Ars nova

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page du manuscrit enluminé Le Roman de Fauvel, c. 1318, à l'origine d'un possible début de l'Ars nova. Bibliothèque nationale de France, Paris[1].
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Ars nova (homonymie).

Ars nova est un courant de la musique médiévale occidentale, centrée sur la France, et qui englobe une période comprise entre l'écriture du Roman de Fauvel (1310-1314) et la mort de Guillaume de Machaut (1377). On utilise parfois ce terme pour désigner, d'une manière générale, l'ensemble de la musique polyphonique européenne du XIVe siècle, ce qui inclut des compositeurs italiens tels Francesco Landini, Jacopo da Bologna, Gherardello da Firenze ou encore Lorenzo da Firenze. On se sert plutôt du terme parallèle Trecento (ce qui signifie XIVe siècle en italien) pour désigner la musique créée par ceux-ci et leurs compatriotes.

Historique[modifier | modifier le code]

L’époque de l’Ars nova couvre à peu près les années 1320 à 1380 ; elle a pour centre Paris. Le nom donné à cette époque vient directement d’un traité théorique sur la musique de Philippe de Vitry intitulé Ars Nova ou art nouveau vers 1320 (mais ceci est très contesté). Plusieurs s’arrachent l’invention de ce système dont le même Philippe de Vitry, Johannes de Muris, mathématicien à la Sorbonne qui avait déjà présenté le système mensuraliste de l’Ars nova dans Notitia Artis Musicae en 1321 et Jacques de Liège qui lui rassembla l’ensemble de la théorie musicale du Moyen Âge dans sept énormes livres intitulés Speculum Musicae de 1321 à 1324. Ce nouveau système de notation plus clair, mesuré et strict apporte d’infinies possibilités tant sur le point de vue technique et pratique que théorique. En plus, il a permis à la masse profane d’exercer la musique avec plus de facilité au-delà du bouche à oreille et des exercices mnémoniques qui avaient la fâcheuse tendance à déformer motets, hoquets et rondeaux au fil du temps et du perfectionnement des chanteurs et musiciens.


La controverse de l'Église catholique[modifier | modifier le code]

La musique de l'Ars Nova fut fermement rejetée par le pape Jean XXII[2], mais acceptée par le pape Clément VI. Le chant monophonique, déjà harmonisé pour un simple orgue, s'est vu altéré, fragmenté, et dissimulé derrière des mélodies profanes. Les paroles des poèmes d'amour courtois pouvaient être chantés en dessus de textes sacrés, ou des textes sacrés pouvaient être placés à l'intérieur d"une mélodie profane. Ce n'était pas tant la polyphonie qui était une offense dans les âges médiévaux, mais la notion de musique profane qui se combine au sacré et prenant place dans la liturgie.

Caractéristiques stylistiques[modifier | modifier le code]

Par opposition à l’Ars nova, l’Ars antiqua ou art ancien précède celui-ci et couvre la période approximative de l’an 1240 à 1320. Il est difficile de tracer une ligne séparatrice claire entre l'Ars antiqua et l’époque de l’École de Notre-Dame. Les mêmes genres appartiennent aux deux périodes, de plus, la notation et le rythme se sont plutôt développés avec l’avènement de l’Ars nova vers 1320, ce qui rend les deux premiers encore plus semblables par leur juxtaposition dans le temps. Les principales améliorations qui ont eu lieu lors de l’avènement de cet « art nouveau » sont majeures telles que la polyphonie, le système mensuraliste, la notation mesurée, l'isorythmie et l'isopériodicité. L'idée sous-jacente à l'utilisation de ces techniques était de créer de la musique d'une plus grande expressivité, et de varier le répertoire du siècle précédent. On peut la mettre en parallèle avec l'utilisation de la perspective en peinture, et cette étape est nécessaire si l'on veut comprendre les changements de l'art musical.


Les genres de l'Ars Nova[modifier | modifier le code]

Le motet occupe une place largement dominante, mais partage l'attention avec les chansons polyphoniques savantes.

Le travail de Guillaume de Machaut, chanoine de la cathédrale de Reims et poète, comprend un grand nombre de motets, de lais, rondeaux et ballades.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Earp, Lawrence. .Ars nova. IN Kibler, William W. Medieval France: an encyclopedia. Volume 2 de Garland encyclopedias of the Middle Ages. Routledge, 1995. p. 72-73
  2. http://www.musicologie.org/publirem/docta_sanctorum.html Docta Sanctorum Patrum (1324 ou 1325)