Asparagopsis armata

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Asparagopsis armata est une espèce d'algue rouge de la famille des Bonnemaisoniaceae.

Description et caractéristiques[modifier | modifier le code]

L’espèce est cosmopolite des zones tempérées et possède comme de nombreuses Rhodophyceae un cycle haplodiplophasique dont les deux phases sont morphologiquement différentes. La phase haploïde également appelée Falkenbergia rufolanosa(Harvey) F.Schmitz 1897[2] avait tout d’abord été décrite comme une espèce à part du fait de sa grande différence morphologique. Asparagopsis armata représente avec Asparagopsis taxiformis les deux seules espèces retenues à ce jour comme taxonomiquement différentes[3] au sein du genre Asparagopsis[4].

Cycle de vie et métamorphoses[modifier | modifier le code]

Asparagopsis armata possède un cycle de vie dimorphique comprenant :

- une phase haploïde (gamétophyte) sexuée sous forme d’un thalle érigé plumeux de couleur rosée à marron. Les différents plumeaux constituant un individu sont reliés par un stolon de quelques millimètres de diamètre. La présence de harpons ou crochets est un critère de distinction de l’espèce avec Asparagopsis taxiformis[5]. L’aspect général de l’algue est une touffe pouvant s’étendre sur une surface de plusieurs dizaines de cm².

- une phase diploïde (tetrasporophyte appelé également Falkenbergia) constitué d’un amas de filaments roses très fins formant des petits pompons duveteux.

Habitat et répartition[modifier | modifier le code]

L’espèce a une répartition cosmopolite tempérée. Asparagopsis armata a été décrite pour la première fois sur la côte ouest australienne[6] et est également présente naturellement en Nouvelle-Zélande[7]. L’espèce est connue pour avoir été introduite dans le nord-est de l’Atlantique et en Méditerranée dans les années 1920, probablement depuis l’Australie [8][9].

L’algue est retrouvée entre 0 et 25 m, généralement fixée sur un substrat dur, mais les harpons lui permettent également de vivre en épiphyte sur d’autres espèces[5].

Écologie et dynamique de population[modifier | modifier le code]

L’espèce peut se reproduire de façon sexuée avec production de gamètes mâles et femelles lors de la phase gamétophytique, mais aussi de façon asexuée par fragmentation du stolon des gamétophytes mais aussi par fragmentation de la phase tetrasporophyte.

Asparagopsis est évitée par la plupart des herbivores car elle produit des métabolites secondaires toxiques[10] ; il a été cependant montré chez A. armata qu’il existe une consommation préférentielle des individus mâles par les aplysies (mollusques gastéropodes), les femelles investissant plus dans les défenses chimiques[11].

Dans le nord-est de l’Europe, les gametophytes sont présents de juin-juillet à août-septembre et parfois sont persistants en hiver. La phase sporophyte est présente toute l’année mais semble plus abondante d’octobre à mars[12].

Références taxinomiques[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. AlgaeBase, consulté le 8 septembre 2014
  2. Référence Catalogue of Life : Asparagopsis armata Harvey (en) (consulté le 6 mai 2012)
  3. Référence AlgaeBase : espèce Asparagopsis armata Harvey 1855 (en) (consulté le 27 août 2014)
  4. Référence JSTOR Plants : Asparagopsis armata (en) (consulté le 27 août 2014)
  5. a et b Bonin, D. et Hawkes, M., « Systematics and life histories of New Zealand Bonnemaisoniaceae (Bonnemaisoniales, Rhodo- phyta): I. The genus Asparagopsis. », New Zealand Journal of Botany, no 25,‎ décembre 1986, p. 577-590
  6. Harvey W., The Transactions of the Royal Irish Academy Vol. 22, Some Account of the Marine Botany of the Colony of Western Australia., Royal Irish Academy,‎ 1854, 525-566 p.
  7. Adams N., Common seaweeds of New Zealand, Christchurch, Nouvelle Zélande, Canterbury University Press,‎ 1994
  8. Feldmann J. et Feldmann G., « Sur le développement des carpospores et l'alternance de générations de l'Asparagopsis armata Harvey », Compte rendu hebdomadaire des Séances de l'Académie des Sciences de Paris, no 208,‎ 1939, p. 1420-1422
  9. Mineur F. et al., « Fronts, jumps and secondary introductions suggested as different invasion patterns in marine species, with an increase in spread rates over time. », Proceedings. Biological sciences / The Royal Society, no 277,‎ 2010, p. 2693-701
  10. Zemke-White, W Lindsey et Clements, K D, « Chlorophyte and rhodophyte starches as factors in diet choice by marine herbivorous fish », Journal of Experimental Marine Biology and Ecology, no 240,‎ 1999, p. 137–149
  11. Verges, Adriana, Paul, Nicholas a. et Steinberg, Peter D., « Sex and life-history stage alter herbivore responses to a chemically defended red alga », Ecology, no 89,‎ 2008, p. 1334-43
  12. « DORIS »,‎ 2010 (consulté le 08 septembre 2014)