Attentat du 1er janvier 2011 à Alexandrie

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Attentat du 1er janvier 2011 à Alexandrie

Localisation Alexandrie, église d'Al-Kidissine
Cible Chrétiens coptes en Égypte
Coordonnées 31° 15′ 17″ N 29° 59′ 37″ E / 31.254825, 29.99367731° 15′ 17″ Nord 29° 59′ 37″ Est / 31.254825, 29.993677  
Date 1er janvier 2011
00 h 20 (UTC+2)
Arme Attentat
Morts 21
Blessés 97[1]
Auteurs présumés Al-Qaida en Irak

Géolocalisation sur la carte : Égypte

(Voir situation sur carte : Égypte)
Attentat du 1er janvier 2011 à Alexandrie

L'attentat du 1er janvier 2011 à Alexandrie est un attentat à la bombe perpétré devant une église copte d'Alexandrie où s'était réunie une foule célébrant le nouvel an.

L'attentat[modifier | modifier le code]

Peu après minuit, un individu fait exploser une bombe devant l'église d'Al Kidissine, se tuant lui-même. Les enquêteurs privilégient un dysfonctionnement de la bombe qui se serait déclenchée trop tôt, discréditant la thèse de l'attentat-suicide[2]. La bombe, de fabrication locale, contenait des bouts de métal afin de provoquer le plus de dégâts possibles[3]. L'attentat tue au moins 21 personnes et en blesse 79 autres[2].

Enquête égyptienne[modifier | modifier le code]

Lors d'une déclaration télévisée, le ministre de l'intérieur égyptien, Habib el-Adli, affirme que son gouvernement est en possession d'éléments probants qui incrimineraient un groupe palestinien lié au réseau Al-Qaida. Cette dernière a rapidement démenti l'accusation d'el-Adli[4]. Selon une source libanaise, il s'agirait au contraire d'une provocation de ce ministre, destitué le 31 janvier[5],[6].

Conséquences[modifier | modifier le code]

L'attentat a engendré une vive émotion au sein de la communauté copte, et des autres minorités d'Égypte. Les autorités musulmanes ont exprimé leur solidarité avec les Coptes. Benoît XVI souligne l'« urgente nécessité » pour les gouvernements du Moyen-Orient d'adopter, "malgré les difficultés et les menaces, des mesures efficaces pour la protection des minorités religieuses", provoquant une crispation des relations entre Le Caire et le Vatican[7].

L’attentat provoque toutefois la colère des Coptes et plus généralement des Égyptiens, qui subissent le harcèlement d’un État policier incapable de les protéger, au point que lors des funérailles des victimes de l’attentat, les condoléances du président Hosni Moubarak sont refusées par les familles[8].

Réactions[modifier | modifier le code]

Alors que les médias occidentaux interrogeaient le lien entre le retour d'un islamisme modéré dans la vie sociale, d'une bigoterie favorisée par le régime, et l'émergence de groupes islamistes radicaux ou de soutiens égyptiens à ces groupes, les médias égyptiens insistèrent sur la nécessité d'une cohésion nationale, et le drapeau égyptien avec en son centre une croix et un croissant réunis en devint le symbole populaire le plus visible.

Ce drapeau refit son apparition dans les événements de février 2011, notamment dans les rangs des soutiens d'Hosni Moubarak.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. « الصحة: ارتفاع عدد ضحايا حادث الإسكندرية إلى 21 قتيلا و97 مصابا », sur Masrawy,‎ 1er janvier 2011 (consulté le 1er janvier 2011)
  2. a et b Reuters, « Attentat à Alexandrie: la bombe a peut-être explosé prématurément », 20 minutes,‎ 23 janvier 2011 (consulté le 24 janvier 2011).
  3. « Attentat meurtrier devant une église d'Alexandrie », sur TF1 News,‎ 1er janvier 2011
  4. Reuters, AFP, « Attentat d'Alexandrie : l'Egypte accuse un groupe palestinien lié à Al-Qaida », Le Monde,‎ 23 janvier 2011 (consulté le 24 janvier 2011)
  5. Cris d'Egypte
  6. Poste veille (Canada)
  7. Échanges tendus entre Le Caire et le Vatican, Le Monde, 11/1/11
  8. Constance d’Ambrières et Alexis Renault-Sablonière, « La surprise égyptienne : la révolution du 25 janvier vue du Caire », Moyen-Orient, no 10 : Révolutions : le réveil du monde arabe, mars-avril 2011, p. 38

Liens internes[modifier | modifier le code]