Armoire

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« Armoire d'Aubazine » à serrures et pentures de fer forgé, la plus ancienne « armoire liturgique » (Conditiora) de France (probablement débutXIIIe siècle)
Armoire datée du XIVe siècle, aujourd'hui utilisée dans la sacristie de l'Église Sainte-Marie de Corneilla-de-Conflent
Armoire du début du XVIIe siècle en provenance de la chartreuse de Villeneuve-lès-Avignon, actuellement au musée Pierre-de-Luxembourg à Villeneuve-lès-Avignon

Une armoire (de Armarium, Armariolus, Armariolum) est un meuble fermé, généralement en bois, destiné à ranger des objets (elle ferme à clé), spécialement les vêtements et le linge de maison, dans une habitation et toujours adossée à un mur.

L'armoire est l'évolution du coffre mobile à la fin du Moyen Âge, en se différenciant du bahut à deux vantaux. Il s'est métamorphosé en armoire ou en buffet selon la verticalité ou son horizontalité.

L'armoire est généralement haute, formée d'un seul corps et munie de portes dits « vantaux » (deux en général), d'étagères de rangement et souvent de penderies. Elle est souvent surmontée d'une corniche. Elle est surtout présente dans la chambre à coucher

Lorsque les portes sont munies de miroirs, on parle d'armoire à glace.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le terme provient du latin armarium, mais il n'est pas possible d'en conclure de manière catégorique que l'armoire servait à l'origine uniquement à serrer les armes[1], puisqu'il désigne déjà aussi le meuble dans lequel on rangeait les livres dans les bibliothèques romaines évoquées par Vitruve. L'armarium fut aussi évoqué par Caton l'Ancien[2], Plaute[3], Pline le Jeune[4] et Cicéron, et plusieurs modèles ont été représentés par les peintures de Pompéi.

L'armoire semble disparaître au Moyen Âge au profit des coffres, huches et bahuts, hormis pour conserver les armes dans les châteaux ou encore dans les églises ou monastères ; Une armoire particulière (« Conditoria ») en latin), était le meuble construit dans les monastères, églises ou chapelles près de l'autel, où l'on déposant par exemple le saint sacrement, des vases ou objets sacrés, les saintes huiles, des reliques, etc. ). Une solide serrure permettait de le fermer à clé. La plus ancienne conservée en France serait celle de l'abbaye d'Aubazine (illustration ci-contre). Deux armoires anciennes de ce type, mais de la fin du XIIIe siècle sont conservées dans la Cathédrale Notre-Dame de Bayeux et dans la Cathédrale Notre-Dame de Noyon, mais celles-ci sont ornées de peintures. Plus tard, les vantaux seront faits de panneaux encadrés, souvent ornés d'une forme (en bas relief) de parchemin ou d'ornementations gothiques, comme sur le buffet dit armoire à reliques ou buffet de saint Geoffroy de l'église paroissiale de l'Assomption-de-la-Très-Sainte-Vierge du Chalard (seconde moitié du XVe siècle)[5]
Dans l'église ou la sacristie, des armoires servaient à ranger les vêtements sacerdotaux, des livres sacrés, etc.
Les armoires fixes intégrées dans la menuiserie des lambris muraux plaqués sur le mur ou intégrées dans l'épaisseur du mur ont pris le nom de « placard »[6].

Les armoires telles qu'on les connaît aujourd’hui sont apparues au XVIe siècle sous forme d'armoires à deux vantaux ou à quatre portes (alors encore parfois nommées "bahuts" ou buffets) ornementées dans des styles très divers, avec hauts reliefs, incrustations, glaces, etc.
Des bahuts à deux corps superposés, également dits "buffets hauts" , éventuellement surmontés d'une corniche plus ou moins décorée (ex : corniche à créneau évoquant la corniche d'un bâtiment pour certaines armoires de style louis XII), ont aussi existé.

Les armoires traditionnelles ont suivi les différents styles en vigueur suivant les époques[7] puis ont été en partie supplantées dans les logements modernes par la généralisation des placards, souvent prévus dès la construction.

Armoire à glace[modifier | modifier le code]

Apparue au début du XXe siècle avec les styles 1925, c’est le rapprochement avec le psyché sous la forme d’une armoire dont une des portes est munie d’un miroir fixé sur l’intérieur.
Certaines armoires appelées « homme-debout » avaient un miroir fixé sur la partie extérieure de l’unique porte qui, en position ouverte, faisait basculer un meuble non chargé de linge ; Un crochet positionné à l’arrière permettait de fixer l’armoire au mur.
Aujourd’hui, la légèreté due à la faible épaisseur des miroirs modernes permet la fixation de ceux-ci sur chacune des portes.

  • Une autre forme d'armoire à glace consistait en un solide bahut de bois très épais, dont un des compartiment contenait des blocs de glace qui servait à maintenir les aliments au frais. Meubles encore en vigueur en France jusque dans les années 1950-55, et que l'on pouvait voir dans les magasin d'alimentation (boucherie, fromagerie, poissonnerie, etc.).

Expression[modifier | modifier le code]

  • Une « armoire à glace » désigne familièrement une personne de forte carrure.

Galerie de photographies[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

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Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]