Ashérisme

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Mouvement d'interprétation née en Turquie du karaïsme reposant sur les enseignements d'Asher ben Yoshua, exégète et apologiste du XVIe siècle.

Naissance de l'ashérisme[modifier | modifier le code]

Le personnage d'Asher ben Yoshua est tant une énigme pour ses partisans qu'en terme historique. Appartenant probablement à une famille rabbinite - quoi qu'on l'appelle dans les textes : ben Tsadok (fils de Sadoc, en référence au Grand Prêtre du Temple de Jérusalem), il aurait rejoint le karaïsme après un voyage à Jérusalem.

Ayant constitué un premier groupe en Turquie, sa terre natale, dans le tournant du XVIe siècle ; il se réfugie en Crimée sous la pression conjointe de ses coreligionaires et des autorités locales.

À l'instar des autres karaïtes, les partisans d'Asher ben Yoshua connurent un long déclin à partir du XIXe siècle qui ne cessa de s'accentuer au XXe siècle pour être réduit à quelques familles dispersées jusqu'à présent. Un déclin accentué par l'élitisme doctrinal régnant en son sein.

Originalité idéologique[modifier | modifier le code]

La doctrine[modifier | modifier le code]

Toute l'originalité idéologique de l'ashérisme par rapport à d'autres mouvements karaïtes repose sur trois niveaux :

  1. . L'interprétation de la Torah : Reposant sur la croyance en un maskil (sage interprétant la torah), la doctrine ashérite a une véritable obsession de l'interprétation la plus juste de la Torah et de cette « vérité cachée » qui élèverait les hommes.
  2. . La Torah politique : Pour Asher et ses partisans, l'application concrète de la Torah comme loi des hommes demandait une organisation en cohérence avec celle-ci. De ce fait, il se développa des structures politiques en concordance avec la Bible tel que le Sanhédrin.
  3. . La piété et la Loi : L'exégète insista très largement sur l'idéal de piété sur une base idéale qui est l'application au sens strict (ce qui n'exclut pas la lecture apologique) de la Torah.

Différences avec le karaïsme traditionnel[modifier | modifier le code]

Les différences entre l'ashérisme et le karaïsme traditionnel sont importantes :

  • Les hakhamim (sages) ashérites, furent et sont bien plus influencés par la pensée des Sadducéens que par Anan ben David.
  • L'ashérisme a renoué avec des structures inconnues par le karaïsme traditionnel.
  • Se considérant comme les héritiers du judaïsme biblique, les partisans d'Asher se démarquent des karaïtes classiques en adoptant une tradition issue de l'enseignement des Sages.
  • Si le culte est assez similaire, certaines particularité distinguent les ashérites comme l'adoption des tefilin, un shabbat ascétique, l'adoption d'un calendrier luni-solaire…

Développement de l'ashérisme[modifier | modifier le code]

Avec la naissance du mouvement talmidique (de talmid, élève en hébreu) dans les années 2000, l'ashérisme tente une restructuration amorcée peu avant la guerre civile en Ukraine.

Une restructuration qui veut rompre avec plusieurs aspects de l'ashérisme dont :

  • L'élitisme, vecteur d'exclusion.
  • Le concept de vérité descendante (donnée par les sages aux croyants).
  • L'enseignement exclusivement en langue hébraïque.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]