Armand Samuel de Marescot

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Armand Samuel de Marescot
Image illustrative de l'article Armand Samuel de Marescot

Naissance 1er mars 1758
Tours (Indre-et-loire)
Décès 5 novembre 1832 (à 74 ans)
château de Chaslay, près de Montoire (Loir-et-Cher),
Origine Français
Allégeance Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Drapeau français Royaume de France
Drapeau français République française
Drapeau de l'Empire français Empire français
Royaume de France Royaume de France
Drapeau français Empire français (Cent-Jours)
Royal Standard of King Louis XIV.svg Royaume de France
Arme Génie
Grade Général de division
Années de service 17761815
Conflits Guerres de la Révolution
Guerres napoléoniennes
Commandement Commandant en chef du génie
Faits d'armes Siège de Toulon
Bataille de Fleurus
Distinctions Chevalier de Saint-Louis
Grand Aigle de la Légion d'honneur
comte d'Empire
marquis
pair de France
Hommages Nom gravé sous l'Arc de triomphe de l'Étoile, 14e colonne.
Autres fonctions Gouverneur de Mayence, inspecteur général du génie
Famille Cécile d'Artis

Armand Samuel de Marescot, né à Tours le 1er mars 1758, mort le 5 novembre 1832 au château de Chaslay, près de Montoire (Loir-et-Cher), est un général français de la Révolution et de l’Empire.

Formation[modifier | modifier le code]

Il fut élève au collège de La Flèche, puis à l'École militaire de Paris, aspirant à l'École du génie le 11 mai 1776, et enfin sous-lieutenant du génie à l'École royale du génie de Mézières[1] le 1er janvier 1778. Il sortit de cette école le 13 janvier 1784 en qualité de lieutenant en premier, et passa capitaine le 1er avril 1791 à Lille.

Il se marie avec Cécile d'Artis, dame héritière de Thiézac, et il aura une fille, Joséphine, décédée jeune et un fils Samuel, militaire, mort jeune.

Officier de l'armée du Nord[modifier | modifier le code]

En qualité d'officier du génie à l'armée du Nord, il se trouva impliqué le 29 avril 1792 à l'affaire du Pas-de-Baisieux, où les troupes françaises en déroute se retournèrent contre leurs chefs. Le général Théobald Dillon fut tué d'un coup de pistolet à la tête, tandis que son aide de camp, Pierre Dupont de l'Étang, fut blessé en tentant de le sauver, et son frère Pierre Antoine Dupont-Chaumont reçut un coup de pistolet au bras. Le colonel du génie Berthier fut pendu aux créneaux de Lille et Marescot faillit lui aussi être massacré.

Il contribua à mettre Lille en état de défense. Blessé pendant le bombardement d’octobre 1792, il se distingua pendant la durée du siège mémorable que soutint cette place. L'armée française s'étant ensuite portée en Belgique, le capitaine Marescot y suivit le général Champmorin en qualité d'aide de camp, et assista au siège d'Anvers, où il servit comme officier de son arme, et à sa prise le 29 novembre 1792. La défaite de Nerwinden ramena l'armée française sur la frontière du Nord. Marescot refusa de suivre le général Dumouriez qui passait à l'ennemi : il rentra dans Lille, et parmi les travaux de défense qu'il y fit alors exécuter, on cite la ligne de la Deûle, le canal de Lille à Douai, et le camp retranché de La Madeleine, devant Lille, pour un corps de 15 à 18 000 hommes. Dénoncé ensuite par le club des Jacobins de Lille, il fut rappelé à Paris ; mais bientôt justifié, il fut envoyé au siège de Toulon avec le grade de chef de bataillon. Il dirigea les travaux d'approche[2], fut blessé aux avant-postes et pénétra un des premiers dans la grande redoute britannique. Il connut là Napoléon Bonaparte et eut avec lui, après la prise de cette ville, une vive altercation.

En 1794, il prit le commandement du génie à Maubeuge en remplacement de Dabadie, mit cette place en état de défense et fut chargé de la direction du siège de Charleroi du 28 mai au 13 juin 1794. Il fut chargé de l'attaque de Landrecies, dont il s'empara après 7 jours de tranchée ouverte. Le 26 juin il contribua au gain de la bataille de Fleurus, et sa belle conduite lui mérita bientôt le titre de colonel le 19 juillet 1794. Puis il commanda le génie au siège du Quesnoy qui capitula le 15 août, servit au siège de Valenciennes, puis à celui de Condé. Nommé général de brigade le 1er septembre 1794, il dirigea les travaux du siège de Maastricht. Il s'en empara le 3 novembre et fut nommé général de division le 8 novembre. Porté sur la liste des émigrés, ses biens confisqués et mis en vente, il en fut rayé grâce à l'intervention de Carnot, et rentra en possession de ses propriétés.

Gouverneur militaire en Allemagne[modifier | modifier le code]

Nommé inspecteur général du génie le 21 mars 1795, il fut envoyé à Bayonne commander le génie de l'armée des Pyrénées occidentales. Il y arriva le 18 mai, fit démolir les fortifications de Fontarabie et fut nommé commandant des pays conquis. Parti ensuite pour l'Allemagne, il fut nommé commandant de Landau le 16 avril 1796. Il défendit cette place avec beaucoup de talent, repoussant une attaque de Hotze en octobre 1796, puis il servit à la défense du fort de Kehl. Nommé commandant en chef du génie de l'armée du Rhin, il servit au passage du Rhin à Kehl le 20 avril 1797. Il fut ensuite nommé successivement commandant en chef du génie de l'armée d'Allemagne le 28 septembre suivant, du génie de l'armée d'Angleterre le 12 janvier 1798, du génie de l'armée du Danube le 7 mars 1799, du génie de l'armée d'Helvétie[3] et du Danube le 30 avril.

Le 18 septembre 1799 il devint gouverneur de la Forteresse de Mayence, puis premier inspecteur général du génie le 5 janvier 1800. Commandant en chef le génie de l'armée de réserve le 8 mars, il fit passer l'armée par le col du Grand-Saint-Bernard et accompagna Bonaparte en Italie. Après le siège du fort de Bard, qu'il dirige[2], et la victoire de la Marengo, il présida le Comité des fortifications, inspectant les côtes de Rochefort à Walcheren, ainsi que la place d'Anvers. Commandant en chef le génie de l'armée des côtes de l'Océan de 1803 à 1805, il fut nommé grand officier de l'Empire en qualité de premier inspecteur général du génie le 6 juillet 1804[4], puis Grand Aigle de la Légion d'honneur le 2 février 1805[5]. Servant à la Grande Armée, il fit avec distinction la campagne d'Autriche en 1805, assista à la bataille d'Austerlitz, et fut nommé comte de l'Empire le 19 mars 1808[6].

La guerre d'Espagne[modifier | modifier le code]

En 1808, il inspecta les places des Pyrénées ainsi que celles de la péninsule ibérique occupées par les troupes françaises : Cadix, Algésiras et Gibraltar. Il rejoignit le général Dupont de l'Étang à Andujar en Espagne le 4 juin, et se trouva à la Bataille de Bailén. Il négocia la capitulation, et fut tout d’abord retenu prisonnier. Échangé quelques semaines plus tard, il s'embarqua à Cadix le 16 août pour arriver à Marseille le 1er septembre. Dès le 4, il fut arrêté et destitué de ses grades et dignités, et écroué le 27 septembre à la Prison de l'Abbaye à Paris, où il subit une détention de plus de trois ans, jusqu’en 1812[2]. Destitué par Napoléon après jugement d’un conseil de guerre, il fut exilé à Tours le 1er mars 1812.

Pair de France[modifier | modifier le code]

Noms gravés sous l'Arc de Triomphe de l'Étoile : pilier Est, 13e et 14e colonnes.

Le 8 avril 1814, le gouvernement provisoire le réintégra dans son grade de premier inspecteur général du génie. Le comte d'Artois le nomma ensuite commissaire du roi dans la 20e division militaire à Périgueux, et Louis XVIII le confirma comte le 24 septembre 1814[6], et le nomma commandeur de Saint-Louis le 27 décembre. Maintenu en activité le 24 mars 1815, il accepta, pendant les Cent-Jours, les fonctions d'inspecteur dans l'Argonne et dans les Vosges. Il fut mis à la retraite sous la seconde Restauration à partir du 18 octobre 1815, et élevé marquis le 31 juillet 1817. Il vit sa retraite portée de 6 000 à 12 000 francs le 1er juillet 1818. Il entra à la Chambre des pairs le 5 mars 1819, et refusa le 7 février 1831 de faire partie du cadre de réserve.

Il mourut à Montoire le 5 novembre 1832, à l'âge de 74 ans. Son nom figure sur le côté Est de l'Arc de Triomphe.

On a de lui plusieurs ouvrages sur les travaux de son arme.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Georges Six, Les généraux de la Révolution et de l'Empire : Étude, Bernard Giovanangeli Éditeur,‎ 2002 (ISBN 2-909034-29-1), p. 40
  2. a, b et c Jean Tulard (dir.), Dictionnaire Napoléon, vol. I-Z, Fayard,‎ octobre 1999 (ISBN 2-213-60485-1), p. 271
  3. Frédéric Hulot, Le Maréchal Masséna, Pygmalion,‎ janvier 2005 (ISBN 2-85704-973-0), p. 336
  4. Thierry Lentz, Le grand Consulat, Fayard,‎ novembre 1999 (ISBN 2-213-60498-3), p. 571
  5. Extrait de son dossier sur la base LÉONORE
  6. a et b Jean Tulard, Napoléon et la noblesse d'Empire, Tallandier,‎ avril 2001 (ISBN 2-235-02302-9), p. 194

Source[modifier | modifier le code]