Martignac père.
Comme homme politique, il est un des partisans du centre-droit à la Charte de 1814, modéré, il soutiendra avec prudence la loi de la Liberté de la presse lors des débats de juin 1819 : « Il sera le président modèle et, pendant neuf ans, sera continué dans cette fonction. »[9], dira Pierre de La Gorce.
Ne souhaitant pas participer au dernier gouvernement du Prince de Polignac malgré la sollicitation de ce dernier, il demeurera cependant fidèle aux Bourbons et démissionnera de ses fonctions de Pair de France et de 1er Président de la Cour d'Appel de Bordeaux à la chute de Charles X.
Citations [modifier]
« Il en est des libertés comme du pouvoir, elles tendent à s'agrandir et, si elles n'étaient pas contenues, elles périraient comme lui par leurs propres excès. »[9]
« Ne mesurons pas nos devoirs par notre puissance, mais notre puissance par nos devoirs »[10]
« Dieu le fit et brisa le moule. »[10], Louis XVIII
Généalogie [modifier]
La famille Ravez est une famille noble française originaire du Lyonnais et de la Guyenne.
Famille de marchands originaires du Jura, leur descendant Claude Joseph Ravez s'installe à Lyon vers 1760. Il épouse en 1765 Antoinette Aroud, originaire de St-Génis-Terrenoire, qui lui donne Auguste Simon Ravez en 1770.
Ce dernier s'allie en 1796 avec la nièce d'Alexandre Deleyre, Marie-Anne "Alexandrine", dont la famille, l'avait accueilli à son arrivée à Bordeaux. De cette union, plusieurs enfants :
- Antoine Arnaud Sophie Auguste (1797-1857), premier avocat général près la Cour d'Appel de Bordeaux, chevalier de la Légion d'honneur.
- Pierre Joseph Marie-Thérèse Paul Emile (1801-1855), Lieutenant de vaisseau.
- Auguste Reine Marie Adrien (1808-1881), avocat.
- Marguerite Sophie Charlotte (1799-1806).
La famille Ravez s'allie avec la famille Ducru-Duluc, propriétaire des châteaux Ducru-Beaucaillou et Branaire-Ducru, par le mariage d'Auguste fils, en 1830, avec Marie Louise Amélie Zéloé Ducru, fille du négociant Bertrand Ducru. Il est dit qu'en l'honneur de sa belle-fille, Auguste père remplaça le traditionnel verre d'eau des orateurs à l'Assemblée Nationale par un verre de Ducru-Beaucaillou[11].
De cette union, naissent trois enfants : Marie-Thérèse Joséphine Caroline, Jean-Baptiste Marie Joseph Alfred, qui fera reconstruire à la fin du XIXe siècle le Château Millet à Portets (33)[12], et Marie Joséphine Antoinette Ernestine, dont la dot apportée au mariage de sa fille, Marie de Pichard de Latour avec Marc Paul Louis Marquis de Carbonnier de Marzac, permettra la restauration du Chateau de Puymartin à Marquay (24).
Au décès de son père, en 1849, il tentera, sans succès, de succéder au mandat de député de son père à l'Assemblée Législative de 1849, mais sera toutefois élu conseiller général de la Gironde.
Henry V Comte de Chambord lui adressera une lettre datée du 10 Janvier 1857[13] suite au décès de sa fille, Ernestine, survenu en décembre 1856.
Liste chronologique des comtes Ravez [modifier]
- 1826 - 1849 : Auguste Simon Marie Hubert Ravez, 1er comte Ravez, homme politique français, fils du précédent
- 1849 - 1857 : Antoine Arnaud Sophie Auguste Ravez, 2em comte Ravez, avocat, fils du précédent
- 1857 - 1914 : Jean-Baptiste Marie Joseph Alfred Ravez, 3em comte Ravez, fils du précédent
- 1914 - 1952 : Jean Amédée Ravez, 4em comte Ravez, fils du précédent
Armoiries [modifier]
Armes du comte Ravez[16] par Ordonnance du 14 avril 1826 : « D'azur à la bande d'or chargée d'une étoile à six raiz du champ. »
Devise [modifier]
Fais ce que dois
Distinctions [modifier]
Grand Officier de la Légion d'honneur le 18 août 1824 (Chevalier le 23 septembre 1814, Officier le 10 Mai 1820, Commandeur le 1er Mai 1821).
Chevalier de l'Ordre du Saint-Esprit le 30 mai 1825[17].
Notes et références [modifier]
- Eloge de Ravez, gallica.bnf.fr
- Le Correspondant, p. 948, books.google.fr
- Le Comte de Chambord, p. 22
- Auguste Ravez (1770-1849), assemblee-nationale.fr. Consulté le 9 septembre 2010
- Collection complète des lois, décrets, ordonnances, réglements, et avis du Conseil d'Etat. 1829, p. 589, gallica.bnf.fr
- Docteur Ménière, La captivité de Madame La Duchesse de Berry à Blaye - 1833, Calmann Levy, 1882
- Mémoires d'outre-tombe, lepoint.fr
- Robert Dufourg, Ravez, un grand parlementaire de la Restauration, Raymond Picquot, 1952, page 12
- Robert Dufourg, Ravez, un grand parlementaire de la Restauration, Raymond Picquot, 1952, page 25
- Paul Sauzet, « Eloge de Ravez »
- Chateau Ducru-Beaucaillou, chateau-ducru-beaucaillou.com
- Chateau Millet, panoramio.com
- Cte de Chambord, Correspondances, p.167
- Grand Armorial de France, Tome V, Raoul De Warren
- Dictionnaire de la Noblesse Française, t.1, p.844 | Auteur : E. De Sereville et F. De Saint Simon
- Pierre MELLER, « Armorial du Bordelais, p.159 , T. III »
- Etat de l'Ordre du Saint-Esprit en 1830 et la survivance des Ordres du Roi, p.69, 70 | Auteur : Hervé Pinoteau | Nouvelles Editions Latines
Sources [modifier]
- Cet article est partiellement ou en totalité issu de l'article intitulé « Famille Ravez » (voir la liste des auteurs).
- Robert Dufourg, Ravez, un grand parlementaire de la Restauration, Raymond Picquot, 1952
- Raoul De Warren, Grand Armorial de France - t. 5
- Archives Nationales