Ashvamedha

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Le sacrifice du cheval ou ashvamedha, en sanskrit, est un rite de l'Inde antique pratiqué par des dirigeants[1], souvent des râjas, c'est-à-dire des rois, afin généralement de montrer leur puissance et d'obtenir la prospérité.

Un ou plusieurs chevaux blancs étaient laissés libres de se déplacer à leur guise accompagnés par un garde royal et parfois par des jeunes gens. Si l'un des râja dont les terres étaient traversées par le cheval s'emparait de l'animal, c'était le signe d'un refus de suzeraineté et le déclenchement de la guerre. Dans le cas contraire, le râja qui laissait traverser ses terres sans intervenir manifestait sa tacite vassalité. Le voyage du cheval était censé symboliser le voyage du Soleil dans le ciel. Partant de là, le roi qui sacrifiait ce cheval passait pour être le seul maître de la Terre, comme le Soleil dominait le Ciel.

Lorsque le cheval revenait de ses pérégrinations, il était sacrifié en grande pompe au cours d'une fête où tous les râja vassaux étaient invités. Mais les hindous modernes (et les historiens) pensent que le sacrifice était seulement symbolique (on remplaçait le cheval véritable par une représentation de cheval) et que le cheval vivant n'était pas réellement abattu (pour des raisons d'ahimsâ, qui est sacrifice intérieur), quoique le sacrifice du cheval, lui, soit bien réel aux yeux des brâhmanes.

Le râja ayant pratiqué le sacrifice du cheval recevait le titre de chakravartin. Le rite est décrit dans les textes anciens, comme le Mahābhārata par exemple. Le premier souverain historique ayant pratiqué l'ashvamedha et dont on garde le souvenir est Pushyamitra Shunga, l'assassin de Brihadratha, le dernier Maurya et le fondateur de la dynastie des Shunga, qui célébra de cette manière sa victoire sur les satrapes grecs. Plus tard, le souverain Samudragupta (330-380) de la dynastie Gupta réalise ce même rituel, et le fait savoir en frappant des monnaies commémorant cet événement sur l'avers. Les grands souverains Chola du XIe siècle l'ont peut-être aussi pratiqué.

Références[modifier | modifier le code]

  1. The A to Z of Hinduism, par B.M. Sullivan publié par Vision Books, pages 93 et 94, ISBN 8170945216