Arthur de La Guéronnière

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Arthur de La Guéronnière.
Portrait de La Guéronnière par Lafosse.

Louis-Étienne-Arthur Dubreuil-Hélion, vicomte de La Guéronnière, né au Dorat le 6 avril 1816 et mort à Paris le 23 décembre 1875, est un journaliste, essayiste, diplomate et homme politique français du XIXe siècle.

Biographie[modifier | modifier le code]

Membres d'une famille poitevine et limousine d'ancienne noblesse et légitimiste, Arthur et son frère aîné Alfred s'adonnèrent au journalisme.
Contrairement à Alfred, Arthur finit par s'éloigner du légitimisme au profit d'opinions plus progressistes. En 1845, après la publication d'une série d'articles dans L'Avenir national de Limoges, il fut remarqué par Alphonse de Lamartine, qui devint dès lors le mentor politique et littéraire du jeune publiciste.

En 1848, Arthur de La Guéronnière refusa le poste de commissaire de la République en Corrèze que lui offrait son ami, entré au gouvernement à la faveur de la Révolution de Février. Il accepta cependant de l'assister en tant que chef de cabinet et de collaborer très activement aux journaux fondés par le célèbre poète, tout d'abord Le Bien public, qu'il cofinança et pour lequel il écrivit de nombreux articles, puis, en 1850, Le Pays, dont il assura la direction. Il écrivit également des articles pour La Presse d'Émile de Girardin.

Initialement opposé à Louis-Napoléon Bonaparte, il se rapprocha du président de la République et s'éloigna de Lamartine à partir de 1851. En octobre de la même année, un autre légitimiste rallié à Bonaparte, Horace de Viel-Castel, conseilla au président de recourir au talent et à l'intelligence de La Guéronnière pour concurrencer l'influence du puissant patron de presse Louis Véron, propriétaire du Constitutionnel[1]. Organisée par Viel-Castel, une entrevue eut lieu au début de novembre entre le président et le journaliste, qui accepta de faire du Pays un des principaux organes de la presse bonapartiste. Quelques jours plus tard, le frère cadet d'Arthur, la baron Charles de La Guéronnière, fut nommé sous-préfet.
Malgré son opposition au Coup d’État (qui lui fit annoncer sa démission dans Le Pays du 4 décembre[2]), La Guéronnière confirma peu de temps après son ralliement au nouveau régime en devenant son candidat officiel aux élections de 1852 au Corps législatif et en se faisant ainsi élire député dans le Cantal.
Deux ans plus tard, il quitta le Corps législatif pour le Conseil d’État. Il fut également élu conseiller général de la Haute-Vienne.
En 1856, La Guéronnière fut pressenti pour succéder à Hippolyte Fortoul au ministère de l'Instruction publique et des Cultes, mais ce fut Gustave Rouland qui obtint ce portefeuille.

Directeur général de la Librairie et de la Presse auprès du ministère de l'Intérieur, il accepta à ce titre de participer à la censure et d'écrire plusieurs articles et brochures politiques sous la dictée de Napoléon III, devenant ainsi l'une des principales « plumes » de l'empereur. Ses trois brochures intitulées L'Empereur Napoléon III et l'Italie (le 4 février 1859), Le Pape et le Congrès (le 22 décembre 1859) et La France, Rome et l'Italie (février 1861) servirent ainsi à annoncer et justifier les orientations de la politique italienne de l'empereur.
Ces services politiques valurent à La Guéronnière un mandat de sénateur en juillet 1861. Orateur remarqué au palais du Luxembourg, il se prononça en faveur de la libéralisation du régime après 1863. En août 1862, il fonda un nouveau journal La France, dont la ligne éditoriale conciliait la fidélité à l'Empereur et la réaffirmation du pouvoir temporel du pape[3].

Décoré de la croix de grand officier de la Légion d'honneur le 14 août 1866, Arthur de La Guéronnière obtint, en août 1868, l'ambassade de Bruxelles, où il dut négocier avec le chef du gouvernement, Frère-Orban, pour permettre à une compagnie française d'exploiter les chemins de fer du Luxembourg. Il fut enfin nommé, en juin 1870, à l'ambassade de Constantinople. Il dut cependant rapidement abandonner ce dernier poste diplomatique, la chute du Second Empire l'ayant contraint à renoncer à la politique et à reprendre ses activités journalistiques. Il assura ainsi la direction politique de La Presse entre 1871 et 1875.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Horace de Viel-Castel, Mémoires sur le règne de Napoléon III 1851-1864, Paris, Robert Laffont, 2005, p. 135 (vendredi 31 octobre 1851).
  2. Horace de Viel-Castel, p. 148 (jeudi 4 décembre 1851).
  3. Horace de Viel-Castel, p. 970 (vendredi 16 mai 1862).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]