Attentat du World Trade Center de 1993

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Attentat du World Trade Center
Image illustrative de l'article Attentat du World Trade Center de 1993
Décombres du parking où a eu lieu l'explosion.

Localisation New York, Drapeau des États-Unis États-Unis
Cible Tour 1 du World Trade Center
Coordonnées 40° 42′ 42″ N 74° 00′ 45″ O / 40.7117, -74.0125 ()40° 42′ 42″ Nord 74° 00′ 45″ Ouest / 40.7117, -74.0125 ()  
Date
12h17 (UTC-5)
Type Attentat au véhicule piégé
Mort(s) 6
Blessé(s) 1 042
Auteur(s) Ramzi Yousef
Organisation(s) Al-Qaïda
Mouvance Terrorisme islamiste

L'attentat du World Trade Center de 1993 se déroula le , quand une voiture piégée explosa sous la Tour 1 du World Trade Center, à New York. Les 680 kg de l'engin explosif au nitrate[1] furent placés dans l'intention de faire basculer la Tour nord sur la Tour sud, détruisant ainsi le complexe et tuant des milliers de civils[2],[3]. Malgré l'échec de l'opération, la bombe tua néanmoins 6 personnes et en blessa 1 042[4].

Les attaques étaient planifiées par un groupe de conspirateurs, parmi lesquels figuraient Ramzi Yousef, Mahmud Abouhalima, Mohammad Salameh, Nidal A. Ayyad, Abdul Rahman Yasin et Ahmad Ajaj. Le financement fut assuré par l’oncle de Ramzi Youssef, Khalid Cheikh Mohammed. En mars 1994, quatre personnes ont été condamnées pour la fabrication de la bombe : Abouhalima, Ajaj, Ayyad et Salameh. Les charges retenues portaient sur l’association de malfaiteurs, la destruction de propriété privée au moyen d’explosifs et le transport de ces mêmes explosifs sur le territoire fédéral. En novembre 1997, deux autres personnes furent condamnées : Ramzi Youssef, le cerveau des attentats, et Eyad Ismoil, le chauffeur du camion piégé.

Préparation et organisation[modifier | modifier le code]

Ramzi Yousef, de son vrai nom Abdul Basit Mahmoud Abdul Karim, était né au Koweït. Il avait reçu une formation dans les camps d’entraînement d’Al-Qaida en Afghanistan avant de planifier les attentats aux États-Unis. L’oncle de Yousef, Khalid Shaikh Mohammed Ali Fadden, qui fut plus tard considéré comme le principal architecte des attentats du 11 septembre 2001, lui transmit ses conseils par téléphone portable et le finança par virement bancaire à hauteur de 1 400 dollars.[réf. nécessaire]

Yousef était entré clandestinement sur le territoire américain le par un vol en provenance du Pakistan. L’avion transportait également Ahmed Ajaj, bien qu’ils fissent semblant de ne pas se connaitre. Ajaj essaya d’entrer avec un passeport suédois falsifié, mais son mauvais état attira l’attention des services d’immigration à l’aéroport John F. Kennedy. Quand les fonctionnaires entreprirent des vérifications complémentaires, ils découvrirent les plans de fabrication d’une bombe ainsi que d’autres preuves. Abu Barra, le nom d’emprunt de Mohammed Jamal Khalifa, apparaissait sur les plans. Yousef demanda l’asile politique avec un faux passeport irakien. L’administration autorisa son entrée sur le territoire américain et le convoqua à un entretien pour l’examen de sa demande d’asile.

Yousef s’installa sur l’avenue Nicole Pickett à Jersey City, dans le New Jersey, voyagea dans les environs de New York et contacta par téléphone portable le sheikh aveugle Omar Abdel Rahman, homme religieux controversé. Après avoir été introduit auprès des autres protagonistes dans la mosquée Al-Farooq à Brooklyn, Yousef commença l’assemblage de la bombe de 680 kilogrammes destinée aux attentats. Il commanda des produits chimiques lors de son séjour à l’hôpital à la suite d’un accident de voiture (un des trois accidents causés par Salameh, un de ses complices, à la fin de 1992 et au début de 1993).

El Sayyid Nosair, un homme de main du sheikh aveugle, fut arrêté pour le meurtre du rabbin Meir Kahane. Selon l’accusation, Mahmud Abouhalima « le Rouge », également condamné pour les attentats, a demandé à Wadih el Hage d’acheter le revolver de calibre 0,357 utilisé par Nosair lors du meurtre du rabbin Kahane. Lors du premier procès à la Cour Suprême de New York, Nosair a été acquitté du meurtre mais condamné pour les accusations de trafic d’armes (condamnation confirmée par la Cour Fédérale).

Dans l’appartement de Nosair dans le New Jersey, la police trouva des dizaines de plans de la fabrication de bombes et de documents liés au complot terroriste, ainsi que des manuels du centre de formation des forces spéciales de Fort Bragg (Caroline du Nord), des mémos secrets du Comité des chefs d’États-majors interarmées et 1 440 pièces de munitions.

Les attentats selon le point de vue de Yousef[modifier | modifier le code]

Selon le journaliste Steve Coll, Yousef envoya des communiqués à plusieurs journaux new-yorkais juste avant les attaques, dans lesquelles il se revendiquait du cinquième bataillon de l’Armée de Libération. Ces communiqués comportaient trois demandes : la fin de l’aide américaine à Israël, la fin des relations diplomatiques israélo-américaine, et la fin de toute ingérence dans les affaires intérieures des pays du Moyen-Orient. Il affirma que si ses demandes n’étaient pas satisfaites, l’attaque contre le World Trade Center serait seulement le premier d’une série d’attentats.

Dans ses communiqués, Yousef concéda que les attaques contre le World Trade Center était un acte de terrorisme, mais que celui était justifié parce que le « terrorisme dont Israël fait usage (et que les États-Unis soutiennent) doit être considéré sur un même pied d’égalité ».

L’attentat[modifier | modifier le code]

Ramzi Yousef et son ami jordanien, Eyad Ismoil, conduisirent une camionnette de location dans le quartier de Lower Manhattan, et déposèrent le véhicule dans le garage, dans la partie réservée au Secret Service du parking souterrain du World Trade Center vers midi. Yousef déclencha le détonateur et s’enfuit. Douze minutes plus tard, à 12h17m37s, la bombe explosa dans le parking souterrain, produisant une pression estimée à 10 335 bar. L’explosion fit un cratère de 30 mètres de diamètre, sur quatre niveaux de sous-sol. La vitesse de détonation fut d’environ 4,5 km/s. Les premières informations relayées dans les médias firent état de l’explosion d’un des principaux transformateurs électriques, sans envisager l’hypothèse de l’explosion d’une bombe dans le sous-sol.

La bombe causa immédiatement une coupure générale de courant, déclenchant le système d’éclairage de secours. La fumée de l’explosion, en l’absence de pressurisation des cages d’escalier, atteignit le 93e étage de chacune des deux tours. Cette épaisse fumée ralentit l’évacuation des occupants, dont beaucoup furent intoxiqués par leur inhalation. Des centaines de personnes furent piégées dans les ascenseurs lors de la coupure d’électricité, dont un groupe de 17 enfants de maternelle qui fut bloqué plus de 5 heures après leur visite de la terrasse panoramique de la tour Sud.

Une conséquence secondaire de la coupure de courant fut l’arrêt des transmissions hertzienne des télévisions et des radios pendant près d’une semaine, les stations de télévisions ne pouvant diffuser sur le câble et les satellites qu'au travers d'un réseau par micro-ondes, établi entre les stations et trois des plus grandes entreprises de câblodistribution de New York, Cablevision, Comcast et Time Warner Cable. Les communications téléphoniques furent pour la plupart interrompues dans le quartier de Lower Manhattan.

En tout, six personnes furent tuées et 1 042 autres blessées, la plupart durant l’évacuation qui a suivi l’explosion. Un rapport de l’organisation fédérale des pompiers indique que parmi les dizaines de personnes qui fuirent par les toits des tours, 28 d’entre eux avaient des antécédents médicaux et durent être évacués par les hélicoptères de la police de New York. 15 personnes furent gravement blessées par l’explosion et 20 se plaignirent de problèmes cardiaques. Un pompier fut hospitalisé, alors que 85 autres pompiers, 35 officiers de police et un employé de la poste furent blessés en combattant l’incendie et ses conséquences.

Le plan initial des terroristes était que l’explosion du camion piégé fasse basculer la tour Nord sur la tour Sud, entraînant l’effondrement des deux tours. Cependant, la tour Sud ne s’effondra pas, contrairement au plan de Yousef, mais le garage fut sérieusement endommagé dans l’explosion. Si la camionnette avait été garée plus proche des fondations en béton, les intentions de Yousef auraient pu se réaliser. Il s’enfuit au Pakistan quelques heures après l’explosion.

Peu de gens se trouvaient dans le parking à l'heure de l'explosion. L'heure tardive à laquelle Yousef quitta le New Jersey est en contradiction apparente avec le minutage de l'explosion à une heure creuse. Le terroriste Mahmud Abouhalima affirma plus tard que le plan initial était d’attaquer le Siège des Nations unies plus tôt dans la matinée. L’écrivain Simon Reeve a émis l’hypothèse que quelque chose s’était mal passé, en raison par exemple du niveau de sécurité, et que la destination finale du camion piégé avait été modifiée.

Caractéristiques de la bombe[modifier | modifier le code]

Yousef était assisté de l’artificier irakien Abdul Rahman Yasin, qui contribua au complexe assemblage de la bombe de 590 kilogrammes, principalement constitué de nitrate d’urée. Autour du cœur de la bombe, les terroristes placèrent de l’aluminium, du magnésium et des particules d’oxyde de fer. L’amorçage de la bombe se fit par l’intermédiaire d’une charge explosive composée de nitroglycérine, de dynamite, de poudre sans fumée et d’une mèche. Trois réservoirs d’hydrogène étaient également placés autour de la charge explosive, afin d’améliorer la combustion des particules de fer. L’usage de bouteilles de gaz comprimé ressemble fortement aux méthodes employées lors de l’attentat du Drakkar à Beyrouth en 1983. Lors de ces deux attentats, des bouteilles d’air comprimé furent utilisées pour produire une explosion de type thermobarique, qui produit davantage d’énergie que les explosifs conventionnels de haute puissance. Selon un témoignage recueilli lors du procès, le FBI n’a enregistré qu’un seul attentat utilisant une bombe à base de nitrate d’urée.

La camionnette utilisée lors de l’attentat, louée auprès de la compagnie Ryder, disposait d’un volume utile de 8,4 m3, ce qui correspond à 910 kilogrammes d’explosifs. Cependant, la camionnette ne fut pas remplie au maximum de ses capacités. Yousef utilisa une mèche de 6 mètres qu’il plaça dans un tube chirurgical. Yasin avait estimé que ce détonateur actionnerait la bombe après douze minutes après qu’elle eut été allumée par un briquet.

Yousef voulait que la fumée reste dans la tour, afin que le public puisse voir les gens s’asphyxier à petit feu. Il avait prévu que la Tour 1 s’effondre sur la tour 2 après l’explosion.

La rumeur persista quant à la présence de cyanure présent dans la bombe, croyance renforcée par le juge Kevin Duffy lors de la sentence : « vous aviez à votre disposition du cyanure de sodium, et je suis certain que vous en avez fait usage pour la fabrication de la bombe. »Cependant, l’examen des lieux ne permit pas d’établir avec certitude la composition de la bombe et Robert Blitzer, un agent expérimenté du FBI qui a travaillé sur l’affaire affirma qu’il n’y avait aucun élément scientifique prouvant la présence de cyanure de sodium sur le site de l’explosion. De plus, le journaliste Peter Lance estime que Yousef a seulement envisagé la possibilité d’ajouter du cyanure à l’explosif, et qu’il regrettait de ne pas l’avoir fait.

Enquête[modifier | modifier le code]

Bien que la cause de l’explosion ne fût pas immédiatement connue, notamment en raison de la piste du transformateur défectueux, les agents et artificiers de l’armée, de la police fédérale et de la police new-yorkaise comprirent rapidement la situation : l’ampleur de l’explosion était de loin supérieure à celle rencontrée lors de l’explosion d’un transformateur électrique.

Dans les jours qui suivirent l’attentat, les enquêteurs examinèrent les dommages et recherchèrent les indices. En ratissant les décombres du parking souterrain, un artificier localisa des pièces provenant du véhicule utilisé pour l’attaque piégée. Un numéro d’identification du véhicule, trouvé sur un essieu, permit aux enquêteurs de remonter la piste jusqu’à l’entreprise de location de la camionnette à Jersey City. Les enquêteurs découvrirent que la personne ayant loué le véhicule était Mohammad Salameh, un des complices de Youssef. Salameh avait déclaré le vol de la camionnette, et fut arrêté lorsqu’il revint récupérer sa caution le 4 mars 1993.

L’arrestation de Salameh conduisit la police vers l’appartement d’Adbul Rahman Yasin à Jersey City, que Yasin partageait avec sa mère dans le même immeuble que Ramzi Yousef. Yasin fut emmené au poste de police de Newark (New Jersey) et fut relâché. Le jour suivant, il s’enfuit en Irak, en passant par Amman en Jordanie. Yasin fut ensuite inculpé pour l’attentat, et en 2001 il fut inscrit sur la liste des terroristes les plus recherchés par le FBI, sur laquelle il est toujours inscrit aujourd’hui. Il disparut avant l’invasion de l’Irak par la coalition en 2003. En mars 1994, Salameh, Nidal Ayyad, Mahmud Abouhalima et Ahmad Ajaj furent reconnus coupables lors du procès de l’attentat du World Trade Center. En mai 1994, ils furent condamnés à la prison à vie.

L’arrestation de Salameh et de Yasin conduisit les autorités jusqu’à l’appartement de Ramzi Yousef, où ils trouvèrent le matériel nécessaire à la fabrication d’une bombe ainsi que la carte de visite professionnelle de Mohammed Jamal Khalifa. Khalifa fut arrêté le 14 décembre 1994 et expulsé en Jordanie par les services de l’immigration le 5 mai 1995. Il fut acquitté par un tribunal jordanien et vécut libre jusqu’à sa mort en Arabie Saoudite en 2007. En 2002, il fut révélé que Yasin, la seule personne impliquée dans les attentats qui n'ait pas été arrêtée par les services américains, était retenu prisonnier dans la banlieue de Bagdad depuis 1994. Quand le journaliste Leslie Stahl l’interviewa une heure durant le 23 mai 2002, Yasin apparut en tenue de prisonniers, menottes aux poignets. Yasin n’a pas donné signe de vie depuis cette interview.

Conséquences[modifier | modifier le code]

Mémorial[modifier | modifier le code]

L'attentat a fait six victimes :

  • Monica Smith, âgée de 35 ans, secrétaire, enceinte de sept mois, qui vérifiait des feuilles de temps dans son bureau au niveau B-2.
  • Robert (Bob) Kirkpatrick, âgé de 61 ans, serrurier, qui était en train de déjeuner dans une pièce à côté de bureau de Monica Smith.
  • Bill Macko, âgé de 47 ans, ouvrier de maintenance, qui était également en train de déjeuner.
  • Stephen Knapp, âgé de 48 ans, responsable de la maintenance, qui déjeunait avec Kirkpatrick et Macko.
  • John Diogiovanni, âgé de 45 ans, un représentant de commerce dentaire, qui était en train de se garer dans le parking.
  • Wilfredo Mercado, âgé de 37 ans, responsable des commandes du restaurant Windows on the World, était en train de vérifier des commandes.

Une fontaine en granite, conçue par Elyn Zimmeriman, a été érigée en mémoire des victimes sur la place Austin J. Plaza, à l’endroit même de l’explosion. Sur la fontaine, on pouvait lire les noms des six adultes ainsi que cette inscription : « Le 26 février 1993, une bombe posée par des terroristes a explosé sous cet endroit. Cet horrible acte de violence a tué des personnes innocentes, en a blessé des milliers d’autres et a fait de nous tous des victimes. » La fontaine fut détruite avec l’ensemble du World Trade Center lors des attentats du 11 septembre. Un fragment du monument a été retrouvé dans les décombres de l’attentat de 2001. Il portait l’inscription « John D. », en référence à la victime John Digiovianni, et fut plus tard intégré au mémorial temporaire conçu par l’architecte de l’administration portuaire Jacqueline Hanley et érigé sur la Liberty Street, face aux décombres du World Trade Center. Le mémorial ne fut pas ouvert au public, mais il était possible de l’apercevoir par delà les barrières. Au mémorial national des victimes du 11 septembre, qui ouvrit lors du dixième anniversaire des attentats de 2001, les six victimes de l’attentat de 1993 sont commémorées sur la piscine Nord, sur le panneau N-73.

Le rôle du FBI[modifier | modifier le code]

Lors du procès, il fut révélé que le FBI avait un informateur, un ancien officier de l’armée égyptienne du nom d’Emad Salem (en). Salem affirma avoir informé le FBI du complot visant les tours dès le 6 février 1992. Cet informateur avait profondément infiltré la cellule terroriste au point d'avoir participé à l'élaboration de la bombe qui devait au départ être inoffensive. Le FBI lui demanda alors de porter un micro pour confondre les terroristes. Ce dernier, buté, refusa. Un bras de fer s’engagea entre l'indicateur et le FBI, les renseignements américains le menaçant de ne plus le payer. Emad Salem démissionna alors, et quitta la cellule. Les Américains[Qui ?] pensaient que l'artificier s'étant retiré, la cellule ne devait pas en avoir d'autres, et oublièrent l'affaire, jusqu'à ce que Ramzi Yousef fût appelé en renfort par la cellule pour réaliser le projet. Après l'attentat, les informations transmises par Salem permirent au FBI de trouver rapidement les instigateurs parmi des centaines de suspects[5].

Implication du service de sécurité du département d'État des États-Unis[modifier | modifier le code]

Bien que le succès ait été mis au crédit du FBI, c’est en réalité le service de sécurité du département d'État des États-Unis (Diplomatic Security Service) qui trouva et arrêta Ramzi Ahmed Yousef, l’architecte des attentats du World Trade Center de 1993. Les agents spéciaux Bill Miller et Jeff Riner reçurent une information d’un complice de Ramzi Yousef sur sa localisation. La DSS arrêta Yousef en coordination avec la Direction pour le renseignement inter-services du Pakistan (ISI). Les mesures de sécurité mises en place par la DSS allaient de l'affectation de gardes au World Trade Center à des barrages restreignant l'accès des véhicules à certaines zones. L’autorité portuaire de New York avait la responsabilité de la sécurité des bâtiments du World Trade Center. Tous les colis étaient scannés à différents points de contrôle avant d’être envoyé au destinataire. Après son arrestation, Ramzi Yousef déclara aux enquêteurs que les attentats contre le World Trade Center « étaient seulement le début ».

Hypothèses sur la piste irakienne[modifier | modifier le code]

En octobre 2001, lors d’une interview sur la télévision public (PBS), l’ancien directeur de la CIA James Woolsey déclara que Ramzi Yousef faisait partie du renseignement irakien. Il suggéra que l’enquête du grand jury avait découvert les preuves de l’implication de l’Irak, mais que celles-ci avaient été écartées par le Département de la Justice. Mais Neil Herman, qui était à la tête de l’enquête du FBI, écrivit que « l’une des connexions évidentes qui ne pouvait être négligée était Yasin. On a suivi cette piste à tous les niveaux, on a repéré sa localisation chez un parent et créé les opportunités pour le récupérer. »Cependant, Herman affirma que la présence de Yasin à Bagdad ne signifiait pas nécessairement que l’Irak supervisait les attentats : « Nous avons examiné cette piste assez longuement. Il n’y avait aucun lien avec le gouvernement irakien. ». L’expert en terrorisme de la CNN Peter L. Bergen écrivit que, « en résumé, au milieu des années 90, l’organisme de coopération inter-agences pour la lutte contre le terrorisme (Joint Terrorism Task Force), le FBI, le bureau du Procureur général des États-Unis à New York, la CIA, le Conseil de sécurité nationale et le Département d'État des États-Unis n’avait recueilli aucune preuve quant à la participation du gouvernement irakien dans les attentats du World Trade Center en 1993. »

En mars 2008, le Pentagone émit une étude sur les 600 000 documents récupérés lors de l’invasion de l’Irak en 2003. L’étude n’a pas révélé de lien direct entre l’Irak de Saddam Hussein et Al-Qaïda. Parmi les documents rendus publics, un fichier audio fait contient l’enregistrement de Saddam Hussein faisant l’hypothèse d’un coup monté de la part des services secrets américains ou israéliens, voire par des éléments de l’armée saoudienne ou égyptienne. Saddam affirme qu’il ne fait pas confiance au terroriste Yasin, alors détenu par les services douaniers, car son témoignage était trop « bien construit ». L’étude du Pentagone révéla qu’en Iraq Yasin était un prisonnier, et non pas un invité. L’essayiste Laurie Mylroie rejeta ce fait comme une preuve dans l’absence d’implication de Saddam Hussein dans les attentats, affirmant que le but avéré de ces réunions était de se couvrir de tout ce qui pouvait être reproché à l’Irak.

Amélioration de la sécurité[modifier | modifier le code]

À la suite de l’attentat, de l’évacuation chaotique qui l’a suivie, le World Trade Center et de nombreuses entreprises y travaillant retravaillèrent leurs procédures d’urgence, notamment les éléments concernant l’évacuation des tours. Ces procédures jouèrent un rôle dans l’évacuation des tours lors des attentats du 11 septembre 2001, qui détruisirent les tours. Par ailleurs, un nouveau système d’alarme incendie fut installé, remplaçant le système précédent qui était devenu obsolète.

Responsabilité[modifier | modifier le code]

Photographie de Nidal Ayyad, l'un des organisateurs de l'attaque.
Les noms des victimes sont désormais présents sur le bassin nord du mémorial du 11-Septembre (panneau N-73).

L'attaque fut planifiée par un groupe de conspirateurs incluant Ramzi Yousef, Mahmud Abouhalima (en), Mohammad Salameh (en), Nidal Ayyad, Abdul Rahman Yasin (en) et Ahmad Ajaj (en)[6]. Ils reçurent un support financier de Khalid Cheikh Mohammed, l'oncle de Yousef. En mars 1994, quatre hommes furent déclarés coupables d'avoir mis en place l'attentat : Abouhalima, Ajaj, Ayyad et Salameh. En novembre 1997, deux autres le furent : Yousef, l'organisateur principal, et Eyad Ismoil, qui conduisit le camion transportant la bombe.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Craig Whitlock, « Homemade, Cheap and Dangerous - Terror Cells Favor Simple Ingredients In Building Bombs », Washington Post,‎ 5 juil. 2005 (lire en ligne)
  2. (en) « Senate Judiciary Committee Hearings: Foreign Terrorists in America: Five Years After the World Trade Center » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?). Consulté le 18 mars 2013
  3. (en) Wright, Lawrence, Looming Tower, Knopf, (2006) p.178
  4. (en) « FBI 100 First Strike: Global Terror in America », FBI.gov (consulté en 2011-09-08)
  5. http://videos.arte.tv/fr/videos/les-routes-de-la-terreur-1-2--6907116.html
  6. (en) First Strike: Global Terror in America, Service de presse du FBI