Association pour la taxation des transactions financières et pour l'action citoyenne

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Association pour la taxation des transactions financières et pour l'action citoyenne

Logo de l’association
Cadre
Forme juridique Association loi de 1901
But Organisation altermondialiste promouvant la reconquête, par les citoyens, du pouvoir que la sphère financière exerce sur les aspects de la vie politique, économique, sociale et culturelle dans l’ensemble du monde.
Fondation
Fondation 3 juin 1998
Fondateur Personnalités, associations & syndicats. (§ Membres fondateurs)
Origine Fondée suite à la rédaction d'un éditorial du Monde diplomatique : Désarmer les marchés d'Ignacio Ramonet (décembre 1997)
Identité
Siège 21 ter, rue Voltaire - 75011 Paris
Drapeau de la France France
Structure - Assemblée générale
- Conseil d’administration
- Bureau
- Collège de fondateurs
- Conseil scientifique
- Comités locaux
Président Verveine Angeli
Geneviève Azam
Thomas Coutrot
Dominique Plihon
(Porte-parole)
Méthode - produire et communiquer de l’information
- promouvoir l’éducation populaire
Membres 10 000
Slogan « Another World is possible »
(Un autre monde est possible)
Site web www.attac.org
france.attac.org

L'Association pour la taxation des transactions financières et pour l'action citoyenne[1],[2], généralement connue par son acronyme Attac (ou ATTAC), est une organisation altermondialiste créée en France en 1998. Elle est présente dans 38 pays[3].

Historique[modifier | modifier le code]

Dans le numéro de décembre 1997 du journal Le Monde diplomatique, dans un éditorial intitulé Désarmer les marchés[4], Ignacio Ramonet constate que la mondialisation financière a créé son propre État, avec ses appareils, ses réseaux d'influence et ses moyens d'actions, mais que c'est un État complètement dégagé de toute société, qu'elle désorganise les économies nationales, méprise les principes démocratiques qui les fonde, presse les États à s'endetter, exige des entreprises qu'elles leur reverse des dividendes de plus en plus élevés, et fait régner partout l'insécurité. Il propose d'établir une taxe sur toutes les transactions financières, la taxe Tobin. Pour cela, il suggère de mettre en place une organisation non gouvernementale, l'« Association pour une taxe Tobin d'aide aux citoyens (ATTAC) », qui ferait dans tous les pays la promotion de l'idée de cette taxe. Cet appel, lancé en pleine crise des marchés asiatiques, reçut en apparence un accueil favorable, mais aucun soutien réel des dirigeants des différents pays développés.

L'association pour la taxation des transactions pour l'aide aux citoyens, Attac, est créée le 3 juin 1998 au cours d'une assemblée constitutive[5]. Depuis, Attac est présente dans 38 pays[3]. En France, des hommes politiques, des associations, des syndicats et des particuliers sont adhérents à l'association.

L'association s'est dotée en France dès l'origine, et aussi dans certains pays, d'un « conseil scientifique » qui se veut indépendant de toute structure universitaire ou officielle. En France, ce conseil scientifique a été présidé successivement par deux professeurs d'économie, René Passet puis Dominique Plihon, avant d'être maintenant dirigé par une équipe de quatre coprésidents, Esther Jeffers, Aurélie Trouvé, Nicolas Haeringer et Jean-Marie Harribey.

Il regroupe[6] :

Des membres d'Attac sont à l'origine du Forum social mondial de Porto Alegre et des forums sociaux européens.

Attac a reçu en France le statut d'association d'éducation populaire par arrêté ministériel[7].

Dès l'origine, Attac était une association très centralisée sur Paris. Elle bénéficiait d'un local situé à proximité du siège du Monde diplomatique dont deux salariés consacraient la majeure partie de leur temps au développement d'Attac. De même, une dizaine d'autres permanents de plusieurs associations fondatrices, notamment la Fédération des Finances CGT, la FSU, et Solidaires ont libéré pour Attac une part importante de leur temps (payé par leur propre organisation). Quelques mois après sa création, Attac a embauché quatre permanents salariés.

Cependant, les initiatives décentralisées de militants enthousiastes créant des « comités locaux d'Attac », après l'automne 1998, ont surpris la direction. Cette dernière n'avait même pas envisagé l'existence de ces formations dans ses statuts rédigés avant juin 1998.

Après 1999, Attac a ainsi fonctionné sur deux modes d'organisation parallèles :

  • D'un côté, l'instance nationale soutenue au départ par ses quatre salariés et des dizaines de permanents mis gratuitement à disposition d'Attac par les associations fondatrices.
    Ils programmaient les réunions[8], développaient un site Internet qui a assuré très vite une très large diffusion des idées d'Attac, rédigeaient et publiaient un bulletin quasi mensuel Ligne d'Attac diffusé à la presse, aux adhérents et sympathisants, et planifiaient le développement des réseaux national (les comités locaux) et international (les autres Attac qui ont pris rapidement naissance, en Europe puis dans le monde entier).
  • D'un autre côté, 90, 120 puis plusieurs centaines de comités locaux autonomes se sont créés d'une façon très spontanée en France.
    Répartis dans presque tous les départements, ils fonctionnent selon un principe décentralisé : des associations locales ou des organisations de fait organisant des réunions, des conférences, rédigeant des documents visant à exposer des alternatives concrètes à la « société néolibérale » qui découlerait de la « mondialisation libérale ».

Les comités locaux n'ayant pas d'existence dans les statuts[9], une conférence nationale des comités locaux (la CNCL) fut créée en 2002. C'était la première instance ad hoc qui leur donnait des moyens de délibération et d'expression important. Cela n'a pas empêché les critiques de plusieurs comités locaux à l'égard de la direction nationale.

  • En 2006, après un débat très dur portant notamment sur la démocratie dans l'association avant la nouvelle assemblée générale, la direction sortante ne fut pas reconduite.
  • Fin 2006, le président fondateur Bernard Cassen, le président sortant Jacques Nikonoff et plusieurs de leurs amis ne faisaient plus partie du bureau d'Attac[10].

En 2009, une reforme des statuts fut votée par les adhérents de l'association[1],[2]. Ces nouveaux statuts officialisaient la reconnaissance des comités locaux et de la conférence nationale des comités locaux (CNCL). Le nom de l'association s'est vu aussi modifié en « Association pour la taxation des transactions financières et pour l'action citoyenne ».

Attac France[modifier | modifier le code]

Historique et organisation[modifier | modifier le code]

Créée en 1998, Attac France a été la première association Attac dans le monde. C'est aujourd'hui, avec Attac Allemagne, une des deux associations Attac qui a le plus d'activité et de militants dans le monde. Elle a connu une croissance rapide de ses effectifs, jusqu'à plus de 30 000 fin 2003, puis une chute à partir de 2003, soit l'année qui a suivi la première Conférence nationale des comités locaux (CNCL). Près de 10 000 adhérents étaient à jour de cotisation fin décembre 2013.

Parmi les adhérents figurent aussi des membres collectifs : associations, syndicats, collectivités locales, journaux, etc. Certains membres sont issus de formations associatives, politiques ou syndicales qui comprennent un grand nombre de sensibilités différentes : écologiste, socialiste, communiste, trotskiste ou chrétienne sociale. D'autres, dont beaucoup de jeunes, ont trouvé là un premier engagement politique situé en dehors des partis.

Attac France dispose en son sein d'un groupe d'études dénommé « conseil scientifique » qui lui fournit des études approfondies, notamment sous la forme de livres et de brochures, et des analyses détaillées des questions d'actualité pouvant alimenter ses campagnes. Parmi ses nombreux membres, on peut citer ses quatre coprésidents, Esther Jeffers, Aurélie Trouvé, Nicolas Haeringer et Jean-Marie Harribey, Jacques Cossart, son ancien secrétaire général, l'économiste Jean Gadrey, ou encore René Passet et Dominique Plihon, deux présidents successifs du Conseil scientifique, .

Attac à Cologne

Attac est dirigé par un conseil de trente-cinq administrateurs, élus pour trois ans et rééligibles. Parmi ces 35 personnes, 21 sont élues par l'assemblée générale des adhérents directs et 14 sont cooptées dans le Collège des fondateurs. Ce dernier est constitué de représentants des organisations syndicales, journaux et associations ayant participé à la création d'Attac ainsi que de nombreux membres, personnes physiques et morales, cooptés depuis.

Au début de l'année 2006, Attac était considéré par le journal Le Monde comme étant en perte d'influence auprès du mouvement altermondialiste[11]. L'année 2006 a été une année difficile pour Attac France, avec une baisse du militantisme et de vives polémiques internes liées à une fraude électorale commise à l'occasion du renouvellement du conseil d'administration[12] .

La réélection de la direction en juin 2006 a été entaché d'accusations de fraude électorale notamment portées contre son président Jacques Nikonoff[13]. Plusieurs enquêtes internes, dont une a été menée par l'économiste et premier président de son comité scientifique René Passet[14], ont prouvé la réalité de cette fraude. À la suite de ces révélations, Jacques Nikonoff s'est trouvé contraint de démissionner et un nouveau Conseil d'administration a été élu.

Cette crise interne, ainsi que les désaccords concernant les prises de position sur les élections européennes et en faveur du Non lors du référendum sur le traité établissant une Constitution pour l'Europe ont conduit à une fonte importante des effectifs. Depuis 2006, l'association a ainsi perdu plus de la moitié de ses adhérents, malgré la grave crise économique de 2008-2009 qui a validé un certain nombre de ses analyses[15].

L'État français et des collectivités locales ont subventionné le Forum social européen de Paris, organisé par Attac France ainsi qu'un certain nombre de ses universités d'été. En dehors de ces évènements, Attac dépend exclusivement du soutien financier de ses sympathisants et adhérents pour son fonctionnement.

Présidents d'Attac France :

Présidents d'honneur : Ignacio Ramonet, Bernard Cassen, Susan George

Porte-parole :

Membres fondateurs[modifier | modifier le code]

Lors de la création de l'association en 1998, on trouve parmi les membres fondateurs d'Attac France de nombreuses personnalités [18].

Associations :

Presse :

Syndicats :

Personnalités : [18]

Le « Mouvement international ATTAC »[modifier | modifier le code]

Un stand d'Attac Autriche à Vienne le 4 septembre 2005

Les 11 et 12 décembre 1998, à Paris, se tient une réunion internationale qui fonde le Mouvement international ATTAC - « Mouvement international pour le contrôle démocratique des marchés financiers et de leurs institutions ». Il prône la convergence de différents réseaux militants de tous les pays contre les politiques néolibérales ; partant de la conception que les mouvements syndicaux, des droits de l'homme, écologistes, citoyens (entre autres) sont les différentes facettes de cet objectif.

Un autre de ses objectifs principaux est de pallier ce que le mouvement considère comme des dysfonctionnements de la démocratie pour le cas des pays dits démocratiques. Pour ce faire, le mouvement affiche la volonté de débattre plus collectivement, d'informer plus efficacement, de développer la démocratie participative.

Il a été décidé lors de cette conférence que le mouvement international s'organiserait sans structures hiérarchiques ni centre géographique. Une plateforme commune est tout de même posée comme référence des différents comités.

Attac est présente dans 38 pays : Allemagne, Argentine, Australie, Autriche, Belgique, Burkina Faso, Canada (Québec), Chili, Colombie, Costa Rica, Côte d'Ivoire, Danemark, Équateur, Espagne, Finlande, France, Gabon, Grèce, Hongrie, Islande, Italie, Japon, Jersey, Liban, Luxembourg, Maroc, Norvège, Pays-Bas, Pérou, Pologne, Portugal, Sénégal, Suède, Suisse, Togo, Tunisie, Uruguay, Vénézuela[3].

Objectifs, thématiques et modes d'actions[modifier | modifier le code]

Objectifs[modifier | modifier le code]

Militants d'ATTAC manifestant en France contre la privatisation et le « démantèlement » des services publics, 2005

L'objectif initial de l'association était d'introduire une taxe sur les mouvements internationaux de capitaux afin de décourager la spéculation. Le produit de cette taxe (souvent dénommée taxe Tobin) financerait des projets de développement écologique et social.

Depuis, Attac a élargi son champ d'intervention et s'intéresse maintenant à tous les aspects qui se rapportent au cours dominant de la mondialisation économique, qu'elle qualifie de néolibérale. Attac combat à ce titre les décisions de l'OMC, de l'OCDE, de la Banque mondiale ou du FMI, qu'elle ne voit pas comme des instances de régulation favorables.

Bien qu'Attac critique le fonctionnement de l'économie mondiale, qu'elle considère dominée par le « néolibéralisme », elle ne se dit pas opposée à la mondialisation en général. Elle souhaite encourager des politiques économiques respectueuses des aspects sociaux et environnementaux, affirmant que des politiques économiques anti-libérales sont possibles.

Principaux thèmes[modifier | modifier le code]

Les principaux sujets sur lesquels travaille Attac sont :

  • Un contrôle plus étroit des marchés financiers (Attac parle de lutte contre la « financiarisation » de l'économie) ;
  • Une réforme de l'OMC et des institutions financières internationales (Banque mondiale, FMI),
  • La défense des biens communs et du patrimoine : eau, alimentation, information, etc. En matière d'organismes génétiquement modifiés (OGM), sa position, contre, est la même que celle de la Confédération paysanne française, membre d'Attac ;
  • L'annulation de la dette des pays en voie de développement. Pour l'Afrique, Attac a édité le CD Attac ta dette pour dénoncer « l'asphyxie » des pays africains selon elle victimes des intérêts d'une dette contractée il y a 40 ans et déjà remboursée ;
  • La défense des services publics comme ceux relevant de la santé et au système de protection sociale. Attac s'oppose à l'instauration des fonds de pension, symbole du capitalisme populaire, et défend le financement des retraites par répartition, estimant qu'elles évitent les excès des marchés financiers. Attac s'oppose aussi à l'AGCS qui reprend certains thèmes de l'AMI ;
  • La lutte contre les paradis fiscaux dont elle demande la suppression ;
  • La nécessité de lier les problématiques environnementales et sociales ;
  • La promotion du commerce équitable ;
  • Le refus du Traité Constitutionnel Européen (Traité de Rome de 2004) : une bonne partie des militants de Attac France a fait campagne pour le « non » au référendum, en mai 2005.
  • La promotion de la démocratie et des droits de l'Homme dans les pays non démocratiques, via ses antennes locales.

Modes d'actions[modifier | modifier le code]

Attac participe aux manifestations altermondialistes dans le monde, dont celles visant à interpeller les grandes puissances lors des réunions internationales (G8, G20, OMC, FMI, Forum de Davos, etc.).

Pour diffuser ses idées, Attac cherche à être visible sur la scène publique et médiatique en utilisant divers moyens de communication : conférences, articles, communiqués de presse, manifestations diverses, campagnes de communication, projections de films documentaires, publications. Deux slogans illustrent les thèses d'Attac : « Le monde n'est pas une marchandise » et « Un autre monde est possible ».

Attac considère ne pas porter la responsabilité des arrachages de plants d'OGM effectués selon le « principe de précaution », ni des affrontements avec les forces de l'ordre.

Attac publie des livres de vulgarisation présentant ses thèses sur les conséquences d'une économie jugée « néo-libérale ».

Depuis sa création, l'organisation interne d'Attac repose beaucoup sur internet (listes de diffusions, site internet).

Controverses sur Attac[modifier | modifier le code]

Diverses controverses existent sur le mode de fonctionnement, les méthodes, les propositions, les ambitions politiques d'Attac.

À l'intérieur du mouvement altermondialiste [Qui ?], Attac est parfois critiquée pour son réformisme face à la mondialisation néo-libérale, pour sa manière jugée parfois trop légaliste de lutter contre le néo-libéralisme.

  • Les premières critiques sur Attac [Qui ?] lui reprochaient le refus de la mondialisation qui conduirait « à un repli identitaire national » ; c'est pourquoi Attac rejette le terme « antimondialiste » en revendiquant le terme « altermondialiste ».
  • D'autres mettent également en cause sa légitimité[19] à parler au nom des peuples, des plus pauvres ou même du mouvement altermondialiste ; Attac n'étant ni une association « de masse » ni un parti politique, elle ne représenterait véritablement que ses propres adhérents. Cette critique a été particulièrement forte lors de la campagne contre le Traité constitutionnel européen, notamment lors de la publication des « 12 exigences » d'ATTAC France suite au rejet du texte. La publication d'un texte prenant la forme d'« exigences » adressées au Conseil de l'Europe, bien que s'agissant clairement de revendications de la seule association ATTAC France, a alors choqué parmi ceux qui[Qui ?] prenaient la parole d'ATTAC pour la parole de tout le peuple suite au référendum.
  • Des adhérents ont dénoncé un style « autoritaire » de la direction sous la présidence de Jacques Nikonoff, et ont accusé certains dirigeants d'avoir « verrouillé et confisqué » le pouvoir[20].
  • Des économistes, comme Paul Krugman[21], pensent que les propositions d'Attac conduiraient à instaurer un protectionnisme sous couvert de « bonne conscience ».
  • James Tobin (lauréat du prix Nobel d'économie 1981 et initiateur du principe de taxe Tobin), qui était partisan du libre-échange, a toujours fait savoir sa distance vis-à-vis d'Attac, expliquant que son but est bien de stabiliser le système financier, pas de l'abattre[22].
  • Robert Mundell, prix Nobel d'économie (1999) et auteur de la théorie des zones monétaires optimales qui compte parmi les inspirateurs de Ronald Reagan, qualifie la proposition de « taxe Tobin » de « débile » (« dumb »), « parce que la taxe Tobin ne supprimerait pas la spéculation, elle ne ferait que gêner les transactions »[23].
  • Plus généralement, si les travaux et les propositions d'ATTAC bénéficient d'une notoriété publique, son côté « altermondialiste » qui sous-entend la mise en œuvre des solutions alternatives à la mondialisation financière laisse certains dubitatifs. Ainsi, le politologue social-libéral Zaki Laïdi reproche à ATTAC son « extrémisme » politique qui la limiterait à une position contestataire. En ce sens, il conclut son livre La Grande Perturbation sur la mondialisation par l'affirmation « La capacité de la mouvance altermondialiste à proposer des solutions alternatives reste extrêmement limitée »[24].

À ces critiques, généralement adressées au mouvement altermondialiste dans son ensemble, il est répondu que celui-ci est composé d'une pluralité de points de vue et d'un grand nombre de propositions de solutions alternatives. En ce qui concerne ATTAC France, un « Manifeste altermondialiste » est cependant paru en 2006, proposant 102 mesures pour « construire un monde solidaire, écologique et démocratique ».

  • Selon l'écrivain libéral Johan Norberg : « ce qui importe à ceux d'Attac, c'est l'opposition au capitalisme, au « néo-libéralisme », à la « mondialisation libérale » ou « intégration économique par les patrons » et tous les noms qu'ils lui donnent. C'est-à-dire qu'il s'agit d'un anticapitalisme socialiste des plus traditionnels, avec la « solidarité » qu'ils y associent »[26].
  • Depuis 2005, une source importante de désaffection de la gauche modérée envers Attac provient de la campagne de l'association en faveur du « non », qui a vraisemblablement contribué à l'échec du référendum sur le Traité établissant une Constitution pour l'Europe en France le 29 mai 2005, c’est-à-dire au maintien des institutions de Maastricht-Nice. Cette désaffection concerne des personnes très favorables à l'intégration européenne tel Harlem Désir[25]. Alain Lipietz a ainsi dénoncé les « sottises » et le « souverainisme de gauche » de la direction d'Attac, lorsque certains s'opposent à ce que la loi européenne prime sur les lois nationales [réf. nécessaire] (Alain Lecourieux présentant par exemple l'article I-6[26] comme un « recul » [réf. nécessaire]). Cependant, à la différence de ses alliés de circonstance, Attac dit agir au nom de l'Europe [réf. nécessaire], mais a attendu jusqu'à fin aout 2004, et donc la clôture des 18 mois de travaux publics de la Convention sur l'avenir de l'Europe, pour transmettre ses « 21 exigences » [réf. nécessaire] devant figurer dans le projet de Constitution.
  • Très active lors du débat sur le TCE (publication de deux livres et de dizaine d'articles, nombreux meetings…), ATTAC n'a paradoxalement jamais publiquement exprimé de position sur la finalité de l'intégration européenne et notamment la question de son évolution progressive vers une Europe fédérale (thème principal sur lequel Joschka Fischer avait lancé le processus constitutionnel en l'an 2000 à Berlin)[réf. nécessaire] qui serait pour lui un préalable à la démocratisation des institutions européennes. Pour son président d'honneur Bernard Cassen[27], cela reflète la diversité de positionnements et de propositions sur les alternatives à mettre en œuvre au plan européen :

« Attac a été très prudente en matière de propositions d’architectures institutionnelles européennes. Pourquoi ? Parce que le sujet nous divise profondément si on veut le traiter sur le plan théorique. Il y a parmi nous des fédéralistes, partisans du dépassement des États actuels pour aller à des États-Unis d’Europe, donc à un État européen qui présupposerait l’existence d’un peuple européen ou, en tout cas, l’enfanterait rapidement. Il y a aussi des partisans d’une Europe des nations ou des patries, dans une logique à dominante confédérale ; et, entre les deux, toutes sortes de positions intermédiaires. À ce seul niveau, les termes de « Constitution » et de « processus constituant » donnent déjà lieu à de vives controverses.
[…]
La bibliographie explicitant chacune de ces visions est imposante, et les thèses en présence totalement incompatibles sur de nombreux aspects, dans la mesure où elles renvoient à des convictions divergentes sur l’État, la nation, le peuple, la citoyenneté, et, pour la France, sur les conceptions profondément enracinées dans l’histoire, de la République et de la laïcité.
Il serait vain de tenter d’arriver à un consensus théorique entre nous sur ces questions. »

  • D'autres critiques considèrent que les arguments d'ATTAC, lors du débat sur la Constitution européenne, ont été caricaturaux [28], C'est notamment le cas du magazine fédéraliste Le Taurillon[29].
  • Dans un article paru le 5 août 2005 dans le journal Le Figaro, intitulé « Enquête : comment Attac infiltre l’école », le journaliste Saïd Mahrane conclut à une tentative d'entrisme, en soulignant la proportion significative d'enseignants parmi les membres de l'organisation et la diffusion de supports de communication de l'organisation dans les écoles. L'association répond par un communiqué à cet article jugé «truffé d'erreurs factuelles»[30]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Il existe une catégorie dédiée à ce sujet : Mouvement altermondialiste.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Par ATTAC
  • Attac, Que Prévoit La Loi Contre Les Exclusions, La Dispute, 1999
  • Attac, Les paradis fiscaux ou la finance internationale, Mille et une nuits, 2000
  • Attac, Tout sur Attac, Mille et une nuits, 2000
  • Attac, FMI: les peuples entrent en résistance, Syllepse, 2000
  • Attac, Agir local, penser global, Mille et une nuits, 2000
  • Attac, Avenue du plein emploi, Mille et une nuits, 2001
  • Attac, Les paradis fiscaux, ou, La finance sans loi, Mille et une nuits, 2001
  • Attac, Enquête au cœur des multinationales, Mille et une nuits, 2001
  • Attac, Confédération paysanne, Changeons de politique agricole, Mille et une nuits, 2002
  • Attac, Attac au zénith, Mille et une nuits, 2002
  • Attac, Que faire du FMI et de la Banque mondiale ?, Mille et une nuits, 2002
  • Attac, Pour une mondialisation à finalité humaine, Syllepse, 2003
  • Attac, Inégalités, crises, guerres : Sortir de l'impasse, Mille et une nuits, 2003
  • Attac, Le Complexe médico-industriel, Mille et une nuits, 2003
  • Attac, Cette « Constitution » qui piège l'Europe, Mille et une nuits, 2003
  • Attac, Travailleurs précaires, unissez-vous !, Mille et une nuits, 2003
  • Christian Laval, Régine Tassi, FSU, et Attac, L'économie est l'affaire de tous : Quelle formation des citoyens ?, Syllepse, 2004
  • Attac, Gérard Gourguechon, Janette Habel, et Collectif, Le Développement a-t-il un avenir ? Syllepse, 2004
  • Attac, Menaces sur l'assurance maladie, Mille et une nuits, 2004
  • Attac, L'Empire de la guerre permanente, Mille et une nuits, 2004
  • Attac, Vivent les impôts ! : Des impôts, pour quoi ? Pour qui ? Comment ?, Mille et une nuits, 2005
  • Attac, Constitution européenne : Ils se sont dit oui : Attac leur répond, Mille et une nuits, 2005
  • Attac, Les OGM en guerre contre la société, Mille et une nuits, 2005
  • Attac, Jean-Marie Harribey, Alain Accardo, et Nuri Albala, Le Petit Alter : Dictionnaire altermondialiste, Mille et une nuits, 2006
  • Attac-Québec, Où va notre argent ? Une fiscalité pour les riches, Ecosociété, 2006
  • Attac, Pauvreté et inégalités : Ces créatures du néolibéralisme, Mille et une nuits, 2006
  • Attac, Le G8 illégitime, rééd., Mille et une nuits, 2007
  • Attac, Manifeste altermondialiste : Construire un monde solidaire, écologique et démocratique, Mille et une nuits, 2007
  • Attac, Mondialisation de la prostitution, atteinte globale à la dignité humaine, Mille et une nuits, 2008
  • Attac, Pour une politique ouverte de l'immigration, Syllepse, 2009
  • Jean Tosti, Attac, L'Europe à quitte ou double, Syllepse, 2009
  • Attac, Le capitalisme contre les individus ?, Textuel, 2010
  • Attac, Une autre ONU pour un autre monde, Tribord, 2010
  • Attac, Pour un "big bang" fiscal, Éditions Le Bord de l'eau, 2010
  • Attac, Le piège de la dette publique, Les liens qui libèrent, 2011
  • Attac, La nature n'a pas de prix, les méprises de l'économie verte, Les liens qui libèrent, 2012
  • Attac, Leur dette, notre démocratie !, Les liens qui libèrent, 2013
  • Attac et la Fondation Copernic, Le féminisme pour changer la société, Syllepse, 2013
  • Attac, Petit manuel de la transition, Les liens qui libèrent, 2013
  • Attac et la Fondation Copernic, Retraites : l’alternative cachée, Syllepse, 2013
Sur ATTAC
  • Jacques de Guenin, ATTAC, ou l'intoxication des personnes de bonne volonté, Éd. de l'institut Charles Coquelin, 2004. [lire en ligne]
  • Raphaël Wintrebert, ATTAC, la politique autrement ? Enquête sur l’histoire et la crise d’une organisation militante, Éditions La Découverte, coll. « Textes à l’appui, politique et société », 2007.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Nouveaux statuts d'Attac »,‎ 31 mars 2009
  2. a et b « Résultats du vote sur les statuts et le règlement intérieur d'Attac-France »,‎ 29 juin 2009
  3. a, b et c « Attac est présente en » - Page d'accueil du site internet d'Attac, page consultée le 16 septembre 2008
  4. Ignacio Ramonet, « Désarmer les marchés » - Le Monde diplomatique, décembre 1997
  5. « Plateforme Attac », Attac France,‎ 6 juin 1998
  6. Liste des membres du conseil scientifique d'ATTAC, 10 juin 2008, Attac, consulté le 25 novembre 2008
  7. « Agrément au titre de la jeunesse et de l'éducation populaire », Attac France,‎ 3 octobre 2003
  8. Les réunions de son conseil d'administration et de son conseil scientifique prenaient place au départ dans les locaux du Monde, rue Claude-Bernard, ceci jusqu'au développement de contradictions entre la direction de ce journal et celle du Monde diplomatique
  9. Bernard Cassen, directeur général du Monde diplomatique a joué un rôle essentiel dans la création et la rédaction des statuts d'Attac, rédigés sur le modèle de ceux de l'association Les amis du Monde diplomatique. Son obsession était de se garantir contre le risque d'entrisme et de laisser prendre le contrôle de « son » association par ce qu'il appelait des « coucous » infiltrés depuis l'extérieur.
    • Les associations dites « fondatrices » (des syndicats, des journaux et des associations chrétiennes ou d'éducation populaire) y ont eu, dès les statuts de départ, un poids largement majoritaire (18 membres sur 30 ; qu'ils désignent au conseil d'administration) au titre de membres de droit d'un dit « conseil des fondateurs »  ; Cassen avait des liens personnels avec la majorité de ces membres et pensait donc pouvoir le contrôler. Les membres démocratiquement élus lors de l'assemblée générale étaient donc statutairement minoritaires (seulement 12 élus sur 30 au conseil d'administration).
    • De plus, les associations ont toujours consacré du temps de leurs permanents (jusqu'à plus d'une trentaine) et des moyens très importants au développement d'Attac (une autre forme d'entrisme « pratique » : ceux qui font ont le pouvoir).
    • Le plus grave est qu'il était très difficile de modifier les statuts, toujours par peur du fameux risque d'entrisme. Pour ce faire, une majorité des deux tiers est nécessaire lors d'une réunion de l'assemblée générale extraordinaire convoquée à cette unique fin, laquelle nécessite elle-même un quorum représentant les deux tiers des membres de l'association. Ce qu'il n'a jamais été possible de réunir.
  10. Thomas Lemahieu, « ATTAC au bord de l’implosion », L'Humanité, 19 juin 2006
  11. Sylvia Zappi, « Attac en perte d'influence chez les altermondialistes » - Le Monde, 16 juin 2006
  12. La direction d'Attac ne survit pas à la confirmation d'une fraude électorale - Le Monde, 27 août 2006
  13. « Politis et Alternatives économiques s'engagent dans la crise d'Attac », Le Monde, 12 juillet 2006
  14. René Passet, « Élections ATTAC : synthèse des rapports d’experts »
  15. Marc Landré, Attac peine à remplir son université d'été, dans Le Figaro du 20/8/2009
  16. « Attac: Thomas Coutrot, économiste au ministère du Travail, élu coprésident », AFP,‎ 6 décembre 2009
  17. « CA, bureau et porte-parole »
  18. a et b Le collège des fondateurs : https://france.attac.org/attac/le-coll-ge-des-fondateurs/
  19. Laurence Caramel, « 150 000 militants à Florence pour le premier Forum social européen », Le Monde, 7 novembre 2002
  20. Laurent Jeanneau, « À Attac, le président Nikonoff mobilise contre lui » - Libération, 30 août 2005
  21. (en) Paul Krugman, « Missing James Tobin » - New York Times, 12 mars 2002
  22. Taxe Tobin : James Tobin l'aurait-il soutenue ? (Libération)
  23. Pascal Riché, Entretien avec Robert Mundell, « La taxe Tobin est une idée idiote » - Libération, 3 juillet 2000
  24. Julien Nessi, Entretien avec Zaki Laïdi, « La capacité de la mouvance altermondialiste à proposer des solutions alternatives reste extrêmement limitée » - Cyberscopie, mars 2004
  25. Harlem Désir, « L'adieu à Attac », Le Nouvel Observateur, 2 juin 2005
  26. « Article I-6 : Définition et objectifs de l'Union »
  27. Bernard Cassen et Alain Lecourieux, « Quelle démocratisation des institutions européennes », Propositions d’orientation du débat au sein d’Attac France, dans la perspective du Plan B des Attac d’Europe
  28. « Cartes postales de la campagne » (consulté le 17 mars 2009) « Anna, jeune Slovaque (06) : Chez moi, il y a 20 % de chômage, alors je suis venue travailler ici dans un salon de massage. Mais je me suis retrouvée sur le trottoir, dans les mains de la mafia. L’Europe est une plaque tournante de la prostitution, pourtant la Constitution ne cherche pas à lutter contre. Alors, il faut voter non ! »
  29. Carton rouge à ATTAC pour son analyse biaisée du Traité modificatif, Pierre-Marie Giard, Le Taurillon, 19 septembre 2007
  30. Communiqué du Bureau d'Attac après l'article du Figaro (6 aout 2005) : http://france.attac.org/archives/spip.php?article5326