Artistes de la cour des Tudor

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Le Rainbow Portrait, représentant Élisabeth I en tant que « Reine de l'Amour et de la Beauté » par Isaac Oliver, vers 1600, incarne l'iconographie complexe associée aux portraits de la cour des Tudor[1].

Les artistes de la cour des Tudor sont les peintres et enlumineurs engagés par les monarques anglais de la maison Tudor et leurs courtisans entre 1485 et 1603, à partir du règne d'Henry VII jusqu'à la mort d'Élisabeth Ire.

Souvent à la tête d'un atelier où travaillaient des assistants et apprentis, plusieurs de ces artistes ont produit des œuvres de disciplines différentes, comme des portraits en miniatures, des peintures sur bois, des manuscrits à enluminures, des emblèmes héraldiques, et des croquis élaborés pour des masques, des tournois et autres évènements.

Caractéristiques et iconographie[modifier | modifier le code]

Dessin de Jane Seymour par Holbein, 1536-37.
Portrait de Jane Seymour par Holbein, 1536-37.

La période Tudor se marque par un isolement inhabituel de l'Angleterre par rapport aux tendances européennes. Au début, la Guerre des Deux-Roses avait fortement perturbé l'activité artistique, qui, à l'exception de l'architecture, demeurait à un faible niveau vers 1485. La Maison d'York détrônée par les Tudors était très proche de son allié le duc de Bourgogne, et les diplomates anglais faisaient exécuter leurs portraits par les plus brillants peintres flamands - Edward Grimston par Petrus Christus et Sir John Donne par Hans Memling par exemple[2]. Toutefois, ces deux portraits ont été peints à l'étranger. Lors de la période Tudor, les artistes étrangers étaient souvent accueillis somptueusement par la Cour anglaise. Les peintres flamands restaient prédominant, bien que l'influence française ait également été importante chez Lucas Horenbout et Nicholas Hilliard, respectivement fondateur et plus grand représentant de la tradition purement anglaise des portraits miniatures.

Avec la fin de la peinture religieuse suite à la Réforme, et le peu d'intérêt pour la mythologie classique jusqu'à l'extrême fin de la période, le portrait restera la plus importante forme de peinture pour tous les artistes de la cour Tudor, et le seul type d'œuvre à avoir survécu en quantité. Beaucoup de ces portraits aujourd'hui perdus peuvent être vus dans le livre d'Holbein contenant les dessins préparatoires de portraits dont la majorité des pages est conservée à la Royal Collection[3]. Le portrait s'étend de la simple miniature informelle, peinte d'après nature durant quelques jours et destinée à la contemplation privée[4] aux grands portraits d'Elizabeth I, tel que le portrait dit « l'arc-en-ciel », avec l'iconographie symbolique de la robe, les bijoux, et l'inscription[5].

Une communauté d'artistes[modifier | modifier le code]

Résidents[modifier | modifier le code]

Visiteurs[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Strong 1987, pp. 50-52
  2. Les deux portraits sont conservés à la National Gallery de Londres.
  3. Holbein and the Court of Henry VIII, The Queen's Gallery, Buckingham Palace, 1978, pp. 11, 16
  4. Strong 1983.
  5. Strong 1987.
  6. Hearn, p. 46

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Hearn, Karen (éd.), Dynasties : Painting in Tudor and Jacobean England 1530-1630. New York: Rizzoli, 1995. ISBN 0-8478-1940-X
  • (en) Hearn, Karen (2001), Insiders or outsiders ? Foreign-born artists at the Jacobean court, in From strangers to citizens: the integration of immigrant communities in Britain, Ireland, and colonial America, 1550-1750, ed. Randolph Vigne, Charles Littleton, Huguenot Society of Great Britain and Ireland, Sussex Academic Press, 2001, ISBN 1-902210-86-7, ISBN 978-1-902210-86-5, Google books
  • (en) Holbein and the Court of Henry VIII : the Queen's Gallery, Buckingham Palace, 1978-1979. London: Queen's Gallery, 1979.
  • (en) Honig, Elizabeth, "In Memory: Lady Dacre and Pairing by Hans Eworth" in Renaissance Bodies: The Human Figure in English Culture c. 1540-1660 édité par Lucy Gent et Nigel Llewellyn, Reaktion Books, 1990, ISBN 0-948462-08-6
  • (en) Kinney, Arthur F., Nicholas Hilliard's "Art of Limning", Northeastern University Press, 1983, ISBN 0-930350-31-6
  • (en) Reynolds, Graham, Nicholas Hilliard & Isaac Oliver, Her Majesty's Stationery Office, 1971
  • (en) Strong, Roy,The English Icon: Elizabethan and Jacobean Portraiture, 1969, Routledge & Kegan Paul, Londres (Strong 1969)
  • (en) Strong, Roy, Nicholas Hilliard, 1975, Michael Joseph Ltd, Londres, ISBN 0-7181-1301-2 (Strong 1975)
  • (en) Strong, Roy, The Cult of Elizabeth, 1977, Thames and Hudson, Londres, ISBN 0-500-23263-6 (Strong 1977)
  • (en) Strong, Roy, Artists of the Tudor Court: The Portrait Miniature Rediscovered 1520-1620, Victoria & Albert Museum, catalogue d'exposition, 1983, ISBN 0-905209-34-6 (Strong 1983)
  • (en) Strong, Roy, "From Manuscript to Miniature" in John Murdoch, Jim Murrell, Patrick J. Noon et Roy Strong, The English Miniature, Yale University Press, New Haven et Londres, 1981 (Strong 1981)
  • (en) Strong, Roy, Gloriana: The Portraits of Queen Elizabeth I, Thames and Hudson, 1987, ISBN 0-500-25098-7 (Strong 1987)
  • (en) Waterhouse, Ellis; Painting in Britain, 1530-1790, 4e édition, 1978, Penguin Books (Yale History of Art series)