Arobase

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L'arobase[1] (nom féminin)[2], a commercial[3] ou par anglicisme « at » également appelé arrobase[3], arrobe[4], arobaxe [5], arrobas[3] ou parfois populairement arobasque, est le caractère typographique @. Selon le Ramat de la typographie 2005, l'emploi du terme a commercial est réservé aux cas dans lesquels le caractère signifie « le prix unitaire d'un article »[6][7]. L'arobase est un logogramme formé d'un a écrit en minuscule dont la patte du coin bas-droit est prolongée jusqu'à faire le tour de la lettre dans le sens inverse des aiguilles d'une montre en revenant au coin bas-droit : @.

Origine[modifier | modifier le code]

Origine du nom[modifier | modifier le code]

Le nom arobase, forme la plus fréquente, est une déformation récente du castillan arroba(s), qui désigne une unité de mesure de poids et de capacité (dite en français arrobe), en usage en Espagne et au Portugal[8], de grandeur variable selon les régions et selon les liquides (huile ou vin). Ce terme, attesté en Espagne depuis 1088, vient lui-même de l'arabe الربع (ar-rubʿ), « le quart », pour un quart de l'ancien quintal de 100 livres, soit 12 kg environ. Depuis le XVIe siècle, en effet, le mot arroba — parmi d'autres — s'est constamment écrit au moyen de l'abréviation "@"[9].

Une opinion commune voudrait que le mot arobase provienne de la contraction du terme typographique « a rond bas »[7] (bas pour bas-de-casse, caractère minuscule), datant de l'époque de l'imprimerie à caractères fondus, où les majuscules étaient en "haut de casse" et les minuscules en bas. Malgré son apparence savante, c'est une étymologie populaire de formation récente.

Origine du symbole[modifier | modifier le code]

Le signe @ avec sa signification moderne remonte à l'écriture marchande de la Renaissance: outre ses valeurs comme abréviation, il sert couramment à écrire la préposition a (« à »), dès avant 1500 en Espagne puis en Italie et enfin dans d'autres pays d'Europe. Cet usage international, relayé au XVIIIe siècle par la préposition « à », influe enfin sur l'émergence du signe @ en anglais comme abréviation de la préposition équivalente at, pour indiquer le prix unitaire des marchandises (6 eggs @ $1, six œufs à un dollar, où @ est lu at). Il est adopté avec le même sens sur les machines à écrire américaines à partir de 1883 puis transposé sur les claviers d'ordinateur[9].

Une hypothèse très répandue, attribuée à tort au savant B. L. Ullman[10], voudrait qu'il s'agisse d'une ligature créée par les moines copistes au début du Moyen Âge pour représenter le mot latin ad[7] (« près de », « à »), la boucle étant issue d'une déformation de la lettre d en écriture onciale. Une théorie apparentée à la précédente affirme l'existence d'une forme particulière du mot ad dans les lettres diplomatiques de l'époque moderne, mais elle n'est pas mieux attestée.

Informatique[modifier | modifier le code]

Le signe @ est utilisé sur Internet principalement dans les adresses de courrier électronique comme séparateur entre le nom d'utilisateur et le nom du domaine de messagerie. Cet usage l'a rendu omniprésent dans la culture visuelle contemporaine, comme symbole non seulement du courrier électronique mais d'Internet dans son ensemble, voire de la communication moderne. Le Museum of Modern Art de New York l'a inscrit à ce titre à l'inventaire de sa collection en 2010.

En 1971, l'informaticien Ray Tomlinson, envoyant le premier message électronique de machine à machine, choisit d'utiliser ce signe comme séparateur dans l'adresse parce qu'il n'appartenait à aucun alphabet.

Exemple : util@exemple.com désigne l'utilisateur util « chez » exemple.com (c'est-à-dire dans le domaine exemple.com).

Plus généralement, il est utilisé pour relier un utilisateur « à » un domaine (par exemple sur FTP).

L’arobase s’obtient,

  • en accès directement sur les claviers BÉPO et Macintosh français ;
  • par la combinaison des touches Alt Gr et à, sur un clavier AZERTY français de plate-forme PC ;
  • par la combinaison des touches AltGr et é, sur un clavier AZERTY belge ;
  • par la combinaison des touches Alt Gr et 2, sur un clavier QWERTZ suisse ;
  • par la combinaison des touches Shift et 2, sur un clavier QWERTY Américain ;
  • par la combinaison des touches AltCar et 2, sur un clavier QWERTY canadien-français ;
  • par la combinaison option Alt et G, sur un clavier Macintosh suisse ;
  • par son code ASCII avec la combinaison de touches ALT+064, sur Microsoft Windows ;
  • par @ en HTML ;

Unicode possède aussi un arobase minuscule : ﹫(U+FE6B), par compatibilité avec le codage CNS 11643, et un arobase pleine chasse : @ (U+FF20), par compatibilité avec les codages utilisant les caractères à pleine chasse.

Dénominations[modifier | modifier le code]

Dans de nombreuses langues, des dénominations imagées, d'usage plus ou moins familier, se sont répandues pour désigner le @ ; elles s'inspirent le plus souvent du tracé spiralé du signe et se réfèrent fréquemment au monde animal ou à des spécialités alimentaires et pâtissières. Font exception l'aire anglo-saxonne, où ce signe était demeuré en usage avec le sens at, et le monde hispanique et lusophone auquel s'ajoute la France, où l'on a repris le nom de l'ancienne abréviation de forme similaire pour arroba. Mais le nom anglais tend à se répandre vers les autres langues.

  • Allemand : At (usuel) ou Klammeraffe (atèle ou « singe araignée ») (familier) ou Affenschwanz (« queue de singe ») (familier)
  • Alphabet morse : ·--·-· (AC sans espace entre les lettres, caractère ajouté à l'alphabet en 2004).
  • Anglais : commercial at, at sign ou simplement at (« chez », « auprès de »), et arrow back, dans les années 1990, par analogie avec une flèche empennée s'éloignant du tireur, et encore monkey tail, ape-tail ( queue de singe )
  • Aragonais : arroba, arredol
  • Arménien : աթ (« at »), շնիկ (« chiot »)
  • Basque : a bildua (« a roulée »)
  • Belarus : сьлімак (« escargot »)
  • Bulgare : кльомба (kliomba), pas d'autres significations
  • Catalan : arrova (arrobe), ensaïmada (pâtisserie baléare en forme de spirale), unça, cargol ou caragol (escargot), botifarra (saucisse catalane qui se vend souvent en forme de spirale) ou encore garrofa (le fruit du caroubier)
  • Coréen : 골뱅이 (golbaengi) (escargot de mer)
  • Chinois : 圈a(quan a) (cercle a), 花a(hua a) (fleur a), ou 小老鼠 (xiao laoshu) (petite souris), ou 老鼠號 (laoshu hao) (souris), etc.
  • Danois : snabel-a (a à trompe)
  • Espagnol : arroba (arrobe)
  • Espéranto : heliko (escargot)
  • Finnois : miukumauku (signe du miaou)
  • Galicien : arroba (arrobe)
  • Grec : παπάκι (papáki) (petit canard)
  • Hébreu : strudel (pâtisserie)
  • Hongrois : kukac (ver)
  • Islandais : fílseyra (oreille d'élephant, littéralement, pas la plante)
  • Italien : chiocciola (escargot)
  • Japonais : アットマーク attomāku (de l'anglais « at mark »)
  • Néerlandais : apenstaartje (petite queue de singe)
  • Norvégien : krøllalfa (alpha à boucle/mêche)
  • Occitan : arròba (selon la graphie classique)
  • Polonais : małpa (singe)
  • Portugais : arroba (arrobe)
  • Roumain : coadă de maimuţă (queue de singe)
  • Russe : собака (sobaka) (chien)
  • Suédois : snabel-a (a à trompe)
  • Taqbaylit : Ɣar (chez)
  • Tchèque : zavináč (rollmops)
  • Turc : et (usuel, emprunt à l'anglais) ou güzel a (bel a), ou même kuyruklu a (a à queue)
  • Ukrainien : равлик (ravlyk) (escargot), moins souvent песик (pesyk) (le petit chien), mais aussi вухо (oreille)

Autres utilisations[modifier | modifier le code]

En informatique et sur Internet, l'arobase ne s'utilise pas seulement dans les adresses de courrier électronique :

En FTP[modifier | modifier le code]

Une adresse FTP peut être communiquée de la sorte (exemple) : ftp://utilisateur:motdepasse@adresse.du.serveur Certains navigateurs web, tout comme le gestionnaire de fichiers Explorer (dans Microsoft Windows) sont compatibles avec cette notation.

Dans les forums de discussion en ligne[modifier | modifier le code]

L'usage du @ pour indiquer le destinataire du message sur un forum de discussion publique en ligne, ou chatroom, se remarque parfois. Par exemple : « @francois : J'ai essayé ta proposition, mais cela ne fonctionne pas. »

Sur Twitter[modifier | modifier le code]

L'utilisation du @, à l'instar des forums de discussion en ligne, permet sur ces réseaux sociaux d'échanger des messages avec les autres utilisateurs[11].

En PHP[modifier | modifier le code]

En PHP, l'opérateur de contrôle d'erreurs est l'arrobe. Il sert à empêcher l'affichage des messages d'erreurs que pourrait engendrer une portion de code. Voici un exemple d'utilisation :

<?php
//La fonction strlen(x) retourne normalement la taille de la chaîne x.
 
//Ici, une erreur s'affichera, car le paramètre x n'a pas été envoyé à la fonction
strlen();
 
//Ici, php ne retourne aucune erreur car l'opérateur "@" a bloqué les messages d'erreurs :
@strlen();
?>

Cependant, cet opérateur ne supprime pas les erreurs de syntaxe ou erreurs d'analyse (les parse error).

En Objective-C[modifier | modifier le code]

En Objective-C, l'arrobe a plusieurs usages, il sert notamment à la déclaration des classes et propriétés:

@interface Personne : NSObject
{
     // variables d'instance
     NSString *surname;
}
// methodes
@property (copy) NSString *surname;
@end


Objective-C permet aussi la création rapide d'objet NSString grâce au @"", de la même manière que le C avec les chaînes de caractères "" :

NSString *surname = @"Pierre";


En RGSS/Ruby[modifier | modifier le code]

En RGSS ou en Ruby, l'arrobe est le caractère qui, placé devant le nom d'une variable, indique que celle-ci est une variable d'instance dont la portée est limitée aux classes. Par exemple :

@ma_variable = 5
#On définit la variable "ma_variable" et on indique le type 
#(la portée) de la variable par l'arrobe.

En Java[modifier | modifier le code]

En java, l'arrobe est le caractère qui, placé devant le mot clef interface, indique que celle-ci est une annotation. Elle est aussi utilisée pour faire appel à une annotation dans le code. Par exemple :

@Retention(RetentionPolicy.RUNTIME) //Utilisation d'une annotation
@Target({ElementType.METHOD})
public @interface Test { //Déclaration d'une annotation
     long timeout() default 0L; 
}

Langage non sexiste[modifier | modifier le code]

Dans le cadre de la lutte contre le langage sexiste, les locuteurs de l'espagnol et du portugais devaient employer des expressions répétées du type « queridos amigos, queridas amigas » (chers amis, chères amies). Comme souvent on passe du masculin au féminin, en ces langues, en remplaçant le « o » par un « a », les hispanophones et les lusophones ont eu l'idée de remplacer la répétition par un mot avec un « @ » (car ce caractère ressemble à un « a » dans un « o »), ce qui donne « querid@s amig@s »[12].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Orthographe fixée par la Commission générale de terminologie et de néologie (Journal officiel du 8 décembre 2002), orthographe préférée par Le Petit Larousse illustré (2009) et Le Nouveau Petit Robert de la langue française (2008).
  2. Journal officiel de la République française n° 286 du 8 décembre 2002, texte n° 47.
  3. a, b et c Le Nouveau Petit Robert de la langue française (2008).
  4. Orthographe fixée par la Commission générale de terminologie et de néologie (Journal officiel du 8 décembre 2002) et préférée par Le Petit Larousse illustré (2009).
  5. Le Petit Larousse illustré (2009), Le Nouveau Petit Robert de la langue française (2008).
  6. « On dira donc : a commercial s'il s'agit de prix unitaire, arobas dans une adresse de courriel. » Le Ramat de la typographie 2005.
  7. a, b et c L'histoire de l'arobase, sur le site expositions.bnf.fr
  8. arobase ou arrobe, sur le site larousse.fr
  9. a et b Marc H. Smith, « L'arobase du XIVe au XXIe siècle », Graphê, n° 55, 2013.
  10. D'après une indication très vague de B. L. Ullman, Ancient writing and its influence, New York, 1932, p. 187.
  11. Tweets et messages, dans le centre d'aide de Twitter.
  12. @robase politiquement correcte, Cécile Thibaud, L'Express du 17 mai 2004.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]