Association pour défendre la mémoire du maréchal Pétain

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L'Association pour défendre la mémoire du maréchal Pétain (ADMP) est une association française (loi 1901) créée le 6 novembre 1951 sous le haut patronage du général Weygand, président d'honneur jusqu'à son décès en 1965. Elle succède à un « comité d'honneur » pour la libération de Pétain, fondé en 1948 à l'initiative des avocats du maréchal, et rapidement interdit[1].

Membres et objectifs[modifier | modifier le code]

Le premier président de l'ADMP fut le général Héring, jusqu'en 1960[1]. Lui succèdent Jean Lemaire, l'un des avocats de Pétain, jusqu'en 1968, le général Lacaille, chef d'état-major du général Huntziger, de 1968 à 1973, l'amiral Auphan, de 1973 à 1976, puis trois anciens ministres de Vichy, Jean Borotra, Georges Lamirand, François Lehideux, chacun pendant 4 ans[1].

L'ADMP a regroupé la plupart des anciens collaborateurs de Pétain pendant l'Occupation. De 1951 à 1971, on relève parmi le comité directeur 36 officiers supérieurs, 22 anciens ministres, 12 académiciens, des préfets[1].

Le comité d'honneur comprenait notamment les académiciens Henry Bordeaux, Louis Madelin, Claude Farrère, Jérôme Tharaud, les généraux Charles Brécard, Dufieux, d'Harcourt, Lafont, Joseph de La Porte du Theil, Laure, Pujo, Bernard Serrigny, de même que des personnalités, telles que Gaston Bergery, Jean Borotra, Jérôme Carcopino, Pierre-Étienne Flandin, Daniel Halévy, Henri Massis, Pierre Mauriac, François Piétri, Henry Lémery, Louis Rougier, Pierre Taittinger, Jacques Isorni, Gilbert Renault (le colonel Rémy), membre dès 1951[1].

L'ADMP poursuit trois objectifs. La révision du procès de Pétain tout d'abord, sous la direction de l'avocat Jacques Isorni[1]. La translation des cendres de Pétain à l'ossuaire de Douaumont ensuite[1]. Et enfin la réhabilitation du maréchal, ainsi que des valeurs de la Révolution nationale, sous le couvert de la « réconciliation nationale »[1]. Les dirigeants et les membres de l'association peuvent être divisés en deux groupes : les antigaullistes, menés par Jacques Isorni, qui ne pardonnent pas l'épuration et la politique algérienne du général de Gaulle, et les pétaino-gaullistes, comme le colonel Rémy[1].

L'organe principal de l'association est Le Maréchal. À cette publication s'ajoute, en 1972, La Voix du Maréchal. Le 14 novembre 1951, le député socialiste Daniel Mayer dépose une proposition de résolution « tendant à inviter le Gouvernement à faire rechercher si l'association pour défendre la mémoire du maréchal Pétain ne poursuit pas un objet illicite contraire aux lois et à la justice ce qui justifierait sa dissolution »[2], qui ne sera finalement pas retenue.

Après avoir été condamnée en 1993 par la Cour de cassation[Informations douteuses] pour « apologie de crime de guerre » pour une publicité de l'ADMP parue dans Le Monde[3] du 13 juillet 1984 et après une longue bataille judiciaire, l'association obtiendra partiellement[Informations douteuses] gain de cause devant la CEDH, le 23 septembre 1998, celle-ci estimant (par l'arrêt Lehideux et Isorni contre France[4]) qu'il y avait eu violation l'article 10 de la Convention européenne des droits de l'homme, relatif à la liberté d'expression. L'opinion majoritaire chez les juges fut qu'il devait être possible de présenter un personnage, quel qu'il soit, sous un jour favorable et de promouvoir sa réhabilitation — au besoin en passant sous silence les faits qui peuvent lui être reprochés — et que la condamnation pénale subie en France par les requérants était disproportionnée[5].

Située à Paris, l'ADMP existe toujours aujourd'hui et continue à militer pour la révision du procès de 1945.

Œuvres de mémoire[modifier | modifier le code]

L'ADMP est copropriétaire de l'appartement l’hôtel du Parc de Vichy[6] occupé par le Maréchal de 1940 à 1944[7] et de sa maison de naissance à Cauchy-à-la-Tour, ayant pour objectif d'entretenir les lieux historiques où vécut le maréchal Pétain et possiblement d'en faire des musées privés[8].

Chaque année, des anniversaires rythment l'activité de l'association et induisent des pèlerinages : le 24 avril, anniversaire de la naissance de Pétain les nostalgiques se réunissent dans sa maison de naissance à Cauchy-à-la-Tour[9], le 1er mai l'anniversaire de la Charte du travail, le 23 juillet, date de la mort de Pétain pèlerinage à l'île d'Yeu, le 11 novembre[1].

Présidents[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g, h, i et j Henry Rousso, Le Syndrome de Vichy, de 1944 à nos jours,  éd. Seuil, coll. « Points-Histoire », Paris, 1990, p. 59-65.
  2. Biographie de Daniel Mayer, sur le site de l'Assemblée nationale.
  3. Jean-Pierre Le Crom, « Juger l'histoire », Droit et Société, no 38, 1998.
  4. arrêt Lehideux et Isorni contre France - CEDH
  5. Patrice Rolland (professeur à l'université de Paris XII), « Liberté d'expression et apologie de la collaboration, Affaire Lehideux et Isorni (23 septembre 1998) », Credho Paris Sud, sur le site credho.org.
  6. Réhabilitation de la chambre 124 du troisième étage acquise en 1970
  7. Philippe Cros, « Vichy : les nostalgiques de Pétain ont rénové sa chambre de l'hôtel du Parc », sur lamontagne.fr,‎ 20 avril 2011.
  8. « Le bureau de Pétain vendu aux enchères à une "association de défense du maréchal" », sur lemonde.fr,‎ 18 octobre 2009.
  9. Derrière les lignes du Front. Immersions et reportages en terre d'extrême droite, Jean-Baptiste Malet, Golias,2012 (ISBN 978-2354721374)

Lien externe[modifier | modifier le code]