Audre Lorde

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Audre Lorde

alt=Description de cette image, également commentée ci-après

Audre Lorde, en 1980.

Nom de naissance Audrey Geraldine Lorde
Naissance 18 février 1934
Harlem Drapeau des États-Unis États-Unis
Décès 17 novembre 1992 (à 58 ans)
Sainte-Croix, Îles Vierges Drapeau des États-Unis États-Unis
Nationalité Américaine
Profession
Formation
Hunter College High School (lycée)
Hunter College (université)
Conjoint
Edwin Rollins
Frances Clayton
Descendants
Elizabeth
Jonathan

Audre Geraldine Lorde (Harlem, 18 février 1934 - Sainte-Croix dans les Îles Vierges, 17 novembre 1992) est une écrivain et poétesse américaine Noire, activiste, féministe, lesbienne qui s'est battue contre le racisme. À travers son art et ses luttes, elle a mis en avant les subjectivités féminines Noires et lesbiennes.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance et adolescence[modifier | modifier le code]

Lorde est née à New York de parents originaires des Antilles, Frederick Byron Lorde et Linda Gertrude Belmar Lorde. Malvoyante, officiellement aveugle, elle est la dernière de trois filles. Elle grandit à Harlem pendant la Grande Dépression, écoutant sa mère lui parler des Caraïbes. Elle n'apprend à parler que très tard, à l'âge de quatre ans. Cette incapacité à apprivoiser le langage, dans ses premières années, explique l'importance qu'elle a conférée à la langue et à sa réappropriation par les minorités (notamment par la poésie)par la suite. En revanche, sa mère lui apprend à lire et à écrire assez tôt. Lorde écrit son premier poème à la fin du collège (vers l'âge de treize ans). C'est à ce moment qu'elle choisit de retirer le y de son prénom Audrey, pour devenir Audre, ce qui constitue une étape cruciale dans la réappropriation de sa propre identité. Après avoir reçu son diplôme au Hunter College High School (en), où elle rencontre les "Branded", une bande de filles blanches, éprises de poésie et de liberté, dont fait notamment partie la poétesse Diane di Prima. Par la suite, les deux femmes demeureront très proches s'apporteront un soutien tout au long de leur vie. Mais, comme Lorde le raconte dans son autobiographie de Lorde, Zami: A New Spelling of My Name, son amitié la plus forte durant cette période se noue avec une jeune danseuse noire, étudiante au Hunter College High School, Genevieve, ou Gennie. Mais, à peine âgée de seize ans, cette dernière se suicide en avalant de la mort aux rats, sans laisser d'explication à ce geste définitif[1]. Lorde est durablement marquée par ce suicide. Elle quitte sa famille peu après.

L'indépendance[modifier | modifier le code]

En rupture avec sa famille, Audre Lorde s'installe seule dans un appartement elle fait des études à l'université de Hunter College (en) de 1954 à 1959, par intermittence puisqu'elle fait une pause afin de gagner sa vie(elle occupe divers emplois: technicienne de rayon-X, ouvrière à l'usine, secrétaire médicale, etc.), ce qui lui permet de financer un voyage au Mexique. En effet, en 1954, elle passe une année déterminante dans ce pays, étudiant à l'Université nationale autonome du Mexique. C'est une période d'affirmation et de renaissance, où elle consolide sa recherche identitaire aux niveaux personnel et artistique, s'affirmant comme lesbienne et poétesse. De retour aux États-Unis, elle continue à exercer des petits boulots (notamment bibliothécaire), tout en étudiant les sciences des bibliothèques au Hunter College. Elle poursuit son travail d'écriture, tout en partageant sa vie avec Muriel, une jeune femme blanche qui souffre de schizophrénie, dont elle se sépare après deux ans de vie commune[1]. Elle participe activement à la culture homosexuelle de Greenwich Village. Après avoir obtenu son Bachelor's degree, Lorde poursuit ses études à l'Université Columbia, décrochant une maîtrise en sciences des bibliothèques en 1961. Elle travaille alors comme bibliothécaire à la bibliothèque municipale de Mount Vernon.

Écrire et lutter[modifier | modifier le code]

À partir des années 1960, Lorde est régulièrement publiée, que ce soit dans des magazines littéraires noirs, des anthologies de poésie ou dans une anthologie de poésie Noire, éditée par Langston Hughes, New Negro Poets, USA (1962)[2]. Mais c'est la maison d'édition de Diane di Prima, Poet's Press, qui publie le premier recueil de poèmes de Lorde: The First Cities (1968). Dans l'introduction de l'ouvrage, Di Prima rend hommage à leur longue amitié et remercie Lorde de l'avoir aidée à accoucher de son dernier enfant.

En 1962, Lorde contracte un mariage très peu conventionnel avec le juriste, Edwin Rollins, un homme homosexuel blanc. Cette union, qui ne les empêche pas de poursuivre leur vie amoureuse chacun de leur côté, leur permet de donner naissance à deux enfants, Elizabeth et Jonathan, avant de divorcer en 1970. En 1966, Lorde est promue bibliothécaire en chef à la Bibliothèque de Town School à New York, où elle demeure jusqu'en 1968. La même année, elle est invitée en résidence à l'université de Tougaloo dans le Mississippi, financée par une bourse du National Endowment for the Arts. Lorde y rencontre Frances Clayton, une professeure de psychologie, qui devient sa compagne jusqu'en 1989.

Berlin[modifier | modifier le code]

Entre 1984 et 1992, passe beaucoup de temps à Berlin. En 1984, elle est professeure invitée au John F. Kennedy-Institute for North American Studies de la Freie Universität de Berlin. En effet, à l'époque, Lorde commence à gagner une forte reconnaissance en Europe, notamment en Allemagne.

Les dernières années[modifier | modifier le code]

Durant quatorze ans, Lorde s'est battue contre le cancer du sein, diagnostiqué en 1978, et qui la contraindra à subir une mastectomie. Mais six ans plus tard, elle est atteinte du cancer du foie.

Elle devient alors d'autant plus active, publiant The Cancer Journals (1981). Elle fait l'objet du documentaire A Litany for Survival: The Life and Work of Audre Lorde, qui la montre en tant qu'auteure, poète, activiste, féministe et lesbienne. jusqu'au décès de Lorde d'un cancer. Lorde est morte le 17 novembre 1992 à Saint Croix, où elle vivait avec sa compagne Gloria I. Joseph.

Selon ses propres mots, elle était une « poétesse, guerrière, mère, lesbienne, noire ». Avant sa mort, au cours d'une cérémonie de baptême africaine, Lorde prend le nom de Gamba Adisa, qui veut dire « Guerrière : Celle qui se fait comprendre ».



Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Zami: A New Spelling of My Name, Mythobiography (1983). Traduction : Zami : une nouvelle façon d'écrire mon nom, Québec, Mamamélis, 2001.
  2. Langston Hugues (dir.), New Negro Poets, USA, [1964],Indiana University Press, Bloomington & London Eighth Printing, 1970

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Poésie[modifier | modifier le code]

  • The First Cities (1968)
  • Cables to Rage (1970)
  • From a Land Where Other People Live (1973)
  • New York Head Shop and Museum (1974)
  • Coal (1976)
  • Between Our Selves (1976)
  • The Black Unicorn (1978)
  • Undersong: Chosen Poems Old and New (1982)
  • Our Dead Behind Us (1986)
  • Need: A Chorale for Black Woman Voices (1990)
  • The Marvelous Arithmetics of Distance (1993)

Prose[modifier | modifier le code]

  • Uses of the Erotic: The Erotic as Power (1978)
  • The Cancer Journals (1980). Traduction : Journal du cancer suivi de Un souffle de lumière, Québec, Mamamélis/Trois, 1998.
  • Zami: A New Spelling of My Name, Mythobiography (1983). Traduction : Zami : une nouvelle façon d'écrire mon nom, Québec, Mamamélis, 2001.
  • Sister Outsider: Essays and Speeches (1984). Traduction : Sister Outsider, essais et propos d'Audre Lorde, Mamamélis, 2003.
  • I Am Your Sister: Black Women Organizing Across Sexualities (1985)
  • A Burst of Light: Essays (1988)

Biographies[modifier | modifier le code]

  • Alexis De Veaux, Warrior Poet: A Biography of Audre Lorde, New York, W.W. Norton, 2004.
  • Joan Wylie Hall, Conversations With Audre Lorde, University Press of Mississippi, 2004.

Prix et distinctions[modifier | modifier le code]

Liens internes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Liens externes[modifier | modifier le code]