Astrologie karmique

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L'astrologie karmique est une forme d'astrologie fondée sur les principes de réincarnation et de karma qui seraient visibles dans le thème astrologique, notamment par la position des Nœuds de la Lune[1], les planètes rétrogrades[2], la Lune Noire[3]. Certains auteurs de livres connus dans ce milieu sont Martin Schulman, Patrick Giani, Irène Andrieu, Pierre Lassalle, Laurence Larzul, Dorothée Koechlin de Bizemont (auteur notamment de L'astrologie karmique: L'astrologie d'Edgar Cayce, Robert Laffont, 2002 (réédition), ISBN 2-22109514-6, qui a initié le courant de cette astrologie karmique en France).

Il y a différentes chapelles astrologiques (astrologie humaniste, astrologie karmique, astrologie conditionnaliste, astrologie traditionaliste, astrologie transpersonnelle…). Celles issues de lignée de jungiens telle que l'Astrologie Humaniste, imprégnée de cet esprit via son initiateur Dane Rudhyar, fin lecteur du travail de Jung, et l'Astrologie Karmique de Laurence Larzul adhèrent spontanément à la notion de karma, Jung étant de longue date ouvert aux spiritualités orientales et ayant une culture ésotérique approfondie. En effet, la raison du rejet du karma chez certains astrologues contemporains tient essentiellement à leur relation à la spiritualité et aux sources traditionnelles de l'ésotérisme. Certains restent très attachés à une astrologie positive, rationaliste. Cette lignée d'astrologues se dit "traditionaliste", mais selon le mouvement cartésien et rationaliste qui a dominé les esprits du début du XXe siècle et a donné lieu à un courant d'astrologie se voulant "scientifique". Pour d'autres, la notion du karma, est selon eux issue de l'orient et ne concerne pas l'astrologie occidentale. Ils ne tiennent pas compte des sources comme celles de Pic de la Mirandole, philosophe de la Renaissance cherchant à unifier Astrologie et Cabale dans sa quête de dieu, cette dernière admettant et prônant la réincarnation, ou encore un Giordano Bruno par exemple qui fut le porte flambeau d'une conscience réincarnationiste imprégnée de cabale (ce qui lui valut d'être brûlé pour hérésie par l'inquisition). Ces personnages ont marqué la pensée judéo-chrétienne en Europe et la pratique ésotérique occidentale.

Par ailleurs, Rahu et Ketu, c'est-à-dire l'axe du dragon, avec son Nœud Sud et son Nœud Nord sont connus de longue date par les astrologues occidentaux. On trouve aussi dans la géomancie qui, avec ses 12 maisons, reprend le schéma de l'astrologie, deux figures "caput draconis" et "cauda draconis", soient la queue et la tête du dragon. Les tenants de l'astrologie karmique affirment qu'il n'existait pas d'interprétation pertinente de ces symboles jusqu'à l'avènement de leur pratique qui a mis en lumière la signification de cet axe en introduisant la notion de vies antérieures attachées au Nœud Sud au travers d'auteurs tels que Jacques Atalane, Laurence Larzul, Irène Andrieu, Martin Schulman, Pierre Lassalle dont les ouvrages ne sont parus pour la première fois en France que dans les années 1980.

Auparavant, les auteurs occidentaux se contentaient de donner une valeur Saturnienne au Nœud Sud et une valeur Jupitérienne au Nœud Nord. Citons le Dictionnaire Astrologique de Henri Joseph Gouchon, paru pour la première fois en 1975 au chapitre "nœuds lunaires", nous lisons : "Mon opinion sur les nœuds de la Lune a été grandement influencée par une phrase prononcée un jour à une réunion de la Sté Astrologique de France, vers 1930-1935 par Henri Selva, astrologue et auteur particulièrement sérieux, contemporain des Choisnard, Caslant, Picard, etc. Or un jour qu'il était question du nœud de la Lune il a formulé cette opinion très claire : "Là où il n'y a rien, il ne peut y avoir d'influence". Je dois ajouter que je n'ai jamais utilisé régulièrement ce facteur astrologique." On peut donc considérer que c'est aussi faute d'intérêt pour ces nœuds lunaires que les astrologues occidentaux se sont alignés sur une pensée rationaliste et matérialiste selon laquelle ce qui est invisible n'est pas efficace (point de vue dont on peut interroger la logique du postulat lorsque l'on est conscient que la position de l'ascendant, par exemple, n'a pas plus de matérialité tandis qu'elle est admise par tous les astrologues occidentaux).

Réfractaires à l'idée d'un "univers moral" pourtant prôné par les ésotéristes et cabalistes occidentaux, certains reprochent à l'astrologie karmique d'engendrer de la culpabilité, dans la mesure où de mauvaises incarnations passées sont censées être à l'origine des personnalités pathologiques. Les tenants de l'astrologie karmique affirment cependant qu'elle est précisément à la recherche de ces causes premières de la psychopathologie afin d'en libérer l'individu, ce grâce à une mise en lumière de ces racines restées inconscientes et refoulées dans la mémoire de l'âme[4]. Pour d'autres astrologues, tels Alexander Ruperti[5], il n'y a pas de bonne ou mauvaise énergie en soi dans le thème astrologique, tout dépend de ce qu'en fera la personne. Le problème est que la notion de karma se prête à de nombreuses interprétations, qui varient selon la pratique des astrologues.

On notera chez les astrologues occidentaux une propension à critiquer des confrères sans "tester" et donc connaître les méthodes pour une mise à l'épreuve sérieuse, un "banc d'essai" qui permettrait d'y voir clair et de déblayer le terrain pour les générations futures d'astrologues. Ceci, bien sûr, ne peut que nuire à l'élaboration d'un corpus astrologique qui se construirait grâce à des spécialistes avertis dont on reconnaîtrait les avancées. L'astrologie contemporaine reste donc livrée à des querelles de chapelle qui lui nuisent, les tenants d'une "astrologie traditionnelle" lui déniant en général tout caractère "évolutif".

Par ailleurs, il faut distinguer à l'intérieur même du courant de l'astrologie karmique des sources d'inspiration différentes. Dorothée Koechlin Bizemont, Patrick Giani, par exemple se voulant inspirés d'un Edgar Cayce et de Martin Schulman, voire, certains par le spiritisme d'Alan Kardec évoquant la survie de l'âme après la mort dès le XIXe siècle, ce qui était très nouveau pour l'époque encore très marquée par l'église et l'idée d'enfer, de purgatoire et de paradis. L'école d'Irène Andrieu, elle, s'aligne sur des sources directement bouddhistes bien que sa formation d'astrologue soit occidentale. Laurence Larzul ou bien Pierre Lassalle se revendiquent d'une pensée plus théosophique, dans la lignée d'Alan Leo, Heléna Blavatsky et de Georges Antarès et de l'École Humaniste de Dane Rudhyar. De même pour Alexander Ruperti qui fut élève d'Alice Bailey, elle-même disciple d'Héléna Blavatsky. Pierre Lassalle et Dorothée Koechlin Bizemont ont beaucoup fait pour retransmettre en France les avancées des anglo-saxons sur ce plan, Dane Rudhyar, notamment, n'ayant été traduit en France qu'assez tardivement. Laurence Larzul, elle, se distingue pour avoir relié la Lune Noire, à la suite du travail de Joëlle de Gravelaine, en association avec les nœuds lunaires dans l'élaboration d'une méthode d interprétation karmique du thème parue pour la première fois en 1998 dans la collection ABC chez Grancher. La Lune Noire n'est en effet quasiment pas utilisée dans la littérature anglo-saxonne et s'avère donc être une spécificité de l'astrologie française, notamment dans sa compréhension karmique.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Atalane, Les Nœuds de la Lune, clés de l'interprétation astrologique, Éditions du Rocher, 2003, ISBN 2-268024-69-5
  • Patrick Giani, Astrologie karmique: principes de base et pratique, De Vecchi 1997.
  • Laurence Larzul, Découvrez Votre Destinée grâce à l'astrologie karmique, Grancher éditeur, 1996, ISBN 978-2733905081
  • Laurence Larzul, Comprendre la Lune Noire, Grancher éditeur, 2002, ISBN 978-2733907894,
  • Laurence Larzul, ABC de l'astrologie karmique, Grancher éditeur, 1998, ISBN 2-733905-87-2.
  • Laurence Larzul, La Prévision des Echéances Karmiques 1999, 2012, ILV-Éditions, ISBN 978-2-352-09-520-0
  • Laurence Larzul, "Les 144 Voies du Thème Astral Révélées par les Nœuds Lunaires'', 2012, ILV-Éditions, ISBN 978-2-35209-587-3
  • Charles Caron Belato "Synastrie - Approche karmique" 2009, ISBN : 978-1-4452-0551-9
  • Pierre LASSALLE, L'astrologie initiatique et karmique, éditions de vecchi, 1989, ISBN 2-7328-0610-2
  • Pierre LASSALLE, Manuel pratique de l'astrologie holistique, Éditions De Mortagne, 2005, ISBN 2-8907-4702-6

Liens externes[modifier | modifier le code]

http://www.lemilieuduciel.com

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Ces nœuds lunaires sont les deux points fictifs où l'orbite de la Lune dans sa course autour de la Terre rencontre l'écliptique (le trajet de la Terre dans son parcours autour du Soleil). Le Nœud Sud représenterait l'acquis des incarnations passées et le Nœud Nord un défi pour l'incarnation présente.
  2. Ces planètes rétrogrades indiqueraient des problèmes non résolus lors des incarnations passées.
  3. Cette Lune Noire représenterait selon certains auteurs un désir d'absolu incontrôlable pouvant mettre violemment l'individu "au pied du mur", et pour d'autres une "dette karmique" ou un manque à transcender. Selon les astrologues jungiens, elle aurait des parentés avec la part d'ombre de chacun.
  4. Une citation explicitera ce point de vue:« Le sens que l'on donne au "développement personnel" prôné par un certain New Age s'éloigne cependant de l'initiation lorsqu'il se donne pour but le seul bien être. La quête de l'initiation étant synonyme de quête de Vérité, elle exige en effet une lucidité généralement peu conforme aux désirs de confort somnolent... » (passage extrait de "Comprendre la lune noire" de Laurence Larzul, ed. Grancher, page 237). Un autre point de vue consiste à penser que l'amour propre est une bonne chose et le manque d'estime de soi un handicap.
  5. un des chefs de file de l'astrologie humaniste qui a abordé la notion de karma dans ses écrits