Arn, chevalier du Temple

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Arn, chevalier du Temple (titre original en suédois : Arn, Tempelriddaren) est un film réalisé par Peter Flinth en 2007, reprenant la trilogie médiévale de Jan Guillou, une fiction suédoise écrite autour du personnage d’Arn Magnusson, se passant du temps des croisades. Le film est sorti en décembre 2007 et la suite, Arn, le royaume au bout du chemin (titre original suédois : Arn, Riket vid vägens slut), est sorti en août 2008.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Suite à un accident alors qu'il est encore un jeune enfant, Arn est grièvement blessé. Alors qu'il guérit, sa famille, ayant prié Dieu si fort, estime qu'il est de leur devoir de confier Arn aux moines. Il sera élevé dans une foi profonde, tandis qu'un moine, le frère Guilbert, un ancien templier, lui enseigne l'honneur et le maniement des armes. Très vite le jeune Arn développe des talents insoupçonnés, devenant un homme de grande valeur, tant morale que physique. Alors qu'il atteint l'âge adulte, les moines estiment qu'il est temps pour lui de retrouver sa famille. En rentrant chez lui, il se retrouve en plein conflit territorial. Un seigneur voisin revendique l'appartenance des terres sur lesquelles sa famille vit pourtant depuis des siècles. Alors que son père s'apprête à sauver l'honneur de son clan en acceptant un duel, Arn prend la place de son père et maîtrise son rival avec une grande facilité.

Il va faire la connaissance de la belle Cecilia, fille d'un chef de clan, ami de la famille. Très vite les deux amoureux vont se jurer un amour indéfectible. Entre-temps, Arn retrouve son ami d'enfance Knut, celui-là même qui avait été témoin de son accident étant plus jeune. Ce dernier revient sur les terres de son père, alors roi de la province, lâchement assassiné par l'homme qui a pris sa place sur le trône. Knut demande à Arn de venir avec lui dans sa quête de revanche. D'abord réticent, il accepte, et le roi despote est tué par Knut. Arn va comprendre que le cœur des hommes n'est pas fait que de l'honneur qu'on lui a enseigné. Sa liaison, hors mariage, est désormais connue de tous, ainsi que la grossesse de Cécilia, et la rumeur court que c'est lui l'assassin du roi. Son ami Knut n'ayant pas encore pris le pouvoir, Arn et Cécilia sont jugés sévèrement... 20 ans de pénitence dans un couvent pour la belle Cécilia, et 20 ans de pénitence dans le monastère où Arn a grandi. L'abbé du monastère, connaissant la grandeur d'âme du jeune guerrier, réussit à faire commuer sa pénitence... puisque le frère Guilbert lui a enseigné l'art de la guerre sainte, Arn sera envoyé à Jérusalem afin de défendre la ville contre les sarrasins et leur chef Saladin.

Bien des années plus tard, alors qu'il se bat dans le désert, il sauve la vie de trois hommes. L'un d'eux est justement Saladin. Les deux hommes, le temps d'un dîner, vont apprendre à se connaître et se respecter, malgré leur différend sur la politique des chrétiens et des musulmans. Ils se rencontreront bien des fois, Arn s'illustrant brillamment sur le terrain en guerrier valeureux et fin stratège, ce qui lui vaut la confiance du grand maître des Templiers, et la jalousie de son second. Mais à la mort du grand maître, son second se révèle stupide et intransigeant, menant ses hommes à un massacre annoncé. Sur le champ de bataille, Saladin tient sa revanche devant l'erreur tactique du commandant. Tous les templiers sont massacrés. Arn sera le seul survivant, sauvé et soigné par Saladin lui-même, qui lui était redevable pour lui avoir sauvé la vie lors de leur toute première rencontre. Jérusalem tombe, et tous les croisés sont exécutés. Saladin, qui éprouve un profond respect pour Arn, lui octroie une escorte pour que ce dernier puisse rentrer chez lui.

À son retour, les choses ont bien changé, et un autre combat attend Arn... Bien qu'il retrouve sa bien-aimée Cécilia, et son fils qu'il n'avait jamais vu, Knut, son ami devenu roi, est malade et sur le déclin. L'histoire se répète alors quand le fils du roi assassiné jadis par Knut revient demander sa place sur le trône. Le pays est fragile, et pas assez fort pour combattre ce fils qui a avec lui le soutien du Royaume de Danemark. Un pacte est alors conclu pour éviter le bain de sang. La couronne sera rendue à la condition expresse qu'Erik, le fils de Knut, soit déclaré vice-roi, retrouvant ainsi sa place à la mort du roi. Le pacte est conclu, mais bien des mois plus tard, quand le roi tente de faire assassiner Erik, la famille Magnusson va de nouveau entrer en guerre. Arn va mettre en pratique son savoir de la guerre pour former ceux de son peuple à une bataille difficile. En sous-nombre et pas assez exercés, les Suédois vont quand même se battre jusqu'à la victoire qui posera les fondements de l'unité du Royaume de Suède.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Format 16/9ème cinémascope 2.35 :1 / durée : 3h22

Distribution[modifier | modifier le code]

Autour du film[modifier | modifier le code]

Alors que la plupart du temps le film est tourné en suédois et que la majeure partie de la production a été réalisée en Suède, le film est une coproduction entre la Suède, le Danemark, la Norvège, la Finlande, l'Allemagne et le Royaume-Uni.

Avec un budget total d'environ 30 millions de dollars pour les deux films, c'est la production la plus chère du cinéma suédois.

Anachronismes[modifier | modifier le code]

Le film présente une réalité historique remarquable, bien que quelques anachronismes subsistent.

  • On notera comme détail historiquement aberrant, par exemple, que Arn est accusé de parler "la langue de ce scélérat" (un homme de Saladin), alors qu'il était une pratique commune et souvent même essentielle pour les hauts dignitaires (la présence de Arn et de son accusateur au conseil des templiers avant les batailles dont la bataille de Hattin prouve leur importance, au moins administrative, dans la société de l'époque et du lieu) de parler la ou les langues locales, les peuples vivant à cette époque à Jérusalem étant arabes, chrétiens de divers horizons, turcs, araméens, hébreux, persans, etc.
  • L'armement du chevalier est bien reconstitué : on voit des cottes de mailles en acier comme en bronze, chose qui était courante par simple souci d'esthétisme mais aussi parce que le bronze ne rouille pas, ainsi l'armure demande bien moins d'entretien. Les épées, elles aussi, sont caractéristiques de la période : la lame longue avec une gouttière longue et large en parcourant la majeure partie, montée sur une fusée à une main est très bien représentée, tout comme l'épée de l'adversaire de Arn lors de son duel au début du film : bien que l'ensemble de l'épée s'accorde avec l'époque, on remarquera facilement les "restes" esthétiques de l'épée type des vikings, qui sont les ancêtres de Arn et de son ennemi, qui est Danois. Cette recherche du détail a été entreprise avec la participation du spécialiste en matière d'épées John Peterson.
  • Un anachronisme notoire mais difficilement blâmable est l'habituelle vision des templiers comme des gens ayant fait vœu de pauvreté et possédant uniquement ce qu'ils ont sur le dos. Effectivement, ceux parmi les templiers qui avaient des possessions en faisaient don à leur entrée dans l'ordre en faisant vœu de pauvreté et ne possédaient donc, de manière officielle, plus rien, mais la vérité n'est pas si simple que cela, on se doute bien qu'un chevalier n'irait pas à la guerre sans armement ni équipement : un chevalier templier possédait deux armures, une épée de bonne facture, une lance, trois chevaux, plusieurs ensembles vestimentaires et une demeure en plus de ses trois servants laïcs non combattants et non-templiers, ce à quoi s'ajoute sa "lance" (la "lance" d'un chevalier est son "équipe" : ses hommes d'armes, ses combattants personnels. Une armée de l'époque est comptée non pas en hommes mais en "lances"), ce qui était bien plus que certains chevaliers du commun dont certains étaient si pauvres qu'ils chevauchaient des mulets et ne possédaient même pas d'épée. Le Arn qui se fait engager de force dans les Templiers et qui part de chez lui dans ses haillons de moine avec sa seule épée et un cheval est une aberration, très poétique et symbolique, certes, mais témoignant d'un parfait anachronisme.
  • On notera l'erreur d'importance que l'on peut relever au début du film, lorsque la mère supérieure du couvent reçoit en confession. Cela ne se peut, car la confession est un des sept sacrements, et elle ne peut être donnée que par un prêtre.
  • Le plus bel anachronisme du film est dans ses décors. L'action est censée se dérouler au XIIe siècle puisque Arn participe à la bataille de Hattin, or, à plusieurs reprises, lors des scènes dans le couvent, l'action se déroule devant une belle verrière dont les remplages flamboyants à soufflets sont caractéristiques du XVe siècle !
  • L'autre anachronisme le plus frappant réside dans les tenues utilisées. Le camail (capuche de maille) détaché du haubert n'existe pas au XIIe siècle. Il est constamment inclus dans ce qui forme la lorica integra. La cotte d'armes armoriée est elle aussi trop représentée, elle n'existait quasiment pas au XIIe comme le heaume à facial que l'on voit dans certaines scènes. Enfin, la majeure partie des combattants croisés du XIIe siècle ne portaient pas d'armure de mailles, objet très cher, mais un gambison, protection la plus répandue au Moyen Âge, mais pourtant absente du film. Les costumes civils sont, quant à eux, complètement extravagants.

Erreurs Recensées chez les Templiers[modifier | modifier le code]

  • Au cours du grand conseil, ainsi que sous la tente du Grand-Maître de l'Ordre, on voit Gérard (ou Girard) de Ridefort porter les cheveux longs alors que la Règle ordonnait aux frères de porter "le cheveu ras et la barbe hirsute". De plus, lors de la Bataille du Hattin, le-même Ridefort porte le manteau blanc des chevaliers alors que son titre l'obligeait à porter un habit noir et blanc démontrant qu'il commandait aux destinées de tous les membres de l'Ordre, qu'ils soient chevaliers (au manteau blanc) ou sergents (au manteau noir).

Au niveau des tentes....! ce sont des tentes actuelles militaires déguisées et teintées.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]