Assistant parlementaire

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L'assistant(e) parlementaire est une personne travaillant dans une institution parlementaire auprès d'un(e) élu(e) ou d'un groupe politique. Le terme de collaborateur ou collaboratrice parlementaire est aussi utilisé par exemple sur les fiches de paie ou sur les badges d'accès de l'Assemblée nationale et on rencontre parfois, de manière officieuse, le terme d’attaché(e) parlementaire.

Sommaire

Histoire [modifier]

La fonction d'assistant-e parlementaire (ou collaborateur parlementaire) a été créé en France il y a près de 40 ans, en 1975[1], par Edgar Faure à la suite d'un voyage aux États-Unis et de la visite du Congrès américain où le parlementaire bénéficie d'un "staff" et de moyens financiers et matériels considérables. Avant cette date le député français bénéficiait d'une enveloppe lui permettant de bénéficier d'un "secrétariat particulier" ou d'utiliser les services d'un "secrétariat collectif" organisé au sein des groupes politiques.

En France [modifier]

Les parlementaires, députés à l'Assemblée nationale et sénateur au Sénat, disposent d'une enveloppe mensuelle appelée crédit collaborateur permettant de rémunérer jusqu'à 5 salariés de droit privé en contrat à durée indéterminée ou à durée déterminée dans le cas d'un remplacement ou d'une mission ponctuelle.

L'assistant parlementaire est un salarié d'un parlementaire (577 à l'Assemblée, 348 au Sénat), d'un groupe parlementaire (une centaine pour 5 groupes à l'Assemblée), d'un président de commission (6 à l'Assemblée) ou du Cabinet du Président (13 personnes plus 17 de droit public) à l'Assemblée nationale au Sénat ou au Parlement européen.

À l'Assemblée nationale, c'est le service de la gestion financières et sociale qui gère ce crédit pour le compte de l'élu. Au Sénat, comme pour les groupes parlementaires, c'est une association de gestion qui assure l'établissement des fiches de paye et les différentes obligations liées au contrat de travail : l'AGAS (Association pour la Gestion des Assistants de Sénateurs).

Le travail du collaborateur parlementaire est extrêmement variable, notamment en fonction du profil et des attentes du parlementaire. Néanmoins, ce travail recouvre le plus souvent une fonction administrative liée à la gestion des relations en rapport avec le mandat du député, comme les responsables associatifs et politiques, les responsables économiques et syndicaux, les élus locaux, les citoyens et militants de la circonscription. Cela peut se rapprocher, a minima, d'un travail de secrétariat particulier ou d'assistanat de direction : rédiger et suivre le courrier et les mail, répondre aux sollicitations téléphoniques, gérer l'agenda...

Il est fréquent d'avoir un fonction plus technique et de suivre le travail législatif, de rédiger des discours ou des interventions et des notes de synthèse, des Propositions de loi ou des amendements.

Certains collaborateurs ont une fonction plus spécifiquement liée à la communication ou aux relation avec la presse, rédiger des communiqués de presse, actualiser un site internet, écrire et suivre la réalisation du journal ou de la lettre parlementaire, animer les réseaux sociaux...

Il peut y avoir aussi la nécessite de coordonner les deux aspects du travail du député, dans ses dimensions locales et/ou nationales ainsi que de faciliter ses déplacements quotidiens (réservations des moyens de transport -- taxi, avion et train -- et de l'hôtellerie) ou enfin, d'accueillir et de faire visiter l'Assemblée nationale ou le Sénat à des groupes scolaires par exemple.

Notons que d'autres se concentrent spécifiquement sur un travail lié à la recherche, la réflexion et la rédaction de notes de travail législatif, de discours, d'interventions diverses, de communiqués de presse, de notes spécifiques à un domaine intéressant le député. Le collaborateur peut également représenter le parlementaire lors de manifestations avec d'autres élus ou responsables institutionnels.

Le collaborateur peut être basé à Paris (un tiers des effectifs), en circonscription ou plus rarement effectuer des allers-retours. C'est un métier plutôt féminin (deux tiers de femmes pour un tiers d'hommes). Il peut être à temps partiel et travailler à la fois pour deux députés ou un député et un sénateur.

Compte tenu du degré de proximité avec l'élu et de la nécessaire discrétion du collaborateur, il est le plus souvent recruté dans l'entourage direct de l'élu ou suite à une recommandation (relation militante ou familiale…). Ce qui n'empêche pas les recrutements non relationnel.

On distingue trois profils de collaborateurs parlementaires ; "le technicien", issu de grandes écoles, de facultés, d'IEP -- Institut d'études politiques. Il est diplômé et parfois même sur-diplômé (deux masters ou un doctorat). "Le militant" connaît, généralement, parfaitement les réseaux politiques, partisans et médiatiques… locaux ou nationaux. Le 3e est "hybride", à l'intersection des deux autres profils. Il y a une véritable tendance à la professionnalisation avec plusieurs masters spécifiques.

Quelques chiffres [modifier]

À l'Assemblée Nationale le député bénéficie de 9 138 € brut mensuel (au 1/07/2010) de "crédit collaborateur" pour rémunérer jusqu'à 5 collaborateurs. C'est l'Assemblée nationale qui paie les cotisations sociales patronales. Si c'est un membre de sa famille le salaire est limité à 50 % du montant total du crédit. Il peut aussi "céder" ce crédit collaborateur à son groupe parlementaire à hauteur de 50 % et se réserver 5 958 €/annuel qui seront "détournés" sur son IRFM — Indémnité représentative de frais de mandat.

Au Sénat, le crédit collaborateur est de 7 548,10 euros brut mensuel, et il existe un encadrement plus fort : un salaire minimum de 1 862,51 € brut mensuel de base par assistant à temps plein. Le salaire maximum versé à un collaborateur ne peut excéder les deux tiers de l’enveloppe. Un seul collaborateur ayant des liens de parenté avec le sénateur qui l’emploie est admis. Dans cette hypothèse, le salaire est encadré au tiers de la dotation.

Au Parlement européen, le budget Frais d'Assistance Parlementaire est de 15 496 euros par mois (en 2007). 4 060 assistants sont enregistrés au Parlement européen, dont 1 416 accrédités à Bruxelles et Strasbourg. À noter que seuls trois collaborateurs par député peuvent être accrédités ; une partie des collaborateurs en circonscription ne le sont donc pas. Il n'existe ni grille des salaires, ni salaire minimum. Si les salaires sont assez disparates d'un député à l'autre, et d'une nationalité à l'autre, on relève tout de même des régularités. Guère inférieure à 1 500 euros, la rémunération mensuelle s'élève fréquemment à 2 000, 2 500 euros. Les salaires les plus élevés (supérieurs à 3 000 euros) sont ceux des assistants les plus expérimentés. Dans un rapport rédigé en 2004, Sébastien Michon (IEP et université Marc-Bloch de Strasbourg) évoque une amplitude des salaires allant de 1 300 à 3 800 euros.

À l'Assemblée nationale des salaires disparates[2] :

  • 21 % des assistants de députés touchent entre 460 et 1 380 euros net mensuel ;
  • 25 % d'entre eux entre 1 381 et 2 000 euros net mensuel ;
  • 43 % d'entre eux entre 2 001 et 2 900 euros net mensuel ;
  • 11 % gagnent plus de 2 900 euros net mensuel.

Collaborateurs parlementaires devenus... [modifier]

Anciens collaborateurs célèbres [modifier]

Personnalités politiques (par ordre alphabétique) :

Anciens collaborateurs parlementaires élus : XIVe législature [modifier]

par ordre alphabétique :

Anciens collaborateurs parlementaires élus XIIIe législature [modifier]

par ordre alphabétique :

Anciens collaborateurs, travaillant dans les médias et autres professions [modifier]

Autres élus et actualité [modifier]

Le collaborateur parlementaire dans la culture [modifier]

On pourra, entre autres, se référer aux œuvres suivantes pour se faire une idée de la place du collaborateur parlementaire dans la culture.

Littérature [modifier]

Julien Sorel, secrétaire parlementaire dans « Le Rouge et le Noir »

Chanson [modifier]

Miossec, album À prendre : L'assistant parlementaire

Voir aussi [modifier]

Bibliographie [modifier]

Ouvrages [modifier]

  • Cadieu Pascal, Les collaborateurs politiques : statuts et missions, collection L’essentiel sur…, Territorial, Paris, 2000, 156 pages
  • Guillaume Courty et collectif, Le travail de collaboration avec les élus, Michel Houdiard, 2005, ISBN 2-912673-43-7
  • Anonyme, L’institutionnalisation des assistants parlementaires, recherches en bibliothèque, Sénat, 09/07/2004
  • Anonyme, Les assistants parlementaires, Informations Constitutionnelles et Parlementaires, 01/07/1992, n°164, pages 123-1

Articles de presse, annuaires et revues [modifier]

  • Nicolas Boulet, « Être assistant parlementaire », Lemagazine.info, 09/02/2005
  • Thomas Bronnec, « Députés et … patrons », L’Express, 04/10/2004
  • Henri Saint-Amand, « Un statut pour les collaborateurs d’élus », L’Hémicycle, 30/06/2004
  • François-Xavier Lanfranchi, « Collaborateurs des élus : à quand un statut ? », L’Hémicycle, 23/06/2004
  • Thomas Bronnec, « Les dépités de l’Assemblée », L’Express, 09/10/2003
  • Nicola Di Primo, « Larbin de député : un job ingrat mais convoité », Courrier International, 02/03/2000
  • Philippe Coutand, « Les assistants parlementaires toujours en quête d’un statut », L’Hémicycle, 15/01/2003
  • Clarisse Fabre, « Une vague de licenciements frappe les assistants parlementaires des députés de gauche battus », Le Monde, 26/06/2002
  • Patrick Le Lidec, "Les députés, leurs assistants et la gestion du crédits collaborateurs", Sociologie du travail, Avril-Juin 2008, p. 147-168.
  • Denis Cosnard, « Quand les assistants parlementaires se rebellent », Les Echos, 17/06/2002
  • Laurent de Boissieu, « Assistants parlementaires ; de un à cinq collaborateurs, qui exercent des tâches très variées », La Croix, 08/06/2002
  • Clarisse Fabre, « Les assistants parlementaires ne veulent plus être traités comme des employés de maison », Le Monde, 23/06/2001
  • Sébastien Michon, Les assistants parlementaires des députés européens : étude d’un groupe d’auxiliaires politiques au Parlement européen, Études européennes, Revue en ligne du Centre des Études Européennes de Strasbourg, n°4, avril 2004.
  • Camby Jean-Pierre, « Le Conseil d’État et le statut des assistants parlementaires (CE 21/12/1992) », Les petites affiches-La loi, 02/04/1993, n°40, pages 11-14
  • Sébastien Michon, « Assistant parlementaire au Parlement européen : un tremplin pour une carrière européenne », Sociologie du travail, vol. 50, n°2, 2008, p. 169-183

Articles connexes [modifier]

Liens externes [modifier]

Formations et formations continues [modifier]

Notes et références [modifier]