Atossa

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Atossa (550 - 475 av. J.C.) était la fille de Cyrus le Grand, de la dynastie des Achéménides.

Selon Hérodote (3.31), elle épousa d'abord son frère Cambyse II, qui était fou et dont elle eut à partager les faveurs avec une de ses sœurs, qui fut finalement assassinée par Cambyse parce qu'elle avait plaidé en faveur de son frère disgracié Smerdis. Après la mort de Cambyse en 522, elle est forcée d'épouser un usurpateur qui a secrètement assassiné son frère Smerdis et qui se fait passer pour lui. Atossa ne fait rien pour démasquer la supercherie. Le faux Smerdis ayant finalement été assassiné par une coalition de généraux, Atossa épouse en troisièmes noces le général Darius, fils d'Hystaspès. Pour mieux légitimer sa prétention au trône, Darius épouse également la jeune soeur d'Atossa, Artystonè, ainsi qu'une fille de leur défunt frère Smerdis et la fille d'Otanès, un de ses coalisés. Atossa réussit toutefois à prendre la position dominante dans le harem. Elle eut deux fils avec Darius, Xerxès et Artabazane. Elle incita Xerxès à reprendre la guerre contre la Grèce.

Atossa et le cancer du sein[modifier | modifier le code]

Hérodote[1] raconte qu'elle eut une grosseur (ϕυμά) au sein ; tant qu'elle fut discrète, la reine n'en parla à personne, mais quand elle grossit beaucoup, elle fit venir le médecin grec de Darius, Démocédès, qui la guérit en pratiquant une ablation de la tumeur ; en récompense, la reine fit en sorte qu'il puisse retourner en Grèce, comme il le demandait. Selon certains historiens de la médecine, il s'agirait du premier cas bien identifié de cancer du sein[2]. D'autres rejettent cette identification et pensent qu'il s'agit plutôt d'un abcès ou d'une mammite[3].

Dans la littérature[modifier | modifier le code]

La tragédie d'Eschyle, Les Perses, s'ouvre sur un rêve d'Atossa (v. 181-199) qu'elle raconte au chœur des vieillards. Ce rêve lui semble de mauvais augure (voir le texte dans Wikisource) et lui fait craindre que la guerre que mène son fils Xerxès contre la Grèce pourrait avoir été un désastre. Ce rêve a fait l'objet d'une interprétation psychanalytique par George Devereux, qui y déchiffre une pulsion incestueuse inconsciente.

Atossa est assimilée par certains au personnage de Vashti dans le livre d'Esther de la Bible.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Hist., 3, 133.
  2. Thomas Tursz, La nouvelle médecine du cancer : histoire et espoir, Paris, Odile Jacob, 2013 (ISBN 9782738175816) (en ligne) ; Siddhartha Mukherjee, The Emperor of All Maladies: A Biography of Cancer, Simon and Schuster, 2011 (en ligne).
  3. Fred Harding, Breast Cancer: Cause, Prevention, Cure, Tekline Publishing, 2006 (en ligne).

Sources[modifier | modifier le code]

  • George Devereux, Les rêves dans la tragédie grecque, Paris, Les Belles lettres, 2006.