Audibert et Lavirotte

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L'usine Audibert et Lavirotte en 1896 à Lyon Monplaisir.

Audibert et Lavirotte était un constructeur automobile lyonnais de 1894 à 1901.

Historique[modifier | modifier le code]

Audibert et Lavirotte 1894 : tricycle à pétrole

En 1894, Maurice Audibert (1867-1931) fils d'un négociant en soierie et Émile Lavirotte (1870-1944) fils d'un notaire, réunirent leurs compétences pour construire des automobiles[1]. Leur entreprise fut la première à Lyon à atteindre une taille industrielle. 250 à Modèle:Unités ont été fabriquées dans leurs ateliers situés dans le quartier de Monplaisir[2].

Cependant, après huit années de succès et de croissance, le constructeur dut cesser ses activités pour cause d'insuffisance de capitaux propres.

Les débuts de l'automobile[modifier | modifier le code]

L'entreprise Audibert et Lavirotte vécut les années les plus créatives des débuts de l'automobile. Cette période de transition commença avec les prototypes monoplaces à trois ou quatre roues et se termina avec les premières voitures d'architecture classique.

Participations aux salons[modifier | modifier le code]

Stand Audibert et Lavirotte au premier Salon de l'Automobile

Jugées élégantes et fiables[3], les Audibert et Lavirotte reçurent un excellent accueil commercial.

En décembre 1896, Audibert et Lavirotte présente six voitures au 4e salon du cycle et de l'automobile.

En juin 1898, Audibert et Lavirotte présente cinq voitures lors de la première exposition internationale d'automobiles des Tuileries organisée par l'Automobile Club de France, récemment créé par le marquis Jules-Albert de Dion.

En décembre 1898, le constructeur est présent au 6e Salon du Cycle et de l'Automobile.

Pendant l'Exposition universelle de 1900, Audibert et Lavirotte présente une voiture ayant participé à une course et obtient une médaille d'argent pour l'ensemble de sa production.

En janvier 1901, au premier salon de l'automobile qui se déroule au Grand Palais récemment inauguré pour l'exposition universelle de 1900, Audibert et Lavirotte présente quatre voitures sur son stand.

Presse et publicité[modifier | modifier le code]

Dans les journaux spécialisés comme La France automobile, Le Journal de géographie, Le chauffeur ou la vie au grand air, des articles souvent dithyrambiques contribuèrent à la notoriété des Audibert et Lavirotte. C'est le constructeur qui réalise en 1896 l'une des premières publicités murales pour l'automobile.

Courses[modifier | modifier le code]

Une Audibert et Lavirotte en course

De 1898 à 1901 le constructeur Audibert et Lavirotte participe à plus de 15 compétitions. Après des débuts décevants il figure souvent dans les places d'honneur [4]:

  • Le 2 mai 1898, 3e sur le circuit de 145 km à Périgueux.
  • Le 24 mars 1899, 1er dans la course de côte Nice-La Turbie.
  • Le 4 avril 1900, 2e sur le circuit de 150 km de Salon-de-Provence.
  • Le 16 septembre 1900, les trois premières places dans la course Lissieu-Mâcon et retour, 100 km.
  • Le 17 mars 1901, 1er dans la course Lyon-La Verpillière et retour, 100 km.
  • Le 29 juillet 1901, 1er dans la course du kilomètre lancé à Lyon

Innovations techniques[modifier | modifier le code]

Châssis tubulaire 1898
Boîte à vitesses sous carter étanche

Certains des brevets déposés par Maurice Audibert couvrent des innovations techniques qui ont été ensuite adoptées par l'ensemble de l'industrie automobile pendant de longues années. Par exemple dès 1898 il adopte le châssis rigide en tubes d'acier et la boîte à vitesses sous carter étanche.

Cessation d'activité[modifier | modifier le code]

Le succès ayant engendré un développement rapide, il devint nécessaire en 1901 de recapitaliser la société.

Et comme seulement 25 % du capital social avait été appelé, on fit naturellement appel aux actionnaires pour qu'ils tiennent leurs engagements. Hélas, au moment où c'était devenu nécessaire, les actionnaires réunis en assemblée générale, décidèrent « qu'il n'y avait pas lieu de continuer la fabrication de voitures automobiles compte tenu de la crise que traversait cette activité... »[5].

Ainsi, faute d'un minimum d'audace financière, l'entreprise fut stoppée en pleine croissance. En 1902, les liquidateurs de la société cédèrent une partie des encours aux frères Voisin et les 3 000 m2 d'ateliers à un autre constructeur lyonnais Marius Berliet.

Collection[modifier | modifier le code]

Il subsiste trois voitures parfaitement restaurées de la marque Audibert et Lavirotte. L'une est conservée au Musée Henri Malartre de Rochetaillée-sur-Saône près de Lyon, une autre appartient au musée automobile de la Sarthe au Mans et la troisième appartient à un collectionneur privé.

Galerie[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (fr) Archives départementales du Rhône. Actes notariés d'avril 1896 jusqu'à juin 1902.
  2. (fr) P. Gordeaux, Interview d'Émile Lavirotte, Paris-Soir du 16 juillet 1942. Fonds photographique personnel d'époque.
  3. (fr) La France automobile, numéros de décembre 1896, juillet 1898, mars 1900, juin 1900. Journal de géographie 1896. Le chauffeur, année 1900 numéros 87 et 88. Guide Michelin 1900, pages 302 et 303.
  4. (fr) Pierre-Lucien Pouzet, Les voitures rhônalpines dans les compétitions jusqu'en 1914, édition Fondation Berliet
  5. (fr)P.V. de l'assemblée générale du 27 novembre 1901

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Lien externe[modifier | modifier le code]