Arrabidaea chica

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Arrabidaea chica, appelée aussi Bignonia chica ou Arbre trompette est une espèce d'arbres d'Amérique du Sud découverte par Alexander von Humboldt et Aimé Bonpland lors de leur célèbre expédition de 1799-1804.

Cet arbre sert à produire une teinture violette, brun rouge, dite rouge chica appelé carajuru que les indiens d'Amérique du Sud (Orinoco et Rio-Meta) utilisaient pour se teindre la peau en rouge. Les indigènes en faisaient le commerce dans l'Orénoque.

Cette teinture est aujourd'hui commercialisée sous le nom de Crajiru.

Autres dénominations[modifier | modifier le code]

Le carajuru possède de nombreux autres noms indigènes comme : chica, guajuru, carucuru, carujuru, karawiru (wayãpi), puca panga (de puca = de couleur rouge ; et panga = feuille) . Carajuru-do-pará; carajurus-do-pará; carajuvense; caral; carale; caraleo; caralete; caralha; caralhada; caralhar; caralheira; caralhete; caralho; caralho, craviri, chiraviri, etc...

Localisation[modifier | modifier le code]

On trouve cet arbre en Amazonie péruvienne, Guyane, Brésil, Venezuela, Équateur.

Description[modifier | modifier le code]

Murachief.jpg

Une teinture rouge, le chica[modifier | modifier le code]

Préparé surtout dans l'Orénoque, le Bignonia chica produit le carajuru : les feuilles de cette liane fournissent une couleur écarlate appelée aussi chica, bonne pour la teinture de la peau et utilisée par les tribus indiennes d'Amérique du Sud : Deux espèces s'utilisaient sur le corps et une troisième sur le visage. Ils en faisaient des tatouages et teignaient leurs tissus ou des paniers : le chica en teinture fixé sur le coton, donne au tissu une couleur jaune orange. Les feuilles fraîches utilisées en décoction seules ou mélangées avec des fruits de la Alpinia Renealmia sert à teindre les fibres de chambira.

Selon le récit d'Alexander von Humboldt, c'est avec cette plante et avec l'huile de curapa que les indigènes comme les Salivas, les Guipunaves, les Caveres et les Piraoas, Otomacos (etc...) se teignent le corps, la tête, les Caraibes et les Otomaques se teignaient seulement la tête et les cheveux en chica, mais les Salives avaient ce pigment en assez grande abondance pour s'en couvrir le corps entier. Les Indiens de l'Orénoque avaient coutume de dire : « Cet homme est si misérable, qu'il n'a pas de quoi se peindre (« se payer ») la moitié du corps. » car il fallait deux semaines de travail pour acheter la quantité de chica nécessaire. Les gâteaux de chica, turta étaient une marchandise très recherchée. Le commerce se faisait en direction de l'Orénoque. Il fut exporté ensuite en Europe sous le nom de « Rouge Américain », pour les fards.

Les Indiens se servent de cette couleur fine pour se peindre le visage, et en faisaient une teinture en la broyant et mélangeant avec un corps gras, à une résine odorante ou avec de la graisse d'œuf de tortue, ou graisse verte de tortue ou avec le baume aracouchini (du amyris heterophylla, Wild .8, 1) ou avec l'huile odorante exprimée du fruit carapa du xylocarpus casapa, ou même de la graisse d'alligator : ils faisaient ainsi une pommade grasse destinées aux couleurs des peintures ornementales de guerre ou simplement crème protectrice destinée à éviter les piqûres d'insectes; mélangé à d'autres plantes, se fume. Mâché il colore la salive en rouge.

Préparation[modifier | modifier le code]

Il y avait deux méthodes de préparation : par macération de feuilles ou par ébullition. Par macération, les feuilles du bignonia chica sont recueillies à l'ombre, et jetées dans une auge en bois de figuier, remplie d'eau, où au bout de deux à trois jours elles entrent en fermentation : il s'en sépare une poudre rouge en dépôt, qu'on lave pour la séparer des impuretés, et on la fait sécher ensuite au soleil. Par la méthode de l'ébullition, les indiens favorisent la précipitation de la matière colorante rouge par l'addition de quelques morceaux d'écorce de l'arbre appelé arayane.

Conditionnement[modifier | modifier le code]

On la réunit, sans la mêler avec de l'huile de tortue, en petits pains de 8 à 9 pouces de long et de 2 à 3 de haut, arrondis sur les bords. Chauffés, ces pains répandent une odeur agréable de benjoin. Ou quand elle est encore à demi humide, on moule des boules qu'on empaquette dans des boîtes de bois de palmier. Cette matière colorante sèche arrivait du Brésil en halles rondes grosses comme le poing, entourées d'un tissu d'écorce et de ficelle.

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Liste des tribus indiennes préparant le chica[modifier | modifier le code]

  • Achaguas
  • Amarizanos
  • Galibis (Venezuela)
  • Guipunaves
  • Hio-Meta
  • Macusis (Guyane anglaise)
  • Maypures - Chirraviri
  • Careves
  • Corejuales
  • Orinoco
  • Otomas (Otomaques)
  • Omoas
  • Piraroas
  • Salives
  • Tamanaques - Craviri
  • Taruinas (Guyane anglaise)
  • Waimiri Atroari (Brésil)
  • Wapisianas (Guyane anglaise)
  • Waípinõmakã, Bara, (Rio Uaupès)
  • Yaruros (Venezuela)

Autres propriétés[modifier | modifier le code]

Usages médicinaux[modifier | modifier le code]

  • Les Espagnols s'en servaient comme diurétique, en infusion comme un dépuratif du sang.
  • Soignerait les infections et l'herpès.
  • Utilisé principalement en Amazonie comme : anti-inflammatoire, cicatrisant.
  • Les Jivaros s'en serviraient pour se teindre les dents.
  • Nettoie les impuretés de la peau, éliminerait les boutons et points noirs.

Le thé soit peut être utilisé que pour l'hygiène intime, lavages, comme peut également être ingérée car agissant comme un anti-inflammatoire naturel. Le thé est préparé à partir des feuilles vertes d' Arrabidaea Chica et devient un liquide rouge coloré.

Certaines tribus préparent une infusion de feuilles, par l'utilisation dans le traitement contre la conjonctivite aiguë. Il est également un allié dans la lutte contre l'anémie, par sa concentration élevée de fer.

Largement utilisés parles indiens contre les maladies suivantes car : Astringente, problèmes de peau, aphrodisiaque, albumine, anémie, Antidysentrique, anti-ulcèreux, bactéricide, flegme, colique intestinale, troubles menstruels, conjonctivite, diabète, diarrhée, sang, leucémie, troubles hépatiques, problèmes nerveux... Expectorante et émolliente : blessures. Fortififiante: hémorragie, ictère, inflammation de l'utérus[1].

Littérature[modifier | modifier le code]

José de Alencar, dans son livre célèbre Iracema, déjà le cite comme un moyen d'obtenir un colorant rouge foncé : « Poti avait décidé de récolter les graines de crajuru, qui donnent la belle teinture rouge »[2].

Composition chimique[modifier | modifier le code]

Source[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. The Ethnobotany of the Waimiri Atroari Indians of Brazil, William Milliken, Royal Botanic Gardens, 1992 - 146 pages
  2. Ao romper d'alva, Poti partiu para colher as sementes de crajuru que dão a bela tinta vermelha, e a casca do angico de onde se extrai a cor negra mais lustrosa

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Références externes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]

Iconographie[modifier | modifier le code]