Audomar de Thérouanne

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saint Omer
Image illustrative de l'article Audomar de Thérouanne
Saint Omer
Évêque
Naissance 600
Goldenthal (Haut rhin)
Décès 1er novembre 670 
Fête 9 septembre

Audomar (Audomarus), connu plus tard sous le nom de saint Omer, vécut de 600 à 670. Il fut nommé évêque de Thérouanne par le roi Dagobert Ier et fonda l’abbaye Saint-Bertin à Saint-Omer (Pas-de-Calais). C'est lui qui consacra prêtre saint Wandrille. C’est un saint chrétien fêté le 9 septembre[1].

Histoire et tradition[modifier | modifier le code]

Buste de saint Omer à Brouckerque.

Audomar est né à Guldindal ou Goldenthal (en français le Val d'Or), près du lac de Constance, aux environs de l’an 600. Ses parents s'appelaient Friulphe et Domitta.

Avec son père, devenu veuf, il partit pour le monastère de Luxeuil qui avait été fondé au sixième siècle par saint Colomban.

Le roi Dagobert Ier le nomma évêque de Noyon-Tournai (627-640)[2] puis évêque de Thérouanne (actuellement dans le département du Pas-de-Calais). Audomar avait pour mission de résider dans son diocèse, de célébrer les grandes fêtes pastorales et de prêcher auprès des populations. Les Morins, dont les Vandales et Suèves ont envahi la région au cinquième siècle, étaient revenus au paganisme malgré l’évangélisation du quatrième siècle menée par Vitrice de Rouen et les régions côtières étaient devenues saxonnes. C’est près de Thérouanne qu’Audomar fonda un monastère où s'édifia la ville de Saint-Omer.

Dans la région de l'embouchure de l’Aa, Audomar fut hébergé par un riche propriétaire du nom de Adrowald, qu'il convertit au christianisme.

En 651, Adrowald donna à Audomar plusieurs domaines sur l'Aa, dont l'île de Sithiu, comprenant une douzaine de villages. Audomar y fonda une église dédiée à la Vierge qui deviendra l'église Notre-Dame.

Ayant l'accord du roi, Audomar obtint l'aide de trois moines bénédictins :

  • Mommelin, ayant des connaissances linguistiques, fut abbé de Sithiu jusqu'en 660, avant de rejoindre Noyon ;
  • Bertin, qui succéda à Mommelin à l'abbaye de Sithiu, fonda une église dédiée à saint Pierre à l'est de Notre-Dame. Elle deviendra l'abbaye Saint-Bertin ;
  • Ebertram.

En 662, Audomar fit promulguer une charte octroyant des privilèges à Sithiu.

Audomar mourut aveugle le 1er novembre 670 à Wavrans-sur-l'Aa. Selon ses vœux, Bertin fit transporter son corps dans l'église Notre-Dame de Sithiu. Il est fêté le 9 septembre.

Une Vie de saint Omer (Vitae Sancti Audomari), aujourd'hui disparue, a été rédigée au début du IXe siècle d'après la tradition orale, par une clerc de la région. Une seconde version a été écrite à Corbie et se trouve actuellement à Saint-Petersbourg en Russie. Une troisième version écrite au Xe siècle se situe dans la bibliothèque royale de Belgique. Une version datant du XIe siècle (manuscrit 698) est conservée à Saint-omer. Elle a fait l'objet de plusieurs ajouts successifs. On retrouve aussi la Vita Audomari dans une version en langue vernaculaire, du XVe siècle conservée à Lille (manuscrit 795). La bibliothèque de Saint-Omer conserve quatre psautiers qui reprennent l'office de saint Omer (manuscrits 232, 270, 355, 837).

Patronage[modifier | modifier le code]

  • Omer est invoqué pour les troubles de la vue. L'origine de cette vénération n'est pas certaine, il aurait d'après la tradition orale, perdu la vue à la fin de sa vie.
  • Localement, dans la Manche, à Orval, il est invoqué pour remédier aux troubles intestinaux.

Hommage[modifier | modifier le code]

Plus localités portent son nom en France : Saint-Omer et Saint-Omer-Capelle dans le Pas-de-Calais, Saint-Omer, dans le Calvados, Saint-Omer-de-Blain en Loire-Atlantique, Saint-Omer-en-Chaussée, dans l'Oise. C'est également le cas d'une municipalité du Québec : Saint-Omer.

Plusieurs églises ont été baptisées Saint-Omer en son honneur, notamment en Flandre ou dans les alentours : à Avroult, Bavinchove, Bambecque, Brouckerque, Hocquinghen, Quaëdypre, Kain, Ledringhem, Merck-Saint-Liévin, Rexpoëde, Rincq, Saint-Omer-en-Chaussée, Verchin, Wittes, Zegerscappel, Zermezeele (par ordre alphabétique).

Bibliographie et sources[modifier | modifier le code]

  • Les saints qui guérissent en Normandie - Hippolyte Gancel - Éditions Ouest-France - 2006
  "la vie des saints et histoire des festes et des mystères de l'église vol6"

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Omer Englebert, La fleur des saints, Paris, Albin Michel,‎ 1998, 469 p. (ISBN 9782226095428), p. 295.
  2. Eric Vanneufville, Histoire de Flandre, Éditions Yoran Embanner, 2011, p. 19