Aromatase

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L’aromatase est une enzyme responsable de la biosynthèse des œstrogènes. Les œstrogènes peuvent être la cause de cancers ou d'autres maladies, les inhibiteur de l'aromatase sont fréquemment utilisés pour traiter ces pathologies.

Aromatase convertissant la testosterone en estradiol

Les stéroïdes sont composés de 4 cycles (nommés de 1 à 4 sur la figure ci-dessous). L'aromatase transforme le cycle situé le plus à gauche (le cycle noté A) du stéroïde en cycle aromatique (d'où le nom d'aromatase), par le biais d'une oxydation et de la perte d'un groupement méthyl.

L'aromatase fait partie de la superfamille du Cytochrome P450, dont la fonction est d'aromatiser les androgènes et ainsi produire des œstrogènes.

Fonction[modifier | modifier le code]

Mécanisme de la réaction chimique catalysée par l'enzyme aromatase[1].
La Stéroidogénèse

Ce gène code pour une partie de la superfamille d'enzymes du Cytochrome P450. Les protéines du Cytochrome P450 sont des mono-oxygénases qui catalysent de nombreuses réactions impliquées dans le métabolisme des drogues et la synthèse du cholestérol, des stéroïdes, et d'autres lipides. Cette protéine se situe au niveau du réticulum endoplasmique et catalyse les dernières étapes de la biosynthèse des androgènes en œstrogènes. Ces étapes sont constituées de trois hydroxylations successives du groupement méthyl de l'androgène situé en position 19 suivies par l'élimination du groupement méthyl en acide méthanoïque ainsi que l'aromatisation du cycle A. Des mutations au niveau de ce gène peuvent avoir pour conséquence une augmentation ou une diminution de l'activité de l'aromatase; les phénotypes associés suggèrent que les œstrogènes ont tant une fonction d'hormone stéroïdienne sexuelle qu'une fonction dans la croissance ou la différenciation.

Génomique[modifier | modifier le code]

Le gène CYP19, localisé sur le chromosome 15q21.1 code chez l'homme pour l'enzyme aromatase[2]. Les oestrogènes peuvent être synthétisés dans d'autres organismes, mais par des mécanismes encore inconnus.

Localisation dans les cellules et les tissus[modifier | modifier le code]

L'aromatase se situe dans le réticulum endoplasmique de la cellule et son activité est régulée par des promoteurs spécifiques aux tissus, qui sont à leur tour contrôlés par des hormones et d'autres facteurs. La principale activité de cette enzyme est de transformer l'androstenedione en estrone et la testostérone en estradiol. L'aromatase peut être trouvée dans de nombreux tissus comme les gonades, le cerveau, le tissu adipeux, le placenta, les vaisseaux sanguins, la peau, les os, la muqueuse utérine ainsi que dans les tissus de l'endométriose, du léiomyome utérin, du cancer du sein et du cancer de l'endomètre.

Activité[modifier | modifier le code]

Les facteurs ayant comme particularité d'augmenter l'activité de l'aromatase sont l'âge, l'obésité, l'insuline, les gonadotropines et l'alcool. L'activité de l'aromatase est diminuée par la prolactine, les hormones antimullériennes et la consommation de tabac. L'activité de l'aromatase est améliorée au niveau de certains tissus dépendants aux œstrogènes, comme ceux proches des tissus du sein, du cancer de l'endomètre, de l'endométriose et du léiomyome utérin.

Troubles[modifier | modifier le code]

Hyperactivité[modifier | modifier le code]

Un certain nombre de chercheurs ont établi un rapport sur un syndrome plutôt rare d'excès de l'activité de l'aromatase. Chez les garçons, ce syndrome peut mener à une gynécomastie et chez les filles à une puberté précoce ou à une gigantomastie.

Déficience[modifier | modifier le code]

Ce syndrome est dû à une mutation du gène CYP19. L'accumulation d'androgènes durant la grossesse peut entraîner une virilisation des filles à la naissance (les garçons ne sont pas affectés). Les filles auront des aménorrhées primaires.

Inhibiteurs de l'aromatase[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Inhibiteur de l'aromatase.

L'inhibition de l'enzyme mène à un grand hypoestrogénisme (un faible taux d'œstrogènes). Néanmoins, ces inhibiteurs à aromatase sont utiles pour le traitement des patients souffrant de cancer du sein dont les lésions se sont avérées être réceptrices aux œstrogènes. Un exemple de substance inhibitrice est le letrozole, autrefois vendu sous le nom de 'Femara'. Les inhibiteurs de l'aromatase commencent à être prescrits aux hommes dans le cadre d'une thérapie de remplacement de la testostérone de façon à maintenir un niveau constant d'œstrogènes, pour ne pas avoir de pic de sécrétion d'œstrogènes lorsque des doses de testostérones sont introduites dans leurs organismes.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Vaz ADN, « Cytochrome activation by cytochromes P450: a role for multiple oxidants in the oxidation of substrates », dans Michael Fisher, Jae Kyu Lee et Robert E. Obach, Drug metabolizing enzymes: cytochrome P450 and other enzymes in drug discovery and development, Lausanne, Suisse, FontisMedia SA,‎ 2003 (ISBN 0-8247-4293-1), chap. 1
  2. (en) K Toda et Y Shizuta, « Molecular cloning of a cDNA showing alternative splicing of the 5'-untranslated sequence of mRNA for human aromatase P-450 », Eur. J. Biochem., vol. 213, no 1,‎ avril 1993, p. 383–9 (PMID 8477708, DOI 10.1111/j.1432-1033.1993.tb17772.x)