Arthur Shawcross

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Shawcross.
Arthur Shawcross

Arthur Shawcross (au milieu)
Information
Nom de naissance Arthur John Shawcross
Naissance 6 juin 1945
Kittery (États-Unis)
Décès 10 novembre 2008 (à 63 ans)
Cause du décès Arrêt cardiaque
Sentence prison à vie sans possibilité de liberté conditionnelle
Meurtres
Nombre de victimes 12
Période 7 mai 1972 - 28 décembre 1989
Pays États-Unis
États New York
Arrestation 5 janvier 1990

Arthur John Shawcross (6 juin 1945 à Kittery (Maine) - 10 novembre 2008) était un tueur en série américain, aussi connu sous le nom de Killer Genesee River ou l'étrangleur de Rochester, New York. Il a revendiqué le meurtre de la plupart de ses victimes après avoir bénéficié d'une liberté conditionnelle une 1re fois suite à une condamnation dans le meurtre de deux enfants, ce qui a conduit à une critique du système judiciaire.

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Shawcross est né à Kittery, dans le Maine. Mais, sa famille a déménagé à Watertown, dans l'État de New York quand il était jeune. Alors que plusieurs années plus tard il fut démontré que Shawcross possédait une intelligence en dessous de la moyenne, voire qu'il était attardé mental, il a eu des A et des B lors de ses deux premières années à l'école primaire[1]. À sa cinquième année[2], les résultats de l'un de ses tests ont montré que son QI était « inférieur à la normale » (entre 86 et 92). Shawcross était enclin à l'intimidation, mouiller son lit de façon chronique, du moins jusqu'à ses 12 ans[3], et à la violence physique. En 1960, il abandonne le lycée, et quand il a eu 21 ans, il s'est engagé dans l'armée de terre, en avril 1967[4]. À cette époque, il divorce de sa première femme et lui laisse la garde de leur enfant d'un an et demi, qu'il n'a jamais revu[5].

Après la fin, en septembre 1968 de son service militaire au Viêt Nam, Shawcross a été transféré à Fort Sill, Oklahoma en tant qu'armurier[6]. Sa seconde femme, Linda,a connu plusieurs aspects de son comportement dérangeant, surtout son penchant d'incendiaire ; un des psychiatres de l'armée lui a dit que son mari éprouvait du plaisir sexuel en allumant des incendies[7]. Linda Shawcross a également assisté au meurtre de leur chiot de six mois par son mari[8]. Shawcross quitta l'armée avec les honneurs au printemps 1969[9].

Shawcross a quitté l'Oklahoma pour Clayton, New York avec sa femme (qui allait bientôt demander le divorce), où il commence à commettre des infractions allant de l'incendie criminel au cambriolage[10]. Ses crimes lui ont valu de purger une peine de 5 ans à Attica, mais il fut finalement transféré au Centre correctionnel d'Auburn, où il resta 22 mois. Libéré sur parole en octobre 1971, il est retourné à Wavertown, éventuellement pour trouver du travail dans une entreprise de travaux publics de la ville et se marier pour la 3e fois. En mai 1972, ShawCross a violé et assassiné un jeune garçon de 10 ans, Jack Owen Blake, après l'avoir attiré dans les bois. Quatre mois plus tard, il a violé et tué Karen Ann Hill, une jeune fille de 8 ans, qui était en visite à Wavertown avec sa mère pour le week-end de la fête du travail.

Arrêté pour ces crimes, Shawcross a avoué les avoir commis. En vertu d'une transaction pénale, il a révélé où il avait caché le corps de Jack. Il a plaidé coupable d'homicide involontaire sur la personne de Karen Ann Hill et les charges concernant Jack Blake ont été abandonnées. Il a été reconnu coupable et condamné à 25 ans de prison.

Shawcross fit 14 ans et demi de prison et fut libéré sur parole en avril 1987[11]. Il ne tenait pas en place et personne ne voulait l'accueillir chez lui et aucune entreprise ne voulait de lui comme employé à cause de son passé criminel. Son officier de liberté conditionnelle l'a relogé à Rochester en juin 1987 ou il vécut dans l'appartement Normandy no 316[12].

Seconde série de meurtres[modifier | modifier le code]

En mars 1988, Shawcross a recommencé à tuer, principalement des prostituées, dans le quartier où il vivait, avant sa capture, moins de deux ans plus tard. Il a été reconnu coupable de 11 meurtres, avec un 12e qu'on ne lui a pas attribué officiellement. Les victimes ont été[13] :

# Nom Âge Disparition Découverte du corps
1. Dorothy "Dotsie" Blackburn 27 18 mars 1988 24 mars 1988
2. Anna Marie Steffen 28 9 juillet 1988 11 septembre 1988
3. Dorothy Keeler 59 29 juillet 1989 21 octobre 1989
4. Patricia "Patty" Ives 25 29 septembre 1989 27 octobre 1989
5. June Stotts 30 23 octobre 1989 23 novembre 1989
6. Marie Welch 22 5 novembre 1989 5 janvier 1990
7. Frances "Franny" Brown 22 11 novembre 1989 15 novembre 1989
8. Kimberly Logan 30 15 novembre 1989 15 novembre 1989
9. Elizabeth "Liz" Gibson 29 25 novembre 1989 27 novembre 1989
10. Darlene Trippi 32 15 décembre 1989 5 janvier 1990
11. June Cicero 34 17 décembre 1989 3 janvier 1990
12. Felicia Stephens 20 28 décembre 1989 31 décembre 1989

Toutes les victimes ont été assassinées dans le comté de Monroe, à l'exception de Gibson, qui fut tuée dans le comté de Wayne.

Le corps de June Cicero a été découvert par surveillance aérienne le 3 janvier 1990.

Shawcross a été repéré par l'équipe de surveillance (et par un témoin oculaire), debout, près de sa voiture, apparemment en train d'uriner sur un pont traversant Salmon Creek; ruisseau dans les eaux congelées duquel on a retrouvé le corps de sa dernière victime[14]. Il fut mis en garde à vue dans la soirée du 3 janvier 1990. Deux jours plus tard, il fut placé en détention provisoire. Durant sa garde à vue, il a avoué tous les meurtres.

Procès et condamnation[modifier | modifier le code]

En novembre 1990, Shawcross fut inculpé de 10 meurtres par le premier adjoint du procureur du district du comté de Monroe, Charles J. Siragusa. Shawcross a plaidé non coupable pour cause de démence, avec pour témoin le psychiatre Dorothy Lewis, qui a affirmé qu'il souffrait de trouble de la personnalité, de stress post-traumatique et qu'il avait peut-être été maltraité dans son enfance.
Shawcross, qui avait servi au Vietnam, dans la 4e compagnie de transport et d'approvisionnement de la 4e division d'infanterie[15], a raconté des histoires farfelues selon lesquelles il aurait commis des crimes durant son service militaire lorsqu'il était seul dans la jungle[16]. Lors de son retour du service militaire, Shawcross a déclaré avoir vu des soldats américains blessés de la tête au pieds[17],[18], décapiter deux femmes et placer leurs têtes sur des poteaux[19]. Le profiler du FBI, Robert K. Ressler a examiné les déclarations de la psychiatre pour l'accusation avant le procès. Ressler a écrit que « les déclarations de la psychiatres selon lesquelles Shawcross avait été témoin d'atrocités en temps de guerre étaient manifestement fausses et scandaleuses »[20]. Shawcross a été reconnu coupable de 10 meurtres au second degré et condamné à 250 ans de prison pour les meurtres commis dans le comté de Monroe.

Quelques mois plus tard, Shawcross fut transféré au Comté de Wayne pour y être jugé pour le meurtre de Gibson. Il a plaidé coupable et a été condamné à la prison à vie.

En 1992, l'auteur de romans policiers Joel Norris a écrit un livre sur l'affaire. Le livre de poche a été mis en vente avec un CD contenant « les confessions en direct de Shawcross sur ses crimes odieux ! ». Cet ouvrage fut beaucoup critiqué et ces critiques disaient que Norris avait rendu ce cas sensationnel.

Emprisonnement et mort[modifier | modifier le code]

Shawcross fut placé dans le centre de détention Sullivan à Fallsburg (New York) jusqu'à sa mort, le 10 novembre 2008, au centre médical d'Albany[13], par arrêt cardiaque à 21h50[21].

Shawcross laisse une fille et une petite-fille.

Liens internes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. (Olsen 1993, p. 167–168)
  2. (Olsen 1993, p. 175)
  3. (Olsen 1993, p. 171)
  4. (Olsen 1993, p. 52)
  5. (Olsen 1993, p. 52–53)
  6. (Olsen 1993, p. 56)
  7. (Olsen 1993, p. 58–59)
  8. (Olsen 1993, p. 60)
  9. (Olsen 1993, p. 61)
  10. (Olsen 1993, p. 192–193)
  11. (Olsen 1993, p. 208)
  12. (Olsen 1993, p. 224)
  13. a et b (en) « Serial Killer Arthur Shawcross Dead », sur www.13wham.com,‎ 11 novembre 2008 (consulté le 5 juin 2012)
  14. (Olsen 1993, p. 379)
  15. (Olsen 1993, p. 189)
  16. (Olsen 1993, p. 446)
  17. (Olsen 1993, p. 192)
  18. (Olsen 1993, p. 55)
  19. (Olsen 1993, p. 190–191)
  20. (Ressler et Schactman 1992, p. 276)
  21. (en) « Upstate New York serial killer dies », sur www.cnycentral.com, The Associated Press,‎ 11 novembre 2008 (consulté le 5 juin 2012)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jack Olsen, The Misbegotten Son, Delacorte Press,‎ 1993 (ISBN 0-385-29936-2)
  • Robert Ressler et Tom Schactman, Whoever Fights Monsters: My Twenty Years Hunting Serial Killers for the FBI, St. Martin's Press,‎ 1992 (ISBN 0-312-95044-6)