Armée polonaise de l'Ouest

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Armée polonaise de l'Ouest
Image illustrative de l'article Armée polonaise de l'Ouest

Période 19391945
Pays Pologne
Allégeance Flag of Poland.svg Gouvernement polonais en exil
Effectif 200 000 personnes
Guerres Seconde Guerre mondiale
Batailles Bataille de Narvik
Bataille de France
Bataille d'Angleterre
Guerre du désert
Siège de Tobrouk
Débarquement de Dieppe
Campagne d'Italie
Bataille du Monte Cassino
Prise d’Ancône
Bataille de Normandie
Poche de Falaise
Opération Market Garden
Bataille de l'Escaut
Prise de Bologne
Prise de Wilhelmshaven

L’armée Polonaise de l'Ouest (Polskie Siły Zbrojne na Zachodzie en polonais) est l’ensemble des unités des Forces armées polonaises qui combattirent aux côtés des Alliés, contre l’Allemagne nazie et ses alliés.

Histoire[modifier | modifier le code]

Ces forces, fidèles au gouvernement polonais en exil, gouvernement légal de la Pologne, se sont d’abord formées en France après la défaite polonaise et l’occupation germano-soviétique de septembre 1939. Elles sont mises à contribution lors de l'opération alliée sur Narvik et lors de la bataille de France. Après l’armistice français de 1940, ces forces se sont réorganisées en Grande-Bretagne.

Composée de représentants de l’armée de terre, de l’aviation et de la marine, cette armée atteignit des effectifs de près de 250 000 hommes. Jusqu'à la fusion, à l'été 1943, des Forces Françaises libres et de l'Armée d'Afrique, elle formera, après les Américains, les Britanniques et les Canadiens, la quatrième armée alliée à l'ouest.

1940[modifier | modifier le code]

En France, sont présents :

Au Liban sous protectorat français :

Après l'armistice[modifier | modifier le code]

Les premiers Polonais à s'illustrer sur les fronts de l'Ouest sont les aviateurs des nombreux 'squadrons', formés exclusivement de pilotes polonais au sein de la RAF, qui contribueront de manière décisive à la bataille d'Angleterre : le plus fameux 'squadron' polonais est le 303 squadron Tadeusz Kościuszko. Quatorze autres 'squadrons' polonais prendront part à tous les combats de la RAF en Europe. Cinq 'squadrons' polonais de la RAF prendront une part active à la couverture aérienne du débarquement de Dieppe.

La marine polonaise participa à l'évacuation vers le Royaume-Uni des troupes alliées (Opération Ariel), puis à la protection des convois alliés traversant l'Atlantique entre les USA et le Royaume-Uni. Plusieurs destroyers de la marine polonaise participeront aux débarquements de Italie, Dieppe (1), de Normandie (3) et de Provence. Certains d'entre eux (ORP Burza notamment) convoieront vers le Royaume-Uni les militaires polonais évadés parvenus à la base navale polonaise de Gibraltar.

Les forces terrestres constituent l'essentiel de l'effort de guerre polonais. La Brigade indépendante de chasseurs des Carpates du général Kopanski se bat en Libye, avec la défense de Tobrouk. Elle est ensuite intégrée au Deuxième corps polonais, commandé par le général Anders en Italie qui se fait remarquer en prenant, notamment, le Monte Cassino, la ville d'Ancône et Bologne en avril 1945, son dernier combat.

Puis, son 1er corps et sa fameuse 1re division blindée du général Maczek prend une part importante à la bataille de Normandie, où elle s'illustra notamment dans les combats pour fermer la Poche de Falaise, puis en septembre 1944 durant l'opération Market Garden, ses parachutistes attaquent le pont d'Arnhem, mais furent battus et se replièrent. Le 1er corps termina son parcours avec la prise de Wilhelmshaven, puis l'occupation du nord de l'Allemagne.

La contribution des forces polonaises prit également des formes plus discrètes que des unités constituées, voire secrètes.

Les Polonais agirent, ainsi, dans les domaines du décryptage, du renseignement et des opérations clandestines ou secrètes.

  • Décryptage : le décryptage d'Enigma fut rendu possible grâce aux travaux entrepris depuis 1933 par le Biuro Szyfrów. Les cryptologues polonais prirent une part significative aux activités du PC Bruno. Ils poursuivirent ces travaux qui contribuèrent au montage de l'opération Ultra.
  • Renseignement : environ 43 % des informations parvenues aux services de renseignement britanniques étaient d’origine polonaise.

Plusieurs ‘sections’ de l’état major général polonais étaient dédiées aux opérations clandestines :

  • la 2e section (Oddział II Sztabu Naczelnego Wodza) avait pour mission le renseignement militaire,
  • la 3e section (Oddział III Sztabu Naczelnego Wodza) avait pour mission de planifier et d’organiser les opérations en Pologne des agents dits ‘Cichociemni’,
  • la 6e section (Oddział VI Sztabu Naczelnego Wodza) était consacrée aux opérations spéciales sur le Continent (section commandée par le major Tadeusz Szumowski). Cette dernière section était chargée d’entraîner et de former les futurs agents, non seulement polonais, mais, également, d’autres nationalités (SOE et Cichociemni). Elle opérait en liaison avec le SOE (Lieutenant-colonel Ronald Hazell).

Une des ressources mises à la disposition des Alliés pour entraîner les agents spéciaux fut l’école de parachutisme de la Brigade parachutiste polonaise. Cette dernière, située à Largo [1] (Écosse), entraîna et breveta des SOE polonais et étrangers, des Cichociemni et, en 1942-1943, des parachutistes français des futurs 3 et 4 SAS Regiments.

Outre les brevets attribués aux paras polonais, la Brigade parachutiste polonaise breveta 488 membres des forces alliées[2] dont :

  • 244 Français (de l'infanterie de l'air - futurs SAS, agents du BCRA et de la section F du SOE)
  • 168 Britanniques
  • 69 Belges
  • 4 Néerlandais
  • 3 Américains
  • 2 Tchèques

Dénouement[modifier | modifier le code]

L’Armée polonaise de l’Ouest, faisant suite à l’armée polonaise défaite lors de la campagne de 1939, a assuré la permanence au combat des forces polonaises (terre, air, mer) du 1er septembre 1939 au 8 mai 1945.

L'Armée Polonaise de l'Ouest ne fut pas invitée à participer au Défilé de la Victoire le 8 juin 1946 à Londres.

Elle fut finalement dissoute en 1947. Beaucoup de ses membres choisirent l'exil plutôt que le retour dans une Pologne désormais communiste.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  • Plaquette rédigée en 2005 par l'Association des anciens combattants polonais en France (sous la direction de Janusz Zieliński) pour l'exposition Les Polonais sur les fronts de la IIe Guerre mondiale, à la mairie du 15e Arrondissement de Paris

Liens externes[modifier | modifier le code]