Auguste Ambroise Tardieu

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Auguste Ambroise Tardieu

Description de l'image  AugusteAmbroiseTardieu.jpg.
Naissance
Paris (France)
Décès (à 60 ans)
Paris (France)
Nationalité Drapeau de France Français
Champs Médecine légale
Institutions Université de Paris

Auguste Ambroise Tardieu, né le 10 avril 1818 à Paris où il est mort le 12 janvier 1879, est un médecin légiste français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils de l’artiste et cartographe Ambroise Tardieu, Tardieu fut président de l’Académie nationale de médecine, ainsi que doyen de la faculté de médecine et professeur de médecine légale à l’université de Paris. En 1847 il contribue à faire condamner le duc de Choiseul-Praslin pour le meurtre de son épouse, en ayant l'idée pour la première fois d'examiner l'arme du crime au microscope[1]. En 1867, il a notamment pratiqué l'autopsie d'une des victimes de Jean-Charles-Alphonse Avinain, où il a conclu à une mort par strangulation plus coups violents portés à la tête avec un objet contondant vraisemblablement pendant le sommeil de la victime et dépeçage.

Parmi ses nombreux apports, ce qui est sans doute le premier ouvrage jamais écrit sur la maltraitance sur mineur et les violences sexuelles exercées contre ceux-ci. C’est en hommage à ses premières descriptions cliniques d’enfants battus que ce syndrome est aussi appelé le « syndrome de Tardieu ». Les « taches de Tardieu » (ecchymoses sous-pleurales), observées lors de la mort d’un nourrisson par strangulation ou suffocation, ont été pour la première fois décrites par Tardieu en 1859. Cet ouvrage réédité six fois entre 1857 et 1878 sous le titre Étude médico-légale sur les attentats aux mœurs est un monument de l’homophobie médicale : Tardieu y fait de l’homosexuel un véritable monstre, créant ainsi une tératologie qui sera ensuite enseignée dans les facultés de médecine pendant un siècle. Il assimile l’homosexuel masculin à la femme (dont il aurait les propriétés psychiques) et à l’animal (notamment au chien, dont il aurait le pénis). Il fixe pour des générations d’étudiants en médecine les caractères prétendument anatomiques de la population homosexuelle masculine : « le développement excessif des fesses, la déformation infundibuliforme de l’anus, le relâchement du sphincter, l’effacement des plis, les crêtes et caroncules du pourtour de l’anus, la dilatation extrême de l’orifice anal, l’incontinence des matières, les ulcérations, les rhagades, les hémorroïdes, les fistules, la blennorragie rectale. » Il appelle les pouvoirs publics à s’inquiéter du caractère de subversion sociale que présenterait l’homosexualité, mettant en contact des Français et des étrangers (il dénonce le « cosmopolitisme de ces dégradantes passions »), des hommes du monde et des hommes du peuple. Pour finir, il associe l’homosexualité au crime (toute une série d’assassinats montrerait, selon lui, le lien des homosexuels avec « le rebut du monde le plus vil » auquel « ils vont demander la satisfaction de leurs monstrueux désirs »). Les contradictions abondent sous sa plume : le souci de scientificité clinique s’accompagne à chaque page de la rhétorique de la dépravation ; la thèse de l’innéité de la pédérastie va de pair avec celle du vice, c’est-à-dire du choix immoral. Tardieu illustre combien la médecine comportementale du XIXe siècle, supposément positiviste, pouvait être tributaire du préjugé, notamment religieux.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • De la morve et du farcin chronique chez l’homme, 1843 ;
  • Mémoire sur les modifications physiques et chimiques que détermine dans certaines parties du corps l’exercice des diverses professions, pour servir à la recherche médico-légale de l’identité, 1849-50 ;
  • Voiries et cimetières, 1852 ;
  • Études hygiéniques sur la profession de mouleur en cuivre, pour servir à l’histoire des professions exposées aux poussières inorganiques, 1855 ;
  • Étude médico-légale sur le tatouage considéré comme signe d’identité, 1855 ;
  • Étude médico-légale sur l’avortement, suivie d’observations et de recherches pour servir à l’histoire médico-légale des grossesses fausses et simulées, 1856 ;
  • Étude historique et médico-légale sur la fabrication et l’emploi des allumettes chimiques, 1856 ;
  • Étude médico-légale sur les attentats aux mœurs, 1857 ;
  • Dictionnaire d’hygiène publique et de salubrité, 1852-54 ;
  • Étude médico-légale sur les sévices et mauvais traitements exercés sur des enfants, 1860 ;
  • Étude médico-légale sur les maladies provoquées ou communiquées comprenant l’histoire médico-légale de la syphilis et de ses divers modes de transmission, 1864 ;
  • Étude médico-légale et clinique sur l’empoisonnement, 1867 ;
  • Étude médico-légale sur l’infanticide, 1868 ;
  • Étude médico-légale sur la pendaison, la strangulation, les suffocations, 1870 ;
  • Étude médico-légale sur la folie, 1872 ;
  • Étude médico-légale sur les maladies produites accidentellement ou involontairement, 1879 ;
  • Étude sur les blessures, 1879.

En ligne[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Scènes de crime, quand la science fait parler les preuves, Paul Roland, ed. Musikbooks.

Liens externes[modifier | modifier le code]