Athéisme d'État

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Proportion d'athées et d'agnostiques par pays, en 2007[1].

L'athéisme d'État est défini comme étant la promotion de l'athéisme par un gouvernement. Un État athée est une catégorie d'État séculier, préférant l'irreligion à la religion.

Histoire[modifier | modifier le code]

La promotion d'État de l'athéisme en tant que norme fut d'abord pratiquée pendant une brève période lors de la Révolution française (1789-1799) : la déchristianisation[2].

De telles politiques ont été répétées lors de la Révolution mexicaine (1910-1920) et dans les pays communistes.

Union soviétique[modifier | modifier le code]

Article connexe : Religions en Union soviétique.

L'Union soviétique a une longue histoire d'athéisme d'État[3] dans lequel le succès social nécessite de la part des individus de militer pour l'athéisme et de ne pas fréquenter les églises. Cette politique a été poussée à son paroxysme durant l'ère stalinienne, de 1929 à 1939[4],[5],[6]. L'Union soviétique tenta de supprimer l'influence des religions sur de grands espaces géographiques, notamment en Asie centrale[7].

Après la consolidation du pouvoir de l'union soviétique en Europe centrale et en Europe de l'Est, des pays d'une grande diversité géographique tombèrent dans la sphère d'influence communiste. Bien que leurs relations avec Moscou différaient considérablement, chacun d'entre eux adopta l'athéisme d'État sous une forme ou une autre[8].

La République populaire socialiste d'Albanie sous Enver Hoxha (1944-1954) alla jusqu'à interdire la pratique de toute religion[9].

Chine[modifier | modifier le code]

La République populaire de Chine revendique une politique d'athéisme d'État[10]. L'article 36 de la Constitution de la République populaire de Chine de 1982 précise que[11],[12] :

« Les citoyens de la République populaire de Chine jouissent de la liberté de religion. Aucun organisme d’État ni aucun groupement social ni aucun individu ne peuvent forcer un citoyen à avoir ou à ne pas avoir de religion, ni faire de discrimination à l'égard d'un croyant ou d'un non-croyant. L’État protège les pratiques religieuses ordinaires. Aucun individu ne peut utiliser la religion aux fins de troubler l'ordre social, la santé des citoyens, nuire au système éducatif de l’État. Les groupements religieux et les affaires religieuses ne doivent subir aucune domination étrangère. »

Le cas le plus significatif de l'influence soviétique fut celui de la Chine qui signala son adoption du communisme sous Mao Zedong par l'expulsion immédiate des missionnaires étrangers[réf. nécessaire].

Tibet[modifier | modifier le code]

Un cas particulier est celui du Tibet, après la prise de pouvoir chinoise en 1959 et l'exil du 14ème dalaï-lama en Inde. Notons que le dalaï-lama n'est pas seulement le chef spirituel des Tibétain mais aussi le chef temporel, c'est-à-dire chef du Gouvernement tibétain (jusqu'à sa retraite politique en mars 2011). Depuis cette date, le bouddhisme, religion principale du Tibet, s'est retrouvée isolée dans une lutte pour survivre[8].

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Phil Zuckerman, « Atheism: Contemporary Rates and Patterns », in Michael Martin (direction), The Cambridge Companion to Atheism, Cambridge University Press, 2007.
  2. Ce moment ne couvre pas toute la période révolutionnaire : voir Culte de la Raison et de l'Être suprême.
  3. (en) Andrew Greeley, Religion in Europe at the End of the Second Millennium : A Sociological Profile, New Brunswick, Transaction Publishers,‎ , 252 p. (ISBN 0-76580-131-0)
  4. (en) Dimitry Pospielovsky, The Orthodox Church in the History of Russia, St Vladimir's Seminary Press,‎ , 413 p. (ISBN 0-88141-179-5)
  5. (en) Steven Merritt Miner, Stalin's Holy War: Religion, Nationalism, and Alliance Politics, 1941–1945, Chapel Hill, University of North Carolina Press,‎ , 448 p. (ISBN 0-80782-736-3)
  6. (en) Norman Davies, Europe : A History, Oxford, Oxford University Press,‎ , 1424 p. (ISBN 0-19520-912-5)
  7. (en) Daniel Pipes, The Long Shadow : Culture and Politics in the Middle East, New Brunswick, Transaction Publishers,‎ , 303 p. (ISBN 0-88738-849-3)
  8. a et b (en) Robert Wuthnow, The encyclopedia of politics and religion, Congressional Quarterly, 1998, (ISBN 156802164X et 9781568021645), pages 173-174.
  9. (en) Robert Elsie, A Dictionary of Albanian Religion, Mythology, and Folk Culture, Londres, C. Hurst & Co. Publishers,‎ , 357 p. (ISBN 978-1-85065-570-1, lire en ligne), p. 18
  10. Samuel Samson, « Tous ensemble pour le Québec de demain. Quelle charte des valeurs ? », 2013, (ISBN 2981342525 et 9782981342522), p. 36.
  11. Une traduction française de la Constitution de la République populaire de Chine de 1982 (page visitée le 19 février 2015).
  12. (en) Version anglaise de la Constitution de la République populaire de Chine de 1982 (page visitée le 19 février 2015).

Voir aussi[modifier | modifier le code]