Assemblée des six-comtés

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Tableau de l'Assemblée des six-comtés, exécuté par Charles Alexander Smith en 1890.

L'Assemblée des six-comtés fut une assemblée de chefs patriotes et d'approximativement 6 000 partisans tenue à Saint-Charles, au Bas-Canada (aujourd'hui le Québec) le 23 et 24 octobre 1837, malgré la Proclamation du 15 juin du gouvernement interdisant les assemblées publiques.

Présidée par Wolfred Nelson, elle est la plus célèbre des nombreuses assemblées populaires tenues cette année-là pour protester contre les Résolutions Russell. C'est un événement précurseur de la Rébellion des Patriotes de 1837. Les « six comtés » font référence à Richelieu, Rouville, Saint-Hyacinthe, Chambly, Verchères et L'Acadie.

Histoire[modifier | modifier le code]

Les 92 résolutions des Patriotes avaient exigé à la Grande-Bretagne des réformes démocratiques pour le Bas-Canada. Elles avaient été en majeure partie refusées par les Résolutions Russell, ce qui suscita un certain nombre d'assemblées de protestations en 1837. 13 membres de l'Assemblée législative du Bas-Canada assistèrent à l'Assemblée des six-comtés. Sur le terrain était dressée la Colonne de la liberté avec l'inscription "À Papineau ses compatriotes reconnaissants". Une réplique de cette dernière, inaugurée en 1982, se trouve aujourd'hui à son emplacement original présumé mais ce n'est pas là.

Le rassemblement vit les discours de personnes telles que Louis-Joseph Papineau et Wolfred Nelson. Papineau y prôna la poursuite de la lutte constitutionnelle par la voie du boycott économique de produits britanniques tandis que Nelson et le Docteur Cyrille Côté y supportèrent le soulèvement armé. "Je prétends que le temps est arrivé de fondre nos plats et nos cuillères d'étain pour en faire des balles", tonna Nelson. Étienne Parent parla également et supporta des méthodes excluant la force. L'assemblée vota des résolutions, comme cela fut le cas pour les autres assemblées de 1837. Ces résolutions proclamèrent les droits de l'homme, refusèrent la reconnaissance du nouveau Conseil exécutif du Bas-Canada et approuvèrent la Société des fils de la liberté. Elle ne mentionnèrent pas l'usage de la force.

Cet événement suscita la réaction négative de l'Église du Bas-Canada. Lors d'un banquet en honneur de l'évêque Ignace Bourget (l'un des rares clercs en faveur des Patriotes), l'évêque Jean-Jacques Lartigue déclara qu'il n'est "jamais permis de transgresser des lois ou de se révolter contre l'autorité légitime sous laquelle on a le bonheur de vivre". Trois semaines après l'assemblée, des mandat d'arrestations pour plusieurs des principaux chefs patriotes furent émis par le gouvernement.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Vidéographie[modifier | modifier le code]

  • Une bande-dessinée animée a été produite en 2012 par la Société St-Jean-Baptiste Richelieu-Yamaska en collaboration avec Kaméléon Productions. Réalisé par François Forget, ce court-métrage d'une durée de 28 minutes présente aux spectateurs les grandes lignes de l'assemblée, le tout dans une histoire fictive. Le film est présenté au Festival de Cannes en mai 2013.

Voir aussi[modifier | modifier le code]