Galium odoratum

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Aide à la lecture d'une taxobox Gaillet odorant
 Fleurs de Galium odoratum
Fleurs de Galium odoratum
Classification classique
Règne Plantae
Division Magnoliophyta
Classe Magnoliopsida
Ordre Rubiales
Famille Rubiaceae
Genre Galium
Nom binominal
Galium odoratum
(L.) Scop., 1771
Classification phylogénétique
Ordre Gentianales
Famille Rubiaceae

L’Aspérule odorante ou Gaillet odorant (Galium odoratum (L.) Scop. synonyme: Asperula odorata L.) est une espèce de plantes herbacées de la famille des Rubiaceae.

La plante est parfois appelée Petit Muguet ou Reine-des-bois et plus rarement Thé suisse ou Belle-étoile.

Sommaire

[modifier] Étymologie

Cette plante tire son nom commun et scientifique de l'odeur qu'elle acquiert en séchant. Le terme aspérule provient du latin asper signifiant « rude », « rugueux », caractérisant le bord de ses feuilles.

[modifier] Description

Galium odoratum

Le gaillet odorant est une plante dressée, avec des verticilles de feuilles entières ovales allongées, et une inflorescence de petites fleurs blanches à quatre pétales en croix.

Elle est constituée d'une tige quadrangulaire lisse, longue de 10 à 30 cm et de tiges souterraines traçantes (rhizomes). Chaque fleur donne naissance à deux fruits exozoochores, hérissés de poils crochus de 2 à 4 mm. Ils se fixent sur les animaux (renards, lapins) qui dispersent les graines (zoochorie).

Sa particularité réside dans l'odeur qu'elle dégage quand on la blesse ou lors de la dessiccation. Cette odeur caractéristique, rappelant celle de foin coupé ou de la fève tonka, provient de la coumarine présente en abondance dans sa racine et ses tiges (substance également trouvée dans la fève tonka utilisée industriellement pour aromatiser l'Amsterdamer).

[modifier] Cycle

  • Floraison de mai à juin.
  • Plante pluriannuelle.

[modifier] Habitat, culture

Galium odoratum formant un tapis en sous-bois

C'est une plante de mi-ombre, commune dans les sous-bois et sur les lisières des forêts caducifoliées d'Europe au-delà de 400 m d'altitude. Elle se cultive aisément (par semis ou division de touffes), plutôt à mi-ombre ou en exposition nord, dans une terre légère et humifère, où elle forme alors d'épais tapis. Les plantes sauvages sont préférées pour les usages médicinaux.

[modifier] Usage

Bière aromatisée au sirop d'aspérule odorante

La plante est sensible à l'arrachement qui peut la faire disparaître. Les sommités fleuries sont coupées aux ciseaux, à la faucille ou au couteau tranchant, pas trop près du sol pour permettre à la plante de survivre et produire l'année suivante.
La récolte doit être bien triée, car les plantes qui partagent l'habitat de l’aspérule sont souvent toxiques (muguet, parisette, ancolie, scille à deux feuilles...).
L'aspérule coupée noircit vite. Le séchage se fait donc au plus tôt, par large mise en contact avec l'air, à l'abri du soleil et de la pluie.

[modifier] Propriétés médicinales

Usage interne : La coumarine, hypnotique et anticoagulante à haute dose, expliquerait les propriétés antispasmodiques et sédatives (anti-insomnie) attribuées à l'aspérule qui est par ailleurs aussi réputée stimulante de la digestion et du foie, et aussi diurétique et légèrement antiseptique. Elle a été utilisée contre les phlébites[1]. Attention : des proportions trop élevées d'aspérule odorante peuvent induire des maux de tête voire une altération des perceptions (vertige, somnolence, etc.) ou des hémorragies. Cette plante doit donc être utilisée à petites doses et avec précaution et en connaissance de cause (Par exemple, la quantité utilisée pour le « Maitrank » n'est qu'environ 3 g/L). la plante colorerait en rouge les os des animaux qui la consommeraient en grande quantité avec l'herbe ou le foin[1].

En usage externe : elle est réputée adoucissante et vulnéraire. Infusée avec les fleurs de bleuet ou des feuilles de plantain, elle produisait un collyre contre les blépharites et les conjonctivites. On l'écrasait pour soigner les blessures, abcès et enflures douloureuses.

[modifier] Cuisine

L'aspérule odorante peut s'utiliser fraîche ou sèche pour parfumer des gâteaux, cookies et également des boissons alcoolisées ou non.

[modifier] Boissons alcoolisées

Le gaillet odorant est utilisé dans quelques boissons alcoolisées: (certains vins apéritifs, bières ou eaux-de-vie. Récoltée de mi-avril à début mai, puis laissée à macérer dans du vin blanc de Moselle, elle sert de base aromatique à la préparation d'une boisson apéritive traditionnelle de la région d'Arlon (province de Luxembourg, Belgique) et du Luxembourg : le vin de mai appelé « Maitrank ». Le village de Bonnert de la commune d'Arlon a d'ailleurs appelé son comité des fêtes le cercle l'Aspérule.

Le « sirop d'aspérule » est un des deux sirops qui accompagnent traditionnellement la Berliner Weiße, une bière allemande légère. En Moselle germanophone, elle est connue sous le nom de « Waldmeister » (Maître de la forêt) et sert de base à une liqueur digestive produite par macération de 40 brins (en fleurs) par litre d'alcool avec 100 a 200 g de sucre, avec filtration après 5 semaines pour obtenir une couleur vert pâle, ou 8 semaines pour un goût optimal, mais couleur verte plus foncée.

[modifier] Infusion

On peut en faire une infusion dite Thé d'aspérule, aux propriétés légèrement sédatives. Le roi Stanislas II de Pologne en buvait chaque matin et lui attribuait sa bonne santé.

[modifier] Parfum

Depuis longtemps utilisée par les paysans, elle diffuse un parfum de coumarine qui fait fuir les mites. On en parfume donc le linge dans les armoires comme on le fait avec la lavande. Elle peut être utilisée dans la fabrication de répulsifs contre les insectes.
L'industrie exploite son odeur de vanilline. On peut la trouver pour la même raison en pot-pourri de fleurs séchées.

[modifier] Teinture

On extrait un colorant rouge des racines du gaillet odorant (ce colorant naturel est présent dans de nombreuses Rubiacées et peut être utilisé comme celui de la Garance pour teindre la laine) (usage ancien).

[modifier] Substitut au tabac

Mêlées à des feuilles de menthe et de tussilage, les feuilles ont été utilisées comme substitut au tabac.

[modifier] Voir aussi

[modifier] Articles connexes

[modifier] Liens externes

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[modifier] Bibliographie

  • Isabelle Hunault, Plantes sauvages comestibles, reconnaître et cuisiner 35 plantes communes, Ulmer - ISBN 978-2-84138-454-9

[modifier] Notes et références

  1. a et b page sur les propriétés médicinales de l'Aspérule odorante
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