Artois

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50° 30′ N 2° 30′ E / 50.5, 2.5 ()

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Artois

Drapeau Blason
Description de cette image, également commentée ci-après

La province d'Artois au sein du royaume de France avant la réorganisation territoriale de 1789.


Informations générales
Capitale Arras
Religion Christianisme (catholicisme)
Démographie
Population 1 110 106
Superficie
Superficie 4 911


L’Artois (Artesië en Néerlandais) est un pays traditionnel de France et une province du Royaume sous l’Ancien Régime, ayant pour capitale Arras, aujourd’hui inclus dans le département du Pas-de-Calais. Les habitants de l’Artois sont les Artésiens. Le nom Artois demeure aujourd’hui dans le nom de communautés de communes et de pays d’aménagement du territoire.

Géographie[modifier | modifier le code]

Étendue géographique[modifier | modifier le code]

    Source de cette section : État par ordre alphabétique des Villes, Bourgs, Villages & hameaux de la Généralité de Flandres & d'Artois.

En 1789, juste avant l'abolition des provinces, l'Artois avait une superficie de 4 911 km². Au 1er janvier 2008, 1.110.106 personnes vivaient sur ce territoire de 4 911 km2, soit une densité de population de 226 hab./km², deux fois la densité moyenne de la France.

La province d'Artois était composée de :

Géologie[modifier | modifier le code]

Le sud de l'Artois est marqué par les collines de l'Artois qui correspondent à une zone de soulèvement le long de nombreuses lignes de failles parallèles[1].

Le pendage des couches argileuses et poreuses expliquent le phénomène connu sous le nom de puits artésiens

Principales villes[modifier | modifier le code]

Au recensement de 1806, les 10 plus grandes villes de l'Artois étaient :
 1- Saint-Omer : 20 362 habitants
 2- Arras : 19 286 habitants
 3- Aire-sur-la-Lys : 8408 habitants
 4- Béthune : 6 379 habitants
 5- Carvin : 4 522 habitants
 6- Lillers : 4 154 habitants
 7- Laventie : 4 070 habitants
 8- Hesdin : 3 450 habitants
 9- Saint-Pol-sur-Ternoise : 3 409 habitants
10- Lestrem : 3 274 habitants

Histoire[modifier | modifier le code]

Blason de l'Artois

Les contours de l'Artois ont varié au cours des siècles, en fonction des aléas de l'histoire et des rattachements ou séparations d'avec les comtés voisins, comté de Boulogne, comté de Flandre, etc.

Préhistoire[modifier | modifier le code]

Les Atrébates[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Atrébates.

L'Artois correspond à peu près au pays de la tribu gauloise des Atrébates, dont la capitale Nemetocenna est devenue Arras. Les Romains intégrèrent ce pays dans la province romaine de Belgique.

Le pagus Atrebatensis[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Pagus Atrebatensis.

L'Artois fut conquis au Ve siècle par les Francs et donné en 863 par Charles le Chauve à Judith, sa fille, qui épousa Baudouin Bras de Fer, comte de Flandre.[réf. nécessaire]

Après avoir été longtemps possédé par les comtes de Flandre, sous la suzeraineté de la France, il fut réuni à la couronne par Philippe-Auguste en 1180.

Le comté d'Artois[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Comté d'Artois.

Saint Louis donna l'Artois en 1237, avec titre de comté, à Robert, son frère puîné.

Après avoir relevé des ducs de Bourgogne, l'Artois est rattaché au domaine royal à la mort de Charles le Téméraire le 5 janvier 1477. Le traité de Senlis, l'attribue à l'Empereur Maximilien Ier. La suzeraineté en est perdue par François Ier de France au traité de Cambrai et il passe par héritage aux Habsbourg d'Espagne et fut annexé définitivement par la France après la guerre de Trente Ans, le 7 novembre 1659 aux termes du traité des Pyrénées, sauf Aire-sur-la-Lys et Saint-Omer (l'Artois réservé) qui ne revint à la France qu'en 1678. Annexée dans un premier temps à la Picardie, La province devient un « Gouvernement général  » en 1764.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Robert Ier d'Artois brise les armes paternelles « de France ancien » (semé de fleurs de lys) par un lambel chargé de neuf châteaux. Cette surcharge fait référence à la fois aux neuf châtellenies d'Artois (Guînes, Tournehem, Saint-Omer, Aire-sur-la-Lys, Béthune, Hesdin, Bapaume, Lens...) et aux armes de la maison de sa mère, Blanche de Castille (« de gueules au château d'or ouvert et ajouré d'azur »). Blanche de Castille possédait les châtellenies de Hesdin, Bapaume et Lens avant 1237 comme douaire[2].

Artois actuel[modifier | modifier le code]

L'université d'Artois à Lens, dans les grands bureaux des houillères (2003)

L'Artois est également une fédération rassemblant différents pôles de l'université du même nom, créée en 1992 dont le siège est situé à Arras :

Pendant plus d'un siècle, la vie au sud de l'Artois a été tournée vers l'exploitation du charbon. Il en reste des terrils, des chevalements de mines et des musées. Le nord de cette région demeure plus agricole notamment par l'élevage et la culture des endives et des choux-fleurs (tous deux AOC).

Les Boyaux rouges[modifier | modifier le code]

C'est ainsi que l'on surnomme (en picard prononcez "bo-iaux") les habitants du Pas-de-Calais ou, plus précisément, du sud de l'Artois à partir de Noeux-les-Mines (le Béthunois et la région de Lens).

L'origine du sobriquet Boyaux rouges est inconnue. Les trois explications les plus courantes sont en rapport avec les histoires suivantes :

  • Les soldats artésiens portaient une ceinture de toile rouge. Le surnom leur aurait été donné par les Picards à partir du XVIe siècle. D'autres disent que c'étaient les saisonniers des moissons qui portaient cette ceinture rouge ;
  • Les Artésiens auraient eu le tempérament bouillant ;
  • L'Artois est revenue en 1659 à la couronne de France. Elle a conservé ses privilèges et a ainsi échappé à l'impôt impopulaire de la gabelle, l'impôt sur le sel. Le sel n'étant donc pas cher en Artois, sa consommation y était plus abondante que chez les voisins picards. Jaloux de ce privilège, ils disaient : « I minge't tellemint d'sé qu'i'n n'ont leu boyaux rouches comme un'n crête ed'dindon » (Ils consomment tant de sel que leurs boyaux sont rouges comme une crête de dindon).

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Everaerts M.,& Mansy J.L., 2001 ; Le filtrage des anomalies gravimétriques ; une clé pour la compréhension des structures tectoniques du Boulonnais et de l’Artois (France). Bulletin de la Société Géologique de France, 3, 267-274
  2. Gérard Sivéry, Les Capétiens et l'argent au siècle de Saint Louis, Presses universitaires du Septentrion, Paris, 1995, p. 88.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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