Arthurdendyus triangulatus

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Arthurdendyus triangulatus (parfois dénommé Artioposthia triangulata) est un grand vers plat (Plathelminthe) originaire de Nouvelle-Zélande et introduit en Europe où il est localement devenu invasif.

De grande taille (5 mm à la sortie de l'œuf à 17 cm pour l'adulte mature), il pose problème en tuant les vers de terre qui n'ont pas en Europe le comportement d'évitement qu'ont développé leurs cousins de Nouvelle-Zélande.

L'adulte a le dos brun foncé et le ventre pâle. Les jeunes sont pâles, leur couleur fonce avec l'âge. Ses œufs sont protégés dans une capsule de la taille d'un petit pois, portée sur le dos de d'adulte.

Les personnes qui observent ce ver (ou des vers plats similaires) en France sont invitées à le signaler au Muséum[2].

Description[modifier | modifier le code]

Sa taille varie de 5 mm immédiatement après son éclosion à 17 cm pour les spécimens adultes. La couleur de la face ventrale est pâle, la face dorsale brun foncé. Les jeunes peuvent varier en couleur entre le blanc et l'orange pâle, leur couleur s'approchant de sa teinte définitive au fil de la croissance.

En journée, les vers peuvent être observés à la surface du sol, sous des objets en contact direct avec la terre. On peut aussi en trouver à une faible profondeur, lorsqu'ils chassent les vers de terre.

Reproduction[modifier | modifier le code]

L'adulte produit une capsules d'œufs d'environ 8 mm de long.
Ces capsules sont brillantes, flexibles et de couleur rouge cerise les premiers jours, virant graduellement vers le noir en quelques jours. Après une période d'incubation de durée inconnue, plusieurs minuscules vers pâles sortent de la capsule. Les adultes ne produisent qu'une capsule à la fois, celle-ci étant nettement visible sur la partie dorsale.

Espèce invasive[modifier | modifier le code]

En Europe, ce ver plat de Nouvelle-Zélande est considéré comme une espèce invasive et comme « espèce exotique envahissante », puisqu'il n'appartient pas à l'écosystème local et qu'il en perturbe la biodiversité. Il semble exclusivement se nourrir de vers de terre[3].Il a déjà formé de nombreux noyaux de colonisation en Angleterre, en Écosse, en Irlande du Nord et même aux Îles Féroé[4].

Le biologiste anglais Brian Boag[5] a suggéré en 1995 qu'il pourrait trouver des habitats favorables dans l'ouest de la Norvège, le sud de la Suède, le Danemark, l'Allemagne et quelques territoires du nord de la Pologne s'il y était introduit[6].

Il est facilement et accidentellement transporté dans la terre de plantes en pot, à l'état adulte ou à l'état d'œuf, et il tend à devenir courant dans les jardins de dizaines ou centaines de localités.

Il aurait pu être introduit en Europe au début des années 1960, probablement avec des chargements de plantes exotiques. Il a été signalé pour la première fois à Belfast en 1963.

Une espèce invasive de Geoplanidae - qui n'a pas encore été identifiée mais qui n'est pas cette espèce - a été découverte dans trois départements français pendant l'hiver 2012-2013[2] et un appel à témoignage a été lancé pour vérifier si elle n'a pas déjà colonisé d'autres territoires.

Impacts agro-écologiques[modifier | modifier le code]

Ce ver plat se nourrit presque exclusivement de vers de terre[7],[8]. Il ajoute ses effets à ceux d'au moins deux autres espèces proches de vers plats néozélandais également connues pour manger des vers de terre, et également introduites au Royaume-Uni (Pour seulement 3 espèces indigènes connues de vers plats terrestres en Angleterre, au moins 12 espèces exotiques de vers plats y ont été involontairement introduites dont six au moins mangent des vers de terre[9]).

En réduisant drastiquement le nombre de vers de terre du sol, il entraine une dégradation du processus d'humification et d'aération des sols.

Les prédateurs habituels des vers de terre européens semblent le délaisser ou ne pas le considérer comme une proie de premier choix bien que quelques prédateurs naturels aient occasionnellement été observés en train d'en manger (larves de coccinelle et certaines grenouilles).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Dendy, 1896 : Notes on New Zealand Land Planarians Part II. Transact New Zealand Inst 28 pp. 210-214.
  2. a et b INPN/Muséum (2013) Page d'appel à témoins de l'Inventaire National du Patrimoine Naturel sur des vers plats invasifs similaires en France
  3. Lillico, S., D. Cosens et P. Gibson (1996). Studies on the behaviour of Artioposthia triangulata (Platyhelminthes : Tricladida), a predator of earthworms. Journal of Zoology 238:5 13-520
  4. Mather, J. G., and 0. M. Christensen (1992) The exotic land planarian Artioposthia triangulata in the Faroe Islands : colonisation and habitats. Frbdskaparrit 40:49-60.
  5. Brian Boag était alors membre du SCRI (Scottish Crop Research Institute), qui a fusionné avec le "Macaulay Land Use Research Institute" en 2011 pour donner l'actuel James Hutton Institute.
  6. Boag, B., Evans, K.A., Neilson, R., Yeates, G.W., Johns, P.M., Mather, J.G., and Christensen, O.M. (1995). The potential spread of terrestrial planarians Artioposthia triangulata and Australoplana sanguinea var. alba to continental Europe. Annals of Applied Biology 127: 385-390.
  7. Jones, H. D. (2005) Identification: British land flatworms. British Wildlife, 16, 189-194. (Texte intégral)
  8. (en) Boag, B, K A Evans, G W Yeates, P M Johns & R Nielson, « Assessment of the global potential distribution of the predatory land planarian Artioposthia triangulata (Dendy) (Tricladida: Terricola) from ecoclimatic data », New Zealand Journal of Zoology, vol. 22,‎ 1995, p. 311–318 (lire en ligne)
  9. Brian Boag, Gregor W. Yeates (2001) The potential impact of the New Zealand flatworm, a predator of earthworms, in western Europe ; Ecological Applications, Vol. 11, No. 5. (Oct.2001), pp. 1276-1286 ; Ecological Society of America

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]