Arthur Rudolph

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Arthur Rudolph

Arthur Rudolph (-) est un ingénieur allemand. Ancien nazi, il fut recruté après-guerre par les États-Unis, travaillant à la NASA jusqu'à ce que son passé fût publiquement révélé en 1984.

Avant-guerre[modifier | modifier le code]

Membre du NSDAP dès 1931, il fut aussi membre de la SA[1]. Il travailla sous la direction de von Braun pour mettre au point la fusée V-2. Pendant la guerre, il fut directeur des opérations à l'usine de Mittelwerk (en) au camp de concentration Dora-Mittelbau, centre de la conception des V-2.

Après-guerre[modifier | modifier le code]

À la Libération, le rapport de sécurité des Alliés le décrivait comme: « 100 % nazi, type dangereux, menace de sécurité ». Cependant, il travailla pour les Britanniques de juillet à octobre 1945 dans le cadre de l'opération Backfire (en). Ensuite, il fut recruté, avec von Braun, par la JIOA, organisme du Département de la Défense, dans le cadre de l'opération Paperclip. Son dossier fut alors modifié par la JIOA en y remplaçant les informations incriminantes par « rien dans l'état actuel n'indique qu'il est un criminel de guerre ou un nazi ». Il travailla ainsi à White Sands Missile Range (en) puis, à partir de janvier 1947, à l'Ordnance Research and Development Division. Ayant été exfiltré aux États-Unis, on lui demanda en avril 1949 de se rendre au Mexique et de revenir légalement afin d'obtenir un visa ; par la suite, il fut naturalisé américain en novembre 1954.

En 1950, il fut directeur du projet PGM-11 Redstone, puis manager du projet sur les missiles MGM-31 Pershing. En 1961, il fut transféré à la NASA, travaillant à nouveau sous les ordres de von Braun. Rudolph se distingua notamment en concevant la fusée lunaire Saturn V utilisée pour le Programme Apollo, et reçut la récompense la plus élevée de la NASA : la NASA Distinguished Service Medal.

Les années 1980[modifier | modifier le code]

En septembre 1982, l'Office of Special Investigations (en), qui avait été créé dans le sillage de l'affaire Klaus Barbie pour enquêter sur la présence éventuelle de criminels de guerre nazis aux États-Unis, lui envoya une lettre en vue d'un entretien[2]. Lorsqu'une enquête sur son passé advint en 1984, il abandonna sa nationalité américaine et quitta les États-Unis pour rentrer en Allemagne, après un accord passé avec les autorités qui préservaient la nationalité américaine de sa femme et de sa fille et maintenaient ses droits à la sécurité sociale. Après une enquête des autorités allemandes, qui ne trouva rien justifiant une inculpation, on lui accorda la nationalité allemande en 1987. Il fit ensuite un procès contre les autorités américaines afin de tenter de recouvrir sa nationalité, mais fut débouté en 1993.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Winterstein, William E. (2003). Gestapo USA. San Francisco: Robert D. Reed.
  2. (en) Never Forget - Emily Newburger, Harvard Law Bulletin, 2002