Auguste Baron (homme de lettres belge)

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Auguste Baron

Description de l'image  Baron-Portrait.tif.
Activités histoire littéraire
Naissance 1er mai 1794
à Paris,
Décès 24 mars 1862 (à 67 ans)
à Ans,
Langue d'écriture français

Auguste Alexis Floréal Baron (1er mai 1794 à Paris24 mars 1862 à Ans) est un enseignant et un homme de lettres belge d’origine française.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils d’un receveur dans l’administration des contributions, Auguste Baron reçoit une solide formation classique au Lycée Henri-IV qui s’appelle alors Lycée-Napoléon, puis à l’École Normale supérieure où il est admis le 17 octobre 1812.

Au terme d’un séjour de plusieurs années en Angleterre, il épouse Madeleine Duthillieux (1794-1866), à Paris, le 24 janvier 1822.

La même année, il s’installe à Bruxelles où il est attaché en qualité de rédacteur principal à la Gazette officielle, ce qui ne l'empêche pas de rejoindre les rangs de l'opposition libérale au début de 1829.

Resté en Belgique au lendemain des Journées de septembre qui conduisent à la naissance d’un État indépendant, il est initié à la loge bruxelloise Les Amis philanthropes, sans doute au début de 1834, et obtient sa naturalisation en mai 1838[1].

C'est sous son impulsion et celle de Pierre-Théodore Verhaegen, que l'Université libre de Bruxelles - jusqu'en 1842, l'Université libre de Belgique - est inaugurée le 20 novembre 1834[2].

Il s’installe à Liège à la fin de l’année 1849. Dix ans plus tard, il y subit une profonde dégradation de sa vigueur intellectuelle et finit par mourir d'une apoplexie foudroyante.

Le 27 mars 1862, trois jours après le décès, lors d'une séance académique, Joseph Antoine Spring, recteur de l’Université de Liège, prononce son éloge funèbre, tandis que Jean Stecher[3], au nom de ses collègues de la Faculté de philosophie et lettres de la même université, prononce un autre discours sur le quai de la gare des Guillemins avant le départ du convoi qui doit transporter le corps à Bruxelles. Le 8 avril suivant, un service religieux est célébré à Saint-Josse-ten-Noode où il a été inhumé.

L’enseignant[modifier | modifier le code]

Auguste Baron consacre une grande partie de sa vie professionnelle à l’enseignement des lettres classiques et de la littérature française.

Ses charges sont nombreuses :

  • répétiteur de grec à l’École normale supérieur (1814 à 1818) ;
  • cours public de littérature comparée au Musée des sciences et des lettres de Bruxelles[4] (1827-1832) où il prononce le discours d’installation (3 mars 1827) et où il a pour collègues Dewez (histoire des Pays-Bas), Lesbroussart (histoire générale), Quetelet (histoire des sciences) et Van de Weyer (histoire de la philosophie) ;
  • membre de la commission de l’Instruction publique instituée par le Gouvernement provisoire (30 septembre 1830) ;
  • professeur de rhétorique et préfet des études à l’Athénée de Bruxelles (1830-1849) ;
  • chaire de littérature française et étrangère à l’Université libre de Bruxelles (1834-1849) ;
  • professeur de belles-lettres à l’École militaire (1837 à 1840) ;
  • premier doyen de la Faculté de philosophie et lettres de l’Université libre (1848-1849) [5] ;
  • cours de littérature française et d’histoire de la littérature ancienne à l’Université de Liège (1849-1862) ;
  • cours de style et de rédaction à l'École des mines de Liège ;
  • cours de littérature française à l’École normale des humanités de Liège.

Parmi ses engagements les plus durables en faveur de l’instruction, il convient de signaler la part non négligeable qu’il joue dans la fondation de l’Université libre de Bruxelles dont il conçoit le projet dès 1831 et qu’il reformule avec succès, trois ans plus tard, d’abord auprès de Théodore Verhaegen, le vénérable de sa loge, puis en présence de tous ses frères réunis à l’occasion de leur banquet de la Saint-Jean d'été de 1834, puisque le 20 novembre suivant, il est chargé du discours d’installation de la nouvelle institution dont il devient le premier secrétaire[6].

Signalons également qu’il préside, en 1848, un Congrès professoral de Belgique [7] qui va stimuler l’adoption de la loi du 1er juin 1850 organisant un enseignement moyen officiel et permettre la création d’un Conseil de perfectionnement du même.

L’homme de lettres[modifier | modifier le code]

La production littéraire d’Auguste Baron est abondante et toujours très soignée[8] : articles et feuilletons ; conférences et discours ; éditions, traductions et commentaires d’auteurs anciens et d’auteurs anglais ; introductions et compléments aux ouvrages de collègues ; même un livret d’opéra-comique. Ulysse Capitaine en dresse une liste très extensive dans son Nécrologe liégeois pour 1862, tandis qu’Alexandre Jamar entreprend en 1857 une édition de ses Œuvres complètes dont cinq des douze tomes prévus sortent de presse.

De l’aveu même de l'auteur, quatre titres sont à sortir du lot. Les deux premiers sont les fruits de toute sa carrière de pédagogue, les deux suivants témoignent de son érudition comme traducteur et commentateur d’auteurs anciens :

Distinctions et honneurs[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. A. DELEBECQUE, Pasinomie ou collection complète des lois, décrets, arrêtés et règlements généraux qui peuvent être invoqués en Belgique, 3e série, Bruxelles, Société typographique belge, 1838, p. 135, n° 245 : 25 mai 1838. — loi portant acte de naturalisation ordinaire du sieur Baron (Auguste-Alex's ), professeur à l'université libre à Bruxelles, né à Paris. le 1er mai 1794, ledit acte accepté par lui, le 20 juin 1838. (Bull. offic. n. XXVII.) .
  2. http://www.ulb.ac.be/ulb/presentation/hist.html
  3. Article relatif à Jean Stecher dans la Biographie nationale
  4. Article relatif au Musée sur BESTOR (Belgian Science and Technology On line Resources)
  5. Faculté de Philosophie et Lettres
  6. Joël ARVELLE, Histoire de la franc-maçonnerie belge, Braine-l'Alleud, J.-M. Collet, 1995, pp. 62-64, d'après John BARTIER, « L'Université de Bruxelles au temps de Théodore Verhaegen », dans Laïcité et franc-maçonnerie. Études rassemblées et publiées par Guy Cambier, Bruxelles, Éditions de l'Université Libre de Bruxelles, 1981, pp. 13-72.
  7. Ouvrage consacré au Congrès
  8. Baron était ce qu'on pourrait appeler un gourmet littéraire. Il avait plus de finesse que de passion, mais infiniment d'esprit, et une répugnance profonde pour les vulgarités et les banalités de tout genre. Sa vigueur était calculée plutôt que native ; mais il avait tant d'habileté et de patience à ciseler sa phrase, qu'il arrivait de sang-froid à produire, quand il le voulait bien, les effets de l'inspiration. Sa conversation était étincelante ; mais il travaillait difficilement et lentement ; il remaniait sans cesse ses écrits : le manuscrit de la Rhétorique fut recopié dix-huit fois. Il avait une immense lecture et l'habitude de prendre des notes ; avec cela, un rare talent d'assimilation et un sentiment exquis des nuances. L'érudition, sous sa plume, acquérait le don de plaire ; en somme, il ne brillait pas par l'invention, mais par une certaine façon séduisante d'appliquer le vieil adage : Non nova, sed novè. Ses écrits, sous ce rapport, sont des modèles précieux à étudier. (Alphonse Leroy, col. 60).
  9. Jacques VAN LENNEP, Les bustes de l'Académie royale de Belgique. Histoire et catalogue raisonné précédés d'un essai. Le portrait sculpté depuis la Renaissance, Bruxelles, Académie royale de Belgique (Mémoires de la Classe des beaux-arts, Collection in 8°, 3e sér., t. 6), 1993, pp. 146 et 250.